Réflexions d’été. Liban.


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Dimanche 20 août 2006

Les vacances s’achèvent : zigzags à travers les Alpes du Sud et la Haute Provence, entrecoupés de visites aux médecins, kinés, etc… Francine va nettement mieux, et j’ai fait des progrès en massage… Malgré cette difficile convalescence, ce furent de magnifiques vacances : randonnées splendides, superbes villages, abbayes, etc…

J’ai redécouvert les gorges du Verdon… débouchant maintenant sur le lac de Sainte-Croix. Quand je les avais parcourues il y a tant d’années, il n’y était pas ! Du coup ces gorges sont devenues un haut lieu touristique qui pèse sur de minuscules communes sans revenus. Elles en ont d’autant moins que la nature y est mieux protégée. Un problème déjà rencontré à Sainte-Anne, en Martinique. Là-bas, le maire Garcin Malsa faisait payer un parking d’accès à l’unique belle plage de l’île, qu’il avait su préserver. Ici, solution originale : la mairie fait la quête !

À l’abbaye de Sénanque, extraordinaire librairie. J’achète le livre de Dietrich Bonhoeffer Résistance et soumission. Bonhoefer était un théologien allemand, radical, dont mes copains protestants de gauche me disaient le plus grand bien dans ma jeunesse. Il s’engagea dans les services secrets allemands pour pouvoir assassiner Hitler, fut découvert et exécuté. Ce livre, ce sont ses lettres de prison.

À la caisse, le libraire de l’abbaye me dit « Excellent choix, Monsieur Lipietz ! ça vous servira beaucoup dans votre métier ». En effet… Dès le Prologue, je tombe sur une page : sans commentaire, pour ne pas me faire encore accuser de traiter les nonistes de nazis ou de stupides.

Car, outre la douloureuse convalescence de Francine, nos vacances sont assombries par une mini-micro-campagne haineuse, consécutive au dernier billet de mon blog : des mails sur la liste du courant où je m’inscrivais jusqu’ici au sein des Verts, Regain : Décidément Verts. Ils sont gentiment intitulés « Lipietz jette le masque. Celui que nous avons connu est politiquement mort. » et autres aménités (« le député de la planète Zorg »). Quelques courageux-ses répondent sur la liste, mais sont aussitôt écrasé-e-s par l’artillerie lourde. Francine, qui partage avec moi les mêmes combats et les mêmes positions depuis 37 ans, réagit par un texte bouleversant. Je réponds longuement à cette micro-campagne, dans un texte intitulé Réponse à quelques mails. Bilan de RDV, où je m’amuse au passage à vérifier que mes blogs ne parlent que fort minoritairement des problèmes constitutionnels européens, ce qui fait pourtant partie des « incontournables » sujets du blog d’un… député européen. Mais chaque fois que j’en parle ils déclenchent l’hystérie de quelques uns ! « Monomaniaque ! Passe à aut’chose ! » etc .

On trouvera un résumé plus sommaire du bilan de RDV dans le texte Clarifier. Enfin et surtout, pour mettre les points sur les i à propos du TCE, j’ai reformulé le problème constitutionnel dans Questions stratégiques pour la sortie de Masstricht-Nice, sous forme de thèses. Comme les articles de ce site ne sont pas dotés de forum, vous pouvez en discuter sur le forum de ce billet-ci.

Je résume ici les réflexions de l’été qui m’ont amené à ces thèses. En réalité, il semble que, sans l’avoir voulu, par mes feuilles de blog de juillet , à propos de l’article de Jennar dans L’Humanité et sur la convergence « rouge et brune » entre le site villièriste Indépendance et Démocratie et le site Bellaciao en faveur du principe d’unanimité, j’aie provoqué une clarification entre plusieurs types de vote Non au TCE. Il ne s’agit plus d’une querelle historique, mais déjà de la préparation de 2009 (avec sans doute des effets sur 2007).

Je ne parle pas de celles et ceux qui, plus tout à fait sûrs de la justesse de leur choix du 29 mai 2005, avancent, face aux autres et à leur propre conscience, des arguments de plus en plus tirés par les cheveux. Genre : « J’ai cloué 460 millions d’Européens dans Maastricht-Nice pour punir Truc et Machin de leur arrogance ouiouiste ». Ou « parce que ça ouvre une dynamique intéressante pour mes prochaines élections municipales ». Ou « parce que, sous prétexte de voter les articles nouveaux qui étaient une avancée, je n’allais quand même pas, moi, Môssieur, revoter les autres articles, inchangés, que j’aime ou que je n’aime pas ». Ou « parce que je ne supporte pas qu’on ait remplacé l’actuel « L’UE offre un espace où la concurrence est libre et ouverte par libre et non faussée ». Etc, etc. Non, je m’adresse ici à celles et ceux qui, comme moi, veulent en finir avec l’Europe ultralibérale et les traités de Maastricht-Nice (en fait depuis l’Acte Unique) la régissant depuis une vingtaine d’années, et qui ont voté Oui ou qui ont voté Non dans CE but, et qui maintenant tirent le bilan de cette dernière bataille (à mon sens perdue, et désastreusement perdue) pour préparer la prochaine (à mon avis : en 2009). Il est prudent de mesurer d’ores et déjà qui seront nos amis et qui seront nos ennemis.

