Environnement : le Parlement en pointe.


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Vendredi 16 novembre 2007

Semaine faste à Strasbourg : on vote en première lecture une bonne directive sur l’intégration de l’aviation dans le système des quotas d’émission de gaz à effet de serre, une autre plus moyenne (mais c’est un début…) sur la protection des sols, et une résolution prenant spectaculairement ses distances avec le décret italien « anti-Roms ». Même le président Sarkozy, reçu en « séance solennelle », fait un bon discours ! Par ailleurs mon équipe s’active sur la préparation de notre initiative du 6 décembre à Paris sur « Amnistie, impunité, justice transitionnelle », qui prend tournure : inscrivez vous vite !

Sarkozy

Nicolas Sarkozy est venu présenter devant l’hémicycle ses projets pour la présidence française (2è semestre 2008). S’il est moins bon orateur que Tony Blair, dont le numéro avait bluffé ses auditeurs, et moins profond que Carlo Ciampi, il s’est trouvé cette fois une bonne plume, et, visiblement, il a beaucoup appris de ses six premiers mois d’expérience européenne. Il sait que son style « m’as-tu-vu ? » a indisposé tous ses partenaires et il en tient compte avec habileté. Mais… il se montre tout aussi menteur que Tony Blair !

Le discours commence très fort : « Nos peuples, horrifiés de ce qu’ils avaient fait, ont décidé de cesser de se haïr, et de s’aimer… Comme disait Paul-Henri Spaak, « il ne faut rien oublier car ce serait une profanation, mais il faut entamer la grande aventure de sauver ce que l’on peut sauver »… L’Europe sera un grand idéal ou ne sera plus… Quand les peuples disent Non, il faut se demander pourquoi (et j’ai voté Oui) [il a dit ça très vite, et je garde quelque doute car pendant toute la campagne du TCE il n’a desserré les dents que pour dire son hostilité à l’entrée de la Turquie !]. Le Non exprimait bien davantage que l’hostilité à un texte aussi important fût-il. Il trahissait une crise de confiance de deux peuples fondateurs. Pourquoi ce désespoir de l’Europe ? Parce qu’ils avaient le sentiment que l’Europe ne s’intéressait plus à leur sort. Que ce fût vrai ou non est une autre affaire. Ce Non fut un désastre, mais la politique, c’est, de l’autre côté, tenir compte des 18 pays qui avaient voté Oui et à qui on demandait la bonne volonté de revenir sur leur choix… Le traité « simplifié » [il est vraiment le tout dernier à l’appeler comme ça !] résout la crise institutionnelle de l’Europe, mais pas sa crise morale. Il ne dit pas dans quel but on l’a construit. »

Et là-dessus, il avance quelques affirmations intéressantes, et il faudra le prendre au mot : « Je préfère la règle de la majorité à celle de l’unanimité. L’unanimité, c’est la possibilité pour certains d’imposer leur volonté à tous les autres. L’unanimité, c’est l’impossibilité d’agir. J’ai été autorisé par le peuple français à faire ratifier le traité par le Parlement… Maintenant, il faut discuter de politique monétaire et de politique industrielle. Nul ne peut se prévaloir de l’indépendance de son statut pour ne pas rendre de comptes [ici, il vise la Banque centrale européenne]. Je suis pour la préférence communautaire. On doit se défendre contre le dumping des pays tiers et leur politique de change. Quand d’autres pays réservent une part de leur marché aux PME, on a le droit d’en faire autant. Nous devons défendre notre indépendance énergétique et alimentaire. Il faut être exemplaire dans la lutte contre le changement climatique, mais en se protégeant contre les pays qui ne participent pas aux accords mondiaux… Je proposerai une politique de défense des droits de l’Homme, de défense européenne… Etc. »

Et là, le clou : « Je suis contre les rentiers, pour l’entrepreneur et le travailleur » ! Qui, dans l’hémicycle, à part les Français, sait que sa majorité prépare un budget dans lequel l’imposition des dividendes est plafonnée à 15%, soit bien en deçà de ce que peut se voir imposer un entrepreneur ou un travailleur ?

