Tiers secteur. Caricatures anti-Mahomet.

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Vendredi 10 février 2006

Samedi 4, Convention des Verts, à Nantes, sur l’Economie Sociale et Solidaire. Enormément de monde, j’ai compté jusqu’à 170 personnes ! Les débats sont de très haute qualité. Depuis mon rapport sur le tiers secteur pour Martine Aubry, et le Secrétariat d’Etat de Guy Hascoët, on sent que beaucoup de Verts se sont investis, au niveau municipal et régional, dans la responsabilité du développement du tiers secteur avec les moyens du bord. Nous avons maintenant les liens et l’expérience nécessaires pour développer à toute vitesse le tiers secteur, avec une loi cadre… si nous gagnons les élections de 2007.

Le soir, je suis l’invité principal de l’émission « 88 minutes » de Direct 8. Direct 8 est une de ces nouvelles chaînes de la TNT. Je ne sais pas si elle a beaucoup d’audience, mais c’est la troisième fois que j’accepte leur invitation : leurs jeunes journalistes sont craquant-e-s, et c’est vrai que la chaîne consacre beaucoup de place à l’écologie. Il s’agit de commenter l’actualité de la semaine avec plusieurs invités. Je dois d’abord me dépêtrer du va et vient des Verts qui ont refusé d’abord la réunion des partis de gauche prévue pour le 8, puis l’ont acceptée après en avoir fait préciser l’ordre du jour. Mais bien sûr, le gros débat de la semaine, c’est l’affaire des caricatures contre Mahomet.

Le second invité est le jeune compositeur afro-guyanais Xavier Harry. Il dit gravement : « La liberté d’expression, c’est la liberté de dire ou de ne pas dire. À partir de là, on a la responsabilité de publier ou de ne pas publier. Je ne suis pas sûr que ceux qui ont publié ces caricatures aient bien pesé leur responsabilité. » Je n’ai rien à ajouter.

C’est alors qu’intervient André Bercoff (alias Caton), de France-Soir. Il explique : « Oui, il y a un conflit entre liberté d’expression et responsabilité, mais les musulmans qui se sont sentis insultés pouvaient toujours porter plainte auprès de la justice. » Là, je rebondis : « Tu parles comme si on pouvait appliquer le modèle de l’affaire Dieudonné. Dieudonné à la télévision attaque les rabbins extrémistes. Les juifs qui se sentent insultés portent plainte, pour antisémitisme, devant la justice. Celle-ci les déboute en statuant que la plaisanterie n’était peut-être pas du meilleur goût, mais restait dans les clous de la loi française. Et les musulmans hors-Europe, ils portent plainte où ? Vous n’avez pas mesuré que maintenant l’info est globalisée ? ».

C’est alors qu’entre en scène l’avocat Arno Klarsfeld, plutôt connu pour ses positions pro-sionistes extrêmistes. Très tranquillement, il explique : « Si on avait représenté le prophète forniquant, ç’aurait été une attaque contre la religion, et là, en France, il n’y a rien à dire. Mais à partir du moment où on représente le prophète en terroriste, cela veut dire que tous les musulmans sont terroristes, et là, c’est de l’incitation à la haine raciale, et c’est condamnable. » A ma grande stupéfaction, je n’ai strictement rien à dire de plus. D’ailleurs, Arno Klarsfeld m’étonne encore quelques minutes plus tard : « Sur le conflit israélo-palestinien, je suis comme tous les Israéliens : évacuation des territoires occupés depuis 1967, formation d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale, et droit au retour s’appliquant sur le territoire de l’Etat palestinien. »

Après le débat, je fais observer à Klarsfeld qu’il est sur la position de l’appel de Genève, que je soutiens, mais qu’il galèje en disant que c’est la position de tous les Israéliens ! Quant à Bercoff (que j’ai connu à l’époque de Caton, mais dont je découvre sur le coup qu’il est d’origine libanaise), je lui cite en exemple l’esprit de responsabilité des lycéennes musulmanes françaises qui s’étaient préparées à affronter à la rentrée 2004 la loi Sarkozy mais qui avaient préféré tomber le voile par solidarité avec Florence Aubenas. Les journaux danois ou français qui s’amusent à exciter « la rue arabe » ou indonésienne savent parfaitement que, ce faisant, ils font fermer les ambassades européennes à Gaza et ailleurs, ce qui a un sens politique précis ; les uns s’en foutent, les autres savent exactement ce qu’ils font.

À part ça, le Charlie-Hebdo de mercredi 8 est excellent, drôle et en fait respectueux de la foi musulmane (mais pas des cons) !

Lundi soir, c’est le débat que Jacques Boutault (maire du 2e arrondissement) et moi organisions sur « Crise des banlieues, service public : les réponses du tiers secteur ». Cela correspondait à une demande exprimée fin novembre dernier par le collège exécutif des Verts. Pourtant, depuis presque un mois, j’ai dû me battre, sans succès, pour que les Verts assument publiquement cette initiative et en fassent la promotion. Jusqu’à jeudi soir dernier, c’était le black-out intégral… y compris sur le site Sinople ! Résultat, pas grand monde dans la salle, mais, heureusement, de qualité : des conseillers municipaux et régionaux confrontés au problème, le groupe « banlieues » des Verts… A la tribune, le plateau est remarquable. La psycho-sociologue Joëlle Bordet passionne l’auditoire. Le représentant des syndicats européens de police, Gérard Greneron, sans se lancer dans des diatribes, tend avec insistance la main aux politiques et aux associatifs. Les deux « tiers secteurs », Mounira Mehiri et Zinn-Din Boukhenaissi, illustrent de façon imagée les transformations des relations entre jeunes et adultes que permettent les services au public rendus par l’économie sociale et solidaire.

