Eurolat. SNCF. Cadeaux.


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Vendredi 21 décembre 2007

Cette semaine, c’est la première session, à Bruxelles, de l’Assemblée Euro-Latino-américaine, l’Eurolat, que je vice-préside. En début de séance, on m’annonce de Colombie la libération prochaine de Clara Rojas, de son enfant et d’une sénatrice (voir mon commentaire sur le site de Monica Frassoni) La nuit, je me dépêche de finir quelques textes et autres bouts de chapitres de mon travail sur Mallarmé, et d’éditer les traductions du colloque sur l’amnistie et l’impunité avant de partir en vacances. À propos d’impunité : le jugement en cassation du recours de la SNCF contre sa condamnation pour participation à la Shoah de ses dirigeants de l’époque est tombé aujourd’hui…

Eurolat

C’était donc la première session ordinaire de l’assemblée Euro-latino-américaine : 75 députés d’un côté, 75 de l’autre côté de l’Atlantique. On vote comme dans un vrai parlement, il y a trois commissions (Politiques-Droits de l’Homme, Economie et Commerce, Ecologie et social) et, oh miracle, les rapporteurs de ces trois commissions se sont montrés assez souples pour faire adopter en plénière leurs rapports tels qu’amendés en commission, et à la quasi-unanimité ! Le plus incroyable, c’est le rapport sur l’économie, « Défis et opportunités de la globalisation pour les relations entre l’Union européenne et l’Amérique latine » de Daniel Varela (PPE) et Luis Fernando Duque (Colombie). Eh bien, il n’y aura que 6 abstentions (de communistes européens, et de députés chavistes).

Dans cette assemblée où la moitié Sud-américaine est majoritairement à gauche, c’est le PSE qui peut faire la balance et qui choisit les amendements qu’il reprend ou pas. Par exemple, il me refuse deux amendements, un qui rappellait que le but principal de l’intégration régionale est d’accroître les exportations à l’intérieur de la région, et un autre affirmant « qu’un système multilatéral de commerce politiquement régulé est nécessaire pour freiner le changement climatique ». Oui, le Parti Socialiste Européen ne veut pas qu’on dise ça…

Mais curieusement la plus grosse bataille, commencée dans la commission Ecologie, et remontée jusqu’à la plénière, portait sur l’eau.

Au départ, un amendement déposé par Madame Figueiredo (communiste portugaise, que vous voyez au premier plan en chemise noire sur la photo de mon billet précédent). Son amendement n’était pas mal, proclamant l’eau comme besoin vital, ne pouvant donc pas faire l’objet d’une appropriation privée et appelant un service public universel pour sa distribution. Mais elle allait jusqu’à dire que ce service public ne pouvait être délégué à une entreprise privée. Ce qui est en contradiction avec la pratique même de Cuba, où les eaux de La Havane sont gérées… par la Suez (à Villejuif, c’est la CGE).

Naturellement, cet amendement avait été rejeté en commission. En plénière, les socialistes et les Verts re-proposent ce même amendement, en remplaçant la fin par « sans préjudice de la possibilité pour les autorités locales de les déléguer ou non à une entreprise privée ». Et là, la bataille s’engage exactement comme dans la configuration du TME, c’est-à-dire avec les communistes les plus traditionalistes et les thatcheriens dans un camp, et la vaste majorité de l’Eurolat dans l’autre. Pour les premiers, qui sentent très bien que notre amendement va passer, il faut absolument différer le vote à la prochaine session (y compris Mme Figuereido qui donc avait présenté le sien… le même jour). Cela pour des raisons parfaitement symétriques : les libéraux ne veulent pas dire que l’eau est un bien public, objet d’un service public, les communistes ne veulent pas dire que la gestion de sa distribution peut être déléguée au privé.

J’interviens pour expliquer que s’il faut voter, c’est maintenant, et pas dans trois mois, car c’est en ce moment que se négocient les accords d’association entre la France et l’Amérique du Sud, et c’est au Parlement de dire que la gestion de l’eau doit rester de compétence nationale (ni obligatoirement privée, ni obligatoirement publique). Contrairement à ce que souhaiterait la DG Trade dans sa hâte à mettre en œuvre les « chapitres de Singapour de l’OMC » (services, appels d’offres, etc). Le co-président Pizzaro (démocrate-chrétien chilien) nous soutient. L’amendement Vert-PSE est ainsi adopté à une très large majorité.

++++SNCF

Vendredi matin, j’étais sur un lit, anesthésié (Like the evening spread out against the sky), pour un examen complet du système digestif. Ouf, rien de grave, une simple gastrite (il faut bien somatiser quelque part, bis…).

Pendant ce temps, le Conseil d’Etat rendait sa décision sur le pourvoi en cassation que nous avions formé contre l’appel de la SNCF devant le Cour d’appel administrative de Bordeaux contre le jugement de Toulouse, qui lui imputait une part des réparations accordées à mon oncle et à mon père pour leur transport dans le cadre de la Shoah, sous la responsabilité partagée de l’Etat et de la Sncf.

Hélas ! le Conseil d’Etat donne raison à la Cour de Bordeaux, c’est-à-dire que la justice administrative n’a pas compétence pour juger la SNCF, entreprise privée délivrant un service commercial. Il faut donc se tourner vers l’ « l’ordre judiciaire » (Tribunal de Grande Instance etc). Or, nous savons, par le procès préalable de Kurt Schaechter, que la voie judiciaire est fermée de ce côté-là, « les faits étant prescrits pour la SNCF ».

Bon, je l’avais dit à l’avance, pour mon père, ce n’est pas une catastrophe, l’important est que par le jugement de Toulouse a été dit sur le fond la vérité, qu’a été fait justice et été obtenu réparation, que l’Etat et la Sncf se sont vus partagé la responsabilité de participation à la Shoah lors du transport des « déportés raciaux », que l’Etat a accepté le jugement, se reconnaissant coupable et responsable. Alors, qu’on nous dise maintenant « oui, mais pour la Sncf c’était pas le bon tribunal », bof…

Mais le fait d’avoir eu à juger à part la SNCF (personnalité juridique différente de l’Etat) fut en soi intéressant. Un des services publics a été ainsi été examiné pour sa responsabilité particulière, dans les magnifiques conclusions du Commissaire du gouvernement C. Truilhé et le jugement du TA de Toulouse. Ne serait-ce que parce que cette institution, la SNCF, avait aggravé (en ne distribuant pas d’eau) les ordres du ministre de la police, Bousquet. Il est vrai qu’« aujourd’hui comme à l’époque son métier est de faire rouler des trains ».

Cependant, pour moi, l’arrêt du Conseil d’Etat est doublement grave.

* En tant que député européen : la rédaction du Conseil d’Etat élimine totalement la SNCF du statut de service public et de la compétence de la justice administrative, même quand elle accomplit une mission d’autorité (tenir enfermé des juifs et les conduire vers la mort), avec l’argument bouffon qu’elle « obésissait à des ordres de l’Etat » (ce qui est le propre justement des fonctionnaires). Ca ne va pas arranger nos batailles dans la défense du « service public à la française »… même si l’article III-122 est repris par le Traité modificatif européen. La démonstration est faite que ce sont les Etats nationaux, en tout cas la France, qui se débarrassent eux-mêmes de leurs services publics et cela, pas du tout sur ordre de la Commission européenne.

