Coup de froid de Copenhague. Les listes d’Europe-Ecologie

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Mardi 22 décembre 2009

Coup de froid à Copenhague. Tour de chauffe d’Europe-Ecologie

Echec brutal à Copenhague, bouclage des listes régionales et premiers meetings d’Europe – Ecologie en régions : on n’a pas chômé en décembre, d’où le retard de mon blog.

Copenhague

Sur Copenhague, j’ai livré à chaud mes premières réactions : « Qu’ils s’en aillent tous ! »

Cet entretien cible « les grands responsables », les USA, la Chine, l’UE, l’OPEP, et non pas « un échec de la gouvernance mondiale ».

Ce n’est pas parce que l’ONU est trop grande et mal organisée que la négociation « ne pouvait pas » réussir, mais parce que les gouvernements des pays clés « ne voulaient pas » qu’elle réussisse, c’est à dire qu’elle leur fixe des objectifs contraignants compatible avec le salut de la Planète..

La preuve ? Nicolas Sarkozy affirmait à Canal+, avant de partir, qu’un « succès à Copenhague » serait que la résolution finale affirme l’objectif de limiter le réchauffement à + 2° (cf. la remarquable analyse de sa position de départ sur l’excellent blog Copenhague inside »). C’est bien ce qui s’est passé ! Un accord de réduction contraignant ne faisait pas partie des « objectifs de guerre » de Sarkozy, et le nombre de bourdes relevées dans cette interview montre à quel point, derrière ses habituelles gesticulations, il se fichait du fond de cette négociation.

A contrario : le Parlement européen, avec plus de 700 membres et une large majorité de droite, est arrivé à voter le 25 novembre une résolution largement à la hauteur des exigences de la planète et de l’histoire humaine. Si l’Europe avait déjà été fédérale, cette résolution aurait constitué « l’offre européenne » qui aurait pu tout débloquer. Qu’un certain « ultra-gauchisme vert » n’ait pas compris la portée du compromis du 25 novembre est lamentable. Maintenant que sont connues ce que furent les offres des gouvernements européens à Copenhague, les « ultra-verts » peuvent méditer la fable du Héron de La Fontaine.

Je reviendrais après les vacances sur les points clés d’une négociation qui peut et doit forcément reprendre (après tout, il s’agit de fixer des engagements pour l’après 2012…). Car la mobilisation populaire ne doit pas faiblir d’ici là, en comprenant bien les problèmes qui se cachent derrière des volets complexes tels que le « recours au marché » et la prise en compte de la forêt.

Sur ce point (la forêt) j’ai participé à un débat organisé par les Verts du Quartier latin. Voir la documentation ici.

Régionales

Les dernières « ouvertures » se bousculent sur les listes, les premiers meetings commencent… Les listes Région-Europe-Ecologie confirmeront-elles le succès d’Europe Ecologie ?

D’abord, on peut commencer le compte du « rassemblement ». On a pas encore une vue très claire, d’autant que la presse et les listes internes des Verts n’attirent l’attention que sur les premiers de liste, à la rigueur les premiers de liste départementaux.

D’ores et déjà, l’effet « tsunami politique » est évident. Le rassemblement va bien au-delà des associations de défense de l’environnement. Et les ralliements de socialistes et de communistes, bien au-delà d’un effet « débauchage », traduit le début d’une recomposition politique à gauche marginalisant l’hypothèque du centrisme (qui doit rester un allié potentiel de second tour). Mais, dans le détail, les effets pervers sont d’autant plus nombreux que la maîtrise politique stratégique par le seul parti démocratiquement organisé dans le rassemblement, Les Verts, n’a pas du tout été assurée.

En ce qui concerne les têtes de liste régionales par exemple, on peut parler de relatif échec en matière de parité Verts/Non Verts (je reviens plus loin sur le terme « non Verts »), et l’échec dramatique sur la parité homme/femme.

Le premier échec doit être relativisé. Je fus de celles et ceux qui, dés le mois de Juin, ont commencé à rechercher des têtes de liste ou autres personnalités potentiellement éligibles sur des listes Région Europe-Écologie, alors même que cette orientation n’avait pas été officiellement adoptée par les Verts. On s’est heurté de très nombreuses difficultés, dont la moindre n’est que le poste de conseiller régional, contrairement à celui de député européen, « ne paie pas ». On ne peut pas demander à une personne de se charger, quelques mois plus tard, de la tâche quand même écrasante de conseiller régional, et peut-être même de président ou vice-président, alors qu’elle fait déjà deux-trois semaines militantes dans sa semaine en tant qu’associative, sans la décharger significativement de la tâche professionnelle qui lui sert de gagne-pain. Le problème se complique encore pour les animateurs d’associations recevant des subventions des conseils régionaux.