Le texte de Jennar, qui n’est peut-être pas entièrement assumé par le PCF et sûrement pas par tous les « nonistes de gauche », est en effet très clair : il ne veut plus que l’on touche au traité de Maastricht-Nice, même par une Constituante ou un Parlement élu : « Je n’ai pas du tout le sentiment que, dans trois ans, pourrait émerger du scrutin européen une majorité favorable à une Europe européenne, attachée à réaliser une alternative politique, économique, sociale et écologique au système que nous subissons. Pour toutes ces raisons, il me paraît suicidaire de proposer que le prochain Parlement européen soit constituant. » Bref, pas d’Europe démocratique avant que le peuple européen ne soit communiste. Je m’en doutais un peu et je l’avais écrit. D’où l’explosion de rage de quelques uns (« Verts », pourtant) qui se sont sentis visés.

Ainsi, parmi ceux qui ont voté Non, certains se sont trompés sur la dynamique qu’engendrerait leur Non et le reconnaissent peu à peu. Mais d’autres avouent progressivement qu’en effet, ils préfèrent en rester au traité ultra-libéral de Maastricht-Nice. Pas forcément par libéralisme d’ailleurs, mais quelques-uns par souverainisme national. C’est une tendance qui existe aussi chez les Verts : les Verts anglais (mais pas les Ecossais !), les Suédois et autrefois, parmi les Verts français, chez ceux qui sont devenus la Confédération des écologistes indépendants). Qu’il s’en rendent compte ou non, ce souverainisme nationaliste, en désarmant le politique face au libre jeu du marché, est en fait un libéralisme, en tout cas certainement pas une position de gauche. Théorème : à l’heure de la globalisation du capital, le souverainisme national est le premier ennemi de la souveraineté populaire.

D’autres encore campent sur des positions strictement protestataires : ils s’opposeront à n’importe quoi qu’on leur propose qui ne serait pas l’Idéal, dussent les Européen(ne)s rester coincé-e-s dans Maastricht-Nice pendant 30 ans ! Pas vraiment une position de gauche non plus…

Cette préférence de certains souverainistes, ultra libéraux ou protestataires pour Maastricht-Nice a permis la convergence des votes venus de l’extrême droite et de l’extrême gauche et a reçu le renfort de ceux qui croyaient sincèrement voter contre l’Europe actuelle (celle de Maastricht-Nice)…en votant contre le TCE !

Sur mon blog, j’ai cherché jusqu’ici à faire une distinction entre ceux qui se trompent et ceux qui ont trompé les autres et je le précise dans mes « thèses ». Mais une autre dimension est apparue avec cette histoire de la « convergence rouge brune ». Même si on a des raisons très différentes de voter pour la même chose, est-ce que ce compagnonnage est totalement indifférent ? Personnellement, j’ai voté contre Maastricht… comme Le Pen et Chevènement. Mais je n’aurais jamais eu l’idée de dire « nous » en regroupant dans ce « nous » tous ceux qui ont dit Non à Maastricht. Quand je parle de « convergence rouge et brune », je ne vise que ceux qui utilisent la même argumentation, en venant de la droite ou de la gauche. Ce fut le cas à propos du texte de Baudouin. Mais, comme le remarque un intervenant sur le forum de mon blog, quiconque dit « nous » en parlant des « 55 % de Français qui ont voté Non au TCE » accepte de fait une « convergence rouge-brune ».

A ce propos, un complément d’anecdote. J’ai raconté comment, à Vienne, un autre collaborateur du groupe communiste, à qui je faisais observer que « 55 % des Européens consultés par référendum avaient dit oui au TCE », m’avait répondu : « Oui, mais les Espagnols ne comptent pas ! » J’avais rapporté ces propos car ils étaient dits sur le ton de la plaisanterie (quoique…). Je n’avais pas rapporté les propos suivants, parce que, dits aussi sur le ton de la plaisanterie, ils étaient incomparablement plus graves : « Et tu verras quand les Anglais et les Polonais voteront ! » Bien sûr, il ne s’agit que d’une plaisanterie. Mais il y a bien, quelque part, des gens à la gauche de la gauche qui attendent le renfort des voix anglaises et polonaises, c’est-à-dire les électorats les plus à droite de toute l’Europe, ultra libéraux chez les Anglais, ultra catholiques et souvent antisémites chez les Polonais.

L’évolution de la Pologne, cet été, me préoccupe d’ailleurs beaucoup. Comme il était à prévoir, son Président en vient maintenant à poser la question du rétablissement de la peine de mort, dont le Non français a refusé de constitutionnaliser l’abolition ! Mais bon, les Polonais, comme les Français, peuvent changer d’avis, c’est à ça que sert le militantisme. Comme disait… tiens, justement, quelqu’un qui m’a beaucoup intimidé et dont il faut que je parle un jour.

À part ça, l’été, ce fut bien sûr l’horreur au Liban et à Gaza. Inutile d’épiloguer : même l’opinion publique israélienne commence à se poser des questions. La manière dont les héritiers de Sharon se sont acharnés à détruire sous des dizaines de milliers de tonnes de bombes deux voisins, Gaza et le Liban, parce que des milices que personne ne contrôle avaient pris en otage trois de leurs soldats (acte que l’on peut réprouver, mais qui est strictement un acte militaire), est un scandale qui dépasse de loin tout ce à quoi les gouvernements israéliens nous avaient habitués, depuis l’assassinat du très regretté Rabin, seul responsable israélien à avoir discuté avec l’Autre en tant que tel. C’est un peu comme si le Parti Vert européen, en représailles contre l’enlèvement d’Ingrid Betancourt et Clara Rojas par les Farc, avait payé des mercenaires pour faire sauter les centrales électriques, les dépôts de carburant et les ponts en Colombie et assassiner quelques centaines d’enfants…

