La fin du « consensus de Washington ».


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Vendredi 25 avril 2008

Semaine de session plénière à Strasbourg. Débats et votes très intéressants : ça bouge, même à droite. Comme je l’avais indiqué dès le mois de septembre, le consensus de Washington, qui théorisait depuis un quart de siècle le régime libéral-productiviste, commence à être remis en question. C’est évident dans la campagne des primaires américaines, mais aussi en Europe (même si Sarkozy veut faire du Thatcher avec 25 ans de retard). De plus en plus de débats et même de votes prennent en compte l’urgence des multiples crises. Il n’est plus tabou de parler de protectionnisme, ni de planification. L’équation « anti-libéral = anti-capitaliste = écologiste », qui fut toujours fausse, est rompue. Il va bientôt falloir se souvenir qu’une droite capitaliste, populiste et autoritaire peut rechercher des solutions dirigistes, protectionnistes, et même chercher des solutions productivistes aux problèmes écologiques.

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Dès lundi soir, réunion exceptionnelle de la commission Économique et monétaire, pour entendre un représentant de la Banque centrale (BCE), et voter sur le « troisième paquet énergie ».

Le représentant de la BCE, comme d’habitude, dit ses craintes sur la hausse des prix (3,2% au niveau européen, alors que sa cible est 2%) et laisse planer la menace d’un raffermissement des taux d’intérêts, malgré la récession qui s’avance, car il faut éviter les « effets de second tour ». Par là, la BCE désigne la crainte que la hausse des prix déclenche une hausse des salaires qui à son tour se répercute en hausse des prix.

J’interviens pour rappeler qu’au cours de mes longues années de chercheur, on a toujours défini l’inflation comme une spirale enchaînant hausse de tous les prix, hausse de tous les salaires, de tous les profits et des taux d’intérêts, qui se répercute sur la hausse de tous les prix, etc. Or, nous n’assistons à rien de tel. Certains prix augmentent : l’alimentation et l’énergie, mais pour des raisons qui n’ont rien de monétaires. On peut se demander à la rigueur si l’explosion des prix des terrains à bâtir et des logements (la « bulle immobilière ») n’est pas liée à un trop grand laxisme monétaire dans les années précédentes. En tous cas, les prix des produits manufacturés restent plutôt stables, voire baissent (tout le matériel électronique). Malheureusement, l’alimentation et l’énergie sont des biens de première nécessité pour les couches sociales les plus pauvres. Refuser un effet de second tour, c’est-à-dire une hausse des salaires compensant cette hausse des prix de l’alimentation, ça veut dire quoi ? Que les pauvres doivent manger moins ?

Embarras de l’homme de la BCE. Il répond que la meilleure façon d’augmenter le pouvoir d’achat, c’est d’obtenir la baisse des prix. Petits sourires dans l’assistance.

Sur le chaos de la « gouvernance économique de l’Europe », introduite par le traité de Maastricht et soigneusement défendu par la BCE, je suis interviewé par le site de France 3, « Avenue de l’Europe » (c’est en ligne à partir du samedi 26 avril).

On passe aux votes sur le troisième paquet énergie. Il y a cinq directives, deux pour renforcer la séparation entre les réseaux de transport d’électricité et de gaz d’une part, les producteurs et distributeurs de l’autre, une sur l’Agence européenne de l’énergie pour réguler tout ça dont je suis rapporteur, et deux sur les codes régulant gaz et électricité. Les deux premiers votes montrent, comme il fallait s’y attendre, une division dans la droite comme dans le parti socialiste : les oui équivalent presque à la somme non+abstentions. Arrive mon rapport. La présidente socialiste, Pervenche Bérès, interrompt brutalement les votes sous prétexte que la commission en charge à titre principal (celle de l’Industrie) vient d’en faire autant.

Je suis assez fumace car c’est la deuxième fois que ce vote est remis. Et il est remis à un jour où je devais intervenir, à Ljubljana, dans un colloque sur la propriété intellectuelle. Le lendemain, je vais voir Pervenche, elle m’explique que ce délai permettra de limiter les divisions et d’obtenir plus de soutiens à mon rapport parmi les socialistes. Il faut dire que le troisième paquet énergie revient à créer l’ébauche d’un service public européen de l’énergie, avec une certaine capacité planificatrice. Comme je l’ai déjà dit, une partie de la gauche est d’accord avec le retour de la planification, mais ne souhaite pas qu’elle se fasse au niveau européen...

