Finalement je vote Aubry. Crise. Jobs.


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Vendredi 14 octobre 2011

Nouvelle semaine chargée. Dimanche soir je commente les résultats de la primaire socialiste sur France 24. Mardi soir et mercredi soir je participe au Forum social d’Aubagne. Tout cela en poursuivant la mise au net de mon texte sur la crise, en répondant sur la crise de Dexia, etc...

Primaire

Dés 20 heures on a les résultats dans l’ordre : Hollande, Aubry, Montebourg, et, loin derrière, Ségolène et les 2 autres.

Et surtout la participation apparaît impressionnante (2.5 millions).

J’en suis très content : c’est un vaste mouvement de participation citoyenne, qui à mon avis ne remet nullement en cause le rôle des partis (ceux qui ne sont pas que des machines électorales, qui élaborent des projets, mènent des campagnes, etc). Nous avions déjà remarqué pour la primaire d’Europe Ecologie (qui était plus exigeante, parce qu’il fallait s’inscrire à la coopérative) la disponibilité des sympathisants à se déranger pour choisir qui ils auraient au menu de la prochaine élection présidentielle.

J’insiste surtout, à France 24, que, quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur la sincérité et la résolution des différents candidats, le résultat de Aubry et surtout Montebourg, nettement au dessus des sondages, signifie la volonté des électeurs d’avoir un parti socialiste le plus « transformateur » possible. On n’est pas dans une logique de primaire tactique, où les participants choisissent le candidat qui a le plus de chances de gagner (mais ce sera peut-être le cas au second tour, dimanche prochain !), mais celui ou celle qui, en 2012/2017, sera le/la plus résolue pour assumer le Grand Tournant qu’exige la crise mondiale actuelle. Le plus « rooseveltien », en un mot. Les témoignages des journaux le lendemain montrent qu’il y avait dans les queues pour voter comme une ambiance de manif : un message adressé à la fois à Sarkozy et au PS.

Pour ma part, je l’ai expliqué dans mon précédent billet : j’ai préféré ne pas voter. C’était toujours mon intention le lundi matin. Mais j’ai changé d’avis.

La première chose qui m’a fait changer d’avis, c’est le ralliement général à Hollande, même de Montebourg. J’avoue que cela m’a agacé. Je soupçonne là comme des positionnements dans un jeu interne au Parti socialiste. Si je n’ai pas voté au premier tour, c’est que je considérais qu’en tant que négociateur avec le Parti Socialiste, je dois prendre le Parti socialiste tel qu’il est. Pour modifier le rapport de forces à gauche, je militerai pour Eva Joly, puis pour les candidats députés d’Europe Ecologie.

Ça ne veut pas dire que je négocie avec le PS en fonction de ses jeux internes. J’espère, en tant qu’écologiste, pouvoir convertir tous les socialistes à l’importance du tournant écologiste. Si ce n’est pas le cas, je souhaite évidemment agir pour que le candidat socialiste soit le plus "écolo-compatible" possible, et donc le plus rassembleur. Or je dois bien reconnaître qu’entre les deux finalistes, c’est Aubry qui s’est montrée la plus disponible à notre égard (sur le nucléaire, le temps libéré après la retraite, etc), même si j’ai eu, sous la majorité plurielle (1997-2002), d’aussi bons rapports avec l’une qu’avec l’autre. Donc j’irai voter pour elle.

Forum social

Au Forum Social d’Aubagne et dans la semaine, mon impression se confirme.

Beaucoup de participants iront voter, et ils voteront pour Aubry.

C’est par exemple la position de Gus Massiah, comme ça sera celle de François Gèze que je rencontre le jeudi (deux vieux copains de la GOP, le groupuscule où nous nous sommes réfugiés après notre éviction du PSU par Michel Rocard, dans les années 70). Tous deux s’étaient inscrits pour voter pour Eva Joly, tous deux iront voter pour Aubry.

Je n’était jamais allé à Aubagne : pour moi ce n’était qu’un point au bout de la vieille vallée industrielle de l’Huveaune près de Marseille. Je découvre une ravissante petite ville provençale entourée de collines verdoyantes et de pitons calcaires : c’est la patrie de Pagnol, là où il a tourné Angèle, le paysage de La gloire de mon père. La municipalité est dirigée par des « communistes unitaires » qui avaient voté pour Bové à la dernière présidentielle, mais qui n’ont pas rejoint Europe Ecologie. Ca ne les empêche pas de prendre des initiatives intéressantes : bus gratuit, et ce Forum Social, qui s’active sous trois chapiteaux répartis dans la ville pendant toute la semaine.