Bien sûr, le Hezbollah et le Hamas devront un jour choisir. Se considèrent-ils comme des mouvements politiques à vocation majoritaire, avec ce que cela comporte de responsabilités démocratiques et de responsabilités vis-à-vis des pays voisins (lorsqu’ils occupent des positions de pouvoir), ou se considèrent-ils comme des milices irrégulières ? Mais les opérations militaires d’Israël, opérations essentiellement dirigées contre des populations civiles qui n’en peuvent mais, soulèvent des questions politiques et éthiques d’autant plus graves qu’il s’agit, dans ce cas, d’un Etat souverain et bien souverain, membre de l’ONU, avec de véritables gouvernements, élus, bien établis, et reconnus par la communauté internationale, assumant toutes les responsabilités qui vont avec… Significativement d’ailleurs, la destruction de Gaza et du Liban (il faudrait dire « le ravage », comme on dit du « ravage du Palatinat par Louis XIV” : la destruction systématique d’une région voisine pour écarter les ennuis à la frontière), suit presque immédiatement une alternance démocratique en Palestine et le départ des troupes d’occupation syrienne du Liban. Ce que les gouvernements israéliens n’acceptent pas, c’est la souveraineté démocratique des voisins.

Toutes ces ruminations m’amènent à répondre à quelques sollicitations en réponse à mon blog du 23 juillet dernier où j’évoquais les hommes et les femmes qui m’ont le plus intimidé. Je citais Bettelheim, j’aurais pu citer René Dumont, Ana Maria Galano, Danièle Leborgne auxquel(le)s je n’ai rendu hommage sur ce site qu’après leur mort. Des correspondants me demandent d’en dire plus. Eh bien, en voici un : l’abbé Pierre ! J’en parlerai dans mon prochain billet.

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Forum du blog

Il y a 15 contributions à ce blog.
  • Réflexions d’été ...

    "Vert espérance".

    Malgrè la tempête,garder le moral.
    J’ai trouvé le texte de Francine très émouvant. Chaque militant connait ou a connu ces mauvais passages, ces déchirements entre camarades, entre amis.

    Mais voilà. Le temps aidant, d’autres camarades, d’autres amis arrivent. Et le combat continue, en restant fidèle à ses valeurs et ses principes.
    Ne pas se laisser empoisonner la vie par quelques personnes (devenues) imbéciles et méchantes.

    Bon courage.


    Mercredi 30 août 2006 à 16h39mn21s, par Yvon (yvon.ventadoux@ch-stcyr.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1009
  • Réflexions d’été. Liban.

    Cher Alain Lipietz
    Je pense que ni votre sincérité, ni celle de Raoul-Marc Jennar ne soit en cause dans le combat anti-néolibéral ou dans celui pour une autre Europe. Pour écouter (dans "Des sous et des hommes") et lire (dans "Le journal du mardi" et dans son livre de 2004 sur l’Europe, paru chez Fayard) régulièrement l’homme, je n’ai pas l’impression que RMJ se revendique "communiste", ni qu’il soit encarté au sein du Parti Communiste, groupusculaire en Belgique, même s’il ne m’a pas échappé qu’il est conseiller du groupe GUE au parlement européen. En outre, jouer sur la polysémie du mot communiste dans votre première note (Marx ? Staline ? Trotski ? Marchais ? Berlinguer ? Juquin ? Bensaïd ?...) me paraît être plus un procédé dialectique qu’un véritable argument. Quant à l’expression "convergence Rouge-Brune", elle me semble plus digne d’un BHL, d’un André Glucksmann voire d’un Philippe Val que de vous, même si vous prenez beaucoup de temps à la justifier dans ce texte-ci (en exprimant peut-être subliminalement une pointe de regret ?). Permettez-moi une question tout bête : en avez-vous débattu avec lui ? Si oui, ce serait intéressant de connaître sa réponse aux objections que vous formulez. Sinon, pourquoi pas un vrai débat de la même qualité que celui qui vous avait opposé à Jean-Luc Mélenchon naguère dans les colonnes de Politis ? (sur la modalité et l’intérêt duquel je vous laisse entièrement juge, bien entendu !). Au sujet d’Israël-Liban, rien à rajouter sur les tragédies humaines et emphase sur la marée noire qui semble toucher les 3/4 des côtes libanaises.
    Bien à vous.
    Frédéric Supiot (neurologue, Bruxelles)


    Mercredi 30 août 2006 à 13h03mn38s, par Frédéric Supiot (gazsup@tiscali.be)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1008
    • Réflexions d’été. Liban.

      J’ai découvert la vraie nature de Jennar avec son accusation scandaleuse sur les Verts, « initiateurs de la directive Bolkestein », et dans sa réponse il fut loin de présenter des excuses. Son texte de l’Humanité est, démocratiquement parlant, inacceptable, et digne de la fameuse phrase (incorrectement) attribuée à Brecht : « le peuple ne vote pas comme le parti communiste le souhaite ? il n’y a qu’à dissoudre le peuple et en nommer un autre ».

      À part ça, j’ai longtemps animé diverses organisations qui s’appelaient « communistes » et je continue à trouver ce mot très beau.

      Sur la « convergence rouge et brune », j’en ai parlé en termes très précis dans deux blogs antérieurs et dans celui-ci, il vaudrait mieux dire précisément quelles phrases vous trouvez « indignes de moi », c’est à ça que sert un forum où l’on peut se donner la peine de lire et d’écrire à tête reposée. Je vous signale que dans la fenêtre « Répondre à ce message » vous trouvez un bouton « Citer un message » qui permet d’isoler le passage visé.


      Jeudi 31 août 2006 à 02h39mn09s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1012
      • Réflexions d’été. Liban.