D’où finalement le paradoxe : ce sont souvent des politiques (ex-PS, ex-PC, CAP 21 et autres ex-Modem – et encore on ne sait guère jusqu’à quel point « ex ») qui vont se retrouver têtes de liste régionales ou départementales, au détriment de la société civile (les animateurs d’associations, les professionnels engagés). Ce phénomène est démultiplié par la tendance des négociateurs Verts à privilégier les autres politiques « dans le cadre d’une stratégie d’alliance », sachant très bien que les autres types de non-Verts (associatifs et professionnels) seront beaucoup plus gênés pour faire valoir leurs titres comme argument politique afin de rallier leurs affiliés ou admirateurs au vote Europe-Écologie…

C’est assez dommage, car ce ne sont pas forcément les politiques (ex-PS, ex-PC, ex-Modem ) qui sont les plus compétents pour défendre l’écologie politique !

C’est d’autant plus dommage que le rassemblement Europe-Écologie déborde de façon spectaculaire les associations environnementales qui avaient fait le succès du 7 juin (Greenpeace, FNE). On retrouve évidemment l’engagement de cadres de la Confédération Paysanne, mais aussi, et c’est nouveau et inattendu, de nombreux syndicalistes salariés. Mais, à part Philippe Mérieux (Rhône-Alpes) et Laurence Vichnievsky (PACA), très peu de candidats à la présidence de Région représenteront les engagements vers l’écologie politique issus d’un engagement professionnel (dans ces cas : pédagogue et juge anti-corruption).

Deuxième grand loupé, beaucoup plus grave : le loupé sur la parité hommes/femmes. Il est d’autant plus inexcusable que, justement, la plupart des têtes de liste sont … verts, c’est-à-dire que pour eux la parité est un principe organisateur des candidatures. Certes le problème statutaire des Verts est tout à fait réel : l’échelon national n’a pas d’autorité sur les choix régionaux en matière d’élection régionale. Le « souverainisme des régions » permet alors à chacune de dire : « d’accord avec la féminisation, mais que les voisins commencent ». Comme à Copenhague en somme ! C’est ce que j’ai appelé jadis le « paritarisme fun ».

En réalité, c’est dès le début que la direction des Verts n’a pas voulu placer la parité hommes/femmes au premier rang de ses préoccupations en matière de composition des listes. Si elle l’avait voulu, elle aurait fait exactement comme pour les législatives, où la base doit désigner deux candidatures possibles, un homme et une femme, et l’équilibrage hommes/femmes se fait par de complexes négociations régions/national. Même si, dans le cadre des régionales, le national n’a pas l’autorité statutaire pour trancher, ces négociations auraient pu avoir lieu.

Cette négligence reflète enfin, il faut le reconnaître, un recul du féminisme à tous les niveaux de la société.

A contrario : là où les règles d’imposition de la parité peuvent fonctionner (à l’échelon régional) on a, de manière très générale, la parité hommes/femmes entre têtes de listes départementales et, bien sûr, sur les listes elles-mêmes. Ce qui prouve encore une fois que, la parité, on ne l’a que si l’on se donne les moyens de l’avoir. Sinon, les hommes seront toujours plus agressifs, à l’intérieur des partis, pour imposer leur prééminence, même si l’électorat vote tout aussi facilement pour une femme que pour un homme.

Au-delà des têtes de listes, je ne dispose pas à l’heure actuelle de synthèse nationale. Mais l’Ile de France accentue (comme souvent) la tendance générale : une spectaculaire réussite de l’élargissement politique (un maire et un vice-président de conseil général communistes, passés avec armes et bagages sur Europe-Écologie, se retrouvent en tête de liste dans la « banlieue rouge »). Mais cela, aux dépens de la représentation associative, professionnel ou syndicale.

On peut même dire que, malgré des candidatures de la plus haute qualité, tout ce qui tourne autour du travail, écologie du travail (maladies, stress), syndicalisme, écologie sociale et solidaire, se trouve éradiqué ou marginalisé.