Aviation

Dès le lundi soir a lieu le débat sur la fameuse directive dont il a beaucoup été parlé ici : l’intégration de l’aviation dans le système européen de quotas d’émission de gaz à effet de serre. Mon rapport pour avis en commission Économique et monétaire (a priori la commission la plus défavorable) a été intégré, nettement renforcé, dans le rapport que la commission Environnement avait confié à un chrétien-démocrate rhénan, Peter Liese. Mais les lobbies de l’aviation ont manifestement labouré le terrain, et c’est par une véritable bataille d’enchères (abaissant les quotas à 70% ?, 80 % ?, 90% ?) que le Parlement renforce la directive proposée par la Commission européenne.

Pour ma part, dans mon intervention de lundi, j’avais misé sur un seul argument, celui de la concurrence non faussée entre les différents secteurs, et entre les compagnies aériennes. Ce message a été entendu : dans les votes, nous aurons souvent – et paradoxalement – le renfort des libéraux-démocrates les plus libéraux, ceux qui veulent voir traiter l’aviation comme un secteur comme les autres. Pour le résultat, je vous laisse lire le rapport, ainsi que mon communiqué final.

Quelques heures après la publication de ce communiqué, je décrypte les votes nominaux, et constate qu’il n’est pas tout à fait exact. En réalité, le MoDem s’est divisé, certains, comme Marielle de Sarnez, votant plutôt comme les Verts. Inversement, si les communistes de la GUE votent globalement comme les Verts, je constate à nouveau avec tristesse que les deux Français se singularisent en votant plus « productiviste ». Cette « exception productiviste » du communisme français est vraiment désolante.

Sols

La Commission européenne a également initié le processus législatif d’un projet de directive-cadre (c’est-à-dire d’application extrêmement souple) protégeant l’ensemble des sols (contre la pollution, contre la désertification, pour la protection de la biodiversité…). C’est une initiative assez importante, sachant que les plans d’occupation des sols, par exemple, sont l’une des exceptions (avec le nucléaire) au principe majoritaire qui règne au niveau de l’Union européenne en ce qui concerne l’environnement. Sous la pression des lobbies industriels et agricoles, la droite est donc déchaînée contre le principe même de la directive. En commission des Affaires juridiques, il y a quelques semaines, c’est Jacques Toubon (celui du parti du président qui vient de tenir les propos ci-dessus…) qui a mené la bataille, arguant que la protection des sols ne concernait pas l’Europe. Je lui avais fait observer très fermement que ça regardait tout à fait l’Europe que la France ait laissé saboter les sols de la Guadeloupe et de la Martinique par le traitement des bananeraies au chloredécone.

Le débat est d’ailleurs extrêmement intéressant, la droite (y compris des personnes de très bonne volonté) s’appuyant en effet sur le principe de subsidiarité. On entend des arguments du genre « je comprends qu’on se batte au niveau européen contre des pollutions portées par le vent, mais la pollution des sols reste totalement immobile et donc ne concerne que les États, voir les collectivités locales. » Comme si l’eau de pluie, qui ruisselle et atteint la nappe phréatique ou circule par les fleuves, n’entraînait pas la pollution des sols au delà des limites communales et nationales !

Et d’ailleurs, l’internationalisation de la pollution passe, tout autant que par l’eau ou le vent… par la circulation des marchandises ! Si en effet, dans un pays A de l’Union, une entreprise est responsable de la pollution qu’elle laisse sur le sol, alors que dans un autre pays B, la même entreprise n’aurait aucune obligation de dépolluer le sol, il est bien évident que l’entreprise aurait intérêt à s’installer dans le pays B pour exporter vers le pays A.

Non seulement les Verts et la gauche, mais aussi les libéraux-démocrates (toujours au nom de la concurrence non faussée) votent donc pour la directive, et repoussent l’opposition de la droite conservatrice. L’Europe se trouve ainsi dotée (en première lecture) d’une Loi-cadre obligeant tous les pays à veiller à la protection de leurs sols. Ce n’est pas très contraignant, mais c’est déjà ça !

