Au dessous du volcan


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Samedi 9 février 2008

Le département du Nariño borde la frontière avec l’Équateur, au sud-ouest de la Colombie. Il s’étend de la plaine côtière (son port : Tumaco) jusqu’aux Andes, avec sa capitale, San Juan de Pasto. Au-delà des Andes commence la forêt amazonienne et le département du Putumayo. Longtemps abandonnés par l’État, ils sont tous deux le théâtre d’une guerre sans merci entre les différentes guérillas, les paramilitaires et l’armée. Ils sont également un terrain de culture pour la coca, et la coke est exportée à partir de Tumaco sur des lanchas, les mêmes barques à fond plat qui, surchargées d’émigrants, rallient le Sénégal aux îles Canaries. Mais ici, conduites par un seul homme avec quatre moteurs hors-bord, elles gagnent en quelques heures le sud du Mexique.

Inutile de dire que ce département est l’un des plus dangereux de tous. Cinq fronts des FARC, deux de l’ELN, et deux blocs de paramilitaires y opèrent. À un moment, notre petite délégation comptera jusqu’à 35 gardes du corps !

Et pourtant, c’est un ancien guérillero, dirigeant du M-19, ultra-sympathique et souriant malgré sa jambe de bois, Antonio Navarro Wolff, qui en a été élu gouverneur aux élections locales de l’an dernier ! Cette élection a compensé la perte, par le Pôle démocratique, du département voisin de Valle del Cauca (capitale : Cali), plus au nord.

Notre avion se pose, à 1000 mètres d’altitude, sur une sorte de piton rocheux arasé. De là, une route mène 1500 m plus haut à la capitale, Pasto, elle-même dominée par un volcan (en éruption quand nous arrivons, mais perdu dans le brouillard).

Labo de paix

À cheval sur le Nariño et le département voisin du Cauca, l’Union européenne a établi le deuxième « laboratoire de paix ». Un laboratoire de paix est une zone dans laquelle on cherche à réinstaller les communautés déplacées par le conflit en leur offrant des services publics tels que l’éducation, la santé, la formation professionnelle (et notamment agricole) etc. Les buts d’un laboratoire de paix ne sont pas de rompre avec les institutions politiques dont – avec raison – beaucoup de paysans se méfient. Il ne s’agit pas non plus d’y interdire le passage de toutes les forces armées (ce qui serait d’ailleurs impossible). Au contraire, il s’agit de reconstruire à la fois des institutions politiques et des alternatives économiques (à la coca). La coopération avec les institutions municipales comme avec les organisations de la société civile est donc essentielle.

Nous avions visité, il y a deux ans, à l’est de Medellin, un laboratoire de paix qui ne marchait pas fort, déjà à moitié récupéré par les FARC qui obligeaient les paysans à cultiver la coca à l’abri d’une ceinture de mines antipersonnelles. Ici, au contraire, ça marche remarquablement bien. Pourquoi ? Parce que la société civile, ce sont ici des communautés indigènes qui rêvent de constituer le territoire du laboratoire de paix en « région » indigène, et ils peuvent maintenant compter sur le soutien du gouverneur du Nariño.

Laboratoire de paix

Nous nous arrêtons à mi-chemin de Pasto, dans un établissement du Laboratoire, pour une réunion avec les indigènes. Sont venus des représentants des Indiens Awa ou Nasa des départements du Nariño, Putumayo et Cauca, rassemblés dans le CRIC (Conseil régional indigène du Cauca). Ils nous exposent leurs espoirs et leurs revendications. Elles n’ont rien d’antimodernistes ! Le délégué du Putumayo est certes un médecin indigène qui veut développer les connaissances sur les médecines traditionnelles, mais une des cabildas (cheffe de communauté traditionnelle) intervient en comparant le Nariño avec la province équatorienne de l’autre côté de la frontière (longtemps gérée par le Pachakutik) : « Ici, l’État nous a abandonnés depuis longtemps. En face, ils ont l’électricité ! » Une autre : « La situation ici est critique, beaucoup d’adultes sont analphabètes ! »

La cabilda

Le soir, dîner (excellent) à Pasto. Je suis entre le gouverneur Antonio Navarro et le maire. Le maire est uribiste, mais visiblement les relations sont non-conflictuelles. Je bavarde avec ce maire, ancien responsable de la santé en Colombie. Il m’explique les problèmes de la maladie de Chagas et une malheureuse curiosité locale (qu’il dit peut-être génétique), la haute concentration de cancers de l’estomac. Je l’invite à se méfier aussi du glyphosate…

C’est de Pasto qu’est partie la longue marche de Gustavo Moncayo (père du plus ancien prisonnier des Farc) qui a bouleversé la Colombie. Il est revenu y planter sa tente, exigeant l’accord humanitaire.