        Concernant son accusation sur les Verts, j’avais à l’époque lu votre texte. Je me souviens également de quelques piques à propos de certains votes des Verts européens, notamment dans le chapitre de "La trahison des élites" consacré au TCE. Il ne m’appartient bien évidemment pas de trancher vu l’aspect technique complexe de ces questions concernant la directive Bolkestein. Jennar, en tant que spécialiste devrait ne pas commettre les supposés erreurs que vous citiez. D’où ma suggestion d’un débat. Sa réponse et votre réponse à sa réponse me semblent ne répondre qu’imparfaitement à cette demande. (pour ne pas vous le cacher et pour reprendre le gimmick de Pascale Fourier "J’ai pas bien compris..."). Et ce serait surement plus intéressant qu’un débat Imbert-Julliard... ;-).
        J’ai bien compris l’essence de votre interprétation du texte de l’Humanité et je comprends votre réaction indignée. Mais je n’entre pas en empathie avec cette réaction, car je n’ai manifestement pas senti le même texte que vous où j’ai cru lire au contraire une demande de plus de démocratie au sens Castoriadien du terme. Une fois encore, un débat avec l’interessé sur ce sujet serait la bienvenue pour nous, pauvres électeurs.
        J’aimerais bien citer les extraits concernant "convergence Rouge-Brune" qui m’ont fait penser à une analyse style "La barbarie à visage humain" mais il semble y avoir en ce moment un petit problème pour accéder à vos textes précédents. J’essaierai d’y répondre ultérieurement.
        Bien à vous.
        PS : j’espère que mes maigres liens hypertexte fonctionnent...(un "s" à hypertexte ?)


        Dimanche 3 septembre 2006 à 18h12mn35s, par Frédéric Supiot (gazsup@tiscali.be)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1023
        • Réflexions d’été. Liban.

          Là vous me posez une colle : faut-il un s à « liens hypertexte » ! Quant aux vôtres ils sont OK. L’accès à mes textes précédents aussi (il y a actuellement des coupures de quelques minutes assez fréquentes sur notre site et sur l’hébergeur Ouvaton, l’un et l’autre en travaux).

          Sur la polémique avec Jennar sur la Bolkestein, c’est peut-être compliqué mais je donne les textes intégraux qu’attaque Jennar, je montre où sont les coupes qu’effectue Jennar et qui en inversent le sens et je montre qu’il reprend et aggrave les trucages de Bolkestein himself. Que dire de plus ?

          Son texte de L’Huma est tout aussi clair hélas :

          Je n’ai pas du tout le sentiment que, dans trois ans, pourrait émerger du scrutin européen une majorité favorable à une Europe européenne, attachée à réaliser une alternative politique, économique, sociale et écologique au système que nous subissons.

          Pour toutes ces raisons, il me paraît suicidaire de proposer que le prochain Parlement européen soit constituant.

          Donc pas d’assemblée élue pour réformer Maastricht-Nice avant la Saint Glinglin. Peut-être le parlement suivant ? 2014 ? Plus 2 ans pour rédiger, 2 ans pour ratifier à 27 pays, sûrement 3 ou 4 qui voteront non (dont surement, en France, le PCF s’il existe encore), trouver un compromis, ça nous fait 2018, 2020. Je serai mort ou sucrerai les fraises.

          Il me semble que vous habitez la Belgique ? je suis tout disposé à un débat public avec Jennar à Bruxelles, et je vous laisse le soin d’en proposer l’organisation à une revue de votre choix.


          Dimanche 3 septembre 2006 à 20h15mn32s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1025
  • 55% biaisés

    « 55 % des Européens consultés par référendum avaient dit oui au TCE ».

    Cette conclusion est abusive puisque les référendums ont été arrêtés en catastrophe après le non franco-néerlandais.

    Par ailleurs, il est curieux que les ratifications parlementaire se poursuivent alors que les ratifications référendaires sont stoppées.


    Mercredi 30 août 2006 à 12h17mn08s, par Olivier
    lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1007
    • 55% biaisés

      Le oui luxembourgeois a succédé au Non français et hollandais (cf ici même la contribution de jmfayard). Les autres ont argué (avec raison) que, la Constitution de Maastricht-Nice (contrairement au TCE) n’étant révisable qu’à l’unanimité, il était inutile de jeter de l’argent par les fenêtres. Certains pays continuent à ratifier parlementairement (donc à moindre frais) pour manifester leur mauvaise humeur face au veto franco-hollandais. Je les comprends, mais ça n’a plus aucune importance juridique.


      Jeudi 31 août 2006 à 02h27mn55s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1011
  • Liban - Colombie

    Bonjour Alain

    Tout à fait d’accord avec toi pour dénoncer l’attaque israélienne sur le sud Liban. Pour autant, il me semble qu’il vaut mieux éviter les simplifications et les comparaisons hâtives : À ma connaissance, aucune roquette venue des FARC n’est tombée sur les bureaux du Parti Vert européen et aucun combattant colombien ne s’est fait sauter dans les rues de Bruxelles. Le contexte n’est donc pas tout à fait identique et c’est important de tenir compte du contexte. En faire l’économie ne peut pas aider à trouver des solutions durables pour résoudre les conflits, au Moyen-Orient ou ailleurs.


    Mercredi 30 août 2006 à 01h21mn51s, par François Labat (labatfr@free.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1005
    • Liban - Colombie

      Bonjour François

      Bien sur que le contexte n’est pas le même ! ce qui est en cause c’est la méthode de "cross retaliation" (bombarder les civils à Gaza et au Liban pour "faire pression" sur une affaire qui ne concerne que l’armée israélienne et deux milices.)

