Sur le succès d’Eva Joly


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Vendredi 1er juillet 2011

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Ainsi, Eva Joly manque d’un cheveu l’élection dès le premier tour de la primaire des écologistes pour désigner leur candidat présidentiel. Sans la concurrence de Henri Stoll et de Stéphane Lhomme, Eva Joly aurait sans doute été élue dés le premier tour à près de 60%. Nicolas Hulot fait un score très honorable (40%). Ses partisans sont déçus : je les comprends, mais c’est le problème de tous les choix démocratiques.

Il faut d’abord rendre hommage à la qualité de la prestation de Nicolas, au respect qu’il a montré envers ses électeurs, à sa volonté désormais affichée de soutenir Europe Écologie, à l’affection qu’il a su gagner parmi nous et aux réserves qu’il a su faire tomber. Ce n’était pas donné d’avance. En revanche, les multiples erreurs de sa campagne (dont la principale, sa déclaration tardive, était irréversible) ne m’ont jamais fait douter du résultat, même si je ne m’attendais pas à une victoire aussi nette d’Eva. Le score de Nicolas est très honorable, compte tenu des critiques que je formule plus loin sur sa campagne, et il ne le doit qu’à ses propres qualités humaines.

Il y a certes un second tour, et il faut voter, car des effets de démobilisation sont toujours possibles, mais, contrairement à ma primaire de 2001, Nicolas n’a pas d’autre réserve que les mystérieux abstentionnistes.

Je suis en effet invité par des "petits médias" : RFI en espagnol, France 24 en anglais, Public Sénat... (je reviendrai tout à l’heure sur ce qualificatif "petit"), et ils m’invitent d’abord parce que, moi aussi, j’ai remporté, contre toute attente, une primaire présidentielle contre une vedette de la télé, Noël Mamère, en 2001.

Je suis, depuis le début, un chaud partisan d’Eva Joly et j’ai dit pourquoi. C’est la personne qu’il faut, dans cette élection, à cette étape de la crise mondiale, financière, sociale, écologique. Eva Joly fut une juge et désormais une législatrice européenne, politiquement expérimentée, qui dénonce le capitalisme financier et ses effets contre la société et la planète. Secondairement, c’est une personnalité « d’ouverture » qui s’est engagée à nos côtés après avoir envisagé le Modem, dés les européennes en janvier 2009, quand "ce n’était pas gagné", quand les médias n’avaient d’yeux que pour Sarkozy, Bayrou et Besancenot, quand il fallait affronter sous la neige des salles de banlieue de 40 personnes, et son succès est un hommage à son courage, un gage de notre reconnaissance.

En direct ou en aparté après les émissions, les journalistes et les sondeurs m’interrogent, s’étonnant que je n’aie jamais douté du succès d’Eva.

D’abord, contrairement aux journalistes et aux sondeurs, j’ai une idée assez précise du corps électoral de la primaire (30 000 personnes), y compris ceux qui se sont inscrits comme coopérateurs à 10€ et ont voté par Internet. C’est la somme de nos militants EELV (coopérateurs compris) et de "sympathisants proches".

Qu’est-ce qu’un sympathisant proche ? Ce n’est pas seulement quelqu’un qui vote écolo (ce qui est déjà très loin d’être le cas de tous les sondés qui « apprécient la personnalité de Hulot ») mais la dame, qui sur un marché, peut faire la démarche de venir parler à un militant Eelv qui distribue des tracts, pour lui donner des conseils ou lui adresser exigences et remontrances. Or ce premier cercle de sympathisants était largement, parfois viscéralement, contre Nicolas Hulot, et les échantillons motivés de ce premier cercle se sont tout aussi bien inscrits pour Eva que pour Nicolas. A l’inverse, les partisans de Nicolas Hulot étaient tout aussi bien des cadres Verts très politisés, jouant stratégiquement : "Il est très connu, il va nous rapporter beaucoup de voix. Quoiqu’il ait fait dans le passé, c’est un atout pour notre campagne."