C’est une faute majeure, probablement provoquée par la poussée de la représentation « politique » du vieux mouvement ouvrier (ex-PCF et ex-PS). C’est très bien, il en faut, mais ce n’est pas du tout la même chose !! L ‘écologie politique a énormément à dire sur l’écologie du travail et l’écologie sociale, et les Verts énormément à apprendre des « grand professionnels » de ces questions.

Exemple : la bouffe. La combinaison « crie sociale-crise écologique » a ramené la question de René Dumont, « comment nourrir les humains ? », au premier plan. Or LA spécialiste de la nourriture des pauvres en Ile de France, de plus associative et « minorité visible », Christine César, a été éliminée en faveur d’on ne voit pas bien qui ! Pourtant la Région aura la responsabilité d’organiser la transition à la nourriture bio « en commençant par les plus démunis ».

Autre exemple : santé-travail. Caroline Mécary, la grande avocate des causes sociétales (Saint-Bernard, homoparentalité) et surtout présidente de la Fondation Copernic, aujourd’hui porteuse de la thématique santé-travail, se retrouve délocalisée en Val de Marne, avec deux vertes de suite devant elle… Comme si un mystérieux « sélectionneur » avait voulu signifier une défiance pour ses problématiques, qui sont pourtant historiquement au cœur de l’engagement des Verts ! Et ce n’est pas un hasard : dans ce même département, l’ancien président de l’Association des victimes de l’amiante et actuel rédac-chef de la revue Santé & Travail, François Desriaux, est éliminé, alors que le scandale des suicides de France Telecom ouvre enfin le débat sur les ravages humains du libéral-productivisme ! La encore, la région, premier « maître d’ouvrage » du territoire, a pourtant à jouer un rôle exemplaire.

Toutes ces critiques ne doivent pas masquer le résultat essentiel : le magnifique rassemblement que j’ai décrit sur ce blog au fil des mois écoulés.

Côté programme, le résultat est également très intéressant. On pourrait craindre, lors des premières discussions à la fin de l’été, une certaine technicité dictée par les conseillers sortants réduisant le programme aux grands domaines officiels de la compétence des Régions (transports, lycées, formation professionnelle). L’engagement très fort d’un certain nombre de responsables de la rédaction du programme (je pense notamment à l’Ile de France) a permis de redresser la barre en faveur du social, de la question des plus démunis, de la reconversion verte face à la crise. Paradoxalement, c’est le domaine de la formation professionnelle, pourtant à la fois stratégique pour la reconversion verte et compétence bien caractérisée de la Région, sur lequel les programmes sont les plus proclamatoires et les moins « précis ».

On a l’impression qu’après plusieurs mandats passés dans les conseils régionaux les Verts n’ont toujours aucune proposition précise sur la formation professionnelle… sinon que « il en faut, et dans les branches en expansion, celle de la reconversion verte ». Paradoxe auquel faudra bien un jour s’attaquer.

Sinon ma foi ça va. J’ai continué ma tournée de réunions/débats, tantôt pour Copenhague, tantôt pour les Régions. C’est actuellement à peu près la même chose ! La conversion Verte tourne autour du programme de lutte contre le changement climatique (tout la monde sait bien que ce n’est pas que ça, mais, ce mois-ci, ce n’est pratiquement que ça !).

Ainsi : débat très intéressant dans le 5ème arrondissement de Paris sur la question des forêts et du programme REED comme moyen de lutter contre le changement climatique, en prenant en compte les intérêts des peuples indigènes.

Mais déjà commencent les réunions proprement Régions-Europe-Ecologie : j’en ai déjà fait une en Alsace à Mulhouse, une en Bourgogne à Auxerre. Dans les deux cas, nous apparaissons assez bien équipés, intellectuellement, sur la « conversion Verte des Régions ». Nous gardons l’avantage acquis lors des élections européennes : notre réponse à la crise est à la fois une réponse à la crise de l’emploi et à la crise du climat.

