PE : Un groupe Vert efficace. Césaire.


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Samedi 19 avril 2008

« Semaine de groupe » à Bruxelles et de chimio pour Francine. Autant dire que Bruxelles n’est pas mon point de fixation principal…

En “semaine de groupe”, on discute essentiellement de ce qu’on va voter à la session suivante. En principe, les négociations dans le cadre des commissions sont quasiment terminées, et on connaît les enjeux.

L’Agence

En ce qui me concerne, c’est-à-dire mon rapport sur l’Agence européenne de l’énergie, ce n’est pas le cas. La difficulté tient à ce que la création de cette agence européenne est “révolutionnaire”, puisqu’il s’agit de créer un service public ayant un pouvoir de planification, mais au niveau européen. La carte politique de la commission Économique et monétaire en est toute chamboulée.

- Les libéraux démocrates : ils ont parfaitement assimilé, théoriquement, que la concurrence « non faussée » des producteurs européens d’énergie implique que le système de transport et de distribution de l’énergie soit un service public nationalisé, ou plutôt européanisé, admettant une planification à 10 ans ! Ils sont donc tout à fait d’accord avec mon rapport.

- La droite : elle est probablement divisée entre souverainistes qui veulent défendre les privilèges des monopoles nationaux, et européanistes, qui ne sont pas loin de notre position.

- Les socialistes : complètement divisés entre ceux qui restent nationalistes et ceux qui sont prêts à franchir le pas européen. Ils prendront leur décision lundi prochain, juste avant le vote de la commission Économique.

- Les communistes : silence radio. Ça fait trois fois que l’on discute en commission du « troisième paquet énergie ». Ils ne sont pas là. Ils n’ont déposé aucun amendement. Les communistes se fichent-ils du gaz et de l’électricité ? des services publics ? Évidemment non, mais ils sont dans un grand embarras : en tant que planistes, ils doivent être pour l’Agence, en tant qu’antieuropéens, ils sont contre.

Je profite de la semaine pour négocier des amendements de compromis avec certains socialistes et avec certains PPE (avec les libéraux, c’est fait depuis la semaine précédente), mais le résultat est totalement imprévisible.

À part ça, la mobilisation continue dans le groupe contre les agrocarburants

Rencontres

Comme vous l’avez compris, ces semaines de groupe sont en général peu denses, donc ce sont celles où l’on donne le plus de rendez-vous, entretiens, etc.

Lundi, discussion avec des jeunes qui s’interrogent à l’échelle européenne sur la crise des cités. Occasion de faire connaissance avec ceux d’AC le feu, qui sont de ma circonscription européenne (l’Ile-de-France), mais que paradoxalement je n’avais jamais rencontrés, même pour le colloque que j’avais organisé à ce sujet après les émeutes de 2005.

Mercredi, je rencontre un délégué de la représentation permanente française auprès de l’Union européenne, à Bruxelles, chargé des questions financières, à propos du projet de directive « Solvabilité 2 » (il s’agit essentiellement des exigences de liquidité des compagnies d’assurance). C’est le genre de directive hyper-technique, comme celle dont j’avais été une fois rapporteur (règles prudentielles et surveillance des conglomérats financiers), totalement incompréhensible pour le commun des mortels, et où, en ma qualité d’économiste du groupe, je suis « shadow rapporteur » (c’est-à-dire que je la suis au nom du groupe, même si je n’en suis pas rapporteur).

D’habitude, je ne reçois pas les gens de la représentation permanente française : je me considère comme un député européen, et non comme un député pour la France à l’Europe. Mais dans le cas de la finance, je me sens souvent de la même culture, et, en discutant avec eux, j’ai un aperçu de la discussion parallèle en Conseil européen.

Notre collaboratrice pour la commission Économique, Inès Trépant, a tenu à assister à la discussion. J’en profite pour dire ici un mot de nos collaboratrices.

Collaboratrices

J’ai souvent parlé sur ce blog de mes précieuses assistantes, Coralie Guillot, Natalie Gandais-Riollet, Perline Noisette.

Contrairement aux assistant-e-s qui sont salariés d’un-e député-e (même si c’est le Parlement qui paie), les collaborateurs/trices sont affectés par le groupe politique au suivi d’une commission particulière. Ils sont donc souvent beaucoup plus “calés” que leurs propres député-es, qui doivent zapper en permanence d’un thème à l’autre. Dans mon cas, ce n’est pas tout à fait vrai car, pour ce qui est des points traités en commission Économique ou dans celle du Commerce international, j’avais 20 à 30 ans d’études et de recherches derrière moi avant d’être élu au Parlement européen...

J’ai la chance d’avoir des collaboratrices excellentes. La plus proche de moi est Gaby Kueppers dont je parle souvent sur ce blog. C’est une Allemande, ayant fait sa thèse sur la poésie latino-américaine féminine du 19e siècle, de gauche et restée bien altermondialiste. Elle est à la fois collaboratrice pour la commission du Commerce international (INTA) et pour ma présidence de la délégation pour la Communauté andine. En outre, nous pouvons avoir d’agréables conversations sur la littérature, ce qui nous change un peu.

L’autre collaborateur du groupe pour la commission INTA est l’Allemand Martin Koehler. Il est extrêmement lié à toutes les ONG surveillant les institutions financières internationales, par exemple celles qui suivent la Banque européenne d’investissement, et nous organise d’excellentes auditions en la matière.

En commission juridique, je dois beaucoup compter sur notre collaboratrice italienne Francesca Beltrame, car à l’origine ce n’est pas du tout ma spécialité.

Inès Tépant, belge d’Ecolo, est une grande surprise. Elle m’avait été chaudement recommandée pour son inventivité et son acharnement par la déléguée du personnel du groupe (et elle-même remarquable collaboratrice, organisatrice de la bataille contre les brevets logiciels, Laurence Van de Walle). Inès est plutôt altermondialiste, et tout en ayant voté pour son embauche, je l’avais avertie qu’elle s’ennuierait dans cette commission extrêmement technique. C’était compter sans sa rage à “s’intéresser à ce qu’elle fait”. En quelques années, elle est devenue un des piliers de la commission Économique, butinant entre les autres collaborateurs pour forger des compromis, débloquer des incompréhensions, à l’admiration de la présidente, Pervenche Bérès. Vous pouvez trouver ici par exemple une note qu’elle a rédigée sur les nouveaux indicateurs de richesse.