Mes 5000 « amis Facebook » (maximum réglementaire) sont typiques : je ne les connais pas pour la plupart, ils s’inscrivent sur mon « statut » comme on m’aborde dans la rue (« alors qu’est ce que vous allez faire ? on a besoin de vous ! etc »). Et leurs photos arboraient très majoritairement le badge d’Eva.

Le soir du premier tour, réunion du groupe EELV de Villejuif. Dans notre banlieue populaire, toutes et tous, sans se concerter, de l’ouvrier mécano à l’ingénieur retraité, du vieux de la vieille à la recrue des cantonales, avaient voté Eva.

Cette hostilité du premier cercle de sympathisants, ni les sondeurs, ni les journalistes ne pouvaient le détecter. Il fallait, pour la repérer, militer sur le terrain. Un sondeur de BVA me dit : "Oui, mais je craignais que vos votants à la primaire se laissent impressionner par les bons sondages de Nicolas Hulot." Je fais observer que les sondages de « popularité » donnaient deux fois plus de poids à Nicolas qu’à Eva, mais qu’en revanche les sondages sur les intentions de votes donnaient une quasi égalité, dans l’épaisseur du trait avec tous les candidats « moyens » (Borloo, Mélanchon etc). Et cela à un an du vote : largement le temps d’inverser toutes les tendances. " Ah, me dit le sondeur, c’est bien, vous avez été capables de lire la bonne colonne des sondages ! " Eh oui, les participants à la primaire avaient quand même un certain niveau d’éducation politique... et notaient bien que Nicolas était l’écologiste favori de ceux qui ne voteraient pas pour nous.

Autre question des journalistes qui revient souvent : « N’est ce pas une défaite pour le courant de Cécile Duflot ?" D’abord, l’opposition Duflot/pas Duflot du Congrès EELV ne peut pas être superposée à Hulot/Joly. Presque tous les lieutenants de Hulot étaient effectivement avec Duflot (en particulier, Pascal Durand, directeur de campagne de Hulot, n°2 de la liste Duflot), et selon tous les journalistes Duflot soutenait Hulot, mais l’inverse n’est pas vrai. Des partisans de Cécile Duflot, comme Dominique Voynet, Pascal Canfin ou Eva Sas, étaient des plus chaleureux défenseurs de Eva Joly.

Et à supposer même que « vote Duflot = vote Hulot » ? Eh bien, l’opposition à Duflot a fait au premier tour du Congrès 50% - 17 voix, Eva Joly a fait au premier tour des primaires 50% - 66 voix… Les journalistes qui s’étonnent en songeant à la victoire de Duflot n’ont donc pas bien compris à ce qui s’est passé au congrès d’Eelv.

Plus profondément, si les journalistes tiennent à maintenir une équation « vote Duflot = vote Hulot », alors il leur faut comprendre que le courant Duflot a représenté la volonté d’une certaine normalisation médiatique d’Europe Écologie : suspendre tous les débats entre les écologistes, pour présenter aux médias un visage uniforme, "responsable", et acceptable par eux. Ce positionnement tactique là a été refusé par les presque 50% qui n’ont pas voté Duflot ou par les presque 50% qui ont voté Joly.

Le vote Joly est aussi un vote contre le médiatiquement correct, comme le vote Lipietz contre Mamère était un vote contre le médiatiquement correct. Et encore, Noël Mamère était un journaliste du service public, défenseur des droits de l’Homme, d’où sa courte défaite contre le Vert historique que je représentais. Dans le cas de Hulot, il n’a pu ni se défaire, ni « faire avec », de l’image « candidat de TF1 », c’est-à-dire, pour la plupart des sympathisants écologistes, le diable. Et pas seulement à cause du « contexte » (le contenu de TF1, les sponsors de Hulot et de sa fondation) mais à cause d’Ushuaia, perçue comme incarnation de l’écotourisme bling-bling, par eux qui prêchent l’écotourisme « responsable et solidaire », les randos à pieds et le bilan carbone.