Une remarque. Le lobbying des grandes associations, et notamment celles engagées dans le Grenelle de l’environnement, en faveur de la directive Aviation, a été quasi nul. Les députés n’ont reçu, dans les deux ou trois jours précédant le vote - alors que tous les jeux étaient faits, la commission Environnement s’étant prononcée, et les groupes ayant préparé leurs listes de vote - qu’un ou deux mails de l’Alliance pour la Planète proposant des mesures plus radicales qui n’étaient pas à l’ordre du jour. En ce qui concerne les sols, le lobbiyng a été un peu plus actif, mais est venu surtout des milieux scientifiques insistant sur la protection des sols, soumis à une crise écologique, il est vrai peu à la mode et peu médiatisée.

Dans l’ensemble, on peut dire que la société civile, et en particulier les associations investies dans le Grenelle, ont été quasiment silencieuses au moment où les députés devaient prendre des décisions. Cela donne à réfléchir. Étaient-elles « trop prises » par le Grenelle ? Ou bien n’ont-elles pas compris que la législation française, en matière d’environnement, n’est jamais qu’une transcription du droit européen, et donc que c’est au Parlement européen que ça se passe d’abord, et pas du côté de Borloo ? Ou bien encore, séduites par l’initiative du Grenelle, les associations auraient-elles oublié que finalement leurs aspirations se matérialisent de deux façons : certes par la transformation des consciences, mais aussi par la transformation des politiques publiques, et qu’elle sont donc obligées, à un moment donné, de passer le relais aux élus ?

Si cette dernière hypothèse est exacte, cette semaine aura montré un rééquilibrage entre l’écologie associative et l’écologie proprement politique, qui devra être médité. Justement, je dois participer dimanche au débat de conclusion (avec Alain Juppé !) de la Semaine sociale de France, ce grand raout annuel des cathos progressistes. Et je dois justement traiter du passage de la prise de conscience à la décision politique

Roms

L’affaire des Roms roumains expulsés d’Italie a véritablement secoué les députés. D’autant que le Commissaire Franco Frattini, issu de la droite italienne, a versé de l’huile sur le feu en justifiant, en violation manifeste du droit de libre circulation dans l’Union, le décret italien permettant d’expulser les Roms pratiquement sans contrôle. L’ensemble des grands groupes (dont les Verts) a donc rédigé une résolution commune rappelant le principe de libre circulation, critiquant le décret italien, et refusant la « responsabilité collective » d’une ethnie pour le crime commis par un de ses membres.

Avant le vote, le débat est extrêmement tendu. Les interventions des Roumains, trémolos dans la voix, sont assez émouvantes, mais ne cachent pas toujours leur propre hostilité envers les Roms, avec des expressions du genre « il n’y a aucune raison pour que mon pays soit transformé en réserve pour les Roms d’Europe ». Les communistes italiens, qui participent au gouvernement Prodi, tirent à boulets rouges sur les décrets et sur Frattini, lequel a beau jeu de leur rétorquer que, s’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à quitter le gouvernement italien. Au nom des Verts, la co-présidente du groupe, Monica Frassoni, cartonne assez durement la droite et la presse italienne en rappelant que, le jour même où le meurtre commis par un Rom faisait les gros titres, plusieurs autres crimes commis par des Italiens étaient relégués dans les dernières pages des journaux, et qu’un pays où 7% du PNB est entre les mains de la Maffia n’a pas de leçons à donner aux Roms.

Au début du vote en plénière, coup de théatre : le Français Joseph Daul, président du groupe PPE (et membre de l’UMP), déclare : « Nous n’avons rien contre les Roms et respectons la personne humaine, mais nous ne pouvons pas accepter l’article de cette résolution critiquant le Commissaire Frattini. Le PPE votera donc contre ! »

Quolibets, lazzis, ricanements, « et contre l’ADN ? »… Les uns après les autres, les groupes socialistes, libéraux-démocrates, verts et communistes demandent la parole et déclarent que, si maintenant le Parlement n’a plus le droit de critiquer un Commissaire qui, pour des raisons de politique intérieure de son pays d’origine, soutient un décret totalement contraire à la légalité européenne, où va-t-on ?

