A Medellin avec l’ELN

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Dimanche 6 novembre 2005

La deuxième rencontre importante de notre voyage en Colombie, c’est la visite à Franciso Galan. Francisco est le dirigeant de la deuxième guérilla du pays, l’ELN, (Armée de libération nationale), d’origine chrétienne (l’ELN a été fondée par le père Camillo Torres ; Francisco est lui-même ancien séminariste). Le président Uribe l’a fait transférer de prison (où il croupit depuis une dizaine d’années) dans une résidence surveillée, un hôtel de Medellin, en lui assignant pour mission de parvenir d’ici la mi-décembre à ouvrir les négociations avec l’ELN. Avec deux membres du Collège exécutif des Verts français (le porte-parole Sergio Coronado et le responsable des relations internationales Patrick Farbiaz), nous décidons d’aller lui rendre visite à Medellin.

Nous arrivons à 9 heures et demie le jeudi soir à son hôtel sur les hauteurs de Medellin. Un hôtel de semi-luxe, centre de conventions, mais très joli : c’est une grande maison coloniale, avec patio, poutres en bois etc. A l’entrée, pas de garde. Sur le parking, un jeune lieutenant débraillé, très sympathique, nous accueille pour nous conduire au bungalow réservé à Francisco Galan. Le reste de l’hôtel mène une activité tout à fait normale. Francisco nous accueille, souriant, barbu, visiblement ravi de trouver à qui causer. Sa semi-liberté l’enchante, il a pris sa mission comme une sorte de vaste enquête dans la société civile et auprès de la communauté internationale. Les visiteurs se succèdent chez lui. Il entend rédiger un rapport sur les « obstacles à la paix », rapport qu’il présentera à la fois au président Uribe et à l’ELN. Ce sera ensuite à l’ELN de donner sa réponse à ce rapport.

Nous abordons à peine les 5 grands thèmes qu’il a identifiés comme obstacles à la paix :

  Le refus de traiter les causes sociales de la guerre civile

  Le refus d’impliquer la société elle-même dans la recherche de la paix

  Le refus de reconnaître qu’il y a conflit armé

  Le refus de reconnaître qu’il y a crise de la situation des droits de l’homme

  L’absence de prise en compte des racines sociales du paramilitarisme

Sans entrer dans le détail de ces 5 points, nous discutons à bâtons rompus jusqu’à minuit et demi. Une discussion tout à fait cordiale, parfois surréaliste, tant notre interlocuteur se montre bonhomme, plein d’humour, sans tabous.

Patrick, Galan, Sergio et moi

Je lui fais part d’abord de notre perplexité devant le cas colombien. Pourquoi ces guérillas nombreuses et interminables ? Pourquoi l’absence de mouvements sociaux ? C’est en somme le contraire de la Bolivie : on a l’impression que la lutte des classes s’est autonomisée comme un affrontement entre les forces armées de l’Etat et de la droite, et les guérillas se réclamant de la gauche, sans n’avoir plus aucune prise sur la société . Il me répond en souriant : « C’est que la droite et les classes dirigeantes sont tellement violentes, dans ce pays, qu’il est beaucoup plus facile de créer une guérilla que de créer un syndicat ! Et c’est même moins dangereux. Les dirigeants guérilleros qui reviennent à la vie civile, comme les syndicalistes, se font assassiner. Leurs soldats se retrouvent au chômage. Dans la forêt, au contraire, la nature est si généreuse qu’on peut arriver à vivre relativement agréablement. »

Autre question (de Patrick) : « Vous dites qu’à la différence des FARC, vous refusez le narcotrafic pour vous financer, et que vous refusez d’attaquer la population civile. Mais vous pratiquez les enlèvements ! » A peine embarrassé, Francisco nous répond en souriant : « Mais il faut bien que l’on se finance ! Les kidnapping, c’est la contrepartie du fait que nous ne sommes pas une narco-guérilla. » J’objecte : « Mais la pratique normale d’une guérilla, c’est l’impôt révolutionnaire, au besoin appuyé par le racket, ou alors les attaques de banques… » Il répond : « C’est ce que nous avait déjà dit le président du Venezuela, Andrés Pérez : attaquez donc les banques ! Mais nous, nous ne sommes pas une guérilla urbaine, nous sommes une guérilla rurale, nous ne savons pas attaquer les banques. » La conversation prenant un tour de plus en plus surréaliste, je lui suggère le financement public des guérillas. Mi-sérieux, mi-rigolard, il répond « Mais ça a failli se produire, à une époque des négociations… ». Nous nous montrons plus insistants : « Quand même, les enlèvements de civils, c’est inadmissible, et vous ne pouvez pas dire que vous n’attaquez pas la population civile. » Il part d’un grand éclat de rire : « Mais oui, c’est une contradiction, totalement inadmissible, c’est pour ça qu’il faut arrêter cette guerre ! » Nous le quittons (pour un autre hôtel), un peu désorientés par tant de « réalisme poétique ».