Une anecdote à son sujet. C’était le week-end dernier à la réunion du Parti Vert européen (PVE) à Ljubljana. Le PVE est de culture politique assez hétérogène puisqu’il comprend des pays anciennement neutralistes, des pays de l’Europe centrale, des pays de l’Europe orientale non membres de l’Union européenne etc. Dans le PVE, la notion de droite et de gauche n’est donc pas spécialement claire, et d’ailleurs, plusieurs partis Verts de pays ex-neutralistes ou ex-communistes participent à des gouvernements de droite.

Par contraste, le groupe Vert au Parlement européen (GVPE, lui même regroupé avec les régionalistes de l’Alliance libre européenne dans le groupe parlementaire GV/ALE) est beaucoup plus homogène. Les discussions permanentes entre nous ont permis que se forge une véritable doctrine, disons “écolo de gauche réformatrice”.

À Ljubljana , dans la commission économique du PVE, un amendement avait été déposé, prévoyant une taxe d’ajustement aux frontières pour les produits venus de pays n’ayant pas ratifié le protocole de Kyoto ou de post-Kyoto (proposition que j’avais défendue dans mon rapport sur Commerce international et effet de serre, mais qui avait été repoussée par la droite et une partie des socialistes) . Les Verts allemands (beaucoup plus libéraux que les Français en ce qui concerne leur groupe parlementaire national, mais aussi beaucoup plus libéraux que leurs propres députés européens), montent immédiatement au créneau contre cet amendement, avec un discours violemment “anti-protectionniste” de son secrétaire général, Reinhard Bütikofer.

Inès, qui était là, riposte à la tribune, expliquant avec véhémence : “Il faudrait savoir ! Les Verts sont pour les circuits courts. Ils sont pour l’intégration de l’empreinte écologique dans le prix des produits. Ils sont donc pour une border tax intégrant le coût écologique des produits importés”. Tonnerre d’applaudissements. La position des Allemands est largement repoussée. Un collaborateur de Bütikofer vient alors engueuler Inès, qui lui répond tranquillement que la position qu’elle vient de défendre est celle du groupe Vert au Parlement européen, y compris les eurodéputés Verts allemands.

Mercredi soir, retour à Paris, visite à Francine. Jeudi matin, débat avec Corinne Lepage pour Alternatives économiques. Ca se passe très bien contre les OGM (on tape en choeur sur le gouvernement, on défend l’amendement 252), ça se passe un peu moins bien sur le nucléaire, elle est pour une sortie très molle et très tardive. Vous lirez ça quand Alter Eco sortira.

By the way, les actes de la Semaine sociale de France sur le développement soutenable sont sortis. Vous y trouverez mon débat avec Juppé et la discussion qui a suivi, ça vaut le coup, même si sur le site il y avait déjà le texte écrit préalable de mon intervention.

L’après-midi, nouveau crochet par l’hôpital, puis un débat avec les anciens élèves de l’École nationale supérieure des PTT sur le développement soutenable. Débat de bon ton. Tout le monde est aujourd’hui écologiste, en particulier l’un des directeurs de Rhodia.

Le soir, petit crochet par le dîner des anciens de la liste Rioual à Chevilly-Larue. Quoique battus de quelques centaines de voix et, en ce qui concerne les socialistes, exclus du PS, ils ont gardé le moral. Ça fait vraiment plaisir à voir.

Puis réunion de mon groupe Vert à Villejuif. On ne chôme pas : la municipalité communiste sortante, qui a collaboré à la délocalisation du siège national du Crédit Lyonnais pour attirer de la taxe professionnelle (1000 licenciements à cette occasion, et encore, ce n’est qu’une location pour 9 ans, sans doute pour préparer les 1000 licenciements suivants !) exige, à la demande de LCL qui trouve finalement ces bureaux trop petits, de nouvelles expropriations. Des élèves du lycée Darius Milhau en manif ont été réprimés à coups de flash-ball. Des sans papiers (mais parfaitement en règle coté cotisations sociales et impôts !) occupent le Fond d’Apprentissage du nettoyage. Etc..

Et ouf, dodo.

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PS. Aimé Césaire

Revenir en France c’est aussi apprendre la mort d’Aimé Césaire. Et se dire « encore un géant qui s’en va ». Pas seulement un géant du combat des Africains et de leurs descendants pour la reconnaissance de la splendeur de leur Négritude. Pas seulement de ceux qui ont fait de la Martinique une île où les afro-américains ont le pouvoir politique, à défaut du pouvoir économique. Mais surtout un des géants de notre poésie au XXe siècle.

Mallarmé, d’ordinaire plus inspiré, eut un mot moqueur pour les auteurs antillais le jour de l’enterrement de Dumas. Pouvait il imaginer qu’un siècle plus tard la poésie française serait dominée par des Antillais, créoles ou noirs, St John Perse, Aimé Césaire, Edouard Glissant ?

Lors de ma dernière visite, un ami, Louis-Léonce Lecurieux, vert martiniquais et maintenant élu au Carbet, m’avait proposé de rencontrer Césaire. J’avais refusé : trop peur d’être trop intimidé…

J’attends au bord du monde les voyageurs-qui –ne-viendront-pas…

Mes mains piquées aux buissons d’astres mais cueillies d’écume

Délacent avant temps

Le corsage des verrous


Photo caboindex sous licence CC.

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Forum du blog

Il y a 13 contributions à ce blog.
  • Article publié par MédiaPart...Réponse de Sergio Coronado

    …Suite à la publication par un autre internaute de l’article ( en 3 partie) du journaliste Thomas Cantaloube je publie à mon tour la réponse de Sergio Coronado . Copié/colé _ Vu sur MédiaPart :

    Mon ami Sergio Coronado me demande de publier son commentaire :

    J’ai lu depuis Bogota, où je me rends régulièrement depuis six ans, l’article du journaliste Thomas Cantaloube, « Affaire Betancourt : six ans de non-dits, de manipulations et d’échecs », mis en ligne le 22 avril 2008, et je voudrais faire part des quelques remarques, fruits de mon étonnement et de mes désaccords quant au contenu.

    Le journaliste affirme être sans a priori, ayant longtemps vécu à l’étranger, et s’étonne que sur ce dossier seulement la famille intervienne sur la scène publique et dans les media, sans que jamais les spécialistes du sujet ne soient mis à contribution. Pour connaître personnellement les personnes interrogées, je ne puis m’étonner qu’il tombe lui-même dans le même travers.