* Mais évidemment ce n’était pas là l’enjeu essentiel de cette affaire. L’enjeu était de savoir si l’on pouvait encore juger une administration (ou quasi-administration) pour un crime contre l’humanité, c’est à dire imprescriptible. La France est très spécialisée dans les auto-amnisties, mais nous avons vu dans le colloque que nous venons d’organiser que la justice internationale remet en cause depuis une vingtaine d’année ce droit des Etats à s’auto-amnistier. Ainsi, la justice internationale a remis en cause par exemple l’auto-amnistie de l’Etat Argentin et sa « loi du Devoir d’Obéissance »… En France, on n’en est pas encore là, alors que l’Espagne s’y met !

Dans le cas qui nous occupe, nous sommes bel et bien coincés au niveau français. L’ordre judiciaire a déclaré que les faits étaient prescrits quant à la SNCF (procès Schaechter), et l’ordre administratif vient de se déclarer incompétent et ce, au plus haut niveau. Le Conseil d’Etat vient de refermer la porte que son arrêt Papon avait grande ouverte : la distinction, dans un crime contre l’humanité, entre ce qui est de l’Etat, et ce qui est de la personne responsable, fut-ce un préfet « sans aucune autonomie ».

Seule nous reste la voie de la justice internationale (la Cour des Droits de l’Homme de Strasbourg, et encore : nous faut-il recommencer tout le cycle des procès Schaechter devant l’ordre judiciaire civil français, alors qu’on sait que celui-ci a déjà sa jurisprudence qui conclut à la prescription ?) ou… la délocalisation dans un pays qui ne reconnaît pas la prescriptibilité des crimes contre l’humanité, par exemple à New York.

C’était un de nos arguments fondamentaux : en jugeant elle-même la SNCF, la France aurait évité la délocalisation judiciaire vers d’autres pays. Pour ma part, je préfère encore Strasbourg (siège de la Cour européenne des droits de l’homme) à New York ! Mais nous verrons si cela en vaut véritablement la peine. La dénonciation des crimes de la direction de la SNCF pendant la seconde guerre mondiale a considérablement avancé à l’occasion de ce procès. Des livres, des articles, des émissions de télévision sont en cours. C’est l’essentiel. Nous discuterons en famille quelle attitude adopter : TGI, sauter directement à la case Cour des Droits de l’Homme, New York, ou abandonner la voie de la justice.

En sortant de mon anesthésie, je donne quelques interviews aux radios, puis lis le « discours de Latran » du Président-chanoine Nicolas Sarkozy. Le papier m’en tombe des mains. « Le catholicisme, constitutif de l’identité française » !! A Drancy, ma famille paternelle avait survécu quelques jours décisifs grâce à de faux certificats de baptême. Du coup, j’en ai un vrai. Vite, le retrouver !

Je reprendrai ce blog dans 15 jours, mais laisse aux accros, en cadeau de Noël (fête du solstice d’hiver) un peu de lectures. Trois articles sur André Gorz, qui doivent paraître incessamment, respectivement dans Mouvements, dans EcoRev, et dans Multitudes. Et comme je ne peux pas passer mes nuits d’insomnie à penser à la politique, cette petite tentative de traduire un magnifique poème anglais, The Love Song of J. Alfred Prufrock à partir des recommandations d’Umberto Eco dans son dernier livre, Dire presque la même chose.

Sur ce, je vous souhaite à tous et à toutes d’excellentes fêtes, et par avance une bonne année 2008, espérant qu’elle fera progresser la cause des Droits de l’Homme, si malmenée cette année. Espérant surtout qu’elle verra la libération d’Ingrid Betancourt, l’avancement des négociations pour sauver la planète dans le cadre post-Kyoto et… un peu moins de tensions dans le monde entre les groupes sociaux et entre les nations.

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Forum du blog

Il y a 20 contributions à ce blog.
  • Eau

    Vous venez de rendre un grand service à la progression de vos propres idées.

    Vous ne devez en effet guère ignorer que l’actuelle position particulièrement libérale de la Commission Européenne sur le commerce de l’eau, notamment (mais aussi, des services d’assainissement, etc.) est une source importante d’opposition à l’institution européenne même.

    Bravo, donc, et merci. Et courage !


    Dimanche 6 janvier 2008 à 14h27mn55s, par Gus (skolem@4jn1n.freesurf.fr)
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    • Eau Pour l’anecdote : lorsque je me promène en Amérique Latine, par exemple en Bolivie ou en Argentine, et qu’on me fait intervenir dans une assemblée populaire, le-la présidente me présente parfois en disant " Alain Lipietz est français, pourtant ce n’est pas un ennemi ! (rires)" En effet, dans ces pays, comme dans une grande partie de l’Europe, France = Eau privée. Nos multinationales (Suez, Générale des eaux, SAUR) prospèrent à l’export à partir de la base française où, contrairement à nos voisins, l’eau a toujours été massivement déléguée au privé. C’est donc la France en Conseil plus que la Commission qui se bat pour que le "service de l’eau" soit le moins protégé possible contre les privatisations.
      Samedi 12 janvier 2008 à 13h32mn15s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
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  • Eurolat. SNCF. Cadeaux.

    Je pense que dans cette affaire vous avez obtenu l’essentiel : la condamnation de l’Etat, donc de la République, pour les actes commis par Vichy (dont la première décision avait justement été de supprimer la République...). Vous avez tiré tout le parti possible du scandaleux arrêt Papon d’avril 2002. Je ne reviens pas sur ce point sur lequel nous nous sommes déjà tout dit et je vous laisse volontiers à votre communauté d’opinion sur le sujet avec Arno Klarsfeld et Annette Viewiorka.

    Reste le cas de la SNCF. Sur ce point, j’avais vraiment tendance à vous donner raison et je pensais qu’il n’y avait rien à redire au jugement du Tribunal de Toulouse qui avait, en bonne justice, fait la juste part des choses : toute l’action se déroulait dans le cadre d’une mission de service public (au sens, bien sûr, où l’entendaient les autorités de l’époque : internement et transport de juifs), et il y avait une “faute de service” de la SNCF. Mais cette faute (maltraitance des passagers) était distincte (“détachable”) de celle de l’Etat, et de gravité moindre (comme en témoignait le montant des indemnités, moindre pour la SNCF que pour l’Etat). Bref, pour faire vite, maltraiter des détenus, les traiter dans des conditions contraires à la dignité humaine, c’est quand même beaucoup moins grave que d’interner des gens parce que leur seule faute est d’être nés juifs. C’était le sens du jugement de Toulouse.