Mais le vent a clairement tourné. Mercredi est voté le financement public du premier service public européen : le réseau de satellites de positionnement Galileo. Jusqu’ici les Européens dépendaient du GPS, système américain (fondamentalement militaire). Puis, pour s’affranchir des USA mais au nom du dogme sacro-saint du recul des investissements publics, un « Galileo privé » avait été lancé. Évidemment, comme ce n’est pas plus rentabilisable qu’Eurotunel, il a échoué. Après de difficiles négociations en Conseil, il a été décidé de le nationaliser, pardon, de le communautariser. « Nationalisation des pertes, privatisation des profits » : on en revient au bon vieux capitalisme monopoliste d’État des années 60, de la période fordiste, mais transféré à l’échelle européenne.

Oui, mais le fordisme, c’était pas seulement les nationalisations, mais surtout de la régulation publique ? Eh bien, le jeudi, est adopté le rapport Radwan (CSU, coordinateur du PPE en Commission économique, un authentique homme de droite !) Ce rapport critique très durement le système de normes comptables imposé aux entreprises européennes… parce que celui-ci est développé par un organisme privé, l’IASCF/IASB basée à Londres ! Pour la quasi-unanimité des députés, la fixation des normes comptables doit être sous le contrôle des législateurs et des régulateurs publics !

++++Biodiversité

Plusieurs autres débats extrêmement intéressants ont lieu cette semaine, certains donnant lieu à des votes.

Il y a d’abord le rapport sur la biodiversité, à la veille de la Conférence des parties à la convention sur la diversité biologique qui doit avoir lieu à Bonn. Quoique suivant l’affaire à divers titre, je ne suis pas impliqué personnellement dans ces débats qui ont lieu essentiellement dans les commissions Environnement et Agriculture. Je suis assez impressionné par la qualité de beaucoup d’interventions, et par la réponse relativement assez ouverte de la représentante de la Commission, Margot Wallström. Vous pouvez trouver le débat ici et le rapport voté là.

Sur la question toute particulière des agrocarburants (où la Commission amorce une marche arrière), les Verts tiennent une conférence de presse (je suis interviewé par Euronews !), où nous réaffirmons notre demande de moratoire sur l’objectif de 10% pour 2020, face à la crise alimentaire mondiale qui se précipite.

Je rappelle que nous sommes absolument pour l’objectif de 5, 75 % de biocarburants en 2010 parce que nous pensons que les ordures ménagères et divers déchets de la biomasse suffisent amplement à tenir cet objectif. Au-delà, le risque est énorme que l’on consacre des terres directement à la culture des carburants, sur des espaces qu’il est indispensable de dédier à la production alimentaire ou à la conservation de la biodiversité. Surtout quand ces terres sont volées par des paramilitaires aux paysans, comme en Colombie, ou rognées sur les forêts primitives de l’Indonésie, derniers refuges des orang-outangs. On ne peut exclure qu’un jour une masse d’investissements dans le développement des fermentateurs (à la place des décharges, des incinérateurs et des épandages de déchets agricoles) permette effectivement d’atteindre ces fameux 10% sans passer par la culture d’agrocarburants, mais il faut d’abord développer ces techniques avant de se fixer un tel objectif.

En ligne de mire aussi les OGM. Souvenons-nous que, s’il y a aujourd’hui un débat français et européen sur les OGM, c’est entre autres parce que des milliers de citoyens, « faucheurs volontaires » anonymes, syndicalistes paysans (José Bové), députés nationaux (Noël Mamère), européens (Gérard Onesta ou moi), militants verts (Gilles Lemaire, Mireille Ferri, Natalie Gandais-Riollet), etc, sont allés sous les grenades des CRS tenter d’arracher ces plants potentiellement dangereux (on le reconnaît aujourd’hui). Beaucoup sont frappés de lourdes amendes. Aidez-les à payer : toutes les nouvelles et instructions sur le site « Sans gène ».