On passe au vote. L’amendement critiquant Frattini est adopté, et la résolution – excellente- aussi, par une majorité libéraux-démocrates, verts, socialistes et communistes, dont tous les partis correspondants participent en Italie au gouvernement Prodi qui a pris le fameux décret…

Bref, le Parlement a bon cœur dès qu’une résolution n’a pas de portée législative. On verra ce qu’il en sera dans un mois, quand il faudra examiner une directive scélérate proposée par la Commission à propos du traitement des immigrants des pays tiers. Si la société civile veut faire pression sur les députés, c’est le moment ou jamais !

Dans la foulée, le Parlement vote un salmigondis grotesque pour une Europe compétitive (voir le « debriefing » de notre collaboratrice Inès Trépant), et un nouveau texte préparatoire à la Conférence de Bali sur le climat, faisant à nouveau l’éloge du nucléaire. Les Verts refusent d’y joindre leurs voix.

Et je rentre à nouveau vers Paris en grève. Incroyable comme ce gouvernement s’ingénie à fomenter le chaos en grillant la concertation…

Bon, pour la suite de ce blog, il faudra être patient. Après la conclusion, dimanche 18, de la Semaine Sociale de France, je pars pour l’Équateur. Et, au retour, ce sera le coup de collier pour boucler l’initiative très importante à l’Assemblée Nationale sur « Amnistie, impunité et justice transitionnelle ».

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve272

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Forum du blog

Il y a 15 contributions à ce blog.
  • Immigration : le Parlement en pointe ?

    Le 29 novembre, un projet de directive sur la rétention et l’expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen.

    Le projet de directive prévoit une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe,et une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées.

    Quand je pense qu’on nous a bassiné avec les « nonistes xénophobes » ....

    En principe, ce projet ne devrait pas passer puisqu’il n’y a plus de groupe d’extrême droite au PE.

    Quel est votre pronostic ?


    Jeudi 22 novembre 2007 à 10h48mn09s, par Jean-Pierre B (jp.branchard@wanadoo.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2052
    • Immigration : le Parlement en pointe ?

      Et non ! Et vous le savez bien !

      C’est notre beau pays, la France, l’hexagone, qui est en pointe. Avec sa "pointe de Bretagne", avec ses "frontières du Nord et de l’Est", sa "ligne bleue des Vosges, son "Mont-Blanc", sa météo de France-Info ou France-Inter...

      Son Brice Boutefeu, ses "centres de rétention" où l’on incarcère même les bébés, sans couches, sans rien. (Si, si, c’est vrai !)

      Comment voulez-vous qu’Alain Lipietz vous donne un pronostic si vous ne lui dites pas comment voteront vos amis anti-européens !

      (Vous avez raison : à nos âges, rien n’est pire que le désoeuvrement !)


      Samedi 24 novembre 2007 à 02h46mn52s, par Joke (joke@no-log.org)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2053
    • Disparition de l’extrême droite ???

      Disparition de l’extrême droite ???

      Vous plaisantez ? Le problème des eurodéputés nationalistes xénophobes c’est qu’ils sont, justement, tellement nationalistes qu’ils ont du mal à faire un groupe commun. Le Pen et les fascistes italiens avaient réussi à faire un groupe, ITS, avec l’extrême droite roumaine. Suite à la crise italienne, où ils ont insulté les Roumains, les eurodéputés nationalistes roumains ont du coup quitté le groupe. Ils sont tombés en dessous du seuil pour former un groupe. Mais ils restent tous eurodéputés ! Et la « lepenisation des esprits » à l’échelle européenne est telle, dans tous les partis de la droite et du centre (même du centre-gauche, et même de certaines tendances souverainistes se disant très à gauche, sans compter les classes populaires elles-mêmes) que nous ne gagnerons pas si facilement contre la directive scélérate.


      Samedi 1er décembre 2007 à 20h12mn03s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2068
    • Immigration : le Parlement en pointe ? Je trouve très grave le faite qu’on dissocie immigration et effet pervers de la mondialisation, il est évidant pour moi qu’on ne quitte pas son pays natal si tout vas bien dans ce même pays. Personne ne pourra stopper l’immigration clandestine si rien n’est fait pour que la démocratie et la libre concurrence n’interdise pas l’auto suffisance économique. Si les produits de consommation courante locaux sont plus chère que les produits d’importation, il n’y a pas de solution a l’émigration venant des pays pauvre.
      Dimanche 6 avril 2008 à 04h44mn17s, par Denis1 (cimendef-mtb@wanadoo.fr)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2362
  • Environnement : le Parlement en pointe.