    Or ce jugement ne vous satisfaisait pas. Il vous fallait absolument voir reconnue l’unicité de la faute. Vous êtes même allés jusqu’à dire – de façon stupéfiante – que les conditions de transport étaient un début d’exécution (conscient et organisé à cette fin) du génocide par la SNCF. Ce faisant, en raison de cette exagération, il me semble que votre cause à l’encontre de la SNCF a perdu beaucoup de sa crédibilité, et a poussé le juge administratif à donner raison en totalité à la SNCF, jusqu’à l’absurde.

    En effet, si je comprends bien l’arrêt du Conseil d’Etat, la SNCF ne disposait pas de prérogatives de puissance publique, elle n’avait strictement aucune autonomie et de surcroit “(les) modalités de traitement (des victimes) étaient fixées par l’occupant et mises en œuvre par les autorités de l’Etat “ (souligné par moi). Au fond, la SNCF n’existait pas dans cette affaire : voilà le fond de l’affaire telle qu’elle a été jugée par le CE. Une conclusion totalement différente de celle du Tribunal de Toulouse pour qui la SNCF participait, en tant que personne morale de droit privé, à l’exécution d’un service public.

    Résumons nous : pour le CE il n’y avait pas de mission de service public, pas de prérogatives de puissance publique conférées à la SNCF. Qu’y avait-il alors ? N’y avait-il pas une voie de fait tout simplement, c’est à dire une action totalement insusceptible de se rattacher à une quelconque légalité. Auquel cas, la juridiction administrative serait également incompétente. De quelque côté qu’on tourne et retourne la question, c’est imparable.

    C’est imparable, mais c’est absurde. Car la vérité c’est que la SNCF existait bien. Et la thèse de la contrainte absolue ne l’exonérait en rien de sa responsabilité propre dans les conditions de transport des passagers : la SNCF, même sous la contrainte, se devait de refuser de transporter les passagers dans ces conditions, et d’exiger que les autorités (forces d’occupation ou Etat) se chargent de la garde des détenus. Et on sait bien qu’elle y serait parvenue : ce qui intéressait les Allemands, c’était le transfert à Drancy. Pour ce qui est de la maltraitance, ils s’en chargeraient plus tard... Voilà, selon moi, le fond de l’affaire Lipietz-SNCF.


    Jeudi 3 janvier 2008 à 15h59mn21s, par René Fiévet (renefievet@yahoo.fr)
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    • Sur la responsabilité propre de la Sncf

      Je crois pouvoir résumer ainsi votre position.

      1. L’Etat vichyste et la Sncf sont bien coresponsables des traitements inhumains infligés aux juifs sur le parcours Toulouse-Drancy (donc hors responsabilité allemande) et sur ce point vous approuvez le jugement de Toulouse.

      2. En revanche vous réfutez la compétence de la justice administrative française actuelle pour juger l’Etat vichyste, en ce que ce n’était pas l’Etat français, mais une bande d’usurpateurs.

      3. Quoique plus personne d’autre que vous (ni nous , ni l’Etat actuel, ni la justice administrative) ne conteste la partie « Etat » du jugement de Toulouse, vous persistez sur ce point.

      4. En revanche , et contre le Conseil d’Etat, vous considérez que la justice administrative a compétence pour tenir la Sncf actuelle pour civilement responsable des crimes de la Sncf 1944.

      5. Vous nuancez votre opinion en arguant du fait que j’aie l’opinion que priver d’eau des gens jusqu’à la mort ou à la folie ne constitue pas une complicité de crime mais un crime en soi. En d’autres termes, vous estimez que l’opinion d’un autre individu sur la qualification d’un crime « blanchit » en quelque sorte le coupable du crime lui-même, quelle que soit votre opinion propre sur sa qualification.

      J’avoue ne pas comprendre la logique de vos raisonnements, au moins jusque-là. Si la justice administrative est compétente sur la responsabilité des chefs de la Sncf de 1944, elle l’est a fortiori sur les hauts fonctionnaires de l’époque. Et que je sois à vos yeux trop dur avec la direction Sncf de l’époque ne doit pas rendre la justice plus clémente.

      Toutefois je veux apporter trois précisions.

      1. Je ne demande nullement de voire reconnue « l’unicité de la faute ». Au contraire, je suis totalement d’accord avec vous sur la suite : il y a faute propre, « détachable », de la Sncf, en sus du crime de Vichy, et il y a crime de Vichy en sus du crime nazi. Ce fut l’argument du Conseil d’Etat dans l’arrêt Papon. Non seulement la Sncf et Papon ont obéi à l’ordre de commettre un crime contre l’humanité (unicité de la faute, qui n’en demeure pas moins une faute à plusieurs coupables), mais encore Papon et la Sncf en ont « rajouté » et la justice est doublement fondée à demander réparation pour les victimes à deux sujets juridiques distincts : pour la faute unique (la déportation) et pour la faute détachable qui est aussi un crime contre l’humanité et ne peut être prescrite.

      Un exemple simple : la Sncf , pour prouver qu’elle ne faisait qu’obéir aux ordres, a apporté au procès le télégramme de Bousquet aux préfets, de 1942 (on l’avait déjà par le rapport Bachelier). Or ce rapport stipule explicitement « prévoir l’eau, mettre femmes et enfants dans des wagons de 3e classe ». Ce qui ne fut pas le cas de ma famille, entassée sans eau dans un wagon à bestiaux, hommes, femmes et enfants. C’est un cas typique de « faute de service », qui n’est pas une voie de fait (c’est bien Bousquet qui les fait enfermer), qui est détachable mais n’est pas prescrite (ce n’est pas un accident de chemin de fer ou une négligence pendant le transport, mais une option « technique » revendiquée jusqu’aujourd’hui, et qui était au moins une participation à crime contre l’humanité, condamnée comme telle à Nuremberg).

      2. On sous estime la mortalité par « transport » dans la Shoah. Aujourd’hui on redécouvre la « Shoah par balles », derrière les armées allemandes du front est. 1,5 millions de morts sur les 6 millions. Mais les Roumains ont tué tous leurs juifs en les transportant par chemin de fer ou en les faisant marcher. Un jour à Chalons un cheminot entendant des hurlements de femmes d’un convoi à quai et se heurtant au refus de son chef de gare d’ouvrir les porte alla chercher les secours de l’évêché. Quand il revint avec des bonnes sœurs, un tiers des déportées étaient déjà mortes. De soif, d’écrasement.

      3. Je lis que vous n’avons plus rien à nous dire à propos de la responsabilité admise aujourd’hui par l’Etat français (exécutif – discours de Chirac ; législatif – loi d’indemnisation des orphelins juifs ; judiciaire – arrrêts Papon, jugement de Toulouse et autres). Croyant en la continuité de l’Etat, je ne chercherai pas à vous convaincre. Mais avez-vous parfois regardé ce qui interdit encore aujourd’hui de stationner un cycle devant une gare ? Lisez les panneaux : un arrêté de 1942.


      Vendredi 11 janvier 2008 à 19h42mn39s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2170
      • Sur la responsabilité propre de la Sncf

        Mais moi aussi, je crois en la continuité de l’État ! De Gaulle également, qui s’est attaché d’ailleurs à en faire un principe constitutionnel. Mais encore faut-il définir cette continuité. C’est d’autant plus nécessaire que la période 1940-44 fut une guerre civile entre deux États (Vichy et la France Libre).