La tente de Moncayo

Le lendemain, grande séance avec tous les responsables et animateurs du laboratoire de paix. Comme la veille avec les délégués indigènes de la région, je souligne que l’accord d’association Union européenne – CAN en négociation reposera sur trois piliers. Un pilier politique qui veillera tout particulièrement à la défense des droits de l’homme, et notamment des peuples indigènes (car l’Union reconnaît la convention 169 de l’Organisation internationale du travail sur les droits indigènes). Un pilier coopération pour le développement (et les laboratoires de paix en font partie). Et un pilier commercial où nous reconnaissons les asymétries entre l’Europe et les différents pays la Communauté andine, et dans lequel nous pouvons par exemple encourager des mécanismes de commerce équitable.

On accueille l’Union européenne

Justement, ils ont organisé pour nous une foire-exposition de leurs produits « alternatifs » : café bio, légumes, artisanat, etc., et de leurs mobilisations (droits des femmes…).

Femmes du Laboratorio de paz y género
Cultures alternatives

Et nous repartons vers la piste d’aviation pour aller déjeuner à Tumaco, où nous attend le gouverneur. Car il n’est pas question d’y aller en voiture, le conflit est trop intense… La police a gracieusement mis une sorte de DC 3 à notre disposition. C’est un transport de troupes sommaire, avec câble central pour les sauts en parachute. Ça nous fait un peu bizarre, à Gaby et moi, de voir l’extrême gentillesse des policiers qui se mettent en quatre pour nous, sachant bien que nous venons plutôt défendre la politique de pacification du gouverneur Antonio Navarro… ancien dirigeant de la guérilla M-19. Mais cela fait partie de cette évolution de certains secteurs des forces officielles dont j’ai déjà parlé dans le billet précédent.

Gaby et la police

Nous survolons la forêt côtière, criblée de clairières déboisées pour cultiver la coca, puis stérilisées par le glyphosate. Quelqu’un demande ingénument à voir de plus près les plantations de coca. « Bien volontiers, nous disent les pilotes, on va faire un passage plus bas, mais rapide, parce qu’ils nous tirent dessus ». On peut même ouvrir les fenêtres et se pencher pour regarder !

La forêt empoisonnée

Afro-colombiens

Tumaco est un « port de l’angoisse » façon films des années 40, une bourgade de bidonvilles sur pilotis, accrochés à des îlets reliés entre eux par des ponts. Nous déjeunons d’abord, dans un restaurant sur un ponton, de plats locaux absolument délicieux. Tout autour de nous, à table, des Afro-colombiens. On bavarde : ce sont les maires des villages de la côte, la moitié sont au Pôle démocratique. Situation totalement inimaginable il y a deux ans !
Tumaco

Maire dans ce coin, et guerre à part, n’est pas une sinécure. L’eau potable, par exemple, on va la chercher en lanchas à quatre heures de navigation vers l’amont du fleuve… « Exporter » (hors la coca) signifie ici commercer avec un village voisin. Deux temporalités, deux géographies se superposent : celles créées par les communautés « marrons » d’anciens esclaves, et celles du narcotrafic mondialisé, enjeu d’une guerre moderne.

Avec le maire de Tumaco

Sur ces communautés afro-colombiennes qui s’éveillent à l’organisation et à la vie politique, Antonio Navarro base son pari le plus risqué : demander à l’Europe d’installer un nouveau laboratoire de paix dans cette zone, l’une des pires de la Colombie, puisqu’elle est non seulement un lieu de production mais l’une des grandes bases d’exportation de la cocaïne vers l’Amérique du nord. En somme, il veut refaire avec les communautés afro-colombiennes (très soudées) ce qui a réussi avec les communautés indigènes.

D’ailleurs, après un petit tour dans un bidonville, il nous emmène dans une école de parpaings où sont réunis, pour nous rencontrer, les responsables de la coordination des communautés afro-colombiennes. La chaleur tropicale est étouffante. Les enfants piaillent par les fenêtres ouvertes. Les ventilateurs grincent. Il faut hurler pour se faire entendre (bien entendu sans micro).