    Aucune des personnes interrogées n’est un spécialiste reconnu de la Colombie. Ni Jacques Thomet, que je connais et qui m’a longuement interrogé pour son livre, à qui j’avais fait part d’une discussion où le successeur de Daniel Parfait, Camille Rohu, parlait déjà en 2005 de gestion affective de l’affaire Betancourt. Pour celles et ceux qui connaissent la Colombie, présenter Jacques Thomet comme un spécialiste de la Colombie est d’une très grande audace. Il a certes été correspondant de l’AFP sur place, il y a plusieurs années. Il n’y a depuis jamais remis les pieds. Ses sources ne sont que de seconde main (comme en témoigne le chapitre qu’il consacre à la discussion que je lui avais rapportée. Il aurait pu en effet chercher à interroger l’ambassadeur lui-même, ce qu’il n’a jamais fait.). Ses affirmations sont toujours à charge contre la famille Betancourt, qui n’est pas homogène quant au traitement du dossier, et souvent partiales, reprenant les thèses les plus dures des acteurs les plus opposés à une sortie négociée du conflit.

    Jean-Jacques Kourliandsky, que je connais et apprécie, est un chercheur mais pas un spécialiste de la Colombie. Et la journaliste citée du journal « El Tiempo », elle n’est pas connue sur place comme une spécialiste du conflit armé, et le pays en compte quelques dizaines, universitaires, responsables politiques ou d’ONG… Il eut été utile de chercher à joindre l’universitaire Daniel Pécaut, par exemple, ou si l’article exigeait d’aller vite, de joindre au mois un des correspondants de journaux français sur place, Marie Delcas par exemple.

    Sur le fond, mes désaccords sont assez importants.

    Cette affaire a démarré nous dit l’auteur à la conjonction du public et du privé. Certes. Mais en quoi cette conjonction explique le traitement médiatique ou politique de l’enlèvement d’Ingrid Betancourt ? Les faits rappelés sont à la fois connus et contestables. Ils reprennent pour l’essentiel les allégations de l’ancien correspondant de l’AFP, qui sont une reprise des critiques formulées par une partie de la classe politique et de la presse colombiennes au moment de l’enlèvement de Betancourt. L’époque était à un tournant. Après les négociations ouvertes par Pastrana, et leur enlisement, Alvaro Uribe, bénéficiant à la fois du contexte postérieur au 11 septembre et du soutien des secteurs les plus durs de l’armée et de l’oligarchie, se pose en s’opposant aux dialogues de paix, et ce avec soutien grandissant de l’opinion publique, qui l’élit dès le premier tour. La dénonciation des liens d’Ingrid avec la France, et de sa sœur avec l’ancien ambassadeur Daniel Parfait, a permis que cet enlèvement ne soulève pas de vagues en Colombie, et de passer sous silence l’inertie du pouvoir politique, qui ne se sent jamais responsable du sort des otages.

    La gestion est affective. C’est en partie vrai, et notamment de la part des familles. Mais je crois me souvenir que l’affectif a joué un rôle immense dans les cas des otages au Liban, dans celui de Florence Aubenas. Cette critique est ancienne, connue et rabâchée. L’article reprend pour l’illustrer l’épisode de l’envoi d’un avion hôpital en Amazonie. Pour avoir suivi l’affaire de près, je ne puis que partager en effet le sentiment de légèreté dans la prise de décision politique de cet envoi. Mais remontons plus loin. Quelles étaient les sources ?

    Juan Carlos Lecompte, l’actuel mari d’Ingrid Betancourt, était à l’époque opposé à cette décision. Lorsque la famille avait été convoquée par Alvaro Uribe, en présence du haut-commissaire pour la paix, pour recevoir le témoignage d’un paysan affirmant qu’Ingrid serait libérée par la guérilla en raison de son mauvais état de santé, Juan Carlos Lecompte avait senti la manipulation. Il l’avait dit dans la presse colombienne, il le rappelle dans son libre, publié chez Denoël. A cette époque, la famille Betancourt, à l’exception de Juan Carlos Lecompte, était qualifiée « d’uribiste » par la plupart des observateurs sur place. Yolanda Pulecio était régulièrement reçue au Palais présidentiel, et ne formulait aucune critique à l’encontre du président, alors que l’article laisse penser que les déclarations actuelles parfois intempestives à l’encontre du Président Uribe, et qui sont récentes, ont dès le départ rendu cette affaire inextricable. Une bonne chronologie des comportements et des positions n’aurait pas nui à l’article.

    Lors qu’Astrid Betancourt, la sœur, se rend à Leticia, elle est prise en charge par les autorités colombiennes. Le gouvernement colombien était informé et pour cause et a laissé faire. Pourquoi ?

    L’autre critique dans les déclarations récentes sur l’état de santé d’ingrid qui a été à l’origine de l’envoi d’un nouvel avion hôpital à Bogota. Là encore, c’est approximatif. Les déclarations de Fabrice Delloye, alarmistes il est vrai, ont été renforcées par les déclarations d’une partie des membres du gouvernement colombien. Elles ont été, presque toujours, contredites, nuancées par Yalanda Pulecio et Astrid Betancourt. Il était simple de vérifier, de passer des coups de téléphone, comme je l’ai fait, pour apprendre que le curé à l’origine des rumeurs a une tendance fâcheuse à la mythomanie.

    Par ailleurs, l’emballement de la presse n’est pas toujours de la seule responsabilité de la famille. Pourquoi ne jamais vérifier les sources, confronter les déclarations contradictoires, pointer du doigt l’invraisemblable ? En août dernier, les déclarations d’une journaliste vénézuelienne affirmant qu’Ingrid vivait au Venezuela, dans une maison de campagne, avaient fait le tour du monde sans que personne dans un premier temps ne conteste la véracité de telles déclarations.

    La famille a bon dos dans cette affaire.

    « Fabrice Delloye, l’idiot utile de FARC » dit l’article, en affirmant que contre toutes logiques, la famille Betancourt se fait le porte-parole des exigences des FARC. Il eut été utile d’interroger la présidente de l’association de familles d’otages militaires, Marleny Orjuela, pour se rendre compte qu’en général les familles d’otages demandent que le gouvernement colombien accède aux exigences des FARC pour obtenir la libération de leurs proches, et pas seulement la famille Betancourt. C’est grâce à la pression des familles, que le gouvernement a décidé – pour combien de temps ? – de ne pas procéder à des tentatives de libération par les armes. La mort en juin dernier des 11 députés sur 12 (« les députés de la région de Valle ») est l’illustration dramatique du résultat de ce type d’opérations.