        C’est ce qu’a fait l’ordonnance du 9 août 1944 qui considère – à juste titre à mon avis – que tout ce qui relève de la législation d’exception de Vichy ne s’inscrit pas dans la continuité juridique de l’État républicain. En revanche, tout ce qui n’est pas répréhensible (un arrêté de stationnement, un avancement de grade ou d’échelon d’un fonctionnaire, etc.) a été réintégré très normalement dans la continuité de l’État républicain. C’est cette fameuse fiction juridique qui vous déplait tant, et qui est pourtant absolument nécessaire, si on considère comme moi qu’un État est avant tout un concept, une idée qui lie les citoyens entre eux.

        Dans ce contexte, la décision d’internement de juifs par la Préfecture de Toulouse ressort de la législation d’exception de Vichy. Elle ne s’inscrit pas dans la continuité de l’État. En revanche, l’activité de transport de détenus par la SNCF, sur ordre de l’administration, s’exerce dans le cadre d’une mission de service public. Elle n’est pas répréhensible en soi, et s’inscrit donc dans la continuité juridique. Si ces détenus sont maltraités par la SNCF, il y a évidemment faute de service. Est-ce si difficile à comprendre ?

        Bien entendu, l’arrêt Papon a aboli cette distinction, et le tribunal de Toulouse était pieds et poings liés par cette jurisprudence. Il m’a toutefois semblé – sauf erreur de ma part – qu’il ne mettait pas la faute de l’État et de la SNCF sur le même plan. C’est en ce sens que je trouvais ce jugement satisfaisant. Si vous n’êtes pas d’accord avec moi, j’espère au moins que ma position a été clarifiée.

        Juste un dernier point : la faute de la SNCF (maltraitance des détenus) est-elle un crime contre l’humanité (au plan juridique) ? Dirait-on la même chose s’il s’était agi de détenus de droit commun ? J’ai quand même l’impression que non. Il me semble que vous avez une conception “fonctionnaliste” du crime contre l’humanité (par opposition à une conception “intentionnaliste”) : la maltraitance de détenus devient un crime contre l’humanité à partir du moment où elle s’inscrit dans le cadre de la Shoah. Sinon, elle ne l’est pas. Après tout, vous avez peut-être raison.


        Lundi 14 janvier 2008 à 17h55mn37s, par René Fiévet (renefievet@yahoo.fr)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2202
  • SNCF

    En principe, je limite mes interventions ici aux questions européennes (un hommage aux députés hongrois pour leur examen express du TME en 5 jours ayant d’ailleurs été « modéré »), mais je voudrais dire quand même quelques mots sur la SNCF.

    On sait que les français, leurs institutions, leurs entreprises ont eu un rôle dans la Shoah. Tout le monde n’a pas été résistant... J Chirac l’avait d’ailleurs officiellement reconnu. On pourrait donc multiplier les procès puisque ces complicités se sont exercées à de multiples niveaux. L’important, c’est de bien savoir ce qu’on veut obtenir de tels procès.

    - Des réparations pour les victimes ? C’est un peu tard, on en conviendra.
    - Des réparations financières pour les héritiers de ces victimes ? Est-ce vraiment sain ?

    Il importe aussi de cerner les conséquences possibles de ces procès. Les faits remontent à plus de 60 ans. Les témoins directs de cette époque disparaissent petit à petit. Le travail de mémoire collective et d’enseignement de l’histoire est donc nécessaire pour empêcher l’oubli. Ces procès facilitent-ils ce travail ou le parasitent-ils ? Qui est le premier responsable de la Shoah ? La SNCF ou l’Allemagne ?

    Plutôt que des actions judiciaires, le rôle d’un élu européen n’est-il pas d’aborder les conséquences politiques de la Shoah qui se font encore sentir aujourd’hui au proche orient (4 millions de réfugiés palestiniens) ? Si les juifs ont droit à un Etat, ne pourrait-on pas en créer un en Europe afin de limiter la pression démographique sur la Palestine et permettre le retour des réfugiés ? Compte tenu de l’histoire, ce serait décent. Ce serait bien-sûr difficile, mais on exproprie bien chaque année des dizaines de milliers de personnes en Europe pour construire des autoroutes ou des TGV. On pourrait donc aurssi le faire pour traiter les conséquences d’un crime contre l’humanité...


    Samedi 29 décembre 2007 à 12h29mn47s, par Jean-Pierre B (jp.branchard%wanadoo.fr)
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    • Hongrois, juifs et Palestiniens

      Je suis un peu surpris par votre façon de compter le temps.

      Vous dites « les députés Hongrois ont expédié l’examen du TME en 5 jours » (signalons à ce propos que, la Hongrie n’ayant pas débattu le TCE par referendum, l’argument légitime du parallélisme des formes tombe, dans leur cas : c’est bien au Parlement hongrois de ratifier le TME. Mais j’aurais préféré un référendum européen).

      En fait les parlementaires hongrois ont participé au suivi de l’élaboration du TCE à partir de 2003, alors même qu’ils n’étaient pas membres de l’Union, puis ont eu entre les mains le texte du TCE en Juillet 2005, qu’ils ont examiné à loisir. En Juin 2007 ils disposaient du mandant très précis de la CIG, recommandant un texte peu différent du TCE (les différences étant explicitées) et en Juillet du texte quasi définitif du TME. La Hongrie, dont le parlement a forcément une commission chargée du suivi de cette négociation, n’a élevé aucune objection importante. Puis le texte a été signé sous sa forme définitive en décembre.

      J’ai beaucoup de mal à voir à partir de quelle date vous comptez les « 5 jours d’examen ». Je suppose que vous parlez de la durée de l’examen du TME en plénière du parlement hongrois ? je trouve que c’est beaucoup pour des parlementaires qui sont sur l’affaire depuis plusieurs années. Combien d’électeurs français du referendum a consacré plus de 5 minutes à comparer article par article le TCE aux traités en vigueur, avant de mettre leur bulletin dans l’urne ?

      Vous en venez ensuite au procès de mon père et de mon oncle contre Etat et Sncf. Vous semblez être de ceux qui ignorent que je ne suis pour rien dans l’initiative de ce procès, et que le dernier arrêt du Conseil d’Etat (sur l’incompétence de la justice administrative en manière de service public de la Sncf) est intitulé, pour l’éternité, « Arrêt Madame Lipietz et consorts ». Pour votre information, je vous renvoie aux trois dossiers qui ouvrent la première page de mon site (celui-ci par exemple).

      Vous reprochez à mon père et mon oncle d’avoir attendu 60 ans. Il me semble que vous devriez plutôt reprocher à l’Etat français de s’être auto-amnistié 60 ans : de l’arrêt Ganascia de 1946 à l’arrêt Pelletier de 2001. Mon oncle et mon père ont déclenché la procédure dans les semaines qui ont suivi l’arrêt Pelletier.