    Le développement d’une place de marché électronique de troc de marchandises mesurables m’a permis de comprendre que le lien existant entre la finance et l’économie n’est pas inéluctable. L’efficacité du système de finance du carbone serait réduite à ZERO si une crise financière arrivait.

    J’ai la preuve technique qu’on peut développer une place de marché de troc qui permettrait d’échanger des quotas globaux ou locaux sans utiliser aucun médium monétaire. Elle permet la concurrence sur les prix (entendus comme un rapport entre quantité fournie et demandée), et grâce à des accords multilatéraux favorisant la coopération, permet des coincidences offres-demandes aussi nombreuses que si un médium monétaire était utilisé.

    Cette place de marché pourrait être étendu à d’autres quotas portant sur d’autres ressources naturelles limitées (eau, pollutions, biodiversité, etc...)

    Le marché du carbone ne parvient pas à mettre en place le système "multigaz" préconisé par le GIEC (il nous permettrait de réduire de 40% en 2025 la perte du PIB induite par le réchauffement), ni le marché mondial nécessaire à la mise en oeuvre du protocole de Kyoto sans provoquer une spéculation entre les places de marché qui serait contraire au principe d’économie d’effort qui légitime cet accord. (les prix de la tonne CO2 sur les places sont tous différents)

    Cette place de marché de troc permet la mise en place de marché mondial, le système "multigaz" sans permettre la spéculation.

    Ces informations ont été transmises par courrier au FMI (dominique Strauss-Khan, à la caisse des dépots, à l’UE, au GIEC et à dominique Borloo)

    De la preuve technique à une place de marché mondiale il y du chemin. J’espère que nos décideurs comprendront l’immense responsabilité qu’ils ont entre les mains, refuseront la prise en ôtage par la finance de l’économie écologique et lanceront un grand projet pour développer cette place de marché.


    Mercredi 21 novembre 2007 à 04h55mn32s, par olivier chaussavoine (olivier.chaussavoine@gmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2051
  • Directive de la honte Donc pour que la société civile fasse pression elle peut commencer par signer et faire passer ce texte www.directivedelahonte.org
    Mardi 20 novembre 2007 à 15h32mn13s, par kawouede
    lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2050
  • Mandelson, nouveau Bolkestein

    Le Monde d’aujourd’hui nous confirme que le commissaire européen au commerce prépare une directive « visant à mieux prendre en compte les intérêts des entreprises qui ont délocalisé une partie de leur production hors d’Europe », afin de « limiter l’impact d’éventuelles sanctions antidumping ».

    Encore un qui devrait faire de la musique plutôt que de la politique....

    Comme si l’Euro fort ne suffisait pas, voici qu’on encourage encore les entreprises à délocaliser hors d’europe. En perspective, des millions de nouveaux licenciements, de nouveaux chômeurs qu’on traitera de profiteurs et de fainéants.

    Il serait intéressant de consulter les peuples européens sur l’opportunité de telles mesures ...


    Mardi 20 novembre 2007 à 11h44mn04s, par Jean-Pierre B (jp.branchard@wanadoo.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2049
  • Des quotas ? A priori, il suffirait de taxer le kérozène comme l’essence.
    Samedi 17 novembre 2007 à 14h16mn13s, par Jean-Pierre B (jp.branchard@wanadoo.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2042
    • Des quotas ? Exactement, et pour cela il faut envoyer une majorité verte au PE en 2009.
      Samedi 17 novembre 2007 à 15h21mn45s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2043
      • Des quotas ? Le PE aurait-il donc le pouvoir de le faire sans l’unanimité des 27 pays membres ?
        Lundi 19 novembre 2007 à 16h56mn45s, par Jean-Pierre B (jp.branchard@wanadoo.fr)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2047
  • Environnement : le Parlement en pointe.