    La médiatisation a assuré la survie d’Ingrid Betancourt. C’est un fait. Cela a aussi fait monter les enchères. C’est aussi vrai. Que fallait-il faire ? Ne rien faire. Il faudrait rappeler que l’anonymat d’un otage ne garantit pas non plus sa libération. Pablo Emilio Moncayo entame sa onzième année de captivité.

    L’article pointe la méconnaissance de la Colombie par les autorités françaises, les journalistes, etc. Mais, il est une caricature de ce qu’il dénonce. Et la présentation des évolutions « dans les Andes » – comme l’expression est touristique, en est le meilleur exemple. Que peut-on lire ? Je cite : « Par ces déclarations imprécises ou à l’emporte-pièce, et par ses pressions sur le gouvernement de Colombie, les responsables politiques français entretiennent la confusion entre la responsabilité des FARC et celle d’Alvaro Uribe. « La France a une méconnaissance totale de la situation en Colombie et d’un confit qui dure depuis plus de cinquante ans. En plus, elle intervient en dictant ses conditions », commente la journaliste Maria Morales. « Pour la première fois de ma vie, je sens du mépris en Colombie à l’égard de la France. » Paris est accusé de se focaliser exclusivement sur le cas d’Ingrid Betancourt au mépris des milliers d’otages passés entre les mains des FARC (dont vingt-deux élus) et des centaines restants. Et surtout d’ignorer les évolutions récentes dans les Andes : – le fait que la Colombie est une démocratie parlementaire fonctionnant bien (« L’élection présidentielle [de 2006] s’est tenue dans une atmosphère de liberté, de transparence et de normalité qui a permis aux citoyens de renouveler leur engagement en faveur de la démocratie », a jugé l’Organisation des États d’Amérique) ; – le soutien relativement massif de la population à Alvaro Uribe et à sa politique « dure » à l’égard des FARC (élu avec 53 % des voix au premier tour en 2002, puis réélu avec 62% en 2006) ; – l’amélioration considérable des conditions de sécurité en Colombie depuis huit ans (d’un pic de 28 000 meurtres et 3 500 enlèvements annuels, on est passé respectivement à 18 000 et 300) ; – la démobilisation et les investigations, certes difficiles et limitées, des forces paramilitaires qui produisent leurs fruits après des années d’exactions ; – l’évolution notable d’Uribe qui est passé d’une position d’intransigeance à l’offre d’une libération massive des prisonniers des FARC en échange de leur renoncement à la violence ; – la reconnaissance que les quleques 140 000 habitants des localités de Florida et Pradera, ainsi que leurs élus, refusent de voir leur région transformée en Zone démilitarisée, comme le réclament les FARC et les associations pour la libération de Betancourt. »

    Présenter la Colombie comme une démocratie parlementaire modèle relève de la mascarade. L’article cite OEA. Il aurait pu citer aussi Amnesty international, la FIDH, HRW, mais aussi les ONG colombiennes : Planeta Paz, Fondation Arco Iris, le collectif des avocats…Ou les récents travaux universitaires sur le paramilitarisme dont la presse colombienne se fait l’écho sur la transformation en profondeur du paysage politique, conséquence des liens entre les forces paramilitaires et la majorité gouvernementale. Pourquoi ne pas rappeler qu’il y a aujourd’hui 31 membres du congrès, partie prenante de la majorité d’Alavaro Uribe, derrière les barreaux accusés de liens avec le narcotrafic, les paramilitaires, soupçonnés de meurtres et de torture parfois, que 51 membres du congrès font l’objet d’une enquête du parquet général, qu’au sein même de la coalition au pouvoir (il suffit de relire les déclarations de Ginna Parody, jeune sénatrice « uribiste »), des voix de plus en plus nombreuses réclament une révocation du congrès ?

    Que la plus prestigieuse commission du congrès (la première commission du Sénat), qui compte vingt membres, est dans l’impossibilité d’adopter la réforme politique proposée par le gouvernement faute de majorité puisque six sénateurs de la majorité sont en prison ?

    Il me semble qu’on peut faire comme démocratie modèle. Et je ne ferai pas l’insulte à l’auteur de rappeler les milliers de meurtres par les forces paramilitaires et des secteurs de l’armée. A moins de considérer que les rapports des ONG sont des thèses gauchistes, il me semble étonnant ne pas en trouver trace dans l’article. Ces réalités-là sont aujourd’hui débattues même au congrès américain, principal allié du gouvernement colombien.

    Présenter la « loi justice et paix » (sur la démobilisation des paramilitaires) comme un succès est une mascarade et un mensonge. Même les membres de la majorité gouvernementale en font une critique féroce. Lors du dernier débat organisé au congrès par le parlementaire Armando Benedetti, un « uribiste » intégral, il a été question du réarmement d’une partie importante des milices (notamment de « las Agilas Negras ») et de la responsabilité de l’état dans l’absence de réelle réparation des victimes ?

    L’auteur de l’article sait-il que d’après les calculs du congrès colombien, cités par le parlementaire, chaque victime est en droit de recevoir aujourd’hui 6 800 pesos en guise de réparation des crimes des paramilitaires, c’est-à-dire un peu moins de trois euros ?

    Alvaro Uribe a le soutien d’une grande part de l’électorat (moins de 50 % des Colombiens votent, faut-il le rappeler ?). Cela le rend-il inattaquable, au-dessus des critiques ? S’interroger sur ce qu’est l‘uribisme eut été passionnant à lire. Davantage que l’affirmation erronée sur la volonté de négocier du gouvernement colombien, que rien ne démontre. Il a de ce point de vue avec les FARC les meilleurs ennemis du monde dans sa guerre contre le terrorisme.

    Un peu d’analyse sur ce qu’est la politique de sécurité démocratique n’aurait pas fait de mal au contenu de l’article. Et une analyse des chiffres des meurtres non plus. La Colombie reste un pays où être syndicaliste est une activité périlleuse, souvent mortelle.