Je participe à un premier débat sur le bilan de l’altermondialisme. Gus expose ses thèses sur un altermondialisme fondé sur la conquête des droits. J’insiste pour ma part sur l’énorme progrès dans la mise en commun des expériences, notamment de l’économie sociale et solidaire et de la participation citoyenne aux collectivités locales. Mais je dois regretter l’absence d’implication vis à vis des aspects institutionnels. On ne peut pas revendiquer des droits sans préciser qui doit les satisfaire : et il s’agit des institutions.

Deuxième débat sur les leçons du tournant à gauche de l’Amérique latine. Je reprends les thèses exposées ici sur les politiques sociales. Débat intéressant et assez tendu entre un représentant du gouvernement bolivien et un représentant des indigènes boliviens... Cette tension entre les peuples et des gouvernements qui se sont ralliés à la stratégie productiviste de "substitution aux importations" et suivent le schéma dévastateur de l’IRSA (réseau d’autoroutes et d’oléoducs devant traverser toute l’Amazonie) était à prévoir.

Crise

Au retour, discussion avec François Gèze, directeur des éditions La découverte où j’ai publié la plupart de mes livres.

Il ne souhaite pas rééditer Qu’est ce que l’écologie politique. La Grande transformation du XXIe siècle, épuisé depuis longtemps, alors que ce petit livre serait bien utile pour la formation à Europe Ecologie.

Finalement c’est Les petits matins (éditeur de mon roman Les fantômes de l’Internet et de mon livre sur La SNCF et la Shoah qui va le rééditer.)

François est beaucoup plus intéressé par un développement en livre de mes conférences de Londres et du Japon sur la crise et la réponse verte. C’est un très bon éditeur (et pas seulement un « publieur ») : convaincu par mon texte, il discute longuement du rééquilibrage entre les parties du livre, du style à adopter... et du titre à choisir. Parution prévue en mars, comme la réédition (augmentée) de Qu’est-ce que l’écologie politique. Je ne vais pas souffler.

C’est que la crise s’accélère et on n’est pas prêt d’en sortir. Je réponds à une interview de RFI-anglais sur « la crise de Dexia et la crise de l’eurozone ». La crise de la banque Dexia est d’une part la suite (non purgée en 2008) de ses spéculations sur les subprimes (les crédits toxiques aux ménages, qui n’ont pas pu rembourser) et d’autre part la sanction de crédits toxiques consentis aux collectivités locales, et qu’elles ne pourront pas rembourser. Dexia est la première des banques qui fait faillite parce que des autorités publiques (qui lèvent l’impôt) ne pourront pas rembourser. Or c’est une situation qui va se généraliser aux Etat nationaux eux-mêmes, à commencer par la Grèce.

Il faut bien comprendre que (comme je l’explique dans mon texte sur la crise), il y a deux problèmes à résoudre dans l’ordre. D’abord, assurer le financement de l’avenir, ensuite apurer le passé. Dans cet ordre là. La Grèce ne pourra jamais payer toutes ses dettes, mais réclamer l’annulation de ces dettes avant la mise au point d’un mécanisme de financement européen des besoins de l’Etat grec était irresponsable. Une fois obtenu un engagement de financement futur fondé sur la solidarité européenne, on pouvait passer à l’annulation d’une partie de la dette grecque. Et c’est ce qui est enclenché depuis juillet dernier.

Mais quand il faudra annuler une partie des dettes espagnoles ou italiennes, tout en continuant à financer ces deux pays en nouveaux crédits, ce sera une autre affaire. Dans mon texte, je suggère un mécanisme pour « annuler les dettes sans mettre les banques en faillite », inspiré de ce que je recommandais au début des années 80 pour la dette de l’Amérique Latine (et qui a été mis en œuvre partiellement par le « plan Brady »).

Steve

La mort de Steve Jobs a provoqué de curieux couacs.