Crise des banlieues, service public : les réponses du tiers secteur
Zinn-Din Boukhenaissi, Joëlle Bordet, Alain Lipietz
Crise des banlieues, service public : les réponses du tiers secteur
Alain Lipietz, Mounira Mehiri, Gérard Greneron

Le lendemain, je reste à Paris, d’abord pour la manif contre le Contrat Première Embauche. Beaucoup de syndicalistes sont mobilisés, mais pas beaucoup de jeunes… Ca promet… Dans le groupe des Verts, des échos très favorables se sont déjà répandus sur la réunion de la veille, j’espère pouvoir en mettre très rapidement le décryptage intégral sur ce site.

Et puis surtout, je suis resté à Paris pour le pot de départ en retraite de Maryvonne, qui fut ma secrétaire au CEPREMAP, et finalement une des rares personnes à savoir décrypter mon écriture, depuis… 1972.

Maryvonne

Elle a pratiquement tapé tous mes livres, de Le tribut foncier urbain en 1974 jusqu’à une bonne partie de Refonder l’espérance, en 2003…

Le lendemain, retour sur Bruxelles où les négociations sur la directive services, de plus en plus débolkesteinisée, prennent un tour de plus en plus compliqué qu’il ne vaut même plus la peine de vous raconter au jour le jour. Ne relâchez pas la pression sur les députés !!!

Le soir, je croise pour la nième fois dans les couloirs (lobby) mon compatriote Josef Nemec, dirigeant polonais de la CES que nous avions invité aux Journées d’Eté des Verts à Grenoble, et qui est particulièrement chargé du coaching des eurodéputés en matière de Directive Services. « Mais tu es encore là !, lui dis-je – Je ne sors de ce bâtiment que pour aller dormir. — C’est du travaillisme ! — ???? — Du labourisme… — ???? — Du trade-unionisme… enfin, le contraire du léninisme ! c’est la courroie de transmission à l’envers, le syndicat qui dicte sa politique au parti ! — Ah ! oui. Enfin, j’espère ! » Nemec parle un excellent français, mais il m’a fallu un certain temps pour retrouver le langage marxiste-léniniste de notre jeunesse….

La nuit, j’achève une mise à jour importante de mon texte sur Mallarmé, qui sera ce soir ou demain sur le site, ainsi que les photos du FSM de Caracas (pas trop tot !)

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve124

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Forum du blog

Il y a 8 contributions à ce blog.
  • Tiers secteur. Caricatures anti-Mahomet.

    Et les musulmans hors-Europe, ils portent plainte où ? Vous n’avez pas mesuré que maintenant l’info est globalisée ? »

    Mais ils ont d’autres chats à fouetter les musulmans vivants dans ces dictatures que de porter plainte pour deux dessins minables insultants, qu’ils n’ont vu ni d’Éve ni d’Adam, et parus dans un tout petit pays à quelques milliers de kilomètre de chez eux ! Tu es complètement à côté de la plaque Alain, sauf ton respect. Je rappele que sur les 1.3 milliards de musulmans, une dizaine de milliers à peu près ont protesté. De plus, ces gens là n’ont pas TF1 pour leur apprendre que représenter le prophète est un interdit religieux absolu, alors qu’il s’agit simplement d’un tabou qui s’est installé assez récemment par la coutume et encore pas partout (ni dans l’espace turc, ni dans l’Asie centrale par exemple).

    Ceux qui ont organisé toute cette lamentable affaire des dimensions surréalistes n’ont guère besoin qu’on les défendent devant des tribunaux. Il s’agit principalement :

    * Cet imam islamiste Ahmad Abu Laban qui a inventé trois dessins pour envenimer l’affaire qui sont des faux grossiers et bien plus virulents que les originaux, avant de faire le tour des popotes des capitales arabes.

    * Les pays arabes, et notamment la Syrie, qui ont organisé ces manifestations spontanée pour leurs propres petits ntérêts politiques. Tout ca est d’une hypocrisie incroyable !

    * Les frères musulmans, que l’European Strategic Intelligence& Security Center accusent d’être derrière cette manipulation à l’échelle mondiale

    Par ailleurs, j’ai suivi par la presse allemande le discours très fort qu’a fait Ayaan Hirsi Ali à Berlin, des phrases rares et claires pour porter le message de l’athéisme et du féminisme.

    I am here to defend the right to offend


    Mardi 14 février 2006 à 15h48mn46s, par jmfayard (jmfayard@gmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve124#forum520
    • Tiers secteur. Caricatures anti-Mahomet.

      Cette phrase : "I am here to defend the right to offend" me semble d’une absurdite absolue. Comment pouvons nous esperer vivre ensemble en considerant l’offense comme une valeur positive ? Comment esperer qu’une mesure institutionnelle (la liberte d’expression garantie juridiquement) nous dispense de toute responsabilite ?

      Il ne faut pas se laisser enfermer dans la position du pour ou contre. Il faut affirmer fermement et simultanement les 2 points de vue :
      - le droit d’expression est une liberte inalienable et aucune autorite ne doit intervenir juridiquement pour limiter la liberte d’expression des medias.
      - la caricature est un acte d’engagement qui n’est pas neutre et en l’occurence un certain nombre de caricatures s’appuient sur des relants racistes qu’il faut denoncer.

      Je ne suis absolument pas interesse par le fait de savoir qui manipule ces manifestations. On ne doit pas choisir entre liberte et responsabilite en fonction des interlocuteurs. On choisit liberte ET responsabilite quels que soient les interlocuteurs.


      Jeudi 16 février 2006 à 00h14mn44s, par L. Evain (laurentcommercial@free.fr)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve124#forum521
      • Tiers secteur. Caricatures anti-Mahomet.