Ce n’est pas une critique contre Nicolas Hulot, mais contre sa campagne. Il aurait très bien pu assumer un usage tactique de TF1, comme Mitterrand a justifié la francisque acceptée des mains de Pétain, lui qui était résistant, et en occultant son amitié avec Bousquet… Genre : « J’ai camouflé en émission de géographie à sensation des belles images pour faire aimer la nature au plus grand nombre, comme avaient fait Cousteau et Tazieff ». Mais les électeurs de la primaire ont voté dans la terreur que se révèlent, « pendant la vraie campagne », des amitiés assez embarrassantes de Nicolas, comme avec Borloo, l’homme des permis aux gaz de schistes.

Nicolas Hulot a individuellement fait d’immenses pas en avant vers les écologistes. Il clarifié sa position sur le nucléaire, il a accepté le cadre de la primaire, il s’est engagé à soutenir Eva si elle l’emportait. Et je lui en suis infiniment reconnaissant. Mais sa campagne a accumulé les contresens vis-à-vis de la sensibilité des militants et sympathisants écologistes.

Son premier discours a été catastrophique : il enregistre dans un studio de Sevran, et ne se rend pas sur le terrain, il "oublie" tout simplement de mentionner Fukushima et la sortie du nucléaire... Dés lors, toutes ses protestations ultérieures d’amour pour le peuple ou d’hostilité au nucléaire n’effaceront pas l’image construite pendant 20 ans d’ami, pro-nucléaire, des grands de ce monde. Même sa gentillesse s’est partiellement retournée contre lui : puisque, gentiment, il peut dire maintenant qu’il est contre le nucléaire et pour l’alliance à gauche, ne tient-il pas le discours inverse devant ses anciens sponsors ou devant Borloo ?

Plus fondamentalement, lui dont l’initiative du Pacte avait cassé la campagne de Dominique Voynet en 2007, lui qui avait refusé de nous soutenir en 2009 aux européennes, en 2010 aux régionales, annonce fin 2010 qu’il veut être notre candidat... et ne soutient même pas la campagne des écologistes aux cantonales de 2011 ! Cela, dans l’ambiance de Fukushima et alors que Sarkozy a proclamé : "l’écologie ça commence à bien faire", a cassé la filière photovoltaïque, etc... Ce fut l’abstention de trop, encore avivée par la maladroite défense de ses partisans « Mais voyons, il ne peut pas encore, il est en contrat pour TF1 jusqu’en avril ! » Effet garanti chez des « personnalité rebelles » qui adulèrent le dissident Andrei Sakharov.

Bref, une campagne à contretemps, des dénégations, des autocritiques parfois trop gentilles pour ne pas sembler de complaisance, en tout cas fondamentalement tardives.

C’est sur ce point, et ce point là authentiquement, que l’on peut associer la défaite de Hulot à un rejet d’une certaine pratique de l’ouverture défendue dans le courant Duflot : ouverture aux people plus qu’à des mouvements sociaux. Car les mouvements sociaux que Daniel Cohn-Bendit avait ralliés à la campagne de 2009 étaient plus authentiquement écologistes que le « personnage médiatique » Hulot : Jean-Paul Besset, Pascal Durand, Marc Dufumier, membres de sa fondation, avaient fait une campagne impeccable sur le fond…

Particulièrement maladroite fut donc la campagne des partisans de Nicolas Hulot contre Eva Joly censée, à leurs yeux, représenter le "courant sectaire, fermé, des Verts historiques".

Eva Joly était une juge pourfendeuse des multinationales prédatrices et de la finance déréglée, attirée par Bayrou qui l’a déçue, et qui a pris le risque de s’engager à nos côtés en 2009. Sur trois élections, les groupes locaux se sont battus pour l’avoir sur leurs estrades et accolèrent sa photo à celle de leurs candidats. Je me souviens de son intervention à ma législative partielle de Poissy : elle a subjugué l’auditoire et rallié à Europe-Ecologie les militants de l’association citoyenne locale. Adhérents, coopérateurs et sympathisants proches d’Europe-Ecologie savent lui devoir une bonne partie des succès des deux dernières années. Il est incompréhensible que des cadres Verts ne l’aient pas senti. Il est honteux que certains aient pu, une fois Hulot entré en lice, insinuer que Eva était vraiment trop mauvaise, tout juste bonne à ânonner des fiches (il était bien temps de s’en apercevoir !).

