Les Verts et la « dynamique du Non »

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Dimanche 17 décembre 2006

Ce week-end se tenait le premier Conseil National « post AG », où les Verts avaient à désigner la direction chargée d’appliquer le texte majoritaire de l’AG de Bordeaux. Par un processus assez compliqué de décantation dicté par les statuts des Verts, les 8 tendances initiales s’étaient regroupées en 3 pendant le congrès : schématiquement, un centre majoritaire, une aile « résolument environnementaliste », et une aile « résolument sociale » (et en fait très largement noniste). Je ne reviendrai pas ici sur ma dernière intervention de l’AG : la difficulté pour l’écologie politique est justement d’articuler correctement son aspect environnemental et son aspect social, indissolublement liés. Le dispositif sorti de l’AG de Bordeaux est donc tout à fait normal, contrairement aux majorités un peu plus biscornues des 4 dernières années.

Miracle : dès le premier tour de vote, le schéma de direction proposé par la majorité obtient pile les 60% nécessaires ! Soulagement général : la peur d’un nouveau ridicule (comme lors des deux dernières AG) l’a emporté. Personne dans la majorité n’a voulu se singulariser, et les minorités n’ont pas fait bloc pour s’opposer à cette élection.

Tout est bien, alors ? Pas tout à fait. Non seulement un certain nombre de problèmes fondamentaux (comment ressouder une société française de plus en plus déchirée ? comment sortir de la crise européenne ? comment réduire la fracture Nord Sud face à la crise commune de la planète ?) reste pendants, et pas que pour les Verts ! Mais, plus particulièrement, les Verts français affrontent une série de problèmes qui handicapent la candidature de Dominique Voynet à la présidentielle. Il ne s’agit pas seulement de la peur d’un nouveau 21 avril et du « vote utile » (Tout Sauf Sarko). Il ne s’agit pas non plus du persistant « manque de maturité des Verts », d’ailleurs largement exagéré : les chamailleries des Verts n’ont rien à voir avec les missiles que se tirent les uns contre les autres les candidats des « grands partis » (affaire Clearstream, video de Ségolène sur les profs…). Non, des problèmes plus sérieux handicapent véritablement les Verts actuellement. Pendant le débat du CNIR sur l’élection présidentielle, j’interviens pour en souligner trois.

Premier problème : actuellement, une grande partie de l’électorat progressiste ne souhaite pas de candidat issu d’un parti, mais voudrait un candidat vierge de politique, issu d’une association ou d’une ONG. C’est un effet de la persistante « crise de la représentation politique ». D’où le succès, en terme de sondages, de José Bové ou de Nicolas Hulot. Il s’agit là d’un problème de fond de la politique française qui remonte à très loin, au moins jusqu’à la Charte_d’Amiens de 1906 (séparation du syndicat et du parti dans le mouvement ouvrier).

Je plaide depuis très longtemps pour l’adoucissement de cette séparation entre partis et mouvements, tout en sachant que la forme-parti, si décriée soit-elle, reste nécessaire dans une démocratie représentative. C’est par la forme-parti que les écologistes peuvent travailler de façon plus ou moins coordonnée, du niveau municipal au niveau européen avec des principes communs pour mener les mêmes politiques publiques. Le défaut de ce dispositif est évidemment la tendance des partis à s’autonomiser par rapport aux mouvements qui leur ont donné naissance. La solution me semble être un nouveau contrat entre mouvements sociaux et partis (ou gouvernements !) progressistes dans une co-élaboration au sein d’un mouvement politique de masse.

En revanche, j’ai quelques doutes sur le court circuit qui consisterait à promouvoir la candidature d’un-e « apartidaire » à la présidentielle, tant que le mouvement de soutien à une telle personne (et la-le candidat) ne serait pas unifié sur quelques problèmes fondamentaux : l’anti-productivisme, le dépassement de l’Etat-Nation…

Or le second problème est justement la rupture entre une « sensibilité Bové » et une « sensibilité Hulot », la re-polarisation entre « gauche de la gauche » et « écologie ni-droite ni-gauche » que les Verts étaient parvenus à réduire au fil des années, et qui en est revenu aux années quatre-vingt, voire soixante-dix. La sensibilité écologique de la « gauche de la gauche » (hégémonisée par le PCF) se limite à l’hostilité aux OGM. Pas seulement à cause de l’engagement de Bové : la ligne paysanne du PCF, incarnée par le Mouvement de Défense de l’Exploitation Familiale, n’a jamais été productiviste. Mais il n’y a même pas consensus anti-nucléaire. Et, côté Hulot, les préoccupations sociales semblent totalement absentes.

Evidemment, ce recul historique est la faute à tout le monde, mais comme dirait Levinas, « à nous en particulier ».