        C’est dommage que vous n’ayez pas lu (enfin c’est l’impression que j’ai) le texte très clair et très précis d’Ayaan Hirsi Ali auquel vous répondez.

        Peut-être un problème de langue pour bien comprendre le discours dans sa totalité ?

        Voyez dans ce cas la traduction que vient en faire Le Monde

        Dit-elle que la liberté d’expression est absolue ? Non au contraire, et elle va moins loins que vous quand vous disez aucune autorite ne doit intervenir juridiquement pour limiter la liberte d’expression. Elle réclame uniquement “le droit d’offenser dans les limites de la loi” ... et non celles des religions.

        Ce qu’elle fustige, c’est l’emploi du mot responsabilité quand il est synonyme de peur de critiquer. Pourquoi défend elle au contraire la nécessité d’une parole critique libérée de la religion (et non des croyants, il y a chez elle l’absence de tout soupcon de racisme) ? Voici :

        « Comme les milliers de personnes qui ont manifesté contre les caricatures danoises, j’ai longtemps cru que Mahomet était parfait - qu’il était la seule source du bien, le seul critère permettant de distinguer entre le bien et le mal. En 1989, quand Khomeiny a lancé un appel à tuer Salman Rushdie pour avoir insulté Mahomet, je pensais qu’il avait raison. Je ne le pense plus.
        Je pense que le Prophète a eu tort de se placer, lui et ses idées, au-dessus de toute pensée critique.
        Je pense que le prophète Mahomet a eu tort de subordonner les femmes aux hommes.
        Je pense que le prophète Mahomet a eu tort de décréter qu’il fallait assassiner les homosexuels.
        Je pense que le prophète Mahomet a eu tort de dire qu’il fallait tuer les apostats.
        Il avait tort de dire que les adultères doivent être fouettés et lapidés, et que les voleurs doivent avoir les mains coupées.
        Il avait tort de dire que ceux qui meurent pour la cause d’Allah iront au paradis.
        Il avait tort de prétendre qu’une société juste pouvait être bâtie sur ses idées.
        Le Prophète faisait et disait de bonnes choses. Il encourageait la charité envers les autres. Mais je soutiens qu’il était aussi irrespectueux et insensible envers ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui. »

        Dans cette liste, il y a des vrais thèmes qui ont des conséquences néfastes encore de nos jours sur une partie de la population, et et sur lesquels il faut changer les choses en Europe... et ca n’ira pas s’en offenser une partie des religieux, de la même que la légalisation de l’avortement, le PACS et autres avancées sociétales ne se sont pas toujours faites avec l’approbation du Vatican...

        Pourquoi voit-elle l’offense qui a été faite comme positive ? Pour la prise de conscience qu’il existe en Europe une minorité violente qui refuse la démocratie.

        Mais qui est cette minorité violente ? 3 et quelques millions de persones en France ? Non surtout pas. Le Monde a prouvé récemment qu’ils étaient très calmes, comprenaient que ces images doivent être diffusées, ne seraient-ce que pour récuser le message que diffuse deux d’entre elles (cf le consensus Lipietz-Klarsfeld plus haut ;-). C’est pour cela qu’il est important de rappeler que les débordements condamnables qui prennnent l’essentiel de l’espace médiatique sont le fait d’une dizaine de milliers de personnes tout au plus, ce qui peut sembler beaucoup mais est peu de choses rapporté à 1.3 milliards de personnes, et que cela se réduit en réalité à un petit nombre de gouvernements antidémocratiques et d’organisations telle que celle de l’imam danois, caricaturiste anti-Mahomet quand ca va dans le sens de ses calculs politiques.


        Jeudi 16 février 2006 à 19h31mn35s, par jmfayard (jmfayard@gmail.com)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve124#forum522
    • Lettre ouverte d’une musulmane aux médias occidentaux.

      « Non seulement ils (les blancs, ndlr) nous torturent, mais ils ont le toupet de nous dire comment on doit réagir à leurs tortures »
      Steve Biko,
      mort pour l’abolition de l’apartheid en Afrique du Sud.

      Désolés de vous avoir ainsi... offensé !

      Finalement, c’est peut être aux musulmans de s’excuser de ne pas avoir été assez « modernes » et assez respectueux de la « liberté d’expression » après la publication, au terme d’un « concours » organisé par un quotidien danois, de 12 caricatures injurieuses pour les musulmans et le Prophète de l’islam, Mohammed (QSSSL).

      A lire et à entendre les commentaires de certains hommes politiques occidentaux, observateurs, journalistes et patrons de presse à propos des réactions dans les pays musulmans contre ces caricatures, il semble bien qu’il nous est demandé à nous, musulmans, de présenter nos excuses au « monde civilisé » qui, de toute évidence, a été offensé et offusqué par notre réaction « barbare et archaïque » ainsi que par notre « profonde ignorance » des principes de la « liberté d’expression » en vigueur dans l’Occident avancé et émancipé.

      Si nous avons bien compris la leçon : exprimer son racisme, inciter à la haine de près d’un milliard et demi d’êtres humains, les fustiger, les insulter et les blesser dans ce qui constitue les fondements mêmes de leurs références identitaires, de leurs croyances et de leurs convictions, en représentant notamment leur Prophète coiffé d’un turban en forme de bombe, cela s’appelle dans le jargon de certains médias de l’Occident : de la « Liberté d’expression ». Et crier sa condamnation d’une stigmatisation perfide, faire état de son rejet d’injures gratuites, cela s’appelle : de « l’intégrisme ». Et au bout du compte, c’est « la sacro-sainte liberté d’expression » qui se retrouve subitement, par on ne sait trop quels artifices, « menacée par les fous d’Allah ».