Autre débat très intéressant, préparatoire à la directive « retour », dite « directive de la honte », qui prétend renforcer la protection de l’Europe contre les immigrants sans papiers. La résistance à cette directive est manifestement plus large que celle des Verts (voir la position du groupe ici) et des communistes. Le discours de fin de mandat à la présidence du Conseil européen du président slovène, Danilo Türk, est axé là-dessus. Ce n’est pas sans lien avec le fait qu’une partie du patronat demande, en Europe comme en France, une plus grande ouverture à l’immigration, qui ne se réduit pas forcément à un drainage des cerveaux du Tiers-monde (je vais voir ce week-end les « travailleurs légaux sans papier » qui occupent le FAF-Nettoyage de Villejuif). Affaire à suivre...

++++Eurolat

Vote très intéressant sur l’accord stratégique avec l’Amérique latine (toutes sous-régions confondues). Le texte, bien labouré par les débats d’Eurolat et des délégations relatives aux pays concernés (dont les présidents sont tous de gauche ou écologistes, et ont en face d’eux des pays progressistes) est relativement correct. Il est en particulier beaucoup plus avancé que ce qui se votait encore l’an dernier sur les « accords de libre-échange » : tout accord doit présenter un pilier politique (y compris droit-de-l’hommiste), un pilier coopération-développement, et un volet écologiste à côté du pilier commercial.

Le seul enjeu de ce vote est un amendement déposé par la droite à la demande du président du Pérou Alan Garcia (qui se rapproche de plus en plus des anciens fujimoristes) : il demande que le Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) soit inscrit sur la liste des groupes terroristes. Ca paraît bizarre : même si les spécialistes sont convaincus que le Sentier lumineux (principal groupe terroriste et rival des Tupac) n’est pas encore balayé du Pérou, plus personne n’a entendu parler d’action terroriste du MRTA depuis une dizaine d’années. Sauf que... le MRTA avait été l’acteur principal d’une séquestration dans l’ambassade du Japon, que l’armée avait conclue par un bain de sang général. Classer rétrospectivement le MRTA comme groupe terroriste est une demande de l’armée pour la mettre à l’abri d’accusations de crimes contre les Droits de l’Homme lors de ses actions contre le MRTA.

En réunion de groupe, nous décidons de voter ce texte assez avancé, sauf si l’amendement MRTA est accepté. Il est repoussé en plénière : nous votons donc pour ce texte.

Un texte presque aussi bon est adopté pour la coopération avec les pays du Golfe.

À propos d’Amérique Latine : nous suivons avec un effarement teinté d’une certaine hilarité les développements de l’affrontement entre les uribistes et la justice colombienne. On se souvient de la grave crise institutionnelle ouverte par l’inculpation d’un cousin du Président Avaro Uribe, le sénateur Mario Uribe, pour ses liens avec les paramilitaires. Ayant confiance dans la justice du pays présidé par son cousin, Mario cette semaine se réfugie à l’ambassade du Costa-Rica… qui lui refuse l’asile et le remet à la justice colombienne ! Et c’est pas fini : sur dénonciation de paramilitaires repentis dans le cadre de la loi « Justice et paix », c’est le Président Uribe lui-même et la présidente du Sénat Nancy Patricia Gutierrez qui sont maintenant inquiétés !

Vous vous souvenez de la belle Nancy ? Elle nous avait accueillis dans ce foyer de la « parapolitique » qu’est le Congrès colombien… et en deux minutes je m’y étais fait voler mon appareil photo…

Attention. L’expérience italienne nous a appris à nous méfier des dénonciations de « repentis » dans le cadre d’un processus d’amnistie. Alvaro Uribe et Nancy Patricia Guttierez restent présumés innocents. Mais ces dénonciations font suite à 10 ans d’accusations sur les liens entre les uribistes et le paramilitarisme… La loi Justice et Paix a bien réintégré au cœur de l’État des éléments paramilitaires « détachés » pour assassiner guérilleros, militants des droits de l’homme, syndicalistes ou simples paysans soupçonnés de l’être. Mais elle permet aussi de lever un pan de vérité…