      Si je m’intéresse à la question (qui concerne non pas les héritiers comme vous dites, mais les victimes directes : mon père est mort au cours de cette épuisante procédure, mais mon oncle et ma mère – son usufruitière et qui a était déjà son amie au moment de son arrestation – vont bien, merci), c’est bien sur par piété et solidarité filiale, mais aussi parce que la question de l’amnistie et de l’impunité m’intéresse depuis des lustres, pour des raisons latino-américaines au premier chef. Je viens d’ailleurs d’organiser un colloque à ce sujet, et vous pouvez lire le tréfonds de mes motivations dans mon exposé introductif.

      Vous me reprochez ensuite de ne pas assez m’occuper de la Palestine. On ne peut pas tout faire, et moi, j’ai été désigné dans les délégations du Parlement européen traitant de l’Amérique latine. Ce qui ne m’empêche pas d’aller à l’occasion dans les territoires occupés palestiniens et d’y dire la position des verts pour une paix juste au proche orient, visite qui m’a valu des menaces de mort.

      Enfin, votre idée de créer un Etat juif en Europe n’est demandée par aucun juif. Les juifs d’Europe se trouvent fort bien là où ils vivent, s’y estiment « chez eux », et n’ont pas d’autres ennemis que ceux qui, comme vous, leur demandent d’aller vivre ailleurs.


      Samedi 12 janvier 2008 à 14h24mn02s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2177
  • Et les pics de pollution atmosphérique à Paris ? Pas entendu les verts à ce propos... Samedi 22 décembre et dimanche 23 décembre 2007, un incroyable pic de pollution se manifeste à Paris. 9 et 10/10 sur l’échelle d’AIRPARIF http://www.airparif.asso.fr Comme des dizaines de milliers de personnes à Paris ce jour-là, je me promène dans la ville, je fais des courses. Fortement essoufflé, anormalement fatigué, épuisé même ; des symptômes incompréhensibles, avant que je ne découvre, un peu par hasard, dans la soirée, qu’il y avait une pollution considérable à Paris. Des taux hautement dangereux pour la santé de polluants divers (notamment les particules PM10) : 9 et 10/10 pour l’indice ATMO de AirParif. Ma question : pourquoi aucune information efficace à destination de la population parisienne ? Compte tenu de la haute dangerosité de cette pollution, pourquoi les sirènes des pompiers ne sonnent-elles pas ? Pourquoi pas d’affichage dans les rues, de SMS via les opérateurs de téléphonie mobile, de messages radio réguliers (du type "alerte enlèvement") ? Puisque l’on sait que la morbidité due à la pollution atmosphérique augmente (selon l’O.M.S, elle fait 1000 morts chaque année en Ile-de-France), http://www.invs.sante.fr/publications/journees/1/quenel /index.html pourquoi les mesures prises ne sont-elles pas à la hauteur ? A quoi servez-vous, élus verts, élus chargés de l’environnement si vous ne parvenez pas à faire que ces questions soient traitées efficacement, d’un point de vue technique, politique et médiatique, comme toute question de SANTE PUBLIQUE ?
    Samedi 29 décembre 2007 à 05h25mn01s
    lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2153
  • Benazir Bhutto

    Pour ceux de vos lecteurs qui ne lisent pas bien l’anglais, j’ai trouvé ce témoignage de Richard Corbett sur Benazir Bhutto :

    "Je suis bouleversé par la mort de Benazir Bhutto. Nous sommes devenus amis lorsque nous étions ensemble étudiants à l’université. C’était l’époque où elle paraissait insouciante et heureuse de vivre, l’époque où ceux qui l’avaient connue à Harvard l’appelaient encore "Pinkie", l’époque où elle faisait déjà preuve d’une intelligence politique aiguë même lorsqu’il ne s’agissait que d’élire les responsables du syndicat étudiant.

    Plus tard, lors de nos rencontres, nous évoquions ce temps-là qui devait lui paraître bien loin de la vie douloureuse et dangereuse qui a suivi son entrée en politique après l’assassinat de son père dont elle se sentait très proche. D’autres drames devaient suivre : la mort de ses deux frères, cinq années d’emprisonnement dont la plus grande partie seule dans sa cellule, et, ces dernières années, un exil forcé par les militaires après deux mandats comme Premier Ministre.

    L’été dernier, en rangeant mon grenier, je suis tombé sur de vieilles lettres et cartes postales qu’elle m’avait envoyées. Il n’y a pas même une année que j’étais avec elle pour la présenter au centre municipal de Leeds. Et maintenant je sais que je ne pourrai plus jamais lui parler.

    Elle était parfaitement au courant des risques qu’elle prenait en rentrant au Pakistan. Elle m’avait invité à l’accompagner pendant son voyage de retour. Avec courage elle espérait restaurer la démocratie et l’emporter à la fois face aux militaires et aux intégristes. Mais finalement ses ennemis ont montré qu’ils étaient sans pitié en la tuant en même temps que beaucoup d’autres, au risque de voir le Pakistan sombrer dans la guerre civile."

    Traduction rapide à partir du blog de Richard Corbett député européen (PSE)

    Je ne connaissais pas Benazir Bhutto. J’avais une impression plutôt négative (corruption, fraude, etc.)... Et vous, Alain Lipietz ?


    Samedi 29 décembre 2007 à 02h39mn43s, par Joke (joke@no-log.org)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2152
    • Benazir Bhutto L’accusation de corruption a surtout porté contre son mari ! Je la trouvais tellement belle que j’étais déjà mécontent de la savoir mariée... mais non, personnellement je ne la connaissais pas. Je sais seulement que son élection avait constitué un grand pas en avant pour la démocratisation au Pakistan, et son éviction un immense pas en arrière. Et que donc son retour aurait été une excellente chose. Malheureusement, "eux" le savaient aussi.
      Samedi 12 janvier 2008 à 14h30mn14s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2178
  • OGM : Soutien à Christian Vélot

    OGM/ Signez la pétition de soutien à Christian Vélot.

    Voir aussi le site de Gérard Onesta, député Vert Européen .. ainsi que l’article de Rue89


    Jeudi 27 décembre 2007 à 16h21mn23s, par izq
    lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2151
  • Quand on commence quelchose, on va au bout.

    Cher Monsieur Lipietz, Le Conseil d’Etat ne s’est pas seulement déclaré incompétent pour juger la SNCF. Le Conseil d’Etat vous indiqué le juge compétent, le juge judiciaire. Croire en la justice française, c’est l’écouter.

    Pas le TGI, mais la Cour d’Assises. Ne confondez pas mémoire et justice. c’est bien de sensibiliser l’opinion publique aux faits antisémites des années 40, mais un procès a un sens, cela consiste à désigner un responsable et à le punir.

    Un procès contre la SNCF pour complicité de crimes contre l’humanité devant la Cour d’Assises serait à mon sens la solution courageuse. Le crime est imprescriptible. Pensons-nous qu’une Cour d’assises français accepteront que la SNCF se défile à jamais devant la justice de notre pays en soutenant qu’une personne morale n’est responsable en droit français que depuis 1994 et qu’elle ne peut être accusée de complicité de crime contre l’humanité ?