      A ma connaissance les roquettes du Hezbollah sont tombées après le début des bombardements israéliens sur le Liban. Ce qu’on appelle « l’escalade ». Avant, 4 ans de calme plat sur cette frontière... Mais bon, l’essentiel du message, c’est que l’Etat libanais, débarrassé depuis 4 ans de la présence israélienne au Sud-Liban (après 20 ans d’occupation) et depuis quelques mois de l’occupation syrienne, n’était en mesure ni de protéger sa population civile des bombardements israéliens, ni de garder sa frontière sud. La « retaliation disproportionnée » (et même pas conforme à la Bible !!) d’Israël sur les populations civiles afin de faire pression sur le gouvernement libanais est donc bien, comme le disent les orga de défense du droit humanitaire international, un crime de guerre. Selon le PNUD, le Liban est renvoyé « 15 ans en arrière ». Et en plus le Hezbollah et Hamas sont devenus intouchables, et bien sûr les 3 otages le restent. Bravo l’artiste !

      Ma comparaison avec le cas de l’enlèvement d’Ingrid m’a été inspirée par une anecdote précise ...


      Vendredi 1er septembre 2006 à 00h47mn42s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1015
  • Les espagnols ne comptent pas

    Dominique Reynié a documenté la thématique "Les espagnols ne comptent pas" dans son pamphlet Le vertige social-nationaliste : La gauche du Non et le référendum de 2005 (ISBN 2710328313 pour l’acheter en ligne) dans un chapitre saisissant et preque effrayant.

    On voit que certains nonnistes se sont livrés à un petit sport consistant à 1) glorifier au delà du raisonnable le NON français 2) faire des autres NON éventuels (bienvenus, même s’ils n’ont pas la même valeur) une conséquence du NON français 3) dénigrer systématiquement tout résultat démocratique favorable au OUI, tout prétexte étant bon à prendre. J’en viens à me dire que si le OUI l’avait emporté en France, il n’aurait été à leurs yeux que le bâtard honteux et illégitime d’une intense propagande médiatique.

    Ci-dessous quelques citations sur la valeur du OUI puis un extrait du livre de Dominique Reynié :

    %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

    VALEUR D’UN NON FRANCAIS :

    Sur le NON français :

    «  Si la France a le courage de dire Non le
    29 mai prochain, ne croyez pas qu’elle sera isolée. Au
    contraire, elle reprendra la main et même se retrouvera
    au centre du jeu européen. Et nous, les partisans du Non
    antilibéral porterons les valeurs de l’universalisme et
    l’esprit des Lumières par toute l’Europe. Il y a comme un
    parfum de Valmy qui flotte dans l’air !
     »

    Jacques Nikonoff, 22 avril 2005, L’Humanité

    «  Quand il s’agit de décider pour la France et quand la
    France décide, elle parle au monde !
     »

    Jean-Luc Mélenchon, meeting du 17 mars 2005

    «  Très concrètement, la France est un des pays fondateurs
    de l’Europe, sa voix compte. Si la France, par la décision
    de son peuple, et peut-être quelques jours après ça sera la
    même chose pour les Pays-Bas et peut-être dans d’autres
    pays par d’autres référendums, eh bien la France sera
    amenée à porter le désir de son peuple au niveau de
    l’Union européenne. Alors, sera-t-elle isolée ? Mais écoutez,
    lorsque la France a pris position contre la guerre en
    Irak, tout le monde a dit "elle va s’isoler" mais moi je ne
    trouve pas qu’elle se soit tellement isolée quand des mil-
    lions de gens manifestaient partout dans le monde, j’ai
    même trouvé que la France, quelque part, était la voix
    de tous ceux et toutes celles qui par le monde refusaient
    la guerre en Irak. Eh bien si le 29 mai au soir la France est
    la voix de tous ceux en Europe qui refusent que l’Europe
    soit bâtie sous la logique libérale et veulent une autre
    Europe, quelle puissance pour la France ! quelle belle
    voix pour la France !
     »

    Marie-George Buffet, «  Grand Jury  », RTL/Le Monde/LCI, ll avril 2005

    Plus terre à terre :
    «  Si un grand pays européen comme la
    France dit "Non", ce sera un avertissement sérieux que
    nos partenaires seront bien obligés de prendre en
    compte. [...] La France, ce n’est pas un vingt-cinquième de l’Europe.
    C’est l’un des plus gros contributeurs. Sans elle, l’Europe
    ne peut plus faire son budget.
     »

    Henri Emmanuelli, «  Les 4 vérités  », 29 mai 2005.

    D’autres pays que la France peuvent dire NON, comme l’ont fait les
    Pays-Bas, mais cela ne saurait égaler l’importance et
    la portée d’un «  non  » français :

    «  Un Non français aura un sens particulier, il suscitera l’enthousiasme
    dans beaucoup de pays où il n’y a pas de référendum et
    même dans ceux où il y en a. Ils attendent beaucoup de la
    France. Ils savent qu’ici et pas ailleurs, le non s’il l’emporte
    aura un caractère franchement anti-libéral
     »
    Bernard Cassen, Sud-Ouest, 14 mars 2005.

    %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

    Valeur à accorder aux décisions démocratiques en faveur du OUI

    %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

    Dans un mondé libéral, l’antilibéralisme conduit à
    concevoir l’étatisme dans un seul pays et en cela, il appelle
    le nationalisme. La campagne amène la gauche du Non à
    déployer son antilibéralisme politique dans une forme
    d’antiparlementarisme auquel faisait écho la promotion
    d’un modèle de pouvoir législatif relevant de la démocratie
    directe. La gauche du Non partagera avec la droite du
    Non, on l’a vu, un travail de disqualification des ratifications
    du traité européen, que la voie choisie par les pays ait
    été référendaire ou parlementaire.