Le troisième problème, c’est que la conjoncture qui a permis une telle rupture, la campagne sur le TCE, n’est toujours pas résorbée. La victoire du productivisme à la « gauche de la gauche » n’est pas d’abord une victoire du productivisme, mais une victoire du nationalisme, ou plus exactement un refus de la supra-nationalité. Or, notre projet écologiste, environnemental ET social, ne peut se développer pleinement dans l’étroitesse du cadre national, sans que les règles environnementales et sociales soient tirées vers le haut au niveau européen. Et dans le contexte de reprise des travaux pour doter l’Europe d’une Constitution, les Verts doivent être clairs sur les moyens d’aboutir à « mieux d’Europe ». Hélas, la nouvelle secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, qui, alors qu’elle était porte parole d’un parti qui s’était très majoritairement prononcé pour le oui, était opposée au TCE (ce pas en avant contre l’inter-gouvernementalité du traité de Nice et vers le fédéralisme), ne semble pas avoir évolué. Dans son discours d’intronisation, reprenant mécaniquement ma formule « plus d’Europe pour mieux d’Europe », elle est incapable de définir les alliances et la direction qui, à gauche, nous permettront d’avancer dans le combat pour une meilleure Europe : au moins un peu plus fédérale, au moins avec une charte des droits fondamentaux constitutionnalisée, etc..

Dominique Voynet ne pourra faire une percée que si elle est capable de saisir les profondes aspirations à « mieux d’Europe » et à expliquer qu’elles impliquent « plus d’Europe », c’est-à-dire une Europe fédérale. Evidemment cela ne se fera pas en un jour, mais le rejet du TCE nous a retardés de plusieurs années, voire de plusieurs décennies.

Intervenant tout de suite après moi, Francine Guillaume, une conseillère régionale d’Ile de France (qui avait voté Non), vient très utilement mettre certaines choses au point : « Dans quelques jours, le parti communiste français confirmera la candidature de Marie-George Buffet. Tous ceux qui avaient cru que du Non émergerait une candidature unitaire vont être désespérés. Il ne faudra surtout pas que les Verts se moquent d’eux en disant « nous l’avions bien dit ». Ce que ces militants avaient voulu, c’est éviter la bipolarisation entre la droite et le PS, offrir une véritable alternative. Et cela, nous le partageons avec eux. »

Je respecte et j’adhère tout à fait à ce discours. Parmi les mille et une raisons qui pouvaient conduire à répondre à autre chose qu’à la question posée (je vote Non parce que je trouve les Oui arrogants, je vote Non parce que c’est plus facile pour faire une liste municipale chez moi, etc…), raisons qui ont amené des gens de gauche à condamner un demi milliard de femmes et d’hommes à en rester à la constitution la plus libérale de l’histoire, celle de Maastricht-Nice, il y avait cette raison là : la volonté de fédérer contre le PS et l’UMP, ceux qui à gauche ne voulaient pas de cette bipolarisation. C’est en pensant à cet argument-là (celui d’une dynamique « anti libérale ») que, dès le soir du 29 mai, puis dans un article du Monde, j’avais proposé la collaboration entre les Oui de gauche et les Non de gauche, qu’aux journées d’été des Verts de 2005 j’avais proposé une procédure pour unifier ces Oui et ces Non de gauche authentiquement pro européens, que dans Politis, j’avais réitéré ces propositions. Le tout, sans aucune suite. Au contraire, les leaders du Non de gauche ont persisté dans leurs position : traiter par le mépris, comme uniformément libéraux, tout ceux qui, comme les Verts et moi-même, avions au contraire jugé que le traité de Maastricht-Nice était incomparablement plus libéral que le TCE.

Les difficultés de la « gauche anti-libérale » ne me réjouissent pas. Mais j’aurais beaucoup de mal à pardonner à ceux de leur dirigeants qui l’auront entraînée dans cette impasse, en réaffirmant et réaffirmant et réaffirmant, et jusqu’à aujourd’hui, que ce qui les unifiait était le Non au TCE. Alors que le Non les divisait entre eux (certains étant souverainistes, d’autre partisans d’un pouvoir politique s’imposant au marché par dessus les frontières nationales) et que la vraie ligne de démarcation englobait la plupart des Oui de gauche et une partie des Non...

