Écologie dans les confettis des empires.


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Lundi 14 juillet 2008

Une semaine de colloque à La Réunion : « Changement climatique et perte de biodiversité dans l’Outre-mer européen ». C’est la première conférence organisée par la présidence française du Conseil européen, en collaboration avec la Région réunionnaise et l’UICN (Union mondiale pour la nature. Le site en anglais est plus riche.).

Confettis

Les confettis de l’Empire, ce titre célèbre de J.C. Guillebaud évoquait les quelques îlots restant de l’Empire français. On oublie qu’il n’est pas le seul dans l’Union européenne : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne, le Danemark ont encore des lambeaux de leurs empires. Au total, alors que la superficie de l’Union européenne proprement dite est de 4 377 000 km2, la superficie émergée de « l’Outre-mer européen » est supérieure : 4 452 000 km2 ! Bref, l’Union européenne est plus grande au dehors qu’au dedans de l’Europe géographique.

Pas de panique. La densité de cette Europe d’Outre-mer est d’un habitant au km2 (113 pour l’Union européenne), et il s’agit surtout des deux quartiers d’Antarctique du Royaume-Uni et de la France, et du Groenland danois.

La nature juridique des relations de ces confettis avec l’Union est variable. Il y a 7 Régions Ultra-Périphériques (les 4 départements français d’Outre-mer : Martinique , Guadeloupe, Réunion et Guyane, les îles Canaries, qui font partie de l’Espagne, et les îles portugaises des Açores et Madère). Tout le reste forme les Pays et Territoires d’Outre-Mer. Sont des PTOM : le Groenland, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, etc. Les RUP font partie de l’Union européenne, c’est-à-dire que ses directives s’y appliquent. Les PTOM sont seulement associés, via leur liens avec leurs métropoles d’origine, mais cette association est prévue dans les traités.

Un coup d’oeil sur la carte montre que RUP et PTOM s’étendent du Groenland à l’Antarctique, en passant par l’Amazonie et les îles de l’Atlantique Nord et Sud, des Caraïbes, de l’Océan indien, du Pacifique. Soit un immense échantillon des situations écologiques de la planète Terre, les îles attribuant en outre à l’Union européenne un immense territoire maritime, et notamment la plus grande partie des coraux du monde. Un régal !

Bien sûr, c’est dans les PTOM et les RUP que l’on constate la plus forte interaction entre la crise climatique et la crise de la biodiversité (comme dans les pays de la coopération, tels les ACP, sur lesquels j’avais pris l’initiative d’un colloque). Lors de la séance inaugurale, la ministre des finances du Groenland a beau jeu de rappeler le sort des ours blancs de son pays qui subissent la fonte de leur territoire, la banquise... Mais on se souvient aussi, depuis un fameux voyage de Dominique Voynet, que les coups de chaud que subit la planète de plus en plus fréquemment font dépérir et blanchir les coraux, dont le squelette est envahi par des algues toxiques pour les poissons et les humains qui les pêchent. Bref, l’Europe d’Outre-mer est un véritable laboratoire pour les études et la mise au point d’une adaptation à la grande crise écologique du 21e siècle.

GERRI

J’ai dit « adaptation », parce qu’évidemment tous les efforts qui pourraient être faits sur ces territoires finalement peu peuplés ne feront pas grand chose au changement climatique. En revanche, ils subiront de plein fouet les erreurs anciennes et nouvelles de l’Europe, des États-Unis, de la Chine, de l’Inde... Il s’agit donc surtout d’y sauver la biodiversité malgré un changement climatique qui ne dépend pas d’eux.