Certains diront : « Bon, elle était calibrée pour gagner la primaire chez vous, pas pour gagner les élections présidentielles » On ne le lui demande pas. Personne ne pense qu’elle (ni Hulot) battra le candidat socialiste au premier tour et Sarkozy au second. On lui demande de faire un bon score de façon à peser sur l’entre-deux tour, et par là peser sur le gouvernement intérimaire entre la présidentielle et la législative, et par là de faire gagner le plus de candidats écologistes aux législatives. Pour cela nous avons besoin d’une femme aux convictions solides, combative et qui soit déjà une femme d’Etat : toutes les caractéristiques qui opposent Eva Joly à Nicolas Hulot.

La question est donc : à partir des sondages qui donnent aujourd’hui Eva (et Nicolas) dans les mêmes eaux que Mélanchon ou Borloo, quels sont ses atouts pour faire progresser le vote écologiste vers la gauche et vers le centre ?

Le vote de 2012 sera certainement marqué par la rage des Français(e)s contre la France du fric qu’incarne Sarkozy. L’austérité relative de l’image d’Eva Joly a pu jouer pour elle à la primaire et jouera certainement en 2012. Le vote anti bling-bling-TF1 a pu déjà jouer et jouera en sa faveur. De même : c’est une femme. De Lagarde à Aubry, cette semaine aura vraiment été la semaine des femmes. La France est grosse d’un désir de femme présidente, un peu comme les Américains avaient quelque part envie d’élire un afro-américain, et garde la nostalgie d’un coup raté en 2007.

Oui mais… Des critiques de fond s’élèvent contre ce choix « trop étroit » de la primaire.

- Eva n’est pas bonne à l’oral. J’en ai discuté dans ma déclaration en faveur de sa candidature : c’est un vrai argument, elle a des progrès à faire. Mais je ne pense pas que les quelques débats télévisés (en dehors de "deux grands") seront décisifs, et Eva est très bonne dans les interviews individuelles.

- Eva est trop à gauche, elle risque de prendre des voix au PS et elle ne leur servira pas à rallier des voix au centre.

Cet argument, extrêmement politicien, peut se retourner. La déclaration de Nicolas sur sa complicité avec Borloo peut faire croire au contraire aux électeurs du centre (dorénavant très anti-Sarko), que le seul vote anti-Sarko sera le vote PS dés le premier tour (ou alors Bayrou).

Le plus stupéfiant dans cet argument, qui portait jusque chez certains anciens Verts, c’est qu’il a servi depuis 2009 à taper contre Dany Cohn-Bendit et son initiative d’avoir invité Eva Joly parmi les têtes de liste des européennes : "Eva Joly est une centriste qui a failli être sur la liste Modem, donc Dany veut enchaîner l’écologie au centre " !

Merveille qu’Eva, la centriste qui séduit les gauchistes, et devient la candidate de Jeudi Noir ? Pas forcément. Stéphane Hessel connaît la même trajectoire. Et séduit aussi les jeunes, ce qui rive le clou à l’objection JVP de la « vieille éthique ».

Ce qui nous amène au seul vrai débat de sa candidature : comment être à la fois la candidate des « indignés » tout en étant propositionnelle, tout en jouant le jeu d’un débouché institutionnel ? Bref comment tenir entre Mélenchon et Le Pen sans faire du Mélenchon ni du Le Pen ? Le simple fait de son décalage « physique » (et notamment sa voix, justement) et professionnel (une juge) offre déjà des éléments de solution. Mais c’est bien le débat de fond (voir le débat sur C dans l’air juste après sa candidature), et la primaire contre Hulot a occulté ce débat essentiel. Je relis avec nostalgie les débats de cet époque (ici sur mon blog : « Eva et les crises de l’été ». Bon, ce ne fut pas entièrement du temps perdu, grâce à Nicolas.