    Rappeler l’opposition à la démilitarisation de Florida et Pradera est juste. Encore qu’il faudrait nuancer, car là encore les choses ont évolué à la fois de la part des FARC, qui réclamait au départ la démilitarisation d’une zone plus grande, et aussi dans l’opinion publique, et notamment dans les enquêtes de popularité où Ingrid Betancourt talonne Alvaro Uribe.

    Je crois que la complexité de la situation colombienne mérite mieux que cet article. Il y a à la fois de l’ignorance, de la désinformation et des approximations regrettables et quelques éléments connus depuis très longue date. Il tombe à pic dans ce qu’il dénonce. Dommage.

    Sergio Coronado

    http://www.mediapart.fr/journal/france/220408/affaire-betancourt-six-ans-de-non-dits-d-echecs-et-de-manipulations
    - PS : Pour info “MediaPART » ou plutôt Thomas Cantaloube vient de supprimer un de mes commentaires …certes rédigé à chaud mais bon !!? Apparemment Victor Chanceaux a raison sur ce qu’il dit à l’égard de MédiaPart : http://www.mediapart.fr/club/blog/victor-chanceaux/230408/mediapart-n-etait-pas-ma-maison


    Jeudi 24 avril 2008 à 14h53mn10s, par Ivan.villa
    lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2397
    • Article publié par MédiaPart... ma réponse.

      Désolé, je n’avais pas compris que Mediapart était un site payant donc protégé par droits d’auteurs et j’ai laissé quelques jours sur ce forum le texte de M. Canteloube contre la famille d’Ingrid, parce que typique de la propagande uribiste que je dois subir à longueur de temps depuis 6 ans. Mon ami Sergio Coronado ayant déjà répondu , je me suis donné un peu de temps pour y répondre moi-même : ma réponse sera mise en Une de mon site. Mais, prenant conscience du caractère payant de Mediapart, j’ai retiré la publication de l’article de M. Canteloube de ce forum. Si vous voulez lire l’article de Canteloube, c’est là et c’est 9€. Les réponses de S. Coronado et moi, c’est sur ce site et c’est gratuit.

      (Attention ! je n’ai rien contre des journaux payants, même par internet ! mais alors cela doit servir à rémunérer un authentique travail d’investigation, et non des propos de café de commerce du genre les enfants d’Ingrid on les voit trop à la télé et c’est Sarko qui essaie de se faire de la pub, et ça fait bien du tort à nos pauv exportateurs en Colombie, relayés par les déclarations autorisées d’une journaliste uribiste sur la Colombie).


      Dimanche 27 avril 2008 à 12h49mn03s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2403
    • Article publié par MédiaPart...Réponse de Sergio Coronado

      Beaucoup d’erreur dans votre article et la réponse de sergio Coronado.

      En premier lieu je vous signale que IB n’a jamais été une militante écologiste... Le nom Oxygeno Verde de son parti fait référence à sa noble lutte contre la corruption en Colombie qui aurait permis de respirer un air plus pur...

      Pour ceux qui connaissent la colombie et qui suivent l’affaire de IB , il est difficile de nier que les Comités du moins au début n’ont jamais mentionnés les autre otages et encore moins Clara Rojas. Même le photographe Alain Keler qui était présent lors de son enlèvement s’en est indigné... cf. le lien ci-dessous

      Dire que Jacques Thomet qui a été longtemps le correspondant de l’AFP en Colombie n’est pas habilité à en parler, même si l’on est pas d’accord avec ses opinions, est une ineptie.

      Dénoncer le fait que la famille Betancourt n’est pas la mieux placée afin de mener les négociations diplomatiques en Colombie n’a rien d’aberrant et aurait peut être évité cette malheureuse affaire du Falcon. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle ne devait rien faire et condamner Ingrid à l’oubli.

      De même entre la sensibilisation de l’opinion par la voie médiatique et un battage incessant il y a toute une différence entre l’utile et le contre productif étant donné sa valeur pour les Farcs. Je vous renvoie à ce sujet au déclaration de Luis Eladio Perez dans VSD de ce week end . Je cite :

      « (…) Elle souffre beaucoup de cette ‘ingridmania’, de l’exploitation de son nom (…). Ce qu’elle n’admet pas, c’est que l’on spécule autour de son nom et que l’on exploite cette tragédie. Avec des lvres, des tee-shirts, des chansons…Tout ça, c’est du commerce ».

      « (…) C’est un secret de polichinelle que la famille (Betancourt-Delloye) est divisée. Il y a une confrontation, sans doute une lutte de bonne foi, mais qui conduit à générer des divisions dans l’opinion. C’est tout cela qui a augmenté l’exposition médiatique d’Ingrid. J’ai parlé avec les membres de la famille et leur ai toujours demandé :’voulez-vous qu’Ingrid soit dans les journaux du monde entier tous les jours ou l’avoir en vie ici, auprès de vous ? Vous la préférez morte avec le prix Nobel de la paix ou en vie ?’ C’est à eux de le dire…

      D’autre part par le passé en Colombie lorsque les guerilleros se sont démobilisés, en particulier le M19. Ils ont tout bonnement été amnistiés et n’ont jamais indemnisés leurs victimes. Alors pourquoi n’avez vous pas protesté, leurs crimes sont tout aussi graves que ceux des paramilitaires. De même vous ne dites rien sur l’acceuil en France de 500 guerilleros, qui ne seront jamais jugés pour leurs crimes cela ne vous choque pas ?

      Enfin en ce qui concerne Sergio Coronado, il semble qu’il ne soit pas très bien informé : l’une des premières informations divulguée contenue dans le PC de Reyes précise clairement que les députés del Valle ont été abattu par eux et qu’il a fallu le maquiller afin de faire croire qu’il s’agissait d’une tentative de libération de la part de l’armée colombienne. On attend donc avec impatience le 15 mai les résultat de la commission d’Interpol chargé d’enquêter sur le contenu de cet ordinateur.

      Je pourrais encore dire bien des chose mais ce serait trop long je préfère donc en rester là.

      Je demande juste un peu plus d’objectivité afin de ne pas désinformer les français sur cette affaire.


      Mercredi 7 mai 2008 à 11h22mn24s, par Satheene (harmony434@hotmail.com)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2413
      • Ingrid, vraie Verte

        Je crains, hélas, que ce ne soit votre mail qui contienne beaucoup d’erreurs. D’abord, Ingrid Bétancourt était une militante écologiste. C’est elle qui a prononcé le discours de clôture du précédent congrès des Verts mondiaux, à Canberra. Nous avions combiné ensemble notre campagne Verte pour les présidentielles de 2002. Le fait qu’elle ait commencé par lutter contre la corruption est tout à fait typique des partis Verts des pays du Tiers-monde. Si vous lisez René Dumont, fondateur de l’écologie politique, vous verrez que ce fût intégralement l’un de ses combats. On ne peut pas mener de politiques publiques écologistes dans des pays corrompus.