    Dans cet effort de ne pas compter les «  oui  », il entre évidemment une part
    inportante de tactique politique. Il s’agissait de ne pas laisser
    s’installer en France l’idée d’un isolement, croissant au
    rythme des ratifications précédentes, puis des ratifications
    suivantes, une fois la victoire acquise. Ainsi, comme un
    tribut payé à la mauvaise foi partisane indissociable de
    tout combat politique, la qualité des ratifications par
    référendum ne tient pas à la procédure mais au résultat.

    Les référendums négatifs expriment la volonté populaire, les
    référendums positifs sont insignifiants. Le résultat du référendum
    français est porteur d’une double qualité, incomparable,
    puisqu’il est le premier référendum négatif. Le
    référendum hollandais du ler juin est salué parce qu’il est
    négatif et parce qu’il pourrait être une conséquence du
    «  non  » français, confirmant la propagation de l’onde
    annoncée et dont Paris serait l’épicentre. Dans le cas du
    référendum espagnol du 20 février, on l’a vu, l’accent est
    mis sur le niveau d’abstention ou sur la faiblesse du débat.

    Le référendum luxembourgeois, organisé le 10 juillet,
    est cependant positif. Après le «  non  » français et le «  non  »
    hollandais, un troisième référendum négatif aurait marqué
    le triomphe européen de la gauche du Non. Celle-ci a donc
    tenté de peser sur le résultat en s’investissant dans la campagne
    luxembourgeoise. Henri Emmanuelli s’est rendu sur
    place pour encourager les opposants au traité. José Bové
    fera de même, notamment le 7 juillet, en prenant la parole
    lors d’un meeting pour le «  non  », à Esch-sur-Alzette, lançant
    aux 200 personnes venues l’écouter : «  Je suis fier
    d’être ici, au Luxembourg, avec mes frères de sang, mes
    amis luxembourgeois[1] avant d’inviter les Luxembourgeois
    à se lancer dans la campagne : «  Il faut mouiller sa
    chemise, se mobiliser jusqu’à dimanche pour mettre le
    "oui" en échec
     »[2]. L’écologiste Francine Bavay, vice-présidente du Conseil
    régional d’Ile-de-France, sera également
    présente, souhaitant «  un plus beau score au "non" que les
    Français et les Néerlandais
     »[3].

    Le résultat contraire pose donc un problème aux partisans du Non, montrant pres-
    que aussitôt les limites de la propagation. Avec 56,5 % des
    suffrages exprimés, le «  oui  » l’emporte, et plus largement
    que le «  non  » français avec un taux de participation
    inévitablement élevé en raison du vote obligatoire. Dans ce cas
    la disqualification ne pouvant prendre appui sur le niveau
    de l’abstention ou la faiblesse de l’écart en pourcentages,
    elle se fonde sur l’écart en voix, le corps électoral luxembourgeois
    étant de petite dimension. Henri Emmanuelli
    préfère ainsi retenir «  contrairement aux déclarations enthousiastes
    des partisans du "oui", 23 249 voix seulement
     » [4]
    en faveur de la ratification du traité européen. On pourrait
    relever que si le résultat avait été inverse, l’écart en faveur
    du «  non  » ne pouvait pas être plus important en nombre de
    voix. Emmanuelli avait utilisé la même prise pour disqualifier
    le référendum interne au Parti socialiste : «  L’enjeu de
    cette affaire dépasse de très loin les 16 000 voix d’écart qu’il
    y a entre les socialistes qui ont voté "oui" et qui ont voté
    "non"
     »[5], tandis qu’Yves Salesse semblait vouloir dire que
    la victoire du «  non  » avait été volée : «  Les militants socialistes
    ont été soumis à un battage extraordinaire en faveur
    du "oui" à l’intérieur et à l’extérieur du parti. Tous les
    responsables européens s’y sont mis, ainsi qu’une grande
    partie des médias. Dans ces conditions, le score de 42 % en
    faveur du "Non" n’est pas négligeable
     ».[6]

    Les 9 ratifications parlementaires qui ont eu lieu avant
    le référendum français seront déconsidérées ou déclassées.

    On invoquera tantôt le résultat, tantôt la procédure,
    comme en témoigne, par exemple, la réaction de Jean-
    Pierre Chevènement à la ratification du traité par l’Allemagne, le 12 mai :

    «  JEAN-PIERRE CHEVÈNEMENT. - On ne consulte pas le
    peuple allemand.

    CLAIRE CHAZAL. - Mais ce sont des députés...

    JEAN-PIERRE CHEVÈNEMENT. - Ah, ce sont des députés,
    mais ce n’est pas la même chose  ».[7]

    On ne peut dire que, pour la gaucbe du Non, le peuple
    soit la source pure de toute décision, puisque les
    référendums espagnols et luxembourgeois ont été jugés
    insignifiants. Malgré tout, pour la gauche du Non, ce sera l’un
    de ses leitmotivs, les ratifications parlementaires ne sont
    pas l’une des modalités de la décision démocratique, mais
    sa négation. L’argument n’est pas sans se propager au
    commentaire public et peut-être aussi à l’opinion, dans
    un pays qui semble s’abandonner plus volontiers que
    d’autres au sentiment antiparlementaire et où l’on ne
    veut pas considérer que la voie parlementaire obtient parfois
    des avancées alors que la voie référendaire peut déclencher
    des réflexes conservateurs. En témoignent le cas
    de la peine de mort en France - dont l’abolition a été
    obtenue grâce à la voie parlementaire - et le cas de
    l’avortement au Portugal - dont l’interdiction a été maintenue
    par les électeurs lors du référendum de 1998 [8]. Il est frappant
    de constater que les critiques les plus vives adressées à
    la procédure parlementaire seront le fait des altermondialistes  »
    c’est-à-dire des associations et des mouvements qui
    ne présentent pas de candidats aux élections d’assemblées
    représentatives.