      A ce niveau de l’appréciation des événements, il n’y a aucun dialogue possible avec ceux qui considèrent qu’insulter plus d’un milliard de musulmans (et d’ailleurs, seraient-ils à ce point tous fous ? Seraient-ils à ce point tous dans l’erreur ? Autant qu’ils le sont ? Et depuis aussi longtemps ?) constitue « un droit inaliénable » qui fait partie de leur « liberté d’expression ». Un principe « sacré et fondamental », érigé en « une croyance indiscutable » pour laquelle « il ne saurait être question de transiger » quoique ce soit. Pour laquelle « l’on est prêt à se sacrifier » afin d’en assurer la défense et la sauvegarde face aux « forces obscurantistes » (Et ce n’est pas là des fragments tirés du discours d’un « islamiste-intégriste-extrêmiste ») !

      Non, il n’y a aucun dialogue possible avec ceux qui dénaturent la problématique en orientant le débat vers l’idée de « l’interdiction faite aux musulmans de représenter les prophètes » et de l’opposer au concept de la « liberté d’expression ». Pourquoi se voiler ainsi la face et se dissimuler derrière ce subterfuge, ce glissement méthodologique, inédit et pernicieux, qui veut entretenir une confusion des genres en comparant l’incomparable ? Vouloir absolument confronter des principes issus de croyances purement religieuses et ceux inspirés de corpus philosophiques temporels et séculiers, est à bien des égards une entreprise étrangement saugrenue. Une telle démarche demeure en effet intellectuellement aberrante et politiquement douteuse, dans sa forme comme dans son fond.

      Pour ceux parmi les musulmans qui ont pris la décision de manifester leur désapprobation, ils n’ont pas « crié » : « N’exercez pas votre liberté d’expression ! », mais plutôt :« N’insultez pas notre foi et notre religion ! ».

      N’aurait-il pas été plus constructif, plus productif et plus judicieux d’admettre que, tels que conçus et présentés, les thèmes des caricatures portent tout d’abord atteinte à l’image de tout un pan de l’humanité, jeté en pâture et désigné comme étant « terroriste » par essence ; bien avant qu’ils ne constituent une véritable offense aux symboles identitaires et un outrage aux croyances de tous les musulmans du monde, du fidèle le plus « mou » à « l’intégriste » le plus fou ?

      A défaut de pouvoir dialoguer, il est par contre possible de rappeler à certains médias occidentaux, épris de « liberté », que leur pratique de la « liberté d’expression » n’est pas aussi totale qu’ils le prétendent, et que bien des tabous subsistent et ne peuvent êtres abordés sous peine de disparaître complètement de la scène médiatique.

      Il existe une infinité de sujets que les médias occidentaux ne peuvent aborder, et encore moins permettre, à ceux qui osent défier l’ordre établi, d’y exprimer une quelconque opinion.

      Dans un article, publié le 4 février 2006 dans The Independent, signé par le journaliste britannique M. Robert Fisk, il est rappelé que la liberté d’expression n’est pas illimitée en Occident.

      Intitulé « Ne soyez pas dupes, ceci n’est pas une question de l’Islam contre la laïcité », l’article explique aux lecteurs britanniques la gravité d’avoir caricaturé le Prophète de l’Islam, et démontre le degré d’hypocrisie des médias occidentaux qui se sont offusqués de la réaction des musulmans contre les caricatures. Pour lui, les caricatures « n’avaient d’autre but que de provoquer » et qu’elles étaient « si outrageuses, qu’elles ont provoqué une réaction ».

      L’auteur rappelle aussi comment, il n’y a que « plus d’une décennie » à peine, un film de Martin Scorsese (« La dernière tentation du Christ ») avait choqué les chrétiens du monde entier et provoqué une vague de réprobation au point où des salles de cinéma ont été incendiées à Paris (01 mort officiellement) et dans d’autres villes du monde.

      A propos de la leçon de « liberté d’expression » donnée au monde musulman, Robert Fisk se dit étonné de la réaction de l’Union Européenne qui « clame pompeusement qu’elle ne peut contrôler la liberté d’expression et la liberté de la presse ».

      Pour les besoins de la démonstration, Robert Fisk va plus loin en expliquant que les journaux auraient été traités d’anti-sémites si les caricatures montraient un rabbin avec une kippa en forme de bombe sur la tête.

      « En outre, explique-t-il encore, dans quelques nations européennes - comme en France (loi Gayssot, ndlr), en Allemagne et en Autriche - il est interdit, de par la loi, de nier certains génocides. En France, par exemple, il est illégal, sous peine de sanctions pénales, de dire que l’holocauste juif ne s’est pas produits ».

      Robert Fisk estime en conclusion que « les pays occidentaux ne peuvent pas continuer à exercer des restrictions politiques pour prévenir des écrits révisionnistes relatifs à l’holocauste, et évoquer en même temps la laïcité lorsque les musulmans s’opposent à nos provocantes et insultantes images du Prophète ».

      En effet, ne s’agit-il pas là plutôt d’une « liberté d’expression » sélective et à géométrie variable, notamment quand des chercheurs et des historiens sont systématiquement poursuivis en justice, et le plus souvent lourdement condamnés, lorsqu’ils tentent de discuter ou de vérifier l’authenticité de certains aspects entourant tout ce qui a été dit et écrit à propos de l’holocauste ?

      Ce qui demeure par contre certain, c’est que le journal danois qui a publié les caricatures, ainsi que d’autres de ses confrères européens qui l’ont relayé par « esprit de solidarité », se sont payés un sacré coup de publicité qui leur a permis, par la même occasion, d’augmenter exponentiellement leurs ventes et leurs bénéfices. Comme cela a été le cas pour Charlie Hebdo qui a vu ses ventes atteindre les 500 000 exemplaires (du jamais vu dans l’histoire de cet hebdomadaire !) grâce au seul numéro consacré à ces fameuses caricatures. Quel bel esprit d’opportunisme et de mercantilisme de la part de ces néo-défenseurs, hérauts et nobles chantres de la « liberté d’expression » !

