Bilan de campagne. ESS au Québec.


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Samedi 5 mai 2012

Dimanche soir, peut-être, nous serons débarrassés de ce qui fut 5 ans notre honte nationale. Je n’ai plus le droit aujourd’hui d’intervenir dans la campagne, et ne le ferai pas ! Mais bien sûr, j’espère faire la fête dimanche soir…

Cela fait presque un mois que j’ai abandonné ce blog. La campagne de premier tour et Facebook ont absorbé tout mon temps. Mais ce blog est ma « mémoire », et j’aurais tort d’y renoncer avant l’arrivée d’Aloïs…

Cette campagne, je l’ai menée, jusqu’à l’épuisement, pour Eva, jusqu’à l’appel ultime sur mon billet du 21 avril. Le résultat est médiocre. La responsabilité n’en incombe pas à la candidate, dont l’intégrité et le courage ont fait l’admiration de tous. C’est fondamentalement le résultat d’une direction de campagne, et plus largement d’une direction d’EELV, qui a quasiment détruit les espoirs de coopérative politique nés des succès de 2009, bradant les « fondamentaux » de l’écologie politique (crise alimentaire mondiale, partage du travail, économie sociale et solidaire, etc.), et qui a compromis le succès de l’écologie aux législatives par sa gloutonnerie lors du « partage des circonscriptions gagnables », violant tous les principes éthiques du mouvement et les règles adoptées par EELV.

Je présente sur mon site un bilan (cliquer), forcément subjectif, de ce premier tour, de la nouvelle percée du Front National, de l’intérêt et des limites du revival du PCF sous la campagne Mélenchon, et surtout, en détail, de l’échec de la campagne EELV.

Car lundi commence la vraie bataille, celle des législatives. L’écologie politique peut y retrouver toute sa place. A condition que, dans la campagne qui s’ouvre, elle redevienne elle-même.

Entre les deux tours, je réponds à l’invitation de l’économie sociale et solidaire québécoise, par la Caisse d’économie solidaire Desjardins et le Groupe d’Économie Solidaire du Québec. Le jour après la nuit.

L’économie sociale et solidaire est née au Québec bien avant la France, et même avant l’Amérique latine. Lorsque la ministre Martine Aubry m’avait commandé en 1998 le rapport qui allait devenir Pour le Tiers Secteur. L’économie sociale et solidaire : pourquoi ? comment ?, elle m’avait demandé de trouver un nom plus positif que « tiers secteur » que je trainais depuis 1983 et L’audace ou l’enlisement. J’avais proposé le vocable québécois « économie communautaire », Marine Aubry m’avait répondu « Surtout pas, Chevènement nous arracherait les yeux ! ». Hugues Sibille avait proposé ce terme, ESS, que finalement les Québécois ont repris !

La puissance de l’ESS québécoise, son sens de ses responsabilités historiques, sont impressionnants. Ses leaders, les Louis Favreau, les Gérald Larose, les Yves Vaillancourt, les René Lachapelle etc., sont de grands universitaires ou d’ancien dirigeants de la CSN (la Cfdt québécoise). Mais en plus ils contrôlent la Caisse d’économie solidaire (branche des Caisses Desjardins, 15e banque d’Amérique du Nord). Ils ont compris le lien intime qui unit l’économie solidaire et l’écologie politique, et ils ont pris au Québec le leadership sur la préparation de Rio + 20. C’est pourquoi ils m’ont invité à conclure leur colloque commun, Quelle transition écologique de l’économie ?. Ils ont obtenu un cahier spécial « Vers Rio 2012 » du journal Le Devoir (qui joue un peu le rôle du Monde. Vous pouvez obtenir ici ce cahier spécial en pdf et là mon interview dans ce cahier).

La compréhension de ce que signifie « travail communautaire » (terme utilisé en anglais et dans les langues latines partout sauf an France) est si naturellement intime aux Québécois que j’ai du mal à l’expliquer en France. En fait, c’est toute l’activité de la société pour elle-même, à l’exclusion de ce qui est strictement marchand, et de ce qui est « la société politique » au sens de Gramsci, c’est à dire l’État au sens français habituel. Encore que l’activité des autorités locales en fasse plus ou moins partie. Quoique… en fait, en québécois , on ne sera pas choqué de dire que « la communauté fait des propositions à la municipalité ».

Pour celles et ceux qui connaissent un peu le catholicisme, religion qui a cuirassé la résistance nationale des francophones d’Amérique du Nord, il y a là un rapport certain avec la différence entre « clercs » et « laïcs » au sein de l’Église, telle que l’a redéfinie Vatican II. La Communauté, c’est les laïcs dans leur aspect militant, engagé, le « sel de la Terre ». Et en réalité, le Mouvement des caisses Desjardins et toute l’économie sociale « instituée » du Québec, comme Le Devoir lui-même, comme le syndicalisme chrétien, remontent à cette résistance nationaliste québécoise, anti-anglo-saxonne et catholique antimoderniste du début du XXe siècle, mais libérée de ses aspects réactionnaires, dans les années 1960, par la « révolution tranquille » et le concile de Vatican II. Un schéma (13 ?) largement valable pour l’Amérique Latine, alors qu’en France « l’associationnisme ouvrier » du XIXe siècle (dont débattirent Charles Gide et Jean Jaurès) s’est constitué contre l’associationnisme de l’Église, tout autant que contre l’État et le Capital…

Outre le moment fort de l’intervention au colloque commun Quelle transition écologique de l’économie ?, les organisateurs avaient organisé pour moi un séminaire de débat avec une cinquantaine d’animateurs de l’ESS québécoise. Un débat d’une incroyable richesse, comme on en imagine difficilement en France, qui m’a obligé à improviser des réponses à des questions théoriques que je ne me posais plus depuis longtemps. Enfin, René Lachapelle m’a fait le grand plaisir d’une visite dans sa ville, Sorel-Tracy, ancien bastion de la grande industrie québécoise (chantiers navals, première transformation des métaux, mécanique et chimie lourdes) et qui doit aujourd’hui chercher son salut… dans l’économie communautaire.

J’étais logé au cœur du quartier universitaire, plongé dans une grève étudiante qui se prolonge sur la question des droits d’inscription, face au petit Sarkozy local. Enfin, j’ai eu le plaisir de rencontrer, en petite réunion, le candidat EELV (suppléant à une socialiste) de la circonscription des Français à l’étranger… A Montréal, Eva Joly a fait 10 % ! Mais il est trop tard pour raconter, vous pouvez retrouver mes impressions sur mon mur ou ma page facebook.

Vous retrouvez ici (cliquez : le texte de mon intervention et sa video (et la video des autres intervenants aussi d’ailleurs !), les questions débattues au séminaire, le programme de de la visite à Sorel, et la signification de l’ensemble de l’initiative selon Louis Favreau.

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve458

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