Si je peux cependant me permettre une critique aux têtes de liste Vertes : elles ne sont pas encore tout à fait entrées dans la posture « candidat à la présidence de Région ». Un peu trop dans la posture « conseiller régional, voire vice-président sortant ayant bien fait son boulot »…

PS. À propos de conversion verte, je vous invite à lire un article de Pour la science de ce mois-ci. Des chercheurs américains montrent comment reconvertir tout le système énergétique de la planète en énergies renouvelables en vingt ans. C’est tout à fait possible, à condition d’avoir la même volonté politique que dans la mobilisation américaine face à la deuxième guerre mondiale…

Naturellement, ce n’est pas exactement notre projet : les Verts privilégient d’abord les économies d’énergie, avant même les énergies renouvelables. Mais c’est quand même très intéressant, ça donne une idée de ce que serait un « plein emploi Vert ». Quand on rajoute les économies d’énergie (que ce soit dans la mise ne service de transports en commun ou dans l’isolation de bâtiments), on en est encore plus convaincus.

On trouvera également dans cet article un argument anti-nucléaire nouveau et intéressant : compte tenu de l’énergie grise qu’il consomme (celle utilisée pour produire les installations), le nucléaire est 25% moins intéressant que l’éolien pour économiser du CO2…

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve379

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Forum du blog

Il y a 12 contributions à ce blog.
  • Plein emploi Vert ?

    Assez d’accord avec Bruno et Joke, pas du tout avec Bell (que je n’ai pas lu, attention).

    Rappeler d’abord que la conversion verte, ce n’est pas que l’énergie (et en agriculture, c’est en effet très créateur d’emplois). Que l’énergie, c’est les économies d’énergie (transports, bâtiments, etc) avant les renouvelables. Et que tout ça c’est des emplois, bien plus que dans une économie fondée sur la recherche de la productivité du travail au détriment de la productivité du facteur « terre ». (Productivité physique, hein, on va pas rentrer dans le débat sur les théories de la valeur. Mais, de Marx à Cobb-Douglas, tout le monde est d’accord : une technique plus économe en travail est plus intensive en les autres facteurs.) Et que donc ces emplois sont « en régime », et pas seulement au moment de l’investissement : isoler les 30 millions de logements français au rythme de 500 000 par an (rythme actuellement insoutenable) demande 60 ans… et pendant ce temps on construit du neuf !

    Ensuite, le capitalisme peut toujours faire des bulles avant n’importe quoi (les tulipes…), et Bell a autant de chances d’avoir raison qu’une pendule arrêtée : deux fois par jour. Rien à voir avec l’économie verte, mais simplement l’économie marchande et ses cycles. C’est un effet de la coordination a posteriori qui caractérise l’économie marchande.

    La coordination a priori, c’est-à-dire la planification, ce peut être pire… ;-) . Pourtant la conversion verte doit être si rapide qu’on aura besoin de planification au moins incitative , « à la française « (des années 1945-60).

    Dit autrement : la conversion verte demande sans doute un peu moins de planification qu’une économie de guerre, mais au moins autant que la Reconstruction.

    De ce point de vue, d’accord avec Joke : la couverture de Alter Eco est une maladresse auquel ce journal ne nous avait pas habitués. Cela dit, l’analyse de Guillaume Duval est remarquable, et son article de propositions est basé sur : 1. la formation, 2. le tiers secteur 3. la RTT, 4. le service public. On ne voit qu’en filigrane le rapport avec la conversion verte.

    D’un autre coté on fera la conversion verte pour sauver la planète, pas pour créer des emplois… même si de fait elle nous rapprochera du plein emploi.


    Lundi 4 janvier 2010 à 05h32mn07s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3586
  • Lutter contre le chômage OU contre le réchauffement

    1. Lutter contre le chômage

    2. Lutter contre le chômage

    3. Lutter contre le chômage

    Voilà les "priorités" pour 2010, que je lis sur la première page d’Alternatives Economiques de janvier 2010 que vient de m’apporter le facteur.

    J’ai subitement des envies de "création d’entreprise". J’embauche 100 salariés pour assurer la distribution de gadgets fabriqués en Chine. Des ventilateurs en plastique avec piles rechargeables (sur l’électricité nucléaire) pour se rafraîchir quand le réchauffement sera effectif, des échasses réglables pour que les habitants des zones basses puissent être au sec quand la mer montera, des tentes de survie 100% équipées pour le cas où les tornades tropicales emporteraient mon toit, etc.

    Et j’embaucherai encore plus de salariés quand je mettrai à la disposition du grand public des armes de protection individuelles contre les hordes chassées d’Asie du Sud par les eaux, d’Afrique par la sècheresse, etc.

    C’est vrai. Il faut lutter contre le chômage.