J’avais aussitôt mis sur mon « mur » Facebook le commentaire suivant :

« Il est rare qu’on ait à saluer la disparition d’un homme d’affaire. Mais Steve Jobs n’était pas qu’un homme d’affaire, il fut, comme Watt, Bell, les Lumière ou Edison, un inventeur, et ses inventions ont changé notre vie. Non par des inventions individuelles : tout ce qui a fait le charme de ses machines, et pour commencer le menu déroulant, a été inventé par d’autres informaticiens. Mais il a su concevoir des synthèses qui ont révolutionné notre rapport à l’informatique, en faire l’extraordinaire moyen de création et de communication qui a changé notre vie quotidienne.

Mon premier ordinateur personnel fut en 1985 l’Apple IIc, qui ne représentait pas une percée considérable et dont je ne me servais guère : il a permis à ma compagne d’autrefois, Francine Comte-Ségeste, de se sortir enfin de la rédaction de Jocaste délivrée.

Mais est venu le Macintosh monobloc, que j’ai su utiliser en quelques minutes, pour mettre en forme en une nuit les articles du recueil Les régions qui gagent. Jamais ces livres ne seraient sortis sans la mise à disposition de machines aussi simples.

Puis Jobs est parti, l’avantage de Mac s’est réduit devant les imitations Microsoft, et l’isolationnisme d’Apple a failli tuer la marque.
Steve Jobs continuait à innover chez Next, mais il ne pouvait plus franchir la barrière d’entrée de Microsoft.

Enfin il revint chez Apple, et ce fut de retour l’inventivité pour tous : l’iPod, l’iPhone, l’iPad. L’ordinateur, l’internet et la musique dans le creux de la main. Militer, écrire des livres et des poèmes (Francine griffonnait ceux de Destin de sable dans le métro, puis les travaillait directement à l’écran), lire les nouvelles en faisant la queue dans une boutique, tout cela, l’humanité sait le faire depuis des milliers d’années, mais nous n’aurions pu le faire si facilement sans ces inventions-synthèses de Steve Jobs.

Je dirai aussi que Steve Jobs a survécu des années au cancer du pancréas, un des plus terribles. Cette survie, il l’a sans doute gagnée avec son argent, mobilisant les meilleurs médecins, mais il l’a consacrée à son travail, à ses "usagers". Il a été un modèle pour bien des cancéreux affrontant avec résolution cette épreuve. Ce cancer a fini par le vaincre, mais au final c’et toujours la mort qui gagne, et la question est ce qu’on fait de notre peu de temps. Merci. »

Ce texte m’a valu une volée de bois vert sur Facebook : « Mais comment ! avec ce qui se passe dans l’usine Foxcom en Chine, où sont montés les iPhone ! » m’écrivaient des ami-e-s, sans doute sur leurs ordinateurs fabriqués en Suède par des ouvriers syndiqués.

Je réalisais alors que la campagne contre Foxcom (comme celle contre les sous-traitant de Nike) n’avait servi à rien. Au lieu de découvrir la réalité de TOUTE l’industrialisation périphérique dans l’ex-tiers monde à l’occasion de la mise sous le projecteur des sous-traitants d’une marque connue (loin d’être la pire parce que justement plus surveillée), certains lecteurs se sont imaginés que ce n’était que le cas de Apple ou de Nike… Bon, comme d’hab, il faudra expliquer, expliquer…

Plus rigolo, la critique de Politis : Apple est un système fermé, « transformant ses utilisateurs en consommateurs passifs ». Vieille critique des « pro-PC ». Je ne sais si à Politis on continue à bricoler ses ordinateurs au fer à souder, mais, pour ma part, ma créativité je la mets dans ce que j’écris sur mon ordinateur, et j’espère qu’il en est de même dans mon hebdo favori (nouvelle formule). Et je signale à Politis que tous les innovateurs des logiciels libres et gratuits se sont enfin intéressés à Mac OS X et à iOS.

Pour continuer votre lecture, cliquez sur l’onglet suivant.

PS. Samedi, je remplace au pied levé Stéphane Hessel pour ouvrir le Festival du livre et de la presse d’écologie. Redoutable honneur…

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve438

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Forum du blog

Il y a 22 contributions à ce blog.
  • Faire le Jobs puis faire le mort

    Bonjour,

    Permettez-moi, cher ami, de ne pas partager votre admiration pour Steve Jobs, dont les "inventions", en cette faussement "propre" industrie de l’informatique ont participé de l’explosion de la consommation de produits informatiques dans une logique de croissance productiviste effrayante !
    Sans compter l’armée montante des obnubilés de l’écran tactile qui peuplent désormais nos transports en communs, absents du monde autant que d’eux-mêmes !