    Dans des affaires comparables, la chambre criminelle de la Cour de cassation a raisonné directement en interprétant les Statuts du tribunal de Nuremberg de 1945 et droit international pour apprécier la culpabilité des criminels jugés en France. Les statuts de Nuremberg prévoient expréssement qu’une organisation peut être pourvuivie pour crime contre l’humanité. La définition même du "crime contre l’humanité" implique la nécessité de poursuivre une organisation, un groupe, une ensemble de personnes qui commettent ces crimes et non seulement seulement des personnes physiques poursuivies de façon individuelle. Une question semble être posée en fin de compte : la règle selon laquelle est une personne morale est responsable au pénal est-elle rétroactive ?

    Les milliers de familles qui ont intenté un action contre l’Etat et la SNCF suivent de près le procès qu’a lancé votre famille . Ne les décevez pas. Ne les décevez pas en tant que fils de victime. Ne les décevez pas en tant qu’homme politique.


    Mercredi 26 décembre 2007 à 16h32mn01s, par AR
    lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2148
    • Quand on commence quelchose, on va au bout.

      Certes, ma mère, ses enfants et mon oncle doivent aller "jusqu’au bout " de ce que mon père et mon oncle ont commencé. Le problème est que, dans le procès Schaechter, la cour d’assises de Paris a déjà rendu sa jurisprudence : prescription pour la Sncf. Mais en effet, on peut réessayer, changer de cour d’assises (Toulouse ?), être plus convainquant, en tous cas on ne peut pas l’éviter même pour arriver à la Cour Européenne...

      On est reparti pour des années, j’espère que mon oncle et ma mère qui vécurent ces évènements atroces tiendront jusque là.


      Mercredi 26 décembre 2007 à 20h58mn07s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2149
  • Merci pour mes grand pères Mr Lipietz, Merci de salir sur la mémoire de mes deux grands père, cheminots résistants dont l’un à été déporté. Demander la condamnation des personnes responsable est compréhensible, mais à travers votre démarche vous accusez tous les cheminots de cette époque sans distinction, dans le simple but d’otenir de l’argent. C’est écoeurant. Vous n’aidez pas la mémoire de nos drames familliaux et vous me blessez beaucoup.
    Samedi 22 décembre 2007 à 05h22mn39s, par Nicolas (zboubou@gmail.com)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2144
    • Merci pour mes grand pères

      Hélas ! encore une personne qui réagit sur ce site sans avoir lu le dossier, alors même que je mets des liens vers les textes les plus significatifs ! (il suffit de cliquer sur les passages en grisé ou en noir suivis d’une petite bulle)

      Ainsi, en cliquant dans ce billet sur l’arrêt du Conseil d’Etat, on voit qu’il commence par « Affaire Madame Lipietz et autres ». Madame Lipietz, c’est ma mère, elle-même résistante. Mon père est mort hélas au bout de deux ans d’un procès qu’il avait intenté, avec son frère, codéporté, en 2001, quand l’amnistie « Ganascia »sur les faits de l’Occupation avaient été levée par les arrêts Pelletier et Papon. "Et autres", c’est ses enfants et son beau-frère. Tout ça est sur le site.

      De même, toutes les plaidoiries de nos avocats (en ligne) ont souligné l’héroïsme des cheminots. J’ai consacré un blog entier aux mémoires d’un cheminot résistant, Léon Bronchart, le seul qui ait refusé de conduire un train de déportation…

      S’il y a un mot sur ce site contre la résistance cheminote (qui eut à affronter la répression de la direction collabo de la SNCF, seule responsable juridiquement), je vous prie de bien vouloir me le signaler.


      Samedi 22 décembre 2007 à 09h46mn13s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2146
      • Merci pour nos grand pères

        En réponse à l’article du Monde :

        http://www.lemonde.fr/web/article/reactions/0,1-0@2-3224,36-992555,0.html

        Ma Réponse est empruntée dans ses grandes lignes à Maître Badinter que je remercie au passage tout particulièrement pour son excellent travail dans sa quête constante d’un droit de mémoire nécessaire en ces temps qui courent.

        Un commentaire personnel en réaction à des critiques de quelques adhérents très « franchouillards » du quotidien Le Monde.

        Le jugement : "...le fond du litige relève des juridictions judiciaires"

        Pourquoi, parmi tant de professions où l’exclusion des juifs fut la règle sous Vichy, devrait-on plus particulièrement s’en remettre à une "juridiction(s) judiciaire(s)" comme le préconise toujours (et à jamais) le Conseil d’Etat ?

        Par commodité sans doute...

        Et pourtant le Barreau ferait un milieu privilégié pour étudier les réactions à l’antisémitisme d’Etat pratiqué par Vichy, précisément parce que les valeurs dont il se réclamait (et se réclame encore), haut et fort — la défense des libertés, l’égalité de tous les avocats devant leur Ordre — s’est révélaient incompatibles avec l’idéologie du régime.

        L’acquiescement du Barreau à une législation si contraire à son éthique ne souhaiterait-elle pas enfin mettre à jour, plus de 60 ans plus tard, la réalité qu’il incomba même à "certains avocats" de la République.

        Non pas que tous les avocats de l’époque fussent antisémites ! L’affirmer serait odieux et reviendrait à nier tant d’actes de solidarité et d’assistance que de nombreux avocats ont accomplis, par amitié ou humanité, parfois au risque de leur liberté ou de leur vie, au profit des Juifs.

        Mais il demeure que la conception et l’émergence d’un "antisémitisme à la française", comme disait Xavier Vallat, avocat, et Commissaire général aux Questions Juives, ne suscitèrent dans les barreaux, ni refus de principe, ni rejet massif, ni protestation collective.

        D’où l’interrogation majeure : Comment avions-nous pu en arriver à une acceptation complaisante ou résignée d’une législation raciste dans une France hier (...et toujours) républicaine et patrie des Droits de l’Homme ?

        A cet égard, il transparait encore, en ce début de nouveau siècle, que l’exemple du Barreau de jadis vaut pour d’autres secteurs d’une société française qu’aiment à défendre certains de nos coreligionnaires contemporains, où, pour une large fraction de l’opinion, les juifs même français restent considérés en majorité comme des étrangers plus ou moins assimilés.

        Mais affronter les préjugés, voire la haine, est un défi toujours d’actualité pour les âmes fières.

        Merci, Maître Badinter de nous le rappeler dans votre étude et nos recherches sur "Un Antisémitisme Ordinaire".

        N’oublions pas les fantômes qui courent encore dans nos palais de la République ...pour nos Justes ...et pour la mémoire du père de M. Lipietz.

        Vous noterez que même M. Lipietz, dont je ne partage pas souvent les idées écologiques, a ressenti ce jour même et sur son lit d’hôpital, le besoin de remettre "les aiguilles à l’heure du temps". On tire encore, et toujours,sur l’ambulance.

        Sans doute que le quotidien trainait là dans une salle d’attente ...entre deux opérations.