Nous avons à nouveau rendez-vous avec lui le lendemain, et au petit-déjeuner, nous élaborons nos propositions : en fait, ce qu’il recherche, c’est la mise en place d’une conférence du débat public, au sens français du terme. Il faut pouvoir impliquer la communauté internationale, avec un 6e point : drogue et guerre. Le débat public pourrait avoir lieu alors dans 6 villes différentes, associant toute la société civile et politique de Colombie, chaque débat sous la présidence d’un prix Nobel de la Paix, et pour couronner le tout, pourquoi pas Jimmy Carter ?

Dès que nous lui présentons cette suggestion, son oeil s’illumine, il est tout à fait d’accord et prendra cette proposition en compte dans son rapport. Je lui signale que s’il en est ainsi, il n’est pas exclu que je puisse faire voter par le Parlement européen un soutien à cette initiative de débat public sous égide internationale.

Vendredi soir, réception chez Yolanda (la maman d’Ingrid, une femme extraordinaire). Je lui explique en aparté les personnes qu’il est important de rencontrer au Parlement européen lors de sa visite à la fin du mois. Et bêtement je dis "De toute façon, nous venons en visite officielle en février". Bouleversée, elle me répond "Mais j’espère qu’en février Ingrid sera libérée !" Je réalise que pour une mère d’otage le temps ne coule pas du tout de la même façon...

Samedi, visite d’un « parc écologique » sur les montagnes dans les quartiers populaires de Bogota. Bogota s’étend sur un haut plateau, à 2600 m, dominé par les montagnes à 3000 m. Au nord du centre historique, les beaux quartiers, au sud, les bidonvilles et quartiers en auto-construction, qui s’étendent sur la plaine, ou grignotent la montagne. Le parc occupe deux vallées et une petite crête, jusqu’au sommet de la chaîne dominant Bogota. Tous les problèmes de l’écologie dans le tiers-monde s’y condensent : ce parc, poumon vert pour un quartier populaire, est entouré de barrières pour ne pas être envahi ! Il sert à la fois de lieu de détente, et d’initiation des enfants à l’écologie. Mais en montant sur la petite crête, nous découvrons la deuxième vallée : elle est déjà largement grignotée par la bidonvilisation ! (Bientôt photos sur ce site).

Les bidonvilles grignotent le parc
... même les vaches

C’est tout le problème du conservationisme dans le tiers-monde : il faut protéger ces zones de l’urbanisation. Mais en même temps, la faim de terre et les déplacements massifs suscités par les combats provoquent un exode rural et alimentent les bidonvilles qui font pression sur tous les espaces vides urbains.

Puis nous visitons, dans un quartier pauvre, un restaurant communautaire financé par la municipalité de Bogota (de gauche). Les organisateurs me reconnaissent : il y a quelques années j’étais venu leur faire une conférence sur... l’économie sociale et solidaire !

Au restau communautaire

Mais déjà je dois repartir. Je sais, par la télévision colombienne, (assez ironique !) que je repars pour un pays en proie aux émeutes urbaines, visiblement beaucoup plus violent que la Colombie...

PS : La Cour de Luxembourg au secours de Mallarmé !

Dans l’avion, je découvre une brève dans le journal : la Cour de justice de Luxembourg vient de débouter Uderzo (père d’Astérix), qui prétendait interdire à une entreprise d’appeler un de ses produits d’un nom en –ix, en lui réclamant des droits. La Cour a très judicieusement déclaré qu’Uderzo n’avait pas la propriété des noms en –ix. Mallarmé et son ptyx sont donc sauvés !

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve110

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Forum du blog

Il y a 6 contributions à ce blog.
  • A Medellin avec l’ELN

    Pardon de vous contredire, mais l’ELN n’a pas ete fondee par le pere Camilo Torres, qui ne l’a rejoint qu’en 1965 avant d’y mourir quelques mois plus tard lors de son premier combat, mais par des étudiants castristes dont les noms m’écappent à l’instant...
    Jeudi 13 mars 2008 à 23h51mn01s (damien.fellous@noos.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve110#forum2336
  • A Medellin avec l’ELN

    Attention aux approximations !! El ejercito de liberacion nacional n’est pas "d’origine" chrétienne. En effet lors de sa premiere apparition publique en 1964 dans la région de Santander avec la prise du village de Simacota pour quelques heures aucun représentant chrétien n’était dans les rangs de l’eln. Le leader était alors fabio vasquez castaño qui plus tard trahira l’idéal de l’eln. Le père camilo n’est en rien un fondateur de l’eln, il en est devenu un symbole aprés sa mort lors de sa première opération militaire. Il ne rejoint l’eln qu’en 1965 (front jose antonio galan) aprés l’échec de sa tentative de creer une nouvelle formation le "frente unido". Il n’empeche que l’eln a bénéficié des contacts de camilo et de la sympathie qu’il inspirait a certains mouvements révolutionnaires chretiens comme le golconda, le SAL (sacerdotes para america latina) ou encore cps (cristianos por el socialismo). Voila, a part ça vous avez bien de la chance d’avoir rencontré F.Galan, j’aurai aimé avoir cette chance. Bonne continuation
    Mercredi 24 octobre 2007 à 07h25mn51s, par Cheo (haroldsabourdy@hotmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve110#forum1946
  • > A Medellin avec l’ELN