    Vous me direz que l’inventeur de la roue, lui aussi, à démultiplié l’impact environnemental de l’Homme, certes, mais Jobs et ses contemporain - nous tous (je vous écris sur un Mac) - achèvent très efficacement le boulot...


    Lundi 17 octobre 2011 à 18h01mn13s, par Camille (camille.couteau@free.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4092
    • Faire le Jobs puis faire le mort

      Ben oui, celui qui a inventé la roue, celui (Watt) qui a inventé la machine à vapeur, celui qui a inventé la lampe à incandescence , et la radio, et le refrigérateur , et surtout l’automobile, et l’avion, et les fringues, et la crème renversée, et les Petits Beurres LU....


      Jeudi 20 octobre 2011 à 05h01mn19s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4100
  • Steve Jobs == Thomas Edison ?

    Hé hé, je crois que la volée de bois vert visait, au-delà de votre message somme toute relativement modéré, le matraquage médiatique global qui lui était démesuré et hagiographique.

    Dennis Ritchie vient de nous quitter lui aussi et dans 100 ans l’observateur honnête de l’épopée de l’informatique se rappelera davantage de lui que de Steve Jobs.

    Mais finalement vous avez raison, Steve Jobs est le Thomas Edison de l’informatique, dans ce cas Dennis Ritchie lui est le Nicolas Tesla !

    — 

    NIKOLA TESLA : Génie oublié ou mal connu, Nikola Tesla est pourtant à l’origine de la plupart des grandes inventions modernes. C’est en effet ce Serbe émigré aux États-Unis qui a découvert une multitude de technologies liées à l’électricité. Notamment le courant alternatif (jusque-là les installations ne fonctionnaient qu’en courant continu), une théorie sur la radioactivité, la télécommande, le générateur, le moteur à induction électrique, la lampe à haute fréquence (plus économique que les néons), et la bobine Tesla des téléviseurs à tube cathodique. En 1893, bien avant Marconi, il met au point un système de transmission des messages télégraphiques sans fil, en utilisant les ondes hertziennes. Il découvre le principe de réflexion des ondes sur les objets en 1900, et publie des travaux qui permettront plus tard la mise au point des premiers radars. Il a déposé en tout plus de 900 brevets qui pour la plupart ont été récupérés par Thomas Edison.
    Nikola Tesla avait en effet une vision idéaliste de la science et voulait livrer les technologies gratuitement au public, ce qui lui a valu l’hostilité des milieux financiers de l’époque. Il avait par exemple imaginé que la tour Eiffel émette un puissant champ électrique pour que tous les Parisiens puissent utiliser l’électricité gratuitement. En 1898 il fabrique une arme à résonance qui, grâce à une multitude de petits coups répétés, fait trembler un immeuble entier. Il fabrique des bateaux lanceurs de torpilles télécommandées dont l’un peut même devenir sous-marin.
    À la fin de sa vie, considérablement appauvri, Nikola Tesla travaille à un « rayon de la mort » pour l’US Air Force. Il cherche aussi à mettre au point sa fameuse « énergie libre », une source d’énergie infinie et gratuite, ce qui achève de le discréditer aux yeux de ses collègues scientifiques de l’époque. Il meurt le 7 janvier 1943. Le FBI confisquera toutes ses notes et toutes ses maquettes de travail.
    Son nom est cependant resté comme une unité de mesure de l’induction magnétique : le Tesla.’

     Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber)


    Vendredi 14 octobre 2011 à 16h20mn29s, par Jean-Michel (internaciulo@gmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4080
    • Steve Jobs == Thomas Edison ?

      Mon papier visait en effet à distinguer le découvreur et le développeur, d’où la comparaison avec Edison. C’est un peu comme la différence entre producteur et réalisateur au cinéma. Mais c’est le développeur , pas le découvreur , qui change la vie des gens. Jobs était un développeur de génie. La gloire du découvreur ne concerne que les scientifiques, et d’ailleurs Tesla est un nom d’unité de mesure, ce qui n’est pas le cas de Edison (mais en revanche de Watt, qui a été aussi un développeur anticipant son théoricien, Carnot)


      Samedi 15 octobre 2011 à 12h57mn10s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4081
      • Steve Jobs == Thomas Edison ?