      Pour le directeur de Charlie Hebdo, M. Philippe Val, « la reproduction de ces dessins avait pour but de manifester notre solidarité au directeur limogé du journal France-Soir » qui s’était, lui aussi, empressé d’exprimer sa « solidarité » avec le journal danois dans l’espoir de tenter, un tant soit peu, de se sortir du marasme financier dans lequel baigne depuis un certain temps déjà le France-Soir.

      Casser du musulman de nos jours est devenu banal et normal. C’est dans l’air du temps ... Mais pour les plus malins, il s’agit là d’un bon filon ; un créneau porteur, vendeur, voire même hautement lucratif. Ça peut en effet rapporter gros, à tous les coups, et à peu de frais ! Au mieux, ce sont les retombées financières qui s’en trouvent ainsi grandement améliorées ; Au pire, c’est la notoriété et les projecteurs d’une publicité assurée et entièrement gratuite ! Sans mentionner le capital politique que ça peut permettre d’engranger dans un contexte où la peur et le sentiment d’insécurité généralisés sont insidieusement et savamment entretenus... Que du bénéfice net en somme, et sur tous les plans !!! Pourquoi alors s’en priver ?

      Il va sans dire que M. Val nie, bien entendu, toute provocation. Pour lui, la provocation « a commencé bien avant la publication de ces fameux dessins, c’est-à-dire lors des attentats de New York en septembre 2001 puis ceux de Madrid ainsi que ceux qui ont eu lieu dans d’autres villes du monde ».

      Et si l’on remontait un peu plus loin dans le temps M. Val ? Les croisades, la reconquista, la colonisation, la dépossession, l’exploitation, l’humiliation, la discrimination, la torture, les viols, les exécutions, les massacres, la Palestine, l’Irak, le pétrole ...etc... ?

      L’étonnant dans cette affaire c’est que ce sont ces mêmes défenseurs d’une « liberté d’expression », « intouchable et immuable », qui n’ont pas hésité à se porter en tête de peloton pour provoquer un lynchage médiatique en règle contre des gens comme l’Abbé Pierre (1996) et Dieudonné (un humoriste français, désormais quasiment interdit de presse et de télévision) qui, au travers d’un de ses sketchs, a « osé » caricaturer (sic) un colon juif extrémiste.

      Même la politique génocidaire de Sharon contre les palestiniens n’est pas critiquable de nos jours. Et les résistants, parmi la population palestinienne occupée, qui osent dire leur opposition à cette politique sont systématiquement catégorisés comme étant de « dangereux terroristes » à liquider sans le moindre scrupule (Cheikh Yacine, un vieillard aveugle et tétraplégique, en chaise roulante, visé et abattu par un ... missile (!!!) de l’armée israélienne).

      Au moment où le racisme anti-musulman devient ouvertement « honorable » et l’islamophobie un fait confortablement installé dans les consciences (à l’exemple des textes incendiaires de l’écrivaine italienne Oriana Falaci et de bien d’autres encore), il est interdit de critiquer le sionisme et la politique d’Israël, sous peine d’être accusé de judéophobie ou d’anti-sémitisme, ce qui a d’ailleurs valu à la chaîne Al-Manar du Hezbollah libanais d’être bannie de diffusion en Europe.

      De même, diffuser les images de l’assassinat en direct d’un enfant palestinien, comme l’a fait France 2 durant la 2e Intifada en montrant le petit Mohamed Dourra, âgé à peine de 10 ans, mourir en direct sous les balles de soldats israéliens, c’est faire de la « désinformation » car le cameraman français se « devait de faire la part des choses » et de prendre en compte la... « détresse » du pauvre soldat israélien avant qu’il n’abatte (et pas rien que d’une balle) l’enfant !

      Interdire la diffusion d’un documentaire sur le massacre commis par l’armée israélienne dans le camp de Jénine en Palestine occupée, c’est faire preuve d’une « grande lucidité » et de « responsabilité éditoriale ».

      Interdire la publication du rapport de l’Union Européenne « lourdes critiques contre l’activité coloniale israélienne à Jérusalem-Est et tout autour de la ville », c’est aussi faire preuve d’une grande « objectivité » dans le traitement du conflit du Moyen-Orient.

      Interdire la diffusion d’images montrant les insoutenables et indéfendables atrocités commises par « les forces alliées de l’axe du bien » durant leur « guerre chirurgicale », livrée aux civils Irakiens pour mieux les « libérer » et mieux leur « apprendre », dans le sang, par les bombes, les assassinats, les exactions et la torture, les principes élémentaires de la... « démocratie »...

      ... etc... etc... etc... .

      C’est cela la « liberté d’expression », drapée des valeurs et du sceau de « l’universel », que l’Occident tient absolument à nous inculquer et avec laquelle nous devons faire. Et ça sera ainsi, car c’est la loi du plus fort... jusqu’à ce qu’il en soit autrement.

      En attendant, nous vous prions de bien vouloir accepter nos excuses... il ne faut pas trop nous en vouloir, soyez indulgents avec nous car nous sommes si incultes et si archaïques... veuillez nous pardonner nos écarts... et croyez bien que nous sommes désolés de vous avoir ainsi... offensé !!!

      Cordialement,
      Z. Zlabia.


      Lundi 27 février 2006 à 23h04mn01s, par zlabia (zlabia007@hotmail.com)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve124#forum528
      • Lettre ouverte d’une musulmane aux médias occidentaux.

        Cette victimisation est agacante. Le parlement européen a reculé devant la pression de l extreme droite catholique et des manifestations d une minorité de fanatiques excités par des faux grossiers, les éditorialistes et dessinateurs qui osent mentionner le nom de Mahomet se font maintenant licencier a tour de bras (dernier exemple Jussi Vilkuna en Finlande), les entreprises européennes communiquent sur le fait qu ils boycottent les produits danois...