++++UPM

En réunion de groupe, nous commençons le débat sur l’Union de la Méditerranée. On se souvient qu’il s’agit d’un projet sarkozyste, visant à empêcher l’entrée de la Turquie en Europe. Au niveau européen, ce projet a été retoqué, mais du coup, il a relancé la discussion sur le processus « de Barcelone » euro-méditerranéen. Il est question de le relancer en commençant par ses aspects écologiques : protection de la mer Méditerranée, développement de l’énergie solaire, mise en place d’une autoroute navale permettant de détourner le trafic de marchandises vers les voies maritimes et fluviales, etc. Bref, une démarche qui rappelle la Communauté européenne du charbon et de l’acier, mais teintée d’écologie.

J’interviens pour souligner qu’après l’extension de l’Union européenne à l’Est, la pente naturelle sera de poser la question de l’extension de l’Europe vers tout l’ancien espace de l’Empire romain, et que, vue d’Amérique ou d’Asie, la Méditerranée fait déjà partie de « l’Europe ». Je rappelle aussi que beaucoup d’intellectuels démocrates de la rive sud avaient accueilli avec un certain intérêt la proposition de Sarkozy, y voyant l’occasion d’une démocratisation de leurs pays.

Je propose donc de nous fixer pour objectif, au delà de cette CECA écolo, la mise en place d’une Cour des Droits de l’Homme euro méditerranéenne. Mais je souligne que si la paix fut le ciment de la naissance de l’Union européenne (l’Europe des Six de 1957), si la liberté fut le ciment de l’entrée des pays du Sud puis de l’Est (élargissements successifs aux anciens pays fascistes et communistes), la libre circulation des personnes est la seule véritable demande émanant des pays du sud de la Méditerranée, et se heurte pour l’instant à des résistances au Nord. C’est pourquoi la perspective de la libre circulation doit être couplée avec la lutte exigée par le Nord et par les ONG du Sud pour la démocratisation des pays du sud Méditerranée.

Et désormais, comme presque chaque semaine, il me faut dire un mot de la mort d’un de mes « parents spirituels » : Germaine Tillion, morte à St Mandé à 101 ans. Le dernier poilu vient de mourir au Kremlin Bicêtre à 111 ans : le Val de Marne, ça conserve !

Germaine Tillion n’était pas seulement la très grande anthropologue de l’Algérie. Chef du réseau du Musée de l’Homme dans la résistance, déportée à Ravensbrück, elle y avait composé et fait jouer une opérette décrivant avec humour l’horreur du camp ! Puis, pendant ses recherches en Algérie, elle était entrée en contact avec un chef du FLN poutr tenter de négocier des limites au formes inhumaines de combat, même de la part de la lutte de libération algérienne. En somme, ayant connu les deux côtés, elle est l’ancêtre de l’idée que le droit de la guerre civile (le « droit humanitaire international des conflits non-internationaux ») concerne non seulement les forces de répression, mais aussi les guérillas…

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve299

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Forum du blog

Il y a 4 contributions à ce blog.
  • La fin du « consensus de Washington ».

    Sur les biocarburants (mais les Verts disent "agro" voire "nécro" dorénavant http://lesverts.fr/article.php3 ?id_article=3912 ) je recommande cet article de Télos - qui explique que l’explosion actuelle des prix céréaliers ne tient pas encore beaucoup à la concurrence de cette filière, même si ça risque de changer http://www.telos-eu.com/fr/article/les_biocarburants_sont_ils_coupa bles

    Merci pour votre intervention face à la BCE - on aimerait savoir ce qu’il faut faire, en France, pour lutter contre la vie chère : faire remonter les salaires et le SMIC (et certaines catégories de fonctionnaires) ? En tout cas nul doute qu’il y aura du monde dans les défilés du 1er mai...

    PS sur Tchernobyl chez nos voisins européens la commémoration paraît autrement plus importante que chez nous. Qu’en est-il du débat ONU-OMS / ONGs sur le chiffre des victimes ? l’UE a-t-elle une position arrêtée ?


    Samedi 26 avril 2008 à 19h23mn32s, par kawouede (kawouede@mail.ru)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve299#forum2401
  • La fin du « consensus de Washington ».