        Ah j’ai été mauvaise langue, Le Monde se réveille

        Vieux motard que jamais :)


        Lundi 17 octobre 2011 à 15h36mn15s, par Jean-Michel (internaciulo@gmail.com)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4089
        • Steve Jobs == Thomas Edison ?

          En nous relisant je me rends compte combien le monde virtuel diffère du monde réel (la "nature") . Ritchie a "développé" C et Unix , il ne les a pas "découverts", parce qu’il les créait en meme temps...

          Alors, les mathématiciens des espaces imaginaires ? Ils "découvrent" un monde qu’ils ont "inventé", c’est encore différent.

          Edison et Jobs à l’inverse inventent des valeurs d’usages en assemblant des inventions...


          Lundi 17 octobre 2011 à 17h14mn11s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4091
  • Une fois n’est pas coutume

    Une fois n’est pas coutume : je ne voterai pas comme vous.

    C’est Mme Lienemann qui m’a convaincu de voter pour François Hollande.

    J’ai eu le malheur, pour Martine Aubry, d’entendre une splendide tirade de Mme Lienemann expliquant pourquoi elle la soutenait.

    Et je me suis demandé : s’agit-il, en 2012, de gagner l’élection ou de se satisfaire d’un "la vraie gauche a fait un bon score" ?
    La gauche aujourd’hui est-elle plus forte dans le pays qu’en 2002 ou 2007 ?
    La "vraie" gauche, peut-elle être plus forte que la gauche "molle" (pour faire plaisir à Martine Aubry) ?

    Bien sûr, Mme Lienemann et ses amis diront, si Martine Aubry l’emporte dimanche et qu’elle est battue en 2012, que les pro-Hollande ne l’ont soutenue que... mollement.


    Vendredi 14 octobre 2011 à 12h46mn49s, par Joke (joke@no-log.org)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4079
    • Une fois n’est pas coutume

      C’est drole , comme vous je vote pour l’une à cause des soutiens de l’autre !

      Mais plus sérieusement : il nous faut un Roosevelt. C’est à dire une vraie gauche qui plaise au centre droit , non parce que "modéré", mais parce que ses solutions apparaissent comme les seules possibles. On ne l’a pas. Ou peut-être Eva ?


      Samedi 15 octobre 2011 à 13h00mn57s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4082
      • Une fois n’est pas coutume

        Eva.

        Justement.

        Il serait très intéressant que ce soit Aubry qui soit désignée ce soir.
        Il me semble que ça diminuerait grandement la tentation du vote "utile" au premier tour (pour s’assurer que Hollande soit présent au second tour)
        Les électeurs ne réagiront-ils pas ainsi : puisque les socialistes ont choisi de ne pas présenter le favori des sondages, alors pour ne voterai-je pas pour mon candidat favori à moi, c’est à dire Eva (pour nous), Mélanchon, Bayrou, etc. pour d’autres ?

        Mais j’en reviens, sous une autre forme, à ma question de mon précédent message : la France a-t-elle les moyens de se farcir Sarkozy 5 ans de plus ?
        (fiscalité, éducation, retraites, sécu, dépendance, etc.)


        Dimanche 16 octobre 2011 à 05h04mn57s, par Joke (joke@no-log.org)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4083
      • Une fois n’est pas coutume

        Une vraie gauche qui plaise au centre-droit ? Mais vous plaisantez. Vous savez que de toutes façons est déterminé à basculer à droite (c’est ce qu’a encore réafirmé Hervé Morin qui se place au lendemain du 22 avril dans une perspective d’accord avec l’UMP).

        Or face à la crise que nous traversons, nous savons que les vieilles recettes sociales-démocrates et le mantra "nous relancerons la croissance" sont aussi efficace que d’uriner dans un instrument à cordes. Face au défi qui est devant nous, soit nous nous résolvons à adopter des politiques véritablement à gauche et résolument écologiques ou bien nous l’humanité se trouvera dans un vaste merdier qui pourrait bien lui être fatal...