        Lorsqu’elle fût enlevée par les FARC, elle allait rendre visite au maire -Vert- de San Vincente del Caguan, maire que nous avions déjà invité au Parlement européen. Il avait été élu maire contre le candidat des Farc, et il était venu avec un de ses consultants, de l’Université des Andes, sur un programme de développement écologique de sa région.

        Clara Rojas était à l’époque sa candidate Vice-présidente, et il est bien évident que les Verts, lorsqu’ils ont aussitôt cherché à populariser le soutien à Ingrid, y ont systématiquement associé Clara. Comme je l’ai expliqué, Ingrid est bientôt devenue le symbole, en Europe, des 4000 séquestrés colombiens, et cela fût accepté y compris par leurs propres familles. Seuls les ennemis d’un accord humanitaire et de la libération des otages prétendent systématiquement le contraire.

        Le fait qu’Alain Keler et Jacques Thomet aient été présents en Colombie il y a quelques années n’en font pas forcément des spécialistes de la Colombie aujourd’hui : c’est exactement ce que dit Sergio Coronado.

        L’affaire du Falcom résulte d’une manipulation du gouvernement français par le gouvernement colombien, et non par de la famille d’Ingrid Bétancourt, qui n’y a jamais cru. La nouvelle que Ingrid allait très mal est, depuis la réception de ses « preuves de vie », évidente. Celle qu’elle était « à l ’article de la mort » et qu’il était possible de négocier sa libération avec les FARC a été communiquée par la présidence Uribe pour créer un écran de brouillard le jour même où trois nouveaux députés de son parti étaient inculpés par la justice colombienne pour « parapolitique ». Il ne s’agissait que d’une manoeuvre de diversion, mais on ne peut reprocher aux responsables français d’avoir pris des précautions.

        En ce qui concerne l’amnistie du M19, j’ai organisé un colloque spécial sur les amnisties suivant un conflit armé « non international ». La loi internationale a récemment évolué sur ce point, et comme vous auriez pu le remarquer, lorsque le Président Uribe m’a sorti cet argument, je l’ai noté sur mon blog et n’avais rien à dire là-contre. Ce que je reproche au Président Uribe, c’est d’en faire de même aujourd’hui avec les paramilitaires... Sauf que quand le M19 quittait les armes, il rentrait dans la politique démocratique, tandis que quand les paramilitaires sont amnistiés, ils continuent à assassiner les syndicalistes, les défenseurs des Droits de l’Homme, les participants à la Marche du 6 mars, et à organiser le narco-trafic à partir de la Colombie.

        Je laisse Sergio Coronado répondre aux critiques spécifiques que vous portez conte lui.


        Dimanche 11 mai 2008 à 10h29mn50s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2419
    • Article publié par MédiaPart...Réponse de Sergio Coronado

      La médiation d’Hugo Chavez n’a pas permis d’obtenir la libération d’Ingrid Betancourt, mais elle a conduit le président vénézuélien à promettre armes et millions à la guérilla colombienne. C’est ce que révèlent les courriels trouvés dans les ordinateurs de Raul Reyes, l’un des chefs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche), tué le 1er mars. Jeudi 15 mai, trois experts d’Interpol ont confirmé l’authenticité des 38 000 documents informatiques figurant sur ces ordinateurs, assurant n’avoir trouvé "aucune altération des données".

      Le Monde a eu accès à une centaine de courriels qui traitent du Venezuela. "Le président Chavez a accepté sans sourciller la demande de 300", écrit Ivan Marquez, un autre chef des FARC, après avoir été reçu par M. Chavez à Caracas le 8 novembre 2007. D’autres courriels laissent penser qu’il s’agit de 300 millions de dollars. "Il faudrait préciser si c’est un prêt ou si c’est de la solidarité", s’inquiète le dirigeant historique des FARC, Manuel Marulanda.

      "Chavez a dit que si Uribe (le président colombien) touche à un délégué des FARC, il se gagnera un ennemi à vie", écrit M. Marquez. Lors de son passage par le palais présidentiel, il évoque avec le ministre de l’intérieur vénézuélien, Ramon Rodriguez Chacin, "un mécanisme pour recevoir dans la région de l’Orénoque l’envoi des Australiens" (des vendeurs d’armes rencontrés en septembre 2007). Le ministre demande aux FARC de former des militaires vénézuéliens "aux techniques de la guérilla" en vue d’une guerre "asymétrique" contre les Etats-Unis.

      En février 2008, une rencontre secrète a lieu entre Ivan Marquez et le président vénézuélien. M. Chavez affirme qu’il dispose des "premiers 50 et d’un calendrier pour compléter les 200 sur l’année". Il offre aux FARC un "quota de pétrole" et "des vieux lance-pierres qui marchent encore" (des fusils, selon Bogota) en provenance du Nicaragua. M. Marquez écrit : "L’ami de 348-6546-6447-6849-6471-6542 lui a suggéré de travailler le paquet par la voie du marché noir pour éviter des problèmes." Ce chiffre serait le code pour la Biélorussie, fournisseur d’armes de Caracas. Révélés par le quotidien espagnol El Pais, ces documents ont provoqué la colère de M. Chavez, qui accuse la Colombie et les Etats-Unis d’ourdir un complot contre lui. Le rapport technique d’Interpol ne lèvera pas tous les doutes. "En filtrant les documents au compte-gouttes, Bogota prête le flanc aux suspicions de manipulation politique, note un diplomate latino-américain. On sait que la France a rencontré plusieurs fois les FARC pour obtenir la libération d’Ingrid Betancourt. Or, bizarrement, rien n’a encore paru sur le contenu de ces pourparlers."

      Les documents révélés sont une mine d’informations sur les FARC et leurs relations, émaillées d’incidents, avec le gouvernement vénézuélien. En 2000, M. Chavez reçoit officiellement une délégation des FARC, engagées dans des pourparlers de paix. Déjà, la guérilla fait savoir qu’elle veut de l’argent et des armes. Après la rupture du processus de paix, M. Chavez prend néanmoins ses distances avec les FARC, apparemment sur le conseil des Cubains. Aucune réunion "au sommet" n’aura lieu avant celle de novembre 2007.