    Lors d’un meeting à Toulouse, le 12 mai, Susan George,
    la vice-présidente d’Attac, s’est faite la porte-parole des pays
    ayant choisi la ratification parlementaire :

    «  Votez non pour nous, disent les peuples qui n’ont
    pas le droit de voter
     »[9].

    Au cours d’une émission télévisée,
    Jacques Nikonoff, président de l’association Attac, qualifie
    explicitement les ratifications parlementaires d’antidémocratiques :

    «  Dans les pays de l’Union européenne, sur les
    25, il n’y a que 10 pays dans lesquels il y a référendum.
    C’est un abus antidémocratique, c’est absolument
    incroyable ! C’est-à-dire que dans ces pays, eh bien, c’est
    seulement le Parlement qui va ratifier la Constitution [...].
    Il y a un déni de démocratie absolument radical !
     »[10]

    Le même jour, dans L’Humanité, le président d’Attac assimilait
    les ratifications parlementaires à un «  coup d’État  »[11].

    À la suite du 29 mai, Attac publiera une déclaration
    programmatique intitulée «  Pour une refondation démocratique
    de l’Europe
     », dans laquelle l’association affirmait
    notamment :

    «  C’est là [la victoire du non] une grande victoire
    de la démocratie, mais elle témoigne en même temps
    de la très grave crise de la représentation politique en
    France et en Europe. Tout indique, en effet, que certaines
    ratifications parlementaires du traité souvent acquises à la
    sauvette, sont en complet décalage avec l’opinion des
    citoyens
     ». Dans un article intitulé «  L’horreur démocratique  »,
    Jacques Nikonoff réaffirme son point de vue : «  Les
    nombreux gouvernements qui ont fait ratifier ce texte par
    leur Parlement national, plutôt que par leur peuple (référendum),
    ont signé une véritable forfaiture[12]
     »

    L’idée selon laquelle les peuples qui n’ont pas été consultés auraient
    certainement voté «  non  » renferme l’bypothèse qu’ils
    n’ont pas été consultés parce qu’ils auraient pu voter
    «  non  ». On ne peut l’exclure, mais il faut limiter cette suspicion
    aux pays où existe un mécanisme référendaire. L’insignifiance
    des ratifications parlementaires permettra à la
    gauche du Non de considérer le référendum français non
    seulement comme un référendum sur l’Europe, mais aussi
    comme un référendum européen : «  Privés de référendum,
    beaucoup d’Européens ont demandé aux Français d’émettre
    en leur nom un vote par procuration !
     »[14] quand les
    Français ont dit «  non  », c’est l’Europe tout entière qui
    dit «  non  », et les trois ratifications parlementaires qui suivront
    le «  non  » français ne traduisent pas la poursuite du
    processus prévu mais une négation de la souveraineté
    populaire[15]. La disqualification des ratifications parlementaires
    est articulée à la promotion d’une «  démocratie participative  »
    qui débouche finalement sur l’idée de la
    démocratie directe, au plan européen et au plan national.
    Au niveau européen, l’idée est celle d’une «  assemblée
    constituante
     ». L’assemblée constituante européenne
    ressemble à une revendication tactique, destinée à justifier
    l’affirmation d’un «  "non" pro-européen  », au point que
    cette suggestion est également portée par Marie-France
    Garaud[16].

    - [1]. AFP, 7 juillet 2005. José Bové est d’origine luxembourgeoise.
    - [2]. Idem.
    - [3]. Idem.
    - [4]. AFP, 10 juillet 2005.
    - [5]. Propos recueillis dans le cadre d’un reportage réalisé par le journal
    d’Arte, «  Arte info  », 25 mars 2005.
    - [6]. Propos recueillis par Jacqueline Sellem, L’Humanité, 4 décembre 2004.
    - [7]. TF1, journal de 20 heures présenté par Claire Cbazal, 21 mai 2005.
    - [8]. Le 8 novembre 1998, par 50,92 % des suffrages exprimés et une participation de 32 %.
    - [9]. AFP, 12 mai 200s.
    - [10]. «  France-Europe-Express  », débat animé par Christine Ockrent, France
    - [11]. 10 mai 2005. Le premier «  abus démocratique  » est le fait que la Convention
    ait rédigé un traité constitutionnel alors que cela ne lui était pas demandé
    expressément. Pour Nickonoff, comme pour la LCR, la Fondation Copernic
    et le PCF, mais aussi pour Marie-France Garaud, seule une constituante
    européenne élue par les Européens était en droit de rédiger un tel texte.
    - [12]. Humanité, 10 mai 2005.
    - [13]. cité par Tomas Lemabieu, L’Humanité, 2005.
    - [14] . Jacques Nikonoff : «  L’horreur démocratique  », Le Figaro, 2S mai 2005.
    - [15]. Ignacio Ramonet, Le Monde diplomatique, juin 2005.
    - [16]. La Lettonie, le 2juin, Chypre, le 30juin et Malte, le 6jui11et, le Luxembourg ayant ratifié le traité par référendum (lo juillet).
    - [17]. «  Ripostes  », débat animé par Serge Moati, France 5, 22 mai 2005.