    Peut-on rire avec tout le monde ? L’ELN que tu qualifies de chrétienne, est étiquetée « castriste » ou « guévariste » par beaucoup de commentateurs. Selon l’encyclopédie canadienne en ligne Agora, « Les rebelles (...) de l’ELN (Armée de libération nationale) n’ont presqu’aucun soutien parmi la population générale et leur présence dans les villes est minime. La clé de leur survie réside dans la totale indépendance financière dont ils jouissent grâce aux rançons obtenues à la suite d’enlèvements et au narcotrafic, de même que dans l’incapacité de l’État à faire sentir sa présence sur de vastes secteurs de la géographie complexe de la Colombie ». L’inclusion de l’ELN dans liste des mouvements terroristes dressée par l’Union européenne (UE) était soutenue par la majorité des Etats de l’UE en 2002. L’opposition de la France et de la Suède a bloqué cette inclusion, qui ne pouvait être adoptée qu’à l’unanimité. En février 2003, l’ONG Reporters sans frontières publiait le communiqué suivant : « L’ELN a séquestré plus d’une vingtaine de journalistes au cours des cinq dernières années (...) En raison des atteintes répétées de son groupe armé à la liberté de la presse, Nicolas Rodríguez Bautista, chef militaire de l’ELN, est considéré par Reporters sans frontières comme un prédateur de la liberté de la presse dans le monde ». Amnesty International écrit, dans son rapport 2004, que « Les FARC et l’ELN se sont rendus responsables de nombreuses atteintes graves au droit international humanitaire ». La guérilla colombienne et les contre-guérilleros sont responsables de dizaines de milliers de morts. Tu as bien le droit d’avoir « une discussion tout à fait cordiale » avec qui tu veux. Mais est-ce vraiment responsable de suggérer à une guérilla, responsable de nombreux enlèvements et assassinats, de pratiquer plutôt le racket ou les attaques de banques ?
    Lundi 21 novembre 2005 à 23h36mn46s, par Benoit Willot (benoit.willot@laposte.net)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve110#forum411
    • > A Medellin avec l’ELN

      issssshh sont méchants ces gens de l’ELN !
      Vendredi 25 novembre 2005 à 00h57mn34s, par Hawaitost (hawaitost@gmail.com)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve110#forum414
    • > A Medellin avec l’ELN

      Je crois en effet avoir souligné l’humour de cette discussion. Faut-il rire avec n’importe qui ? Je suis hélas obligé, de par ma fonction de Président de la délégation pour la Communauté Andine, de rire aussi avec Uribe (beaucoup moins drole), que beaucoup de Colombiens considèrent comme "le président des AUC". Cela fait parti de l’aspect diplomatique de ma fonction (il existe une célèbre photo de Churchill et Roosevelt rigolant avec Staline). La recherche de la paix est à ce prix (minime).

      Je crois avoir montré que nous avons été tout à fait clairs avec Galan dans la condamnation des crimes de guerre de l’ELN.

      A part ça, oui, cette guerilla guevariste, fondée par le père Camillo Torrès, est d’origine chrétienne.


      Lundi 5 décembre 2005 à 18h49mn47s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve110#forum426
      • > A Medellin avec l’ELN

        Monsieur Lipietz, la guerrilla de l’ELN n’a jamais été fondée par le père Camilo Torres. Celui-ci l’a rejoint dans les montagnes de la région de Santander. Elle fut fondée par Fabio Vasquez Castaño. Ainsi l’origine chrétienne que vous lui attribuez est infondée. Cependant il est vrai que de nombreux prêtres ou séminaristes, comme Camilo Torrez ou le curé Perez la rejoindront. Cependant il faut replacer sans dans son contexte et dans le développement à ce moment là en Amérique Latine d’un courant au sein de l’église qui était celui de la théologie de la libération et dans lequel figurait la possibilité de recourrir à la lutte armée si nécessaire. D’autre part, la proposition que vous faîtes votre de créer un dialogue avec la société est celle que Francisco Galan et l’ELN a réclamé depuis le début, en demandant qu’elle prenne forme dans le cadre d’une assemblée constituante.
        Mardi 8 janvier 2008 à 17h14mn22s, par stéphane (stef_doy@hotmail.com)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve110#forum2162
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