    La présentation du vote sur l’inclusion de l’aviation dans le systèmes des quotas GES a donné lieu à des interprétations curieuses de divers médias en ligne.

    Ainsi, si Actu-environnement titrait : "Le secteur aérien devrait être intégré dans le système européen d’échange de quotas de CO2 en 2011" http://www.actu-environnement.com/ae/news/integration_aerien_syste me_echange_quotas_CO2_3872.php4

    pareil pour le Journal de l’environnement (JDLE) : "Le Parlement européen souhaite inclure l’aviation dans le marché du CO2" http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/deta il.asp ?id=10265&idThema=6&idSousThema=34&type=JDE&ctx=257

    On a toutefois observé une véhémente critique de Univers-Nature : "Après les voitures, le Parlement européen épargne les avions" http://www.univers-nature.info/inf/inf_actualite1.cgi ?id=2866

    Ca m’a intrigué, j’ai essayé de comprendre ce qui s’est réellement passé en allant chercher les textes (rapports parlementaires, débats, amendements et votes...) sur le site du PE.

    1. C’est génial, cette transparence !

    2. Quel boulot pour y retrouver ses petits...

    3. Ton résumé succinct est très, très, utile

    4. Tout de même, une perle que tu n’as pas complètement mise en valeur, à propos des votes des parlementaires français. Et tu me corriges si je dis des bétises...

    Il s’agit du vote sur l’amendement qui modifie la proposition de la Commission concernant l’article 3 ter, paragraphes 1 à 3, de la directive 2003/87/CE, celui où la Commission proposait d’attribuer des quotas d’émission à 100 % des émissions historiques, et où l’amendement du Parlement vise à limiter à 90 % ce quota (et même si la proposition d’origine de la commission parlementaire descendait même à 75 %).

    Cet amendement, que tu as voté avec les Verts européens, a rencontré un certain consensus, puisque de nombreux parlementaires des deux grands partis (PPE-DE et PSE) l’ont aussi voté : il a été adopté par 576 voix contre 77 et 25 abstensions.

    Et qui donc a voté contre, parmi les députés français ?

    On trouve, bien sûr, les Gollnisch, Lang, Le Pen Jean-Marie, Le Pen Marine, Le Rachinel, Martinez, mais aussi, un petit groupe de députés PSE qui se sont ainsi distingués en cette bonne compagne : Berès, Bono, Carlotti, Corda, Cottigny, Ferreira Anne, Golik, Guy-Quint, Hamon, Hutchinson, Laignel, Le Foll, Lefrançois, Lienemann, Neris, Paparizov, Patrie, Peillon, Roure, Savary !!!!!

    Ca méritait d’être relevé, non ?


    Samedi 17 novembre 2007 à 13h55mn59s, par Marc Kieny (kieny.marc@emca.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2041
    • Environnement : le Parlement en pointe.

      En effet , je n’avais pas assez « épluché » les votes nominaux, merci ! Mais c’est le genre de truc compliqué à dénoncer. Comme je l’ai dit, ce fut une véritable mise aux enchères du facteur correctif à partir de la base que proposait la Commission européenne : la moyenne 2004-2006, alors que pour l’ensemble de l’économie mondiale la base de référence a été fixée par la Convention contre le Changement climatique à 1990 ! Donc elle offrait aux compagnies aériennes toute la croissance de leur pollution depuis 1990, soit +87% de gaz à effet de serre. On a eu les mêmes enchères pour savoir combien de quotas seraient distribués aux enchères….

      La Commission environnement a proposé : 75% de cette base et par des votes successifs on est arrivé à 90 %. Les Verts ont voté toutes les étapes intermédiaires des enchères jusqu’à ce niveau. Ceux qui ont voté contre peuvent dire « on a voté contre parce qu’il ne faut gêner l’aviation européenne » ou « on a voté contre parce que c’est trop » ;-). .

      C’est exactement comme les gens (les mêmes, tiens, tiens) qui ont voté Non et voudraient revoter Non au Tce parce que, disent-ils, « ce n’est pas assez loin de Maastricht-Nice », et en réalité ils votent pour en rester à Maastricht…

      PS c’est vrai que c’est compliqué de réconstituer les votes. J’ai fait un mode d’emploi dans la FAQ


      Samedi 17 novembre 2007 à 15h31mn28s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2044
    • Environnement : le Parlement en pointe.