    Je me souviens de ces syndicalistes des usines françaises d’armement militant pour le développement des exportations. Tout juste s’ils ne disaient pas que les pauvres du monde ont bien le droit de "mourir français".


    Jeudi 31 décembre 2009 à 04h54mn34s, par Joke (joke7474@gmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3582
  • le plein emploi grâce à la conversion énergétique

    Je suis tombée il y a peu sur l’ouvrage de l’économiste Robert Bell la Bulle verte sorti en 2008. J’ai été assez convaincue et à présent je doute de la capacité d’une économie écolo reposant sur les énergies renouvelables à assurer durablement le plein emploi. Bell tourne un peu autour du pot pour arriver à cette conclusion : la transition énergétique est inévitable, les écolo ne peuvent pas ne pas gagner mais cette conversion aura pour conséquence de créer un bulle qui le jour où elle éclatera entraînera vers l’inconnu l’économie de toute la planète (contrairement aux bulles précédentes qui ne touchaient que les pays ’informatisés’). En effet, après une phase de croissance rapide du secteur des enR (à mon avis c’est une erreur de Bell de considérer les EnR comme un secteur uniforme obéissant aux mêmes règles et tendances de marché. En plus implicitement il fait l’hypothèse que les écolos ’vont gagner’ ce qui veut dire que les subventions aux secteurs pétrolier et nucléaire s’arrêteront, ce qui rendra les EnR rentables. Là je suis sceptique surtout qu’il rappelle un peu avant l’ampleur de subventions en question : il manque à cette hypothèse très rationnelle un peu de l’irrationnel de la science politique...), le marché sera saturé et l’économie sera basée sur un produit dont l’intrant (l’énergie solaire, le vent, tout ce qui est méthanisable), parce qu’infiniment disponible, aura une valeur qui tendra vers zéro. Le tableau est peu réjouissant : tout miser sur les EnR peut s’avérer aussi mortel (créer de la décroissance subie, du chômage en d’autres termes) que de la monoculture mais en même temps, notre économie mondialisée est tellement indéxée à l’énergie qu’on voit mal comment notre économie écologiste pourrait contourner la menace de la bulle. En gardant des énergies sales ?

    L’autre solution, mais je crains que les obstacles (légaux, cognitifs, politiques) soient trop nombreux et solides pour les écolos, serait de promouvoir une économie affranchie (ou presque) de l’énergie (une économie 100% services sans déplacement, des produits sans transport, sans énergie pour la transformation ni la conservation) c’est difficilement concevable et déjà qu’avec la décroissance on a du mal alors avec un modèle plus monastique encore ce serait pire !


    Lundi 28 décembre 2009 à 19h52mn34s, par Audrey (odrehepburn@hotmail.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3580
    • le plein emploi grâce à la conversion énergétique

      Je pense que jamais l’énergie renouvelable ne sera gratuite et abondante car elle nécessite beaucoup de travail pour être utilisée

      Rien qu’en agriculture, l’arrêt des instrants va demander une refonte complète, la non labour c’est moins de travail mais la replantation de haies pour en vrac maintien de la biodiversité, production de brf, bois de chauffage, amélioration des écoulements hydriques et meilleure régulation des masses d’eau été/hiver et bien le tout avec moins de pétrole c’est juste colossal.

      Replanter 1 millions de km de haies, à raison de 5 à 6 arbres par mètres, et le tout intelligemment, il faudra au moins 10 ans et un paquet de monde. Revenir à une agriculture raisonnable de proximité ca veut dire remettre peut etre 3 à 4 millions de gens à la terre, et là il va falloir dela pédagogie et du bon sens pour y arriver.

      Quelques études démontrent que les petites surfaces de proximité nécessitent deux fois plus d’emplois (source www.manicore.com étude de l’INRETS) que les grandes surfaces. LA fin du modèle hyper centralisé est bien plus gourmand en main d’oeuvre, la plus value se situe plus au niveau de l’humain (le relationnel ,le service, la qualité d’un produit) et moins au niveau du poids financier (la force d’achat d’une centrale d’achats par ex)

      Alors un monde pérenne ca va demander tout le monde au boulot et je suis pas sur que ce sera que 35 h par semaine. Par contre ca veut dire impossibilité de faire 2h de train le matin et deux heures le soir, bref ca n’aura rien à voir et c’est pas évident que la transition se fasse sans heurts