    Mardi 29 août 2006 à 15h55mn27s, par jmfayard (jmfayard@gmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1003
    • Les espagnols ne comptent pas

      Dans tout celà, ils ont oublié, et vous aussi, un fait très simple : c’est Jacques Chirac qui, derrière, porte le non français auprès des 24. Ca fausse toute analyse. Etait-il bien placer pour ensuite aller faire pression pour une politique sociale ? Lui, l’homme de Cochin, va-t-il sauver l’UE ? En acceptant l’idée d’un délai supplémentaire aux autres (notamment R.U. , Pologne, Danemark, Rép. Tchèque), ilatténue le choc du non français et empêche une remise à plat possible dès lors que 6 Etats auraient rejeté le traité. J’estime que sa position (représentant des Français qui ont choisi le non) aurait du le pousser à dire : "je ne peux accepter ce report" ou alors, à démissionner puisqu’il ne pouvait plus s’exprimer au nom de la France sur la construction européenne.
      Le non français a tout de même eu un retentissement, je me souviens avoir entendu Mr Santer parler sur France Inter de la nécessité de faire une politique sociale européenne visible en mai.
      Quant au référendum espagnol, il se trouve que j’étais à Madrid au moment de la "campagne" ; ça ressemblait plus à une campagne de pub qu’à un débat politique. Rien à voir avec ce que nous avons vécu. Mais, ceci dit, chaque choix de chaque Etat, quel que soit le mode choisi, devrait être respecté par tous les européens convaincus.


      Jeudi 31 août 2006 à 14h16mn15s, par Bruno, nantes (kchev@libertysurf.fr)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1014
      • Les espagnols ne comptent pas

        Et voilà le retour du secret espoir d’une partie du Non français : obtenir un résultat national (la démission du Président de la République) à la faveur d’un scrutin européen. A part ça les enjeux nationaux n’ont pas influé sur le vote.

        Alain Lipietz a raison, les justifications a posteriori du Non prétendument anti-libéral ne tiennent pas la route... et le Non continue revendiquer une alliance objective avec la droite conservatrice du RU et l’extrême-droite de Pologne nécessaires pour vraiment tuer le TCE.


        Vendredi 1er septembre 2006 à 15h17mn46s, par PJ-BR (pj-br@ifrance.com)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1016
        • Les espagnols ne comptent pas

          Il n’ a aucune volonté de renverser Chirc, juste le constat que la Vème, telle que pensée par De Gaulle, conduisait à celà, et qu’il avait le droit de démissionner s’il le désirait. Dès lors qu’il ne le faisait pas, il n’a effectivement pas de crédibilité externe (vers l’Europe) et plus de légitimité interne (le peuple souverain donc supérieur à sa simple personne, ayant rejeté son souhait). Personnellement, je ne m’attendais pas à sa démission.
          Sur l’autre point, il ne s’agit, là encore, pas d’un souhait, mais d’un constat : nous sommes bloqués. Et des non, rapide, aurait permis, au moins, de ne pas "isoler la France". A partir de 6 non (plus de 20 %), il était prévu une certaine remise à plat. C’était, à mon avis, l’intérêt de la France, afin de ne pas porter sur ses épaules seules, l’échec du TCE. Mais comme sur la question Irakienne, Chirac préfère étonnamment isoler le pays (y compris lorsque son point de vue est majoritaire comme lors de la crise irakienne).


          Samedi 2 septembre 2006 à 14h41mn55s, par bruno (kchev@libertysurf.fr)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1022
  • Réflexions d’été. Liban.

    "Le texte de Jennar, qui n’est peut-être pas entièrement assumé par le PCF et sûrement pas par tous les « nonistes de gauche », est en effet très clair : il ne veut plus que l’on touche au traité de Maastricht-Nice, même par une Constituante ou un Parlement élu : « Je n’ai pas du tout le sentiment que, dans trois ans, pourrait émerger du scrutin européen une majorité favorable à une Europe européenne, attachée à réaliser une alternative politique, économique, sociale et écologique au système que nous subissons. Pour toutes ces raisons, il me paraît suicidaire de proposer que le prochain Parlement européen soit constituant. » Bref, pas d’Europe démocratique avant que le peuple européen ne soit communiste."

    Note bien que certains (toi y compris une fois en me parlant de la peine de mort...bien que dans ton cas, c’était plus une objection qu’une opposition) utilisent le meme genre d’arugment contre la democratie directe : "non la democratie directe c’est pas bien. Parce que dans tel pays, ils ont voté telle decision qui ne correspond pas à mon idéal politique donc la democratie directe, pas question !". Cf le forum de ton dernier blog.
    J’espère que ta frustration de parlementaire t’aidera à comprendre ma frustration de citoyen (tant au plan national qu’européen). Pauvre europe et pauvre france sans veritable démocratie, heureuse helvétie !

    sinon, dans le 04, est-ce que vous êtes allés faire le tour du Brec de Chambeyron ? Boucle de 2 jours en partant de Fouillouse ! Raaaaaaah, magnifique !


    Lundi 28 août 2006 à 21h34mn23s, par Michel
    lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1002
    • Réflexions d’été. Liban.

      Dans le cas de la peine de mort comme dans celui du rejet de l’avortement par le referendum portugais (cf ici même la contribution de jmfayard), il s’agit plus en effet de ma part d’une objection plus que d’une opposition. Je suis pour augmenter la dose de démocratie directe, et la dose de débat politique de masse préalable au vote. Rappelle-toi : j’objectais que le peuple est tout autant « lobbysé » (par le bourrage de crane, la religion, l’obscurantisme, la pub) que les députés.

      Mais le cas Jennar est plus grave : il conteste et la pertinence du peuple (trop à droite pour voter communiste) et celle des députés du peuple pour écrire un projet de constitution. Alors qui ? Jennar ?

      A part ça, oui le 04 est super, mais vu l’état de ma compagne on s’est fixé dans le Lubéron (pas mal non plus !!) et on a rayonné... en voiture.


      Jeudi 31 août 2006 à 02h25mn18s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve163#forum1010
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