      Benoît Hamon donne sur son blog une explication de son vote :

      Les groupes de droite (PPE, dont fait partie l’UMP, et ALDE, dont fait partie le Modem) ont réussi à amender le texte, contre l’avis des socialistes et de la gauche, pour porter ce seuil à 20000 Kg. Mais quels sont donc ces aéronefs au poids compris entre 5700 Kg et 20 tonnes qui semblent intéresser tellement la majorité libéral-conservatrice du Parlement Européen ? Après vérification sur quelques sites spécialisés, il s’agit des jets privés, des "avions d’affaire" qui emmènent PDG, millionnaires et autres grands dirigeants d’entreprise privées de New York à Paris, en passant par Londres !

      Résultat des courses, les vacanciers qui achètent un billet d’avion charter pour profiter d’un peu de soleil après un an de travail devront contribuer à l’effort européen de réduction des émissions de CO2, probablement en payant plus cher. Ce qui est juste. Par contre les heureux utilisateurs de jets privés sont exemptés de toute contribution. Ce qui est profondément injuste.

      Je souscris à ses arguments. Par contre je ne les trouve pas suffisants pour voter contre un texte qui va dans le bon sens. On retrouve la méthode qu’il suit depuis un temps certain : "Plus à gauche" quitte à voter contre un texte qui va dans le bon sens au motif qu’il n’est pas suffisant. Dommage.


      Mardi 20 novembre 2007 à 05h03mn26s, par PJ-BR (mail@pj-br.eu)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2048
      • La question des petits avions.

        Moi aussi je suis scandalisé par ce vote élargissant considérablement le spectre des « petits avions ». Cela dit, Hamon oublie qu’il existe aussi dans les gros avions des places « Affaires » et « Première classe ». Son vote s’interprète comme vous dites, avec en plus un certain désintérêt pour les questions écologiques et surtout une certaine hostilité envers l’harmonisation européenne (il a proposé un jour un amendement pour rendre obligatoire l’existence de Smic nationaux, alors que la position de la gauche et de la CES, traditionnellement, est de se battre pour un smic européen, défini comme pourcentage du PNB/travailleur)

        Pour les petits avions (en fait, le fond du problème est plutôt que ce sont des avions « hors flotte commerciale », or la directive assigne les quotas par entreprise de transport), mon rapport prévoyait la taxation du kérosène, qui a été rejetée.


        Samedi 1er décembre 2007 à 20h42mn52s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2076
  • Environnement : le Parlement en pointe.

    Merci pour toutes ces informations.

    Souvent je me suis amusé à compter les avions qui passent au-desus de ma tête. Dans la vallée pourtant relativement étroite où j’habite, au sud-ouest du Lac d’Annecy, vers 8 heures le matin c’est entre 2 et 8 avions visibles à chaque instant et leur bruit, certes infiniment plus discret que dans les environs d’un aéroport, ne cesse jamais. Quand je pense qu’une voiture ne "passe pas" au contrôle technique si son échappement n’est pas conforme ! Je ne parle pas bien entendu de la pollution due au kérosène !

    Il est temps que puisse être lourdement taxés tous les voyages en avion qui pourraient s’effectuer en train dans des conditions de vitesse comparables.

    Pour ce qui est du discours de Sarkozy, j’espère que vous, et vos voisins aux Parlement, n’êtes pas couverts d’ecchymoses : on a coutume de se pincer pour s’assurer qu’on ne rêve pas.

    Bien à vous.


    Samedi 17 novembre 2007 à 08h43mn38s, par Joke (pj.mi@free.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve272#forum2040
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29/11: Semaine de déceptions. Climat, SNCF, Villiers-le-bel.
25/11: Clarification chez les Verts. Une grève tactique.
23/11: Moins de pétrole, plus de bananes !
22/11: Equateur : les vieux partis font de la résistance
16/11: Environnement : le Parlement en pointe.
9/11: Pénible semaine européenne.
4/11: Feuillle de route
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