        Samedi 22 décembre 2007 à 20h38mn22s, par Mouchmoulay
        lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2147
        • Merci pour nos grand pères

          Cher Alain,

          Devrais-je espérer que la mémoire de votre grand-père ne sera pas une fois de plus souillée ...à la lecture de cette dépêche matinale de l’AFP. Vous trouverez cette annonce ci-après.

          Penses-tu, Cher Alain, que nous puissions espérer dans notre beau pays, le pays de Zola, de Molière et même La Fontaine, voir un jour révélé ce que la France était sous le régime de "ces fils de Pétain" ?

          M. Klarsfeld, Badinter, Le centre Simon Wiesenthal, l’Institud Yad Vashen sauront faire le tri parmi les milliers de documents que Guillaume Pepy (l’actuel dirigeant de la SNCF) a souhaité remettre aux historiens du monde entier afin que toutes les vérités surgissent un jour de l’ombre de ces wagons appartenant à la SNCF. Ces wagons qui menaient à l’horreur nos fils, nos filles, nos grands-parents, ces hommes et ces femmes, tous français, que nous n’avons jamais plus revus. Et ce n’était pas seulement parce qu’ils ou elles étaient juifs...que des millions d’âmes embarquèrent vers des prétendus « camps de travail ». N’oublions jamais ces wagons dignes de ceux que l’ont aurait pu utiliser pour le transport des animaux. Des animaux en lesquels quelques agents-fonctionnaires nous avaient transformés.

          N’oublions jamais les tziganes, les homosexuels et tous les sympathisants à la cause de ces communautés. Des communautés jugées comme des plaies au bon vivre des français qui se croyaient irréprochables dans leurs petites morales « façon Marine Le... »

          « Voilà voila que ça recommence » chantait et prévenait Rachid Tahar (il y a déjà 15 ans) dans une chanson restait tristement célèbre, et même populaire, tant elle révélait à nouveau toute la barbarie d’un peuple qui, cycliquement, se cherche des excuses et des boucs émissaires pour tenter d’expliquer, à la face du monde, ses insuccès économiques, militaires ou diplomatiques. Rachid dénonçait la chasse aux "petits beurs". Les révolutions des « indignés » se soulèvent ici et là depuis.

          Les bourreaux auront-ils encore besoin de quelques « ordres nouveaux » et chercheront-ils une fois encore les mêmes responsables pour expliquer la perte d’un Triple AAA ? La chasse aux sorcières serait-elle à nouveau lancée ? Pour nous 70 ans sont déjà passés, cependant dans nos cœurs nos amis, nos frères et nos sœurs, ceux là ne mourront jamais…et surtout pas une seconde fois. Plus jamais nous n’irons aux douches de ces messieurs criminels. Et si la Bête Humaine devait rejaillir, nous la combattrons avant de monter dans ces fourgons de LA HONTE. Nous devons bien cela à nos chers disparus.

          Il ne fallait pas que les représailles s’opèrent après la 2nd Guerre. Oui mais voilà la plus grande majorité des hommes et des femmes ne veulent pas, ne peuvent pas oublier. Quoiqu’en disent Messieurs Churchill, Eisenhower ou Charles De Gaulle nous ne souhaitons pas pousser ce dossier embarrassant, et ses archives, sous les tapis des salons de la République... Et encore moins le confier au barreau des avocats. Maitre Badinter vous expliquera, dans ses mots, comment le tri s’opère au Palais : « Un antisémitisme ordinaire, Vichy et les Avocats juifs 1940-1944 » (Fayard_avril1997/ISBN 2-213-59802-9). Certainement le plus beau livre écrit sur cette période sombre de la France. Un livre que je vous recommande de lire, si ce n’est déjà fait.

          Cher Alain, 60 ans d’archives secrètes n’effaceront jamais de la mémoire collective les monstruosités des « fils de Pétain(s) » et de ceux qui se réclament encore aujourd’hui de cette descendance héréditaire, intellectuelle ou même philosophique.

          Même « La Marine » ne s’attendait pas à une telle résurgence du populisme français. Cette « vague Marine » qui l’a pousse vers toutes les arrogances entendues jadis dans les bureaux de la Gestapo, de ses officines diverses de Vichy à Berlin et à nouveau sur les collines de Saint-Cloud dans le Parc de Montretout.

          Le « Cut & Paste » est de sortie sur Internet et les journalistes de reprendre tous en cœur des refrains dignes des chansons tristement célèbres façon Maurice Chevalier.

          La France c’est mon pays, je l’aime et je ne la quitterai jamais sous le poids des menaces de quelques fascistes nostalgiques. Nous sommes du reste très nombreux à veiller à ce que cette histoire honteuse ne se reproduise plus jamais.

          Demandez donc à Mathieu Kassowitz et à nos Justes français honorés dans notre Musée français de l’Holocauste ce qu’ils en pensent !!!

          Nous nous réunissons tous sur ces injustices à combattre 100 pour sang.

          Mais n’oublions pas non plus le développement durable, le réchauffement climatique, les biotechnologies et la génomique, si nous voulons également prévenir l’Homme de...lui-même. Dame Nature ne nous fera pas de cadeau. Un autre vrai combat que nous nous devons de mener une fois encore collectivement si nous désirons le mener à bon port.

          Les solutions seront peut-être dans ces quelques synopsis. C’est ici : http://www.uncsd2012.org/rio20/content/documents/370The %20Future%20We%20Want%2010Jan%20clean.pdf … et c’est à Rio+20 que nous saurons si l’Homme mérite de poursuivre ses plus belles aventures sur « la planète bleue qui nous a été confiée.

          Tous ces combats nous les devons à nos enfants. Et pour qu’ils apprennent aussi que nous ne sommes pas tous des pourris !!!


          Voici la dépêche matinale de l’AFP, publiée sur la "homepage" internet de ORANGE-FranceTelecom, ce 03 janvier 2012 à 22:07 :