        L’intégrisme religieux a triomphé totalement sur cette affaire alors épargnez nous ces discours bravaches qui vise a vous faire passer pour une victime (car c’est bien connu que l’argument de l’esclave qui se libère de ses chaines permet d’excuser toutes les atrocités possibles et imaginables).

        Comme si une critique de l instrumentalisation qu on peut faire d une religion était un acte "raciste" ! Ma pauvre vous ne savez décidément pas de quoi vous parlez et c’est assez honteux d’instrumentaliser de la sorte un crime aussi grave... De fait qui sont les plus insultants envers la religion musulmane, quelques dessinateurs tracant des traits sur du papier ou les talibans et autre Ben Laden qui se réclame d’elle pour justifier leurs crimes ?


        Vendredi 3 mars 2006 à 15h05mn33s, par Ecr. L’Inf.
        lien direct : http://lipietz.net/?breve124#forum530
        • Lettre ouverte d’une musulmane aux médias occidentaux.

          En refusant de céder à la peur, l’hebdo satirique a montré l’exemple à tous les médias...

          MERCI « CHARLIE HEBDO »

          - Extraits du manifeste publié mercredi 1er mars dans Charlie-Hebdo :

          (...)
          « Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme. Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux et à la promotion de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité pour tous. »

          (...)

          « Nous refusons le « relativisme culturel » consistant à accepter que les hommes et les femmes de culture musulmane soient privés du droit à l’égalité, à la liberté et à la laïcité au nom du respect des cultures et des traditions »

          (...)

          Pour lire le « manifeste », c’est ici : http://permanent.nouvelobs.com/etranger/20060302.OBS9084.html


          Dimanche 5 mars 2006 à 19h18mn11s
          lien direct : http://lipietz.net/?breve124#forum531
      • Lettre ouverte d’une musulmane aux médias occidentaux.

        Réponse d’un républicain à une musulmane

        Ce qui me frappe dans votre lettre, chère madame, c’est que vous vous positionnez, et ce de manière exclusive, en tant que musulmane. Il est pourtant hautement probable, au vu de la qualité de votre expression en français, que vous êtes française (ou alors belge ou suisse, en tout cas européenne). Que vous soyez de religion musulmane, cela m’est indifférent. Ce qui me choque, c’est que, dans votre lettre, vous vous considériez exclusivement comme telle. Vous vous faites la porte-parole d’une communauté (les musulmans du monde entier) contre une autre (les occidentaux). Je le regrette profondément, car d’une certaine manière, vous donnez raison à Samuel Huntington et à sa théorie du choc des civilisations.

        Ainsi, quand vous ironisez sur le « monde civilisé » qui a été offensé par « notre réaction barbare et archaïque », vous englobez tous les musulmans dans un même groupe identitaire. Pourtant, si condamnation de certains actes il y a eu, c’est uniquement de ce qui s’est passé hors d’Europe. Tout le monde a reconnu qu’il n’y avait eu aucun débordement, aucune violence en occident due à cette histoire des caricatures, et que les musulmans d’Europe s’étaient comportés de manière responsable au cours de cette affaire.

        Voilà, c’était des remarques préalables. Je voudrais maintenant reprendre quelques unes de vos affirmations.

        1. « Et crier sa condamnation d’une stigmatisation perfide, faire état de son rejet d’injures gratuites, cela s’appelle : de “l’intégrisme” »

        Le problème est que certains musulmans ne se sont pas contentés de « crier », comme vous dites : des représentations diplomatiques de pays européens ont été prises pour cible avec les dégâts que l’on sait. D’autre part, des appels au meurtre ont été lancés contre les auteurs des dessins. Et l’on sait, depuis l’assassinat de Théo Van Gogh, que certains sont prêts à passer à l’acte. Même Tariq Ramadan a admis que ces réactions étaient « excessives » et « démesurées ». Vous, vous semblez trouver cela normal. Pas l’ombre d’un début de commencement de condamnation de ces actes violents. Non, au contraire, vous les justifiez par le fait que « l’Occident » aurait insulté « l’islam et le milliard et demi de musulmans ».

        2. « il n’y a aucun dialogue possible avec ceux qui considèrent qu’insulter plus d’un milliard de musulmans (...) constitue “un droit inaliénable” qui fait partie de leur “liberté d’expression” »
        (...)
        « Non, il n’y a aucun dialogue possible avec ceux qui dénaturent la problématique en orientant le débat vers l’idée de “l’interdiction faite aux musulmans de représenter les prophètes” et de l’opposer au concept de la “liberté d’expression”. »

        Ces deux phrases sont absolument effrayantes ! « aucun dialogue possible » ! Est-ce que vous avez conscience de la gravité d’une telle déclaration ? Savez-vous que c’est exactement ce que disent les extrémistes de tous bords pour justifier la violence et les appels au meurtre.

        3. « Pour ceux parmi les musulmans qui ont pris la décision de manifester leur désapprobation, ils n’ont pas “crié” : “N’exercez pas votre liberté d’expression !”, mais plutôt :“N’insultez pas notre foi et notre religion !”. »

        Mais cela revient exactement au même ! Si on ne peut se pencher sur une religion pour la discuter à notre guise, pour la critiquer, et même pour la dénoncer, il s’agit d’une remise en cause fondamentale de la liberté d’expression. Aucun sujet ou domaine ne doit échapper à la liberté d’expression : on a absolument le droit de se moquer de l’islam, comme de n’importe quelle religion ou de n’importe quelle idéologie. La liberté d’expression exclue uniquement la diffamation et les appels à la haine et à la violence. Votre critique des caricatures aurait dû, selon moi, s’en tenir là.