Cette paralysie du débat français sur les suites du Non est d’autant plus grave que le front, en dehors de la France, s’est complètement recomposé. Je l’ai dit dans un blog précédent, on voit se dessiner très nettement un affrontement entre la droite, qui veut simplement un mini traité établi en CIG adoptant les dispositions consensuelleq (et qui ne modifierait aucunement le caractère néo-libéral de l’Europe), et la position « démocratique » qui, sans nier que les Non français et hollandais obligent à remanier le texte, considèrent que 18 pays (16 pays actuels, plus les 2 qui entrent au 1er janvier et qui l’ont déjà ratifié, la Bulgarie et la Roumanie) ayant démocratiquement ratifié ce texte, les 4 pays ayant procédé par référendum donnant au total une majorité de 55% au Oui, il serait inacceptable de le mettre purement et simplement au placard. Je le dis très clairement, cette ligne démocratique est, en ce qui concerne l’Europe, la ligne de gauche, la ligne écologiste, car il est bien clair que, même encore appauvri, le TCE restera beaucoup moins néo-libéral, beaucoup plus écologiste et beaucoup plus féministe que le traité de Maastricht-Nice remanié par une CIG.

Dans cette bataille, notre camarade Gérard Onesta, vice-président du Parlement européen, vient d’apporter une contribution majeure : « Le Plan A+ » Reprenant l’idée, développée par le parti Vert européen pendant toute la campagne des élections européenne de 2004, d’une distinction entre ce qui est proprement constitutionnel (les règles de formation des normes et des lois) et ce qui est d’ordre plutôt législatif (les politiques), il a accompli un énorme travail consistant à reprendre le TCE tel quel, « à périmètre constant », mais en distinguant soigneusement ce qui est vraiment constitutionnel et ce qui est de l’ordre d’un simple traité intergouvernemental pouvant être remis en cause avec les changements de majorité. Ce « tamis » n’oppose pas simplement la troisième partie (les politiques) aux trois autres, de caractère nettement constitutionnel. Ne serait-ce que parce que la 3e partie contient des innovations, et qu’elle est le seul endroit où sont énumérés les quelques 40% de domaines qui passent du régime de l’unanimité en Conseil au régime de la codécision à la majorité. Il faut en réalité un remodelage beaucoup plus fin. Il en ressort deux textes séparés, « la Constitution » et « le Traité ». Tous les deux doivent pouvoir par la suite évoluer, et il en propose les règles d’évolution.

L’avantage de cette proposition est évident : outre qu’elle rejoint ce que les Verts avaient vainement proposé pendant la Convention, elle ne remet pas en cause le consensus qui s’était finalement établi entre la CIG finale (celle de juin 2004) et la Convention, puisqu’elle en reprend absolument tous les paragraphes, les seules innovations portant sur les règles de modifications ultérieures. Elle satisfait la partie du Non authentiquement européenne en lui donnant acte de la distinction entre « Constitution » et « politiques ».

On pourra bien entendu contester les règles d’amendements ultérieurs qu’il propose : ses règles d’amendement de la Constitution me semblent curieusement plus réalistes que celles qu’il suggère pour amender le Traité… Mais ce travail constitue une pierre fondamentale dans le débat qui s’ouvre. On peut télécharger le tout (un bref cahier sur la démarche donnant l’essentiel, la Constitution un peu plus volumineuse, et le très volumineux Traité) sur le site de Gérard.

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve198

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Il y a 3 contributions à ce blog.
  • Dimanche 7 janvier 2007 à 22h09mn11s
    lien direct : http://lipietz.net/?breve198#forum1244
  • Les Verts et la « dynamique du Non »

    Tu écris : Miracle : dès le premier tour de vote, le schéma de direction proposé par la majorité obtient pile les 60% nécessaires

    Or, tu sais bien comment ces 60 % ont été acquis (il était interdit de voter contre !?!). C’est bien là le problème, le seul problème par rapport à ton intelligence des choses (j’ai réadhéré aux Verts, après des années à l’étranger, notamment du fait de la finesse des arguments pour le oui). Comment peux-tu accorder une once de confiance à la majorité interne des verts telle que sortie de Bordeaux ? N’est-il pas temps de manifester, malheureusement en dehors des Verts, nos priorités ?


    Vendredi 22 décembre 2006 à 22h24mn59s, par Yves (yves.caron@laposte.net)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve198#forum1237
    • Les Verts et la « dynamique du Non »

      On peut aimer ou ne pas aimer la synthèse de Bordeaux, qui est très clairement ouiouiste ! mais ce qui est sûr c’est qu’elle n’a fait qu’environ 55% en AG. Or le CNIR est élu pour 1/4 en AG et 3/4 en région, sur des motions qui ne se découpent pas nécessairement comme les votes nationaux. Manifestement les élus régionaux qui pouvaient se reconnaitre dans la synthèse ont tous voté pour elle. Les autres ont rejoint une des deux minorités , qui ont voté contre le schéma de direction proposé ou se sont abstenu.
      Vendredi 22 décembre 2006 à 23h13mn11s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve198#forum1238
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