          L’entreprise publique a précisé dans un communiqué qu’elle avait donné copie de la "totalité" de ses archives de la Seconde guerre mondiale au Mémorial de la Shoah à Paris, au centre Yad Vashem à Jérusalem et à l’Holocaust Museum à Washington. "Par cette politique d’ouverture et de facilitation de l’accès, destinée à faciliter le travail des chercheurs", la SNCF entend ainsi "renforcer sa démarche de transparence sur le passé de l’entreprise". Interrogé par l’AFP, l’historien André Kaspi, spécialisé de la Seconde guerre mondiale, a salué cette démarche "importante" de la SNCF : pour un historien "tout accès aux archives permet d’écrire une histoire conforme à la réalité". "La SNCF est accusée - à tort sans doute - d’avoir participé la Shoah", a dit M. Kaspi qui s’est interrogé : "La SNCF était-elle suffisamment libre pour dire non aux Allemands et avait-elle les moyens de s’opposer à leurs demandes". Il y a un an, le président de la SNCF Guillaume Pepy avait reconnu les responsabilités de l’entreprise, qui fut "un rouage de la machine nazie d’extermination" en cédant comme lieu de mémoire à la ville de Bobigny (Seine-Saint-Denis) un terrain de la gare d’où sont partis plus de 20.000 juifs vers les camps de la mort en 1943 et 1944. Réquisitionnée par l’Etat Français de Vichy à la demande des autorités d’occupation allemandes, la SNCF a transporté les 76.000 juifs de France dans des wagons de marchandises à travers le pays et vers les camps d’extermination entre 1942 et 1944. En 2011, rappelle l’entreprise publique dans son communiqué, la SNCF a "franchi une nouvelle étape dans cette démarche de transparence en procédant à la numérisation de la totalité des documents d’archives" de la période 1939-1945, "une période clé dans l’histoire et l’identité de la SNCF". "Tous les documents historiques ont été saisis et numérisés. Aucun tri n’a été effectué, pour garantir un accès à la totalité des documents de la période", assure la SNCF. "Pour faciliter le travail des chercheurs", poursuit la SNCF, une copie de ces archives numérisées a été déposée au Mémorial de la Shoah à Paris en décembre 2011, à l’Institut Yad Vashem à Jérusalem en décembre 2011 et à l’Holocaust Museum à Washington en janvier 2012. "Par cette politique d’ouverture et de facilitation de l’accès", la SNCF entend ainsi "renforcer sa démarche de transparence sur le passé de l’entreprise". Lors de la cérémonie du 25 janvier 2011 de transformation en lieu de mémoire de l’ancienne gare de Bobigny, Simone Veil, présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, déportée avec sa famille à Auschwitz-Birkenau en 1944 avait dit au président de la SNCF : "Je vous fais confiance, pour qu’on sache ce qui s’est passé". M. Pepy venait d’évoquer les responsabilités de l’entreprise, qui, bien que "contrainte, réquisitionnée", fut "un rouage de la machine nazie d’extermination". Arno Klarsfeld, avocat de familles de déportés au procès de Maurice Papon, avait affirmé le lendemain que "la SNCF n’est pas responsable des déportations car elle avait été réquisitionnée par les préfets pour les transports à l’intérieur de la France et qu’elle se trouvait ensuite sous l’autorité de la Reichbahn" (chemins de fer du Reich).


          Samedi 4 février 2012 à 06h22mn22s, par Brice (Mouchmoulay@wanadoo.fr)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum4211
      • Merci pour mes grand pères Mr Lipietz, Le samedi 23 septembre 2006 dans l’article "L’insoutenable bonne conscience de la SNCF". vous écrivez :"Quand, par exemple je remercie l’insurrection parisienne qui a libéré ma famille, elle me coupe « Et la SNCF qui a ralenti les trains ! », CE QUI RESTE A DEMONTRER3. C’est limite insultant pour la résistence cheminote...NON ???
        Dimanche 2 mars 2008 à 04h39mn06s, par Lasnier Bernard (blasnier@orange.fr)
        lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2310
        • Cheminots ou SNCF ?

          J’avais écrit : « Quand, par exemple je remercie l’insurrection parisienne qui a libéré ma famille, elle me coupe « Et la SNCF qui a ralenti les trains ! », ce qui reste à démontrer et n’a pas grand chose à voir en l’espèce ! »

          « En l’espèce » visait le fait que mes parents et grands-parents sont restés plusieurs semaines à Drancy, non pas faute de trains (ils en ont vu partir beaucoup, hélas, et notamment un convoi d’enfants dont le souvenir a hanté mon père jusqu’à ses derniers jours, voyez son témoignage bouleversant), mais parce qu’ils avaient de faux certificats de baptême.

          Quant à l’exemplaire résistance des cheminots CONTRE LA SNCF qui participait à la Shoah, aggravant même les ordres de Bousquet qui prescrivait de donner de l’eau (voir justement mon billet du 23 septembre 2006), les travaux des historiens sont hélas concordants. Ils ont établi qu’à l’exception du seul cheminot Juste parmi les Nations, Léon Bronchart, dont je vous invite à lire mon compte-rendu de ses mémoires, et du cas du dernier convoi, cette résistance, qui se fixait (c’est un choix) des objectifs purement militaires, n’a pas cherché à ralentir les « trains de la honte ». Vous pourrez trouver cela aussi bien dans le rapport Bachelier que dans le livre de Hilberg, « La destruction des juifs d’Europe ».

          Vous y lirez par exemple le récit du dernier convoi. Alors que l’ancêtre de la RATP refusait déjà de participer au transport des déportés (que les nazis et la gendarmerie française ont donc fait marcher jusqu’à la gare de Bobigny), c’est l’interprète français-allemand qui essayé de ne pas faire partir le train (en mentant dans sa traduction sur la possibilité de le faire circuler), contre les efforts du chef de gare. Paris s’était déjà libéré… Cependant, sur la ligne, des cheminots ont en effet cherché (enfin !) à « perdre ce train » en l’envoyant sur diverses voies de garage. Mais la SNCF a fait en sorte qu’il arrive à bon port, Auschwitz.

          Encore plus fort : alors que les avants-gardes des troupes venues des débarquements de Normandie et de Provence avaient déjà fait leur jonction dans le Morvan, la SNCF a réussi à faufiler deux trains de déportation venus du Sud-Ouest !

          Toutefois on m’a signalé le cas d’un cadre juif de la Sncf déporté. Là, la solidarité de corps a joué, les consignes de « perdre le train » sont venues, le train est finalement arrivé à Lille où l’homme a pu être sauvé.

          Ma remarque n’a donc rien d’insultant pour la résistance cheminote. Mme Wieviorka ment, et elle le sait. Mais elle a le droit de reprendre la recherche pour chercher à établir que la SNCF "ralentissait les trains de déportés", c’est pourquoi j’ai laissé cette réserve : "ce qui reste à démontrer".


          Dimanche 2 mars 2008 à 08h55mn33s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2312
  • Eurolat. Sncf. Cadeaux.

    J’ai pensé à vous hier en apprenant la décision du conseil d’Etat.

    Quand on lit les "commentaires" sur les sites Internet, on se dit qu’heureusement (ou peut-être malheureusement) le ridicule ne tue pas. En effet, ceux-là même qui affirment qu’il faut laisser enfin le passé là où il est, le font avec une virulence, une "passion" même qui infirme totalement leur affirmation.

    Merci pour les infos sur Eurolat. Suez à la Havane... tiens, tiens. Qu’en pense Mme Mitterrand !

    Conservez précieusement votre certificat de baptême. Il va falloir que je retrouve le mien si je veux éviter les "ennuis". De plus en plus de gens réclament plus de religion dans l’école. Ayant été jusqu’à l’âge de 15 ans à l’école "libre", j’ai acquis la certitude que la place de la religion c’est à l’église, au temple, à la mosquée, à la synagogue. Ou alors, il faudra re-créer une autre vraie école.

    Pour la nouvelle année, je nous souhaite à tous des progrès de la tolérance et le recul des "pensent-pour-nous" et... la santé bien sûr, sans laquelle tout devient plus difficile - et vous êtes bien placé pour le savoir.

    Bonnes fêtes de fin d’année.

    Cordialement


    Samedi 22 décembre 2007 à 01h29mn19s, par Joke (joke@no-log.org)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve281#forum2143
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