      Mais bon on est très loin de commencer à prndre ce chemin là, non ? Bruno


      Mercredi 30 décembre 2009 à 13h13mn36s
      lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3581
  • Coup de froid de Copenhague. Les listes d’Europe-Ecologie

    Je ne suis pas capable de juger sur les autres régions, mais j’ai trouvé qu’en Ile de France, alors qu’on lutte contre le projet "Grand Paris" de Sarkozy qui densifie la zone dense, renforce et équipe les territoires riches de Paris et la proche couronne, une certaine "colonisation" de candidatures s’est opérée centre/ périphérie. Les candidats étant plus nombreux au centre de l’agglomération, les départements périphériques (77,91,78,95) qui représentent quand même 5 millions d’habitants en Ile de France ne sont pas assez représentés par leurs propres forces. Ils ont dû accueillir beaucoup de candidatures extérieures alors que justement nous devons porter une vision alternative de cohérence de territoires, de maillage de bassins de vie, d’économie de déplacements et de relocalisation des emplois. Ces idées seront d’autant mieux défendues par les militants qui les vivent et qui auront à les mettre en oeuvre.
    Dimanche 27 décembre 2009 à 16h58mn41s, par lorthiois (jacqueline.lorthiois@free.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3578
    • Départements "périphériques"

      Assez d’accord avec Jacqueline mais il faut nuancer.

      D’abord dans la mégapole beaucoup d’emplois tertiaires supérieurs sont à Paris, alors que celles et ceux qui les occupent habitent en banlieue (par exemple une remarquable spécialiste de l’emploi en IdF travaillant pour la Délégation Interministérielle à l’Innovation et l’Econome Sociale et résidant dans le Val d’Oise). Où est leur vraie "localisation" ?

      Ensuite les élections régionales sont elles une somme de départementales ? J’ai été "parachuté" dans les Yvelines à la demande des militants locaux, et j’y ai tenu un discours "national/régional localisé"... J’avais exigé que ma suppléante soit une militante locale de Poissy. Ce fut le cas et elle est sur la liste EE régionale du département. Il y a une dialectique.

      Le vrai problème est que Paris regorgeait de candidatures "nationales" (Caroline Mécary s’est faite connaitre à Paris, Bègles, Besançon et préside une fondation nationale) alors que les départements périphériques n’ont pas tous su faire valoir "leurs" candidatures.


      Lundi 4 janvier 2010 à 06h20mn02s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3588
  • Les listes d’Europe-Ecologie : parité...

    A propos de la parité sur les listes EE : je ne connais pas les cas dans toutes les régions mais chez moi en Bretagne un compromis intéressant a été trouvé : notre tête de liste est masculine (Guy Hascoët), mais sur les trois autres départements de la région, les têtes de liste sont des femmes (Janick Moriceau, Mona Bras, Anne-Marie Boudou).

    A noter également que les candidats Verts sont "mieux que paritaires" puisque sur les 12 premiers candidats (3/ département) , parmi les 4 Verts, eh bien... 4 sont des Vertes (et ça continue plus bas sur les listes !).

    De l’utilité d’un parti structuré pour que les femmes entrent en politique ?


    Mercredi 23 décembre 2009 à 11h03mn28s, par Martin
    lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3576
    • Les listes d’Europe-Ecologie : parité...

      Bravo aux Verts bretons ! en général les Verts parviennent à être paritaires (ou paritaires à la place des non - verts) quand ils ont les moyens de se l’imposer, ce qui est possible ici dans une région mais pas entre régions.

      Que "la parité, on ne l’a que si l’on se donne les moyens de l’avoir" , c’était le sens de mon article dans Nouvelles Questions Féministes (cliquer sur le lien) en réponse aux féministes d’alors qui, quand elle voulaient la parité , la voulaient sans la loi.


      Jeudi 24 décembre 2009 à 05h17mn07s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3577
      • Parité : le lien

        Parité : le lien

        Zut, j’avais oublié le lien. L’article de NQF c’est là. D’une façon générale, on retrouve la plupart de mes articles et de ceux de Francine Comte-Ségeste sur le féminisme en cliquant ici.


        Lundi 4 janvier 2010 à 06h29mn02s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3589
  • mix

    Absolument ESSENTIEL votre commentaire "Les naufrageurs du claimat" ! Merci ! Amicalement ; Bonnes Fêtes ( !) malgré cela.
    Mercredi 23 décembre 2009 à 01h48mn11s, par Joke (joke7474@gmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3574
  • Coup de froid de Copenhague. Les listes d’Europe-Ecologie

    Sans doute que la question du travail est au coeur de la pensée écolo, mais pour l’instant force est de constater que les liens réels entre écologistes et milieu syndical sont plutôt faibles ; en tout cas sans commune mesure avec ceux de la "vieille gauche".