Et pourtant ! Je suis stupéfait de constater pendant tout le séjour l’énorme évolution des esprits par rapport à ma dernière visite à La Réunion, fin 2003. Le vieux Parti communiste réunionnais (PCR) ayant perdu ses références marxistes (mais les rues des villages de l’île gardent la toponymie des villes communistes : avenue Karl Marx, rue Jacques Duclos...), peut comme en France se transformer en ex-communisme municipal gestionnaire et clientéliste. Mais il peut aussi, comme en Catalogne, adopter, plus ou moins verbalement ou réellement, le tournant écologiste. Et c’est le cas : le projet GERRI (Grenelle de l’Environnement à la Réunion : Réussir l’Innovation en français, Green Energy Revolution-Reunion Island en anglais) se promet rien moins que de faire de l’île « la vision grandeur nature, mais échelle réduite, de la société de demain », avec comme objectif, par exemple, zéro % d’énergie fossile d’ici 2025.

Et c’est avec étonnement que j’entends les fonctionnaires français, ceux des grands corps et des grandes entreprises nationales, égrener tout ce qui dans mon discours en 2003 passait pour vaguement utopiste : faire de La Réunion un laboratoire des économies d’énergie et des énergies renouvelables, en précisant bien que l’objectif zéro % ne peut être atteint que par 2/3 d’économies d’énergie et 1/3 d’énergies renouvelables.

Énergie

J’assiste ainsi à une plénière, et « modère » un atelier sur l’énergie. Je suis impressionné par le niveau de technicité et d’engagement atteint par les responsables. Non seulement les représentants de l’EDF et de l’Ademe expliquent qu’il faut commencer par aller jusqu’au bout dans les économies d’énergie avant de songer aux énergies renouvelables (mais cela justifie-t-il qu’EDF construise en ce moment une nouvelle centrale thermique ?), mais encore, dans les renouvelables, ils insistent sur le fait que le gisement des déchets reste à exploiter !

En gros, les ingénieurs distinguent les énergies renouvelables « garanties », celles que l’on peut obtenir immédiatement 8000 heures par an : barrages remplis, biomasse à faire brûler (et c’est là qu’ils rangent le gisement des déchets), et les énergies « fatales et intermittentes », celles que la nature nous offre ou non, selon qu’il fait jour ou nuit, et selon ses caprices, indépendamment de la demande : vent dans les éoliennes, éclairage sur les panneaux solaires. Or, sur un réseau électrique, il faut à chaque seconde équilibrer l’offre et la demande. L’EDF se fixe donc pour règle qu’il ne doit pas y avoir plus de 30% d’énergie fatale, quoiqu’une bonne gestion permettrait de passer à 40%. Il faut donc augmenter les énergies renouvelables garanties, et se pose évidemment la question de la canne à sucre. Mais aussi innover, en captant l’énergie venant de la houle et des courants de cette île tournée vers les mers australes, et l’océanothermie (c’est-à-dire les pompes à chaleur entre l’eau froide des profondeurs et l’eau chaude de surface), ainsi que le solaire thermodynamique. Contrairement à ce que je croyais, les dispositifs pour capter l’énergie de la houle et des courants sont déjà très avancés.

En ce qui concerne les économies d’énergie, l’île a formidablement progressé dans l’équipement en chauffe-eaux solaires, et on est passé des déclarations d’intention en faveur d’un tram-train faisant le tour des parties les plus peuplées de l’île à des plans, à une enquête d’utilité publique de plus de mille pages.

Pourquoi cette disponiblité des ingénieurs d’Etat ? Effet de mode ? Ils donnent une raison bien technique : « Il y a 3 paradigmes concurrents à la solution de la crise de l’énergie-climat. Le nucléaire, le couple charbon-capture du carbone (qui est le plus probable, car il reste du charbon pour deux siècles), et le couple économies-renouvelables. Or les deux premiers exigent de grosses centrales. Et dans une île, une grosse unité est un gros risque. Quand une tranche nucléaire tombe en panne en Europe, on perd 0,03 % de la puissance installée. Quand une centrale thermique tombe en panne dans un DOM, on peut perdre 20 %. Alors à La Réunion, il n’y a que la 3ème solution. »

Ça tombe bien , c’est la nôtre…

Biodiversité

Le colloque, qui a lieu à Saint-Denis, la capitale économique, se déplace pour une journée à la Plaine des Palmistes, en plein cœur de l’île, où l’on inaugure le Parc National de La Réunion.

L’inauguration du Parc

La matinée est consacrée à