      Plusieurs hommes font toutefois la liaison. Avec "Tino", un député vénézuélien, les FARC parlent politique et stratégie. La guérilla cherche à infiltrer l’armée de réserve mise en place par M. Chavez. Avec le colonel Hugo Carvajal, chef des renseignements militaires vénézuéliens, et un certain "général Alcala", les FARC coordonnent la cohabitation à la frontière et, à l’occasion, l’achat d’armes. En février 2007, Ivan Marquez accuse réception de "20 missiles antichar de 85 mm, 2 tubes et 20 charges". Le général Alcala s’engage à amener "un marchand d’armes de Panama". Il va être détaché au port de Maracaibo, "ce qui est un grand avantage pour décharger des marchandises".

      Pour les FARC, la médiation du Venezuela pour la libération des otages apparaît comme un prétexte leur permettant de consolider leur "plan stratégique", qui doit les conduire un jour au pouvoir et qui passe, à court terme, par la reconnaissance de leur statut de belligérant.

      Marie Delcas


      Jeudi 15 mai 2008 à 17h02mn50s, par Le Monde 15 mai 2008
      lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2424
      • L’ordinateur de Reyes : les détails de Marie Delcas

        Un peu embêté de laisser passer ce billet sans signature reproduisant un article de mon amie Marie Delcas publié déjà dans Le Monde... Comme pour Mediapart, problème de droit d’auteur sauf si c’est Marie qui l’a envoyé !!

        Cet article est très intéressant, comme tout ce que fait Marie. Il montre bien ce que c’est que « parler avec des preneurs d’otages » (ce que tout les Français savent sans vraiment savoir à propos de leurs otages du Liban ou d’Irak), que la rançon, qu’elle soit en argent ou en armes, sert de toute façon à acheter des armes (elle consiste même parfois à leur vendre : cf Sarkozy et Khadafi. On espère toutefois que si Ingrid est libérée on n’aura pas droit à une tente de Marulanda sur les Champs Elysées).

        Un détail (qui a déjà été évoqué sur ce site et confirmé ici) : Cuba n’aime pas les Farc et ne fut jamais pour moi un relais vers eux. Les Farc non seulement ne sont pas castristes (c’est une branche radicalisée, avec un verni marxiste, des Libéraux de la « Grande violence » des années 50) mais ont anéanti la guérilla maoïste de Colombie, l’EPL et entretiennent un rapport difficile avec la guérilla la plus castriste, l’ELN.

        Autre détail comique : « 300 millions de dollars, il faudrait préciser si c’est un prêt ou si c’est de la solidarité", s’inquiète le dirigeant historique des FARC, Manuel Marulanda. » Autrement dit Marulanda espère un don de Chavez (comme je l’ai fait remarquer ailleurs , c’est le tarif « otages bulgares ») mais le leader des Farc considère comme possible que ce ne soit qu’un prêt, ce qui donne une idée de sa capacité de remboursement, fondée sur le narcotrafic… ou l’industrie de la prise d’otage.


        Dimanche 18 mai 2008 à 06h22mn17s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2428
  • PE : Un groupe Vert efficace. Césaire.

    Bonjour Alain,

    Toujours aussi passionnant ton blog !

    Le lien de ta collaboratrice sur les nouveaux indicateurs de richesse ne marche pas. Peux-tu mettre le bon ? A ce propos, pour tous ceux que cette question intéresse, n’hésitez pas à aller sur le blog de Jean Gadrey (sur le site d’Alternatives économiques). Il est membre de la commission que Nicolas Sarkozy a nommé pour plancher sur le sujet (présidée par Stiglitz et Sen, de mémoire).

    Toute mon amitié, à toi et à Francine (avec pour elle, tous mes voeux pour une meilleure santé).

    Philippe Delvalée


    Lundi 21 avril 2008 à 02h44mn44s
    lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2390
    • Sur "les liens qui ne marchent pas " et autres défauts de ce blog

      Merci Philippe !

      Sur les liens qui ne marchent pas : c’est important de nous les signaler. Mais le plus souvent le problème se résoud rapidement : il correspond simplement à la division du travail au sein de notre équipe. Il arrive que je lache sur le site un billet du blog avec le lien hypertexte pointant sur l’adresse où "sera mis", par une assistante ou une collaboratrice, l’article correspondant. Il peut donc y avoir un léger décalage dans le temps. Actuellement les liens sur l’article d’Ines et sur mon débat avec Juppé sont OK.

      Faire ces billets, assez longs (en fait, c’est plus un "Compte rendu de mandat hebdo" que ce qu’on appelle un blog) demande un travail long et concentré suivi de correctifs : je dicte des morceaux, Natalie décrypte, met en forme, cherche les premiers liens, je corrige le tout et le lance, Perline met des illustrations, Francine corrige l’orthographe, je m’avise qu’il manque des choses auxquelles je tenais, je rajoute des Post Scriptum comme celui sur Césaire ici ou sur Lola dans le précédent, les premiers lecteurs me font corriger des erreurs, rajouter des liens vers leurs activités, etc. Donc les billets continuent à bouger pendant toute la semaine avant l’arrivée d’un nouveau billet.

      Amitiés


      Mardi 22 avril 2008 à 05h55mn27s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2391
      • Sur "les liens qui ne marchent pas " et autres défauts de ce blog

        Autant pour nous, et merci encore avec spéciale dédicace aux collaboratrices !

        Le débat est intéressant, même si la vision de Juppé nous ramène aux leçons de morale de l’école d’antan (les enfants doivent s’engager "je vais éteindre la lumière dans ma chambre", etc.). Votre idée de sauver la légitimité des Etats par le développement soutenable devrait faire florès (il n’y a qu’à voir la nouvelle déclaration de principes du PS !) : reste à voir si elle dépassera les effets d’annonce dans les "grands" partis.

        Le parallèle avec l’Eglise des premiers chrétiens est intéressant - mais inquiétant aussi par rapport à l’avenir des Verts ! A Paris, on en a vu pas mal qui, pendant la dernière campagne, cherchaient plus, comme vous dites, à se positionner dans le futur exécutif, qu’à promouvoir un véritable projet (en plus ils étaient conseillés par des faux prêtres en communication). C’est dommage.