    Pour approfondir encore ce lien, et pouvoir faire exister dans l’univers de l’écologie politique le monde du travail à sa juste mesure, nous essayons de faire vivre un "appel des ecosyndicalistes" avec un nouveau site web http://ecosyndicalistes.org

    Désolé si ce commentaire s’apparente plus à une publicité qu’autre chose, mais le site (comme l’appel) n’en est qu’à ses débuts, et on a besoin de monde pour faire vivre le réseau :)


    Mardi 22 décembre 2009 à 16h39mn18s, par Julien Lecaille (julien.lecaille@gmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3573
    • Europe-Ecologie et question du travail

      Une rencontre se fait à deux… Aujourd’hui, c’est de certains dirigeants verts et/ou EE (j’ai du mal à les identifier, mais ça viendra ) que vient un rejet systématique de tout ce qui est connoté « travail » ou « économie sociale », du moins en IDF. Dans l’Ouest en revanche, les têtes de listes vertes font la part belle à l’ESS (Philippe Magnen, créateur des Ecossolies à Nantes, Guy Hascoet en Bretagne).

      Côté syndicalistes en revanche ça se décoince si ce fut jamais coincé. La formation d’un réseau « écosyndicalistes » en témoigne en effet. Beaucoup de syndicalistes Cfdt sur les listes en région, on murmure qu’un très haut dirigeant est adhérent sous le nom de sa femme… Coté Cgt , on a aussi bien l’animateur des « Conti « (procès en appel le 11 janvier !) que des représentants de la tendance de la direction. La demande de rejoindre EE vient d’élus communistes, pas l’inverse.

      Évidemment la situation est beaucoup favorable dans le reste de l’Europe qui ne souffre ni de la Charte d’Amiens, ni des mauvais souvenirs de la liaison CGT-PCF. Le Président de la CES était au congres fondateur du Parti Vert Européen à Rome, et a proposé « une alliance des syndicats, de Verts et de la société civile ».

      Joel Decaillon, membre de la direction de la CES venu de la CGT avait été investi par le « G8 Environnement » (coordination des grandes organisations environnementalistes au niveau environnement, Greenpeace, FoE etc) du soin d’intervenir en leur nom commun lors du Forum Social Européen de Londres. Joêl m’a confié qu’il aurait été très fier d’être sur une liste Europe-Ecologie, s’il n’était pas secrétaire adjoint de la CES.

      Mais, plus fondamentalement, l’hostilité à la « question du travail » qu’exprime la composition de la liste EE-IdF, particulièrement dans le Val de Marne (et qui n’est pas le fait des Verts Val de Marnais !) témoigne d’une incompréhension des racines de l’écologie politique. Celle ci en effet se distingue de la sociale-démocratie telle que définie par Victor Hugo (« D’abord produire, ensuite répartir ») sur le terme « d’abord produire », en posant la question : « Produire quoi ? comment ? », donc la question du travail concret et de la valeur d’usage plus que la question du travail abstrait et de la valeur d’échange (comme disait Marx).

      Le lieu de travail fut donc, dans la première moitié du XIX e siècle, le lieu des naissances conjointes du syndicalisme et de l’écologie, dans la lutte pour la « législation des fabriques » (hygiène et sécurité, interdiction du travail des enfants) , contre la mauvaise nourriture et l’insalubrité des logements ouvriers. Et c’est toujours le cas dans le Tiers monde. Quand, en Amerique latine, on me disait « Vous allez dans telle ville ? vous allez rencontrer un maire vert ! » , je répondais « Vous voulez dire qu’il est médecin et que son équipe municipale est composée de syndicalistes ? », et je tombais très souvent juste.

      Aujourd’hui, du fait même du retour au libéral-productivisme, cette convergence se produit de nouveau dans les pays développés, et elle se produit de nouveau sur le lieu de travail. C’est cela que matérialisait la candidature de la présidente de Copernic et du rédac chef de Santé & Travail, ou celle de Christine César sur la nourriture des plus démunis.


      Mercredi 23 décembre 2009 à 08h50mn34s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve379#forum3575
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