    A propos de la mise en place d’une Cour des Droits de l’Homme euroméditerranéenne, c’est une idée a priori judicieuse. Il suffirait en fait de négocier la ratification des pays méditerranéens à la convention européenne des droits de l’homme (et aussi de ses protocoles). C’est une cour qui a fait « ses preuves », qui a une jurisprudence bien établie. On pourrait objecter à un éventuel élargissement le risque de blocage futur dans son évolution. On le voit actuellement avec la Russie (elle aussi partie à la convention) qui refuse les réformes introduites par le protocole 14 : sans la ratification de la Russie, la réforme ne peut avoir lieu. A trop vouloir intégrer des pays qui n’ont pas les mêmes pratiques, on perdrait finalement le dynamisme originel pour l’intégration (un peu comme avec l’UE).

    Mais l’idée reste intéressante puisqu’elle offrirait une nouvelle perspective au Conseil de l’Europe et que ça pourrait justifier un meilleur appui (politique et financier) des Etats européens à cette institution (30 millions d’Euros annuels venant de la France, c’est-à-dire quasiment rien). L’expérience de la Turquie montre tout le bénéfice de l’adhésion à la CEDH sur les réformes des pratiques pénales. Ensuite, il faudrait étudier qui sur le pourtour méditerranéen pourrait bien accepter un tel contrôle (qui serait vécu comme une ingérence) : pour le moment, ni Israël (pourtant membre observateur du Conseil de l’Europe), ni l’Egypte, ni la Libye, ni la Tunisie, ni l’Algérie, ni le Maroc...


    Samedi 26 avril 2008 à 17h50mn51s, par Gilles Pradeau
    lien direct : http://lipietz.net/?breve299#forum2400
  • L’équation « anti-libéral = anti-capitaliste = écologiste »...

    (...) Il n’est plus tabou de parler de protectionnisme, ni de planification. L’équation « anti-libéral = anti-capitaliste = écologiste », qui fut toujours fausse, est rompue. (...)

    Un billet réjouissant, notamment en ce qu’il illustre à nouveau ce qui pourrait constituer les frémissements d’(un retour à ?) une planification/régulation à l’échelle européenne (Enfin ! Et si cette néo-planification devait réussir à n’être pas productiviste, ce serait même une première, n’est-ce pas...)...

    (merci Alain)

    ... mais j’aurais besoin d’explicitation sur l’enchaînement cité ci-dessus, pas clair pour moi (désolé).

    (en effet pour l’heure une interprétation possible de cette formulation, à mon sens, consisterait à dire qu’il est ’enfin possible’ d’être écolo sans être ’pro-régulation’ (i.e. ’anti-libéral’). Ce qui à l’évidence n’est pas ton propos par ailleurs...)


    Samedi 26 avril 2008 à 02h35mn34s, par Luc
    lien direct : http://lipietz.net/?breve299#forum2399
    • L’équation « anti-libéral = anti-capitaliste = écologiste »...

      Le libéral-productivisme est le régime qui, dans la transition des années 1980, a succédé au régime « fordiste », le quel avait succédé au régime libéral mis en crise par la Grande Dépression des années 30. Son idéologie est le néo-libéralisme, dit à l’échelle internationale « consensus de Washington."

      Le fordisme était beaucoup moins libéral, dirigiste voire planiste, et souvent protectionniste.

      C’est pourtant contre lui que s’est levé la plus grande grève ouvrière de l’Histoire (celle de mai 68) et qu’a émergé l’écologie politique. D’où les féroces batailles entre les écolos et certaines institutions les plus typiques du fordisme étatique, comme EDF.

      Il était donc absurde d’assimiler, comme il a été fait, « anti-libéralisme » à « anti-capitaliste » (le fordisme des années 1945-1975 était un capitalisme… mais un autre) et surtout à « écologiste » (le fordisme était déjà très polluant, et deux des plus grandes catastrophes écologiques du XXè siècle peuvent être directement imputées à un régime ultra-dirigiste (= contraire d’ultra-libéral) : Tchernobyl et la mer d’Aral.


      Dimanche 27 avril 2008 à 12h24mn29s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve299#forum2402
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