Antonio Navarro Wolff dans le bidonville

Les discours des afro-colombiens sont remarquables, comme l’étaient d’ailleurs la veille ceux des indigènes ( à dire d’experts – nos collaborateurs espagnols - ces paysans indigènes et afro-colombiens parlent un castillan parfait, contrairement à ce qu’on entend dans la plus grande partie de l’Amérique « latine »). L’un d’eux a cette expression : « La loi se construit par la lutte ». Je rebondis dans mon discours de réponse, en adoptant résolument un style de tribun, le seul possible dans ces circonstances (mais je ne m’attendais pas à devoir haranguer dans mon « portignol » des afro-colombiens parlant beaucoup mieux l’espagnol que moi). Je cite la phrase de Santander (Les armes vous ont donné l’indépendance, les lois vous donneront la liberté), et je développe sur les deux thèmes des laboratoires de paix : institutionnalisation politique et alternatives économiques.

Nous retournons vers l’aéroport où nous observons le ballet des hélicoptères et des avions d’épandage de glyphosate frappés des bannières colombiennes et états-uniennes entrecroisées (l’emblème du Plan Colombia).

Fumigateur
Les cadeaux glyphosatés de l’ambassade américaine

Et repartons pour Cali à bord de l’avion de la police.

La Florida

Cali est, paraît-il, la ville où vivent les plus belles Colombiennes, lesquelles sont, comme chacun sait, les plus belles femmes du monde. Nous n’avons guère le temps de le vérifier car dès le lendemain matin, nouvelle réunion avec les indigènes de La Florida et de Pradera, c’est-à-dire la « zone de détente » que les médiateurs français, suisses et espagnols avaient négociée secrètement l’an dernier pour les discussions entre FARC et gouvernement à propos de l’accord humanitaire. Alors que les médiateurs procédaient aux ultimes réglages du périmètre, le président Uribe avait d’abord fait mine d’accepter publiquement un périmètre qu’il fixait lui-même, ce qui avait cassé la négociation. Il dit maintenant que ce n’est pas possible dans une zone aussi peuplée, car on ne pourrait protéger la population contre les exactions des Farc. Il fallait en avoir le cœur net.

Eh bien ! la plus grande partie ce cette zone est un territoire indigène où, sans demander l’autorisation, l’armée a installé une base, et où bien sûr les différentes forces armées se font la guerre à cœur joie au mépris des populations qui y vivent. « Faire de cette zone une zone de détente démilitarisée ? nous disent-ils. Pour le moment c’est une zone de guerre, donc nous ne sommes pas contre l’idée. Mais on pourrait nous demander notre avis ! Or jamais, ni oralement, ni par écrit, ni les autorités colombiennes, ni suisses, ni espagnoles, ni françaises, ne nous l’ont demandé. » De retour en Europe, je m’empresserai de faire valoir cette remarque à qui de droit.

Avec les représentants de La Florida

Après cette réunion avec les habitants de La Florida, la télévision TeleSUR (essentiellement financée par le Venezuela) vient m’interviewer. Pendant toute la semaine, les Vénézueliens m’ont poursuivi au téléphone, parce que la presse me faisait dire tantôt que je considérais Chavez comme un diviseur de l’Amérique latine, tantôt comme un grand unificateur ! J’ai donc tenu à expliquer calmement la position de l’Union européenne dans ce canal télévisé quasi-officiel pour les chavistes : « Oui, Hugo Chavez a joué un très grand rôle lors de la conférence de Cusco pour créer la Communauté sud-américaine des nations. Et nous l’en remercions car nous sommes pour un monde multipolaire, dans lequel l’Amérique latine unifiée doit jouer son rôle à l’égal de l’Europe ou de l’Inde. Non, il ne peut pas dire que, sur la base des deux otages déjà libérées, l’Union européenne devrait sortir les FARC de la liste des groupes terroristes : nous exigeons au moins, et depuis cinq ans, que toutes les personnes prises en otage depuis la rupture des négociations à San Vincente del Caguan, soient libérées (le sénateur Genchem, la sénatrice Ingrid Betancourt…). Oui, le président Chavez peut à nouveau jouer un grand rôle dans le redémarrage de l’Union des nations du sud (nouveau nom de la CSAN), mais pour cela il doit faire en sorte d’avoir à nouveau des relations de bon voisinage avec son voisin tel qu’il est : la Colombie d’Alvaro Uribe. »

Consuelo

Et enfin, nous prenons l’avion régulier pour Bogota. Un passager me reconnait : "C’est formidable ce que vous avez dit à la télé en défense du Président de la Cour suprême. Merci pour la Colombie, car, vous savez, derrière cette affaire, c’est toute l’histoire de la paramilitarisation de l’État, dont personne n’ose parler".