        4. « les thèmes des caricatures portent tout d’abord atteinte à l’image de tout un pan de l’humanité, jeté en pâture et désigné comme étant “terroriste” par essence »

        Il est vrai qu’une caricature (sur les 12) peut effectivement être interprétée comme cela ; encore que cela peut se discuter.
        Je me permets toutefois une citation, celle d’un musulman, un journaliste jordanien, emprisonné pour avoir reproduit les caricatures (d’ailleurs, bizarrement, de cela, il n’est pas question dans votre lettre) : « qu’est-ce qui porte le plus préjudice à l’islam ? Ces caricatures ou bien les images d’un preneur d’otage qui égorge sa victime devant les caméras, ou encore un kamikaze qui se fait exploser au milieu d’un mariage à Amman ? » Et tout cela au nom d’Allah, au nom du Prophète. Mais cela semble moins vous choquer que ces quelques dessins...

        5. « L’auteur rappelle aussi comment, il n’y a que plus d’une décennie à peine, un film de Martin Scorsese (“La dernière tentation du Christ”) avait choqué les chrétiens du monde entier et provoqué une vague de réprobation au point où des salles de cinéma ont été incendiées à Paris (01 mort officiellement) et dans d’autres villes du monde. »

        En prenant cet exemple, vous voudriez mettre les Occidentaux devant leurs propres contradictions : « vous ne supportez pas que l’on touche au Christ, alors que vous nous demandez d’accepter que le Prophète soit insulté ». Cet argument est totalement contre-productif : les actes commis par les crétins intégristes à cette époque ont été condamnés de la même manière que ce qui s’est passé ces dernières semaines. Précisément parce qu’il n’y a pas deux poids, deux mesures, contrairement à ce que vous voudriez faire croire. En exigeant que l’on (s’)interdise d’« insulter » le prophète, vous voudriez en fait que l’on fasse une exception pour l’islam et les musulmans. Il en est hors de question.

        6. « “En outre, explique-t-il encore, dans quelques nations européennes - comme en France (loi Gayssot, ndlr), en Allemagne et en Autriche - il est interdit, de par la loi, de nier certains génocides. En France, par exemple, il est illégal, sous peine de sanctions pénales, de dire que l’holocauste juif ne s’est pas produits” ».
        Robert Fisk estime en conclusion que “les pays occidentaux ne peuvent pas continuer à exercer des restrictions politiques pour prévenir des écrits révisionnistes relatifs à l’holocauste, et évoquer en même temps la laïcité lorsque les musulmans s’opposent à nos provocantes et insultantes images du Prophète”.
        En effet, ne s’agit-il pas là plutôt d’une “liberté d’expression” sélective et à géométrie variable, notamment quand des chercheurs et des historiens sont systématiquement poursuivis en justice, et le plus souvent lourdement condamnés, lorsqu’ils tentent de discuter ou de vérifier l’authenticité de certains aspects entourant tout ce qui a été dit et écrit à propos de l’holocauste ? »

        Je ne sais pas qui est ce Robert Fisk, mais ses arguments sont totalement fallacieux et vous avez tort de les reprendre à votre compte. Comment peut-on mettre sur le même plan une VERITE historique indéniable, vérifiée et contre-vérifiée, et une croyance religieuse ? Avec cet argumentaire, vous êtes en train de nous dire : soit que l’holocauste relève d’une simple croyance, que l’on peut remettre en cause au même titre que n’importe quelle croyance ; soit que le Prophète est de manière sûre, certaine et indiscutable, l’envoyé de Dieu sur terre. J’ose espérer que c’est plutôt vers la deuxième thèse que vous penchez, ce qui serait déjà grave.
        Non, on ne peut pas remettre en question le génocide juif par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale.
        Oui, on peut croire ou ne pas croire aux affirmations du Prophète Mahomet, quand il prétendait recueillir la parole divine. Même chose pour Jésus ou Moïse.
        Là encore, il n’y a pas deux poids, deux mesures. Ce que vous refusez, c’est d’être logé à la même enseigne que les autres. Il va pourtant falloir vous y habituer...

        7. « Il va sans dire que M. Val nie, bien entendu, toute provocation. Pour lui, la provocation “a commencé bien avant la publication de ces fameux dessins, c’est-à-dire lors des attentats de New York en septembre 2001 puis ceux de Madrid ainsi que ceux qui ont eu lieu dans d’autres villes du monde”.
        Et si l’on remontait un peu plus loin dans le temps M. Val ? Les croisades, la reconquista, la colonisation, la dépossession, l’exploitation, l’humiliation, la discrimination, la torture, les viols, les exécutions, les massacres, la Palestine, l’Irak, le pétrole ...etc... ? »

        Alors, là, c’est le pompon : reprocher aux Occidentaux la « reconquista » ! C’est un peu comme si les Français reprochaient aujourd’hui aux Algériens de s’être révoltés pour reconquérir leur indépendance... Et si on pousse le raisonnement jusqu’au bout, on peut dire que, finalement, les arabo-musulmans n’ont rien à faire au Maghreb : cette terre était initialement occupée par les berbères. Peut-être la conquête arabe s’est-elle faite avec des fleurs ? Mais vous me permettrez d’en douter... Ca me rappelle une discussion que j’avais eu avec un Tunisien, qui retirait de la fierté du fait que les arabo-musulmans soient parvenus jusqu’à Poitiers au VIIIe siècle, mais qui dénonçait les croisades et les crimes qui les ont accompagnées.
        J’aimerais bien qu’on m’explique la différence entre l’expansion musulmane (arabe puis turque) et l’expansion européenne (croisades puis colonisation) ? Pourquoi l’une serait condamnable et pas l’autre ?