        Or cette politique véritablement redistributive et écologique (et pas un sparadrap), ça ne plaira pas au centre-droit. Il faudra donc faire sans eux et se débrouiller pour que ces idées trouvent l’adhésion d’une majorité de citoyens, avant qu’il ne soit trop tard... Et si nous passons notre temps à mettre de l’eau dans notre vin pour plaire à la droite, alors dans le cas où nous y gagnerions le pouvoir ça ne servirai plus à grand-chose.

        Du reste, quand vous défendez sur ce blog des thèses altermondialistes, vous savez pertinemment que cela ne plait pas "au centre-droit".


        Dimanche 16 octobre 2011 à 09h58mn16s, par ltrobat (laurens.trobat@gmail.com)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4084
        • Unir la gauche, rallier le ce ntre.

          Je pense au contraire que le dilemme "être une gauche dure / conquérir les voix du centre qui s’éloignent de Sarko" (ce qui me semble la définition même du "centre droit" !) est un faux débat. Roosevelt a gagné contre Hoover avec des voix qui s’étaient auparavant portées sur Hoover. Mon expérience de nos deux campagnes des Yvelines (où la verte Anny Poursinoff a gagné dans la circonscription de Boutin sans faire de "l’écologie molle" ) me montre qu’en période de crise les lignes se déplacent.

          Évidemment, cela implique de ne pas confondre les électeurs et leur "représentation"... que justement chaque nouvelle élection cherche à faire bouger !


          Lundi 17 octobre 2011 à 09h19mn35s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4085
          • Unir la gauche, rallier le ce ntre.

            Cher Alain Lipietz,

            En ce qui me concerne, je préfère parler de gauche de gauche plutôt que de gauche dure.

            Je trouve votre argumentation un peu confuse. Donc pour parler clairement, quelles concessions faut-il faire pour conquérir les voix du centre-droit ? Comme l’ai dit quelqu’un dont j’ai oublié le nom, le centrisme, c’est le vychisme par temps de paix. Et je peux vous assurer,pour en connaître quelques-uns, que vous n’attirerez pas l’électeur centriste en mettant en avant des thématiques altermondialistes.
            Donc jusqu’à quel degré de reniement faut-il aller pour aller pêcher les voix du centre qui nous feront paumer autant de voix à gauche ?

            Amitiés
            LT


            Lundi 17 octobre 2011 à 14h38mn37s, par ltrobat (laurens.trobat@gmail.com)
            lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4088
            • Unir la gauche, rallier le ce ntre.

              C’est justement ce que je ne crois pas : que" conquérir la majorité à la gauche" = "faire des concessions au centre". En période de crise majeure, où même le centre ne croit plus en l’ancien modèle, ceux et celles qui représentent un nouveau modèle, alternatif , peuvent séduire au delà des limites de la vieille gauche de l’ancien modèle.


              Lundi 17 octobre 2011 à 16h46mn33s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
              lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4090
              • Unir la gauche, rallier le ce ntre.

                S’adresser aux citoyens et non pas aux appareils politiques, soit. Je vous suis mieux.
                Donc, si on ne doit pour cela rien céder de ce qui fait le fond de nos propositions cela signifie que certaines personnes sont plus à même de les porter. Il s’agit plus de travailler la forme que le fond, non ?


                Mardi 18 octobre 2011 à 13h07mn32s, par ltrobat
                lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4094
                • Unir la gauche, rallier le ce ntre.

                  C’est une question de fond. Si Anny Poursinoff a gagné à la législative de Rambouillet face au successeur de Boutin, alors que le socialiste perdait à Poissy face à Douillet, c’est parce que son programme pourtant socialement radical était inscrit dans une perspective ecologiqte d’intérêt général.


                  Mercredi 19 octobre 2011 à 04h40mn34s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
                  lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4097
                  • Unir la gauche, rallier le ce ntre.

                    Vu l’urgence de la situation, j’espère que vous (ou le FDG) serez en mesure de réussir ce travail de persuasion...
                    Amitiés...


                    Jeudi 20 octobre 2011 à 13h48mn50s, par ltrobat
                    lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4102
        • "Vraie" gauche - Centre-droit

          Il me semble que la "vraie" gauche française (= la gauche pure et dure) a le même problème que die Link en Allemagne.

          À supposer que leurs analyses et les solutions qu’ils proposent soient pertinentes (ce qui reste à démontrer), comment peuvent-ils mettre en oeuvre leurs propositions sans la Gauche qu’ils nomment "molle" (en France) et le centre, sans le SPD, voire les Libéraux, en Allemagne ?