Pendant les deux heures de correspondance à Bogota avant le départ pour l’Europe, nous tenons une ultime réunion avec l’une des deux otages libérées, Consuelo González de Perdomo. Elle est venue, très belle et très digne, accompagnée de sa fille. Elle fait partir du courant de gauche de ce qui reste de l’ancien Parti libéral, qui a fait 11% à la dernière élection présidentielle, quand le Pôle démocratique en faisait 25, et que représente si bien Piedad Cordoba. Consuelo nous raconte brièvement ses années de captivité dans la jungle (une de plus qu’Ingrid…)

Nous l’interrogeons sur la scène de leur libération vue à la télévision. Elles sortent de la jungle accompagnées de guerilleras des FARC pour se diriger vers les hélicoptères vénézueliens, puis retournent en courant faire un baiser d’adieu à leurs gardiennes. Syndrome de Stockholm ? « C’est beaucoup plus concret que ça. Pendant la vingtaine de jours de marche, entre le moment où l’on nous a annoncé que nous étions libérées, et le moment où nous avons atteint les hélicoptères vénézueliens, nous avons été en permanence bombardées par les avions de l’armée colombienne. Parfois, nous entendions les mitrailleuses crépiter autour de nous. Ces femmes des FARC nous disaient : couchez-vous, courez, on se regroupe là-bas. Elles nous ont littéralement sauvé la vie contre les forces armées d’Uribe. »

Avec Consuelo

Je suis assis juste à côté d’elle, je la dévore des yeux, pensant à la grande photo d’Ingrid-aux-yeux-baissés affichée dans mon bureau. Je lui dis « Mais vous avez l’air en forme, comment se fait-il qu’Ingrid ait l’air si malade ? » Elle me répond : « En fait, je traîne plusieurs maladies et je me soigne. Ingrid, je ne l’ai pas revue depuis les trois ans que nous avons été séparées. À l’époque, elle était dynamique, rieuse, mais déjà elle avait du mal à manger. »

J’écoute cette phrase en frissonnant, car cela me rappelle trop les premiers symptômes de Francine. Après une mauvaise nuit dans l’avion, hanté par les nouvelles données du puzzle qu’il me faut résoudre pour les prochaines étapes de négociation, j’arrive à Paris épuisé. Francine, embêtée, me montre les mauvais résultats de son dernier scanner…

Post-scriptum qui n’a rien à voir.

Vous allez bientôt voter pour élire votre maire. Vous avez le vote électronique dans votre commune ? Vous vous méfiez ? Vous avez raison. Lisez en ligne, téléchargez gratuitement ou achetez carrément le livre de la fée Perline et de Thierry Noisette, Vote électronique : les boîtes noires de la démocratie.

Photo : Nudo de los Pastos, Colombia.

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve289

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Forum du blog

Il y a 4 contributions à ce blog.
  • Au dessous du volcan

    Merci Alain, pour parler si bien de la Colombie, et du reste. En janvier, j’ai posté toute une série de liens et infos sur le conflit armé interne, là bas, dans ma bodega : http://amlatineterecuerdo.blogspot.com Série LOCOMBIA.. Un abrazo Patxi
    Dimanche 17 février 2008 à 19h35mn09s, par Patxi (ash1@caramail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve289#forum2290
  • Au dessous du volcan (et les deux "posts" précédents)

    Certains disent qu’on perd son temps sur le Net. Pas en lisant vos informations sur la Colombie ! Merci encore pour ce gros travail - passionnant pour beaucoup d’entre nous j’en suis certain. cordialement
    Samedi 16 février 2008 à 12h34mn02s, par Joke (joke@no-log.org)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve289#forum2287
  • Au dessous du volcan

    bravo et merci pour votre évocation du vote électronique. Ce livre est une bonne nouvelle. C’est très déconcertant et/ou décevant de voir l’inertie de beaucoup, y compris des militants de gauche, et même y compris des militants verts, face à cet enjeu démocratique majeur. Une réévaluation globale aura lieu entre les municipales et les européennes de 2009 : il faut absolument faire monter la mobilisation citoyenne !
    Samedi 16 février 2008 à 04h02mn40s, par jseb
    lien direct : http://lipietz.net/?breve289#forum2283
    • Au dessous du volcan

      Les autres je ne sais pas, mais sur les listes internes des Verts ça râle de tous côtés contre ces machines à voter !
      Samedi 16 février 2008 à 18h58mn50s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve289#forum2288
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