Dernier détail, ce qualificatif "petit" que j’ai attribué à ces médias qui m’ont interviewé. Il y a là aussi une sorte de lutte de classes à l’intérieur de la planète médiatique. Des journalistes me confient avec amertume le refus par Hulot des interviews chez eux, comme s’ils n’étaient pas dignes d’un grand journaliste de TF1. Au contraire, Eva Joly ne leur a jamais refusé...

Je me souviens de ma propre primaire face à Noël Mamère, qui passait en boucle sur Antenne2. Je devais me « contenter » de France culture... Un jour, je prends un taxi pour la maison de la radio où m’attend, je crois, Radio France Internationale. Sans faire mine de me reconnaître, le chauffeur de taxi bougonne, vitupère contre l’état de la France, me sort "Il n’y a même plus de chanson française", me demande "Pour vous, c’est qui le plus grand chanteur français ?" N’osant citer Léo Ferré, je risque : « Charles Trenet ? — Oui, bon, si on veut, mais Ferré c’est bien aussi, non ? Tenez,écoutez ça ! » et il embraye une cassette. Je reconnais les premières mesures, et entonne : "Cette robe de dix sacs / Ces cheveux en vrac/ Ce rien qui t’habille/ Ça m’va ...". Nous arrivons devant la Maison de la Radio. Il se tourne vers moi : "Alors, Monsieur Lipietz, vous voyez que l’on peut être connu sans passer dans les grands médias ! "

A propos de médias : comment conclure sans saluer la libération et le courage de Stéphane Taponnier et Hervé Ghesquière, leur réponse cinglante à Sarkozy et Guéant qui leur avait reproché de s’être exposés, et le mot de leur directeur de l’information, Thierry Thuillier : « Notre honneur, c’est d’aller sur le terrain, et nous continuerons à le faire ».

L’honneur professionnel… Les femmes et les hommes politiques font un métier moins risqué, en général. Mais on (un photographe de presse, d’ailleurs) avait aussi reproché à Ingrid Betancourt d’avoir pris trop de risque en roulant vers San Vincente del Cagan, seule municipalité tenue par un maire Vert d’où l’armée venait de déloger les Farc. J’ai dû, pendant des années, expliquer que pour les « politiques » aussi, l’honneur exige, parfois, de prendre certains risques.

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve432

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Forum du blog

Il y a 10 contributions à ce blog.
  • Sur le succès d’Eva Joly

    Pas d’accord sur l’essentiel de cette analyse, c’est à dire la conviction que la "victoire" d’Eva Joly serait révélatrice de l’esprit "rebelle" des écologistes supposés "militants".

    Je crois qu’elle est au contraire le produit du conformisme ("de gauche", qui ne vaut pas mieux que l’autre) et de son expression la plus vindicative, le sectarisme. Eva Joly a donné satisfaction à ces deux tendances. Ce n’est pas une bonne nouvelle.

    Je donne un exemple (pour faire court) :

    J’ai sur une liste de discussion nationale affirmé brutalement mes doutes sur la capacité d’Eva Joly d’affronter vraiment la campagne et ses débats (Alain reconnaît que c’est un problème : il faut être aveugle pour le nier). Je me suis fait tomber dessus par une "groupie", scandalisée qu’on puisse oser toucher à l’icône Eva. Alain a surenchéri (sans même lire mon message) en classant ma réaction comme sexiste, typique des "Vieux Verts" (réaction de ceux-ci à Voynet, etc...).

    Or, je suis un nouvel adhérent, issu de Cap21, et pas le moins du monde sexiste. Pas non plus réceptif à cette bien-pensance "progressiste" (en l’occurence, ici, "féministe") qui relève d’un réflexe collectif se caressant réciproquement dans le sens du poil.

    Le succès d’Eva Joly est plein de tout ça : conformisme et conservatisme qui se proclame révolutionnaire.