        8. « Dieudonné (un humoriste français, désormais quasiment interdit de presse et de télévision) qui, au travers d’un de ses sketchs, a “osé” caricaturer (sic) un colon juif extrémiste. »

        Ce n’est évidemment pas d’avoir « osé » caricaturer un colon juif extrémiste que l’on reproche à Dieudonné ; c’est d’avoir conclu son sketch par « Isra-heil ». Faire ainsi un rapprochement entre ce pays et le IIIe Reich, un régime qui a assassiné entre 5 et 6 millions de Juifs, est absolument abject.
        Si Dieudonné avait fait amende honorable, s’il avait reconnu qu’il avait dérapé, il aurait aujourd’hui encore sa place dans les médias, comme n’importe quel humoriste de son talent (car le fait est qu’il a un talent comique indéniable, même si depuis quelque temps, il me fait beaucoup moins rire...) ; mais au lieu de cela, il n’a fait que s’enfoncer. Il vient d’ailleurs d’être condamné par la justice pour avoir assimilé les juifs à des négriers. Et ça, c’est effectivement réprimé par la loi, car c’est de la diffamation et de l’incitation à la haine raciale. D’ailleurs, si vous vous en étiez tenue là pour dénoncer la caricature représentant le Prophète coiffé d’une bombe, je vous aurai suivie.

        9. « la politique génocidaire de Sharon »

        Je comprends que vous soyez d’accord avec Dieudonné... Mais le fait est que les crimes commis par Israël contre les Palestiniens ne constituent en rien un génocide. Il s’agit d’un conflit classique entre deux peuples qui se disputent un territoire. Comme dans toute guerre, il s’accompagne de crimes, de part et d’autre d’ailleurs. Vouloir comparer la politique israëlienne envers les Palestiniens avec celle des nazis envers les Juifs est tout bonnement scandaleux sur le plan intellectuel (même si cette politique est effectivement condamnable).

        10. « Même la politique génocidaire de Sharon contre les palestiniens n’est pas critiquable de nos jours »

        Ce qui me frappe, c’est que le même type de critiques envers les médias émanent des juifs de France, selon lesquels les reportages ne seraient pas objectifs, seraient exclusivement à charge contre Israël... Après avoir entendu les uns et les autres, je me dis que les médias français ne doivent pas trop mal faire leur boulot concernant la couverture du conflit israëlo-palestinien.

        11. « Cheikh Yacine, un vieillard aveugle et tétraplégique, en chaise roulante »

        Oui, oui, Cheikh Yacine, c’était l’abbé Pierre palestinien. Il appelait à la paix universelle et à la réconciliation entre les peuples, c’est bien connu...
        Cela étant, ce qu’a fait Israël sur ce coup-là est effectivement lamentable.

        Enfin bref, je pourrai continuer : il y aurait encore beaucoup à dire...

        En guise de conclusion, je vous livrerai mon intime conviction : LA DEMOCRATIE VAINCRA ! Elle s’imposera dans le monde entier car tous les peuples, quelle que soit leur culture, aspirent profondément à la liberté. La démocratie, qu’est-ce que c’est ? Au fond du fond, c’est l’avènement de la pensée critique. C’est la victoire de la pensée critique sur la pensée dogmatique. Et le monde musulman non plus n’y échappera pas... inch Allah !


        Mercredi 15 mars 2006 à 16h22mn16s, par fabulous (militant PS) (fabien_canevet@hotmail.com)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve124#forum554
        • Lettre ouverte d’une musulmane aux médias occidentaux.

          Caricatures inutiles et indispensables...et de plus un journal n’est pas responsable d’une maladie.

          Ni Dieu, ni Diable, seulement et totalement une maladie psychiatrique.

          Psychose hallucinatoire, délires mystiques, croyances, religions.
          Après les primates, il y a eu des hommes dont certains souffrent d’une maladie nommée « schizophrénie » ; lesquels dans leurs perceptions hallucinatoires croient entendre le Divin - et voient ses envoyés - leur donnant des ordres. Ils sont alors en certitude d’être désignés pour une mission divine.

          D’un autre âge, ceux qui se disaient en communication avec Dieu étaient et sont encore appelés « prophètes » avec leurs écrits indiscutables.
          De nos jours, ceux qui entendent des voix et qui ont la certitude que Dieu leur parle ; nos jeunes en psychose hallucinatoire paranoïde (schizophrénie) sont traités en psychiatrie.

          La psychose hallucinatoire, cette « maladie universelle » que l’on vous a appris à ne pas comprendre.
          Ce qui est inscrit sur la notice pharmaceutique d’un antipsychotique de dernière génération : « ... est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées... ».

          Cette relation vous semble inadmissible, alors je vous mets au défi de citer une seule autre manifestation qui soit à la fois l’œuvre présumée de l’Au-delà et également les symptômes d’une maladie.

          - Peut-on croire que Dieu parle toutes les langues ; NON, c’est votre psychose qui se manifeste de jour à la manière de vos rêves et cauchemars de nuit.
          - Peut-on aussi remettre en cause la médication antipsychotique bien claire sur ce sujet.

          Pas convaincu, c’est normal la manipulation mentale fonctionne de cette manière ; un psychiatre connu a écrit : « On doute de la réalité, on ne doute jamais de son délire ».

          Il est temps de ne plus vénérer cette maladie extrémiste et en terminer avec la schizo. Que diriez-vous si l’on vénérait le cancer, le sida... toutes ces maladies qui rongent le malade, la famille et la société.

          Un père en prise avec cette « maladie de la croyance totalement mystique ».
          Maurice Champion - http://monsite.orange.fr/champion20


          Vendredi 9 février 2007 à 21h34mn15s, par Maurice Champion. (maurice.champion20@wanadoo.fr)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve124#forum1317
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