        Mardi 22 avril 2008 à 18h29mn17s, par kawouede
        lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2392
  • Cités, mouvement des lycéens, contrat de travail et services publics

    Merci pour ces nouvelles ; hâte de vous lire sur le papier et dans les débats (à propos, le lien sur Juppé ne marche pas).

    L’action d’AC le feu peut-être reliée au mouvement lycéen actuel : voir le témoignage dans le Monde avant-hier, sur l’ambiance dans un collège d’Aubervilliers (un des pires du 93 mais loin d’être le seul) http://www.lemonde.fr/societe/artic... Sur les flash-balls : c’est une des raisons pour lesquelles la rencontre Dany-Sarkozy "comme si de rien n’était", jeudi, m’a gêné (voir votre dernier post). Comme dit le Canard (p. 8), ici certains lycéens sont "plus égaux que d’autres" (en gros : ceux des centres-villes et des municipalités de droite...)

    J’aurais une question sur la réforme actuelle du contrat de travail en France ; ici, à la différence de ce que vous voyez au PE, les députés Verts ne sont pas d’accord (voir le blog de François de Rugy http://auxmarchesdupalaisbourbon.bl... , apparemment pas sur la même ligne que Martine Billard, laquelle faisait mercredi une réunion-débat sur le sujet, avec Gérard Filoche, inspecteur du travail situé "gauche du PS") Qu’en pensez-vous, si vous avez le temps d’en penser qqch ?

    Enfin, ça vous concernera plus - en rapport avec le passage sur l’agence de l’énergie aussi - je suis tombé sur cette pétition "Pour des services publics de qualité, accessibles à tous" http://www.petitionpublicservice.eu... de la CES Ce qui est intéressant c’est qu’un pédagogue réformiste comme Philippe Meirieu monte au créneau sur son blog http://www.meirieu.com/ACTUALITE/b_... D’ailleurs, on le retrouve signataire d’une autre pétition franco-française celle-là, presque exclusivement PC-PS et compagnons de route (où sont les Verts sur les questions sociales, snif !) "Le service public est notre richesse, mobilisons-nous !" http://petitions.fsu.fr/

    Y a-t-il de quoi s’affoler ? J’espère en tout cas que pour l’école publique, la moblisation du samedi 24 mai (avec organisations lycéennes, associations de parents et syndicats enseignants) sera forte.


    Dimanche 20 avril 2008 à 06h03mn15s, par kawouede
    lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2388
    • Les Verts, le contrat de travail et les services publics

      Bonjour Kawouede.

      Vous avez tout à fait raison et le mouvement lycéen actuel s’enchaine avec celui de 2005, la longue grève des enseignants du 9-3, la bataille du CPE, etc (cf, dans le colloque que j’ai organisé , mon intervention introductive). Il s’articule avec la question du contrat de travail et celle des services publics.

      En ce qui concerne le devoir des présidents de groupe de rencontrer la future présidence semestrielle de l’Union et sur le "comme si de rien n’était" (renseignements pris il n’en fut rien), je crois vous avoir répondu.

      En ce qui concerne la réforme du code du travail en France, j’avoue ne pas être capable de donner un avis "comme ça".

      D’abord, je ne suis pas choqué que les députés votent par Oui ou Non un accord entre partenaires sociaux. D’une part cela signifie la reconnaissance de la participation des corps intermédiaires à l’élaboration de normes sociales. Mais dès lors que l’ordre public qui en résulte concerne aussi les citoyens non impliqués dans la négociation, le législateur, élu du suffrage universel, doit apporter ou refuser son sceau.

      Sur ce problème de la démocratie sociale et de la loi, voyez par exemple ici, justement sur le contrat de travail (CPE).

      Ensuite, tel que le décrit De Rugy, cet accord divise les représentations des deux groupes sociaux : la Cfdt et autres sont pour, la Cgt est contre, le Medef est pour, la CGPME est contre... Bref c’est pas clair.

      Pour se faire une opinion il me faudrait mieux connaitre cette loi française que je n’ai pu étudier autrement que par les journaux. J’ai eu autrefois affaire à l’une de mes assistantes qui souhaitait partir et me demandait de la licencier afin de bénéficier des avantages attenants. J’avais accepté, mais un conseiller syndical l’a convaincue qu’elle pouvait me faire "raquer" beaucoup plus. Du coup, je ne l’ai pas licenciée (mon budget étant fixé par le PE il m’aurait fallu diminuer le salaire des autres !) Ce qui l’a amenée à accepter le compromis raisonnable que je lui avais proposé, mais elle avait entre temps bien enrichi deux avocats...

      Une solution convenablement encadrée de séparation à l’amiable qui ne soit pas un divorce aux torts exclusifs de l’un ou l’autre (licenciement ou démission) me parait un progrès à condition qu’il soit accompagné du devoir de conseil d’un tiers et de l’absence de pression sur le (la) salarié, et je ne sais pas sous quelle forme cela existe dans le projet de loi.

      Quant aux services publics, c’est un des vieux thèmes de mobilisation de la CES, qui l’avait amenée à demander à ses alliés de la gauche et des Verts de voter "Oui" au TCE, notamment pour faire passer l’article III-122. Dans le mini-traité proposé par Sarkozy, le III-122 n’avait pas été repris, pas non plus dans le maxi-traité de Merkel. C’est le gouvernement socialiste portugais qui, sous la pression de la CES a fait revenir le III-122, et la pétition que vous signalez exige son application avant l’adoption de Lisbonne.

      Quant aux pétitions, nous en sommes inondés et je n’avais pas remarqué ces deux là. Ne vous faites pas de bile sur qui signe celle-ci ou celle-là, ça dépend uniquement du point de départ et ensuite du hasard....

      Sur la bataille sur les services publics à l’Europe, il y a toute une rubrique sur mon site

      Je vous conseille les liens à partir de textes suivants :

      Sur l’engagement des Verts sur les services publics, avec leur propre approche qui ne se limite pas aux grandes structures nationalisées, voyez par exemple ici.

      Sur la bataille proprement dite, au point de départ le rapport Herzog et les raisons de notre soutien(le III-122 était alors numéroté III-6).

      La bataille ayant été perdue avec le rejet du TCE, elle a repris sous la forme affaiblie du rapport Rapkay. Bataille également perdue.


      Mercredi 23 avril 2008 à 12h24mn05s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve298#forum2393
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