    Samedi 2 juillet 2011 à 17h39mn38s, par Paul (crospaul@neuf.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum4003
    • "Affronter la campagne"

      Je dis qu’Eva a du mal à "affronter les débats" pour des problèmes de langue, je ne dis pas "la campagne" (car je la sais très résistante moralement). A une personne (vous, donc ?) qui émettait des doutes sur sa résistance morale (pas sa compétence linguistique !) une femme a répondu vertement, et en effet j’ai dit que ça existait aussi chez le vieux Verts (je citais l’exemple Voynet 95). Que le sexisme existe aussi à Cap 21, je n’en ai jamais douté, mais ma phrase attaquait les "vieux verts". Or je suis moi meme un vieux vert ! Je ne vois pas de sectarisme dans cet "exemple " et suis prêt à certifier que oui, les Cap 21 sont aussi machistes que les Verts !

      Quant à l’idée que le féminisme soit un conformisme... bon, oui, entre féministes. Mais ne nous faisons pas d’illusion sur l’état moyen de la société et meme des sympathisants écologistes.... Je me souviens que les rédacteurs de le charte d’Europe Ecologie (tiens , d’ailleurs pour la plupart Hulotistes) avaient oublié le féminisme


      Dimanche 3 juillet 2011 à 05h12mn31s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum4006
      • "Affronter la campagne"

        Merci d’avoir publié mon message et d’y avoir répondu (je suppose que tu es assez occupé).

        Je ne qualifie de conformisme (ou de bien-pensance) qu’un certain féminisme, celui qui va automatiquement attribuer certaines critiques faites à une femme, à un machisme conscient ou inconscient. Ça peut être vrai, mais ça peut aussi être faux. Si ce procès d’intention s’adresse à quelqu’un qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, il vaut mieux se taire.

        La critique que je fais à Eva s’adresserait aussi bien à un homme si c’en était un . A part ses problèmes "à l’oral" (en français)je pense qu’elle ne peut pas être à la hauteur dans les débats "de combat" parce qu’elle est trop égocentrée, donc pas assez maîtresse d’elle-même : si elle se sent "visée", elle est vite "touchée" et elle oscille entre une agressivité antipathique et une réponse confuse et mal ciblée. Et à la fin, elle est "coulée".

        Evidemment, c’est de la "psychologie" (en général assez mal reçue chez nous, parce que "pas politique") que certains (les mêmes) s’empresseront de qualifier "de bazar" !

        On verra bien. En tout cas, c’est aussi pour ça que je préfère Hulot.

        PS : j’en profite pour te remercier pour tes efforts - à l’époque des Statuts - pour faire accepter les "partis associés" (j’avais bien sûr signé ta proposition). En général, tu fais preuve d’ouverture d’esprit et de conviction démocratique. En ce moment, un peu moins ! Nobody is perfect !