          Par la... Grève Générale ?


          Lundi 17 octobre 2011 à 12h16mn23s, par Joke (joke@no-log.org)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4086
          • "Vraie" gauche - Centre-droit

            Cher Monsieur,

            Votre propos est caricatural (du style de ceux de Copé qui voit derrière les thèses de Montebourg une idéologie nord-coréenne). Le Front de Gauche ce n’est pas le NPA. Ils ont compris qu’il était important de tisser des liens avec l’ensemble de la gauche tout en essayant de peser le plus possible dans un rapport de forces interne. Au contraire du NPA qui préfère s’en remettre à une hypothétique révolution (qui aura peut-être lieu en 2053, mais avant on fait quoi ?).

            Je vous rappelle qu’en 2005, le SPD avait la possibilité de constituer une coalition majoritaire avec Die Linke, qui le souhaitait et qui posait comme condition l’établissement d’un SMIC en Allemagne. Le SPD a préféré gouverner avec la CDU... =>Alors vous savez, ceux qui donnent des leçons d’éthique de responsabilité feraient mieux de réviser les leçons de l’histoire récente.


            Mardi 18 octobre 2011 à 12h27mn11s, par ltrobat (laurens.trobat@gmail.com)
            lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4093
            • Se débrouiller

              Cher Laurent Trobat,

              On ne peut pas dire qu’être comparé à Coppé soit particulièrement flatteur. Vous aurez pu avoir la gentillesse de trouver, à droite, quelque de plus fréquentable.

              M’enfin ! Ça m’arrange. Car je ne serai plus tenté de perdre mon temps avec vous.
              Pour terminer, je me permets quand même de vous rappeler que vous ne nous avez pas dit comment vous comptiez vous débrouiller "pour avoir l’adhésion d’une majorité de citoyens". C’est pourtant un point important, il me semble ?


              Mercredi 19 octobre 2011 à 03h52mn03s, par Joke (joke@no-log.org)
              lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4096
              • Se débrouiller

                Quelqu’un de plus fréquentable à droite, ça devient de plus en plus difficile à trouver :-)


                Mercredi 19 octobre 2011 à 10h18mn44s, par ltrobat
                lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4098
              • Se débrouiller

                Avoir l’adhésion d’une majorité de citoyens ? Tout d’abord ça ne se décrète pas du jour au lendemain. C’est un travail de fond qui passe bien sûr par des accords de second tour tout en étant présent au premier afin de pouvoir peser sur un rapport de force en vue de pouvoir, au sein d’une majorité gouvernementale, faire passer quelques projets (il ne faut pas négliger ce processus d’influence, même si la transformation sociale ne se résume pas à cela, sinon on peut attendre pendant des siècles...).

                Ensuite il y a un gros boulot de pédagogie à faire au quotidien : tout au long de l’année distribuer des tracts sur les marchés, faire les cages d’escalier. C’est un boulot ingrat car, au départ, plus de 95% des gens sont complètement indifférents, mais j’ai pu constater en tractant, qu’une personne réussit en 1h30 à toucher 3 ou 4 personnes qui finissent par se dire : "après tout, pourquoi pas ?"

                Maintenant cela implique un changement de mentalité au sein des appareils des partis pour comprendre que ce boulot ne doit pas se faire uniquement en période électorale. Dans une ville, si petite soit-elle, on doit pouvoir trouver 2 militants ou sympathisants du FDG ou des Verts pour tracter sur un marché pendant 1 à 2 heures tous les samedis matin, non ?

                Enfin, pour éclairer cette question d’un point de vue intéressant, il faut aussi (re)lire et méditer "Le quai de Wigam" de George Orwell, qui est traversé par cette interrogation : pourquoi, malgré leur misère, les ouvriers ne veulent-ils pas du socialisme ?


                Jeudi 20 octobre 2011 à 13h46mn45s, par ltrobat
                lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4101
        • Se débrouiller...l’adhésion d’une majorité de citoyens...

          "Se débrouiller pour que ces idées trouvent l’adhésion d’une majorité de citoyens,"

          Se débrouiller , ça veut dire quoi ?

          (Autre façon de poser ma précédente question)


          Lundi 17 octobre 2011 à 12h40mn41s, par Joke (joke@no-log.org)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve438#forum4087
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