        Dimanche 3 juillet 2011 à 09h02mn11s, par Paul Cros (crospaul@neuf.fr)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum4015
  • Mystérieux abstentionnistes J’en fait partie. S’il avait fallu se déplacer pour voter, j’aurait fait une croix dans mon agenda et Eva serait passée à une voix de moins de l’élection au premier tour (donc non, tous les abstentionnistes coopérateurs ne sont pas pro-Hulot ;). Mais là quand j’ai reçu l’enveloppe, je n’ai pas fait l’effort tout de suite de noter mes identifiants. J’aurais bien le temps de le faire plus tard, merveilleux confort du vote par internet. Bilan, quand j’ai vu passé in extrémis ce twitt de Cécile Duflot, j’étais au boulot et l’enveloppe était chez moi. Pas fier de moi :(
    Vendredi 1er juillet 2011 à 19h19mn54s, par Jean-Michel Fayard (jmfayard@gmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum4002
  • Sur le succès d’Eva Joly Nicolas Hulot veut accéder au pouvoir. Il l’a dit : il n’est pas là pour simplement quémander des postes de ministres ou de députés. Contrairement à Eva. Question : qui est le plus engagé des deux ?
    Vendredi 1er juillet 2011 à 17h27mn44s
    lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum4000
    • Sur le succès d’Eva Joly C’est hélas la preuve de son inexpérience. On l’a vu depuis 10 ans quémander auprès de la droite, il a compris des années après les autres que ça ne servait à rien, et maintenant, dites -vous, il tape du pied en disant "je veux le pouvoir" ? On ne "veut" pas, on ne "quémande " pas, on se bat, on évalue ce qu’on peut gagner le prochain coup, compte tenu du rapport de force actuel (et pendant qu’il faisait de la télé nous obtenions 16 % et 9 eurodéputés, puis des centaines de conseillers régionaux, et ce ne fut pas facile), et à chaque bataille on prépare la suivante. Les députés et les ministres, ce sont le militants qui les arracheront avec les dents, pendant toute cette année 2011-2012, en faisant campagne pour nos candidats.
      Vendredi 1er juillet 2011 à 19h02mn48s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum4001
      • Sur le succès d’Eva Joly Si vous n’envisagez même pas que le candidat vert puisse atteindre le 2nd tour de la présidentielle, à quoi bon présenter un candidat ?! Il fallait négocier dès le départ des postes de députés et de ministres avec le PS ! Par ailleurs Hulot s’approchait des 10% d’intentions de vote dans plusieurs sondages. On ne peut pas en dire autant d’Eva Joly. Hulot a un capital sympathie que vous semblez sous-estimer et ce capital sympathie pourrait très bien, au cours de la campagne, se muer en intentions de vote s’il se montre convaincant. Et personnellement je ne crois pas que Sarkozy atteindra le 2nd tour. Je redoute plutôt le FN face au PS au second tour or Nicolas Hulot a le mérite de s’adresser aux électeurs du FN qui se sont égarés quand Eva ne parle que pour sa paroisse. Combien de nouveaux électeurs Eva va-t-elle pouvoir nous apporter si elle ne s’adresse qu’à des convaincus ? Eva fera 3% aux présidentielles, les finances du parti ne seront pas au beau fixe et on se retrouvera avec combien de députés à l’Assemblée nationale ? L’écologie de combat, c’est mieux quand il y a des troupes pour la défendre…
        Dimanche 3 juillet 2011 à 13h09mn21s, par Béatrice
        lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum4027
  • Sur le succès d’Eva Joly Merci Hervé Bois
    Vendredi 1er juillet 2011 à 17h15mn48s
    lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum3999
  • Sur le succès d’Eva Joly Vous semblez dire : "Ne rêvons pas, Eva ne sera pas présidente ..." Rappelez-vous cette phrase de (je crois) Ben Gourion :"Nous sommes réalistes parce que nous croyons aux miracles.".
    Vendredi 1er juillet 2011 à 16h53mn21s (monedieres@yahoo.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum3997
  • Sur le succès d’Eva Joly

    oui, l’assimilation vote hulot = vote duflot est totalement absurde.

    D’une part Duflot n’a pas soutenu explicitement Hulot (elle a toujours été claire quand elle disait qu’elle ne prenait pas position en tant que secrétaire nationale, même si

    Ensuite il suffit de discuter cinq minutes avec des militants EELV ou des JE pour voir que les 2 ne sont pas corrolés. J’ai connu des gens qui ont voté une motion non Duflot (sans forcément d’ailleurs être opposé à la motion Duflot, c’était mon cas, moi qui ait voté la motion UTOPIA / Objectif Terre ne sachant pas quoi choisir entre les quatre et du coup optant pour le principe de voter pour la moins connue, ne m’intéressant reellement qu’au motions ponctuelles) sans nécéssairement voté Joly et vice-versa.

    Surtout que les mêmes médias cet été se régalaient du "pacte" entre Cécile et Eva, selon laquelle Cécile soutiendrait Eva, alors qu’elle disait simplement qu’elle ne se présentait pas.

    Encore plus absurde était l’idée de faire un sondage chez les sympathisant EELV et non pas les "sympathisant restreints" (les "amis facebook"). Il faut dire que ce corps était difficile à cerner...

    Donc rien de surprenant au succé de Joly (


    Vendredi 1er juillet 2011 à 11h44mn09s
    lien direct : http://lipietz.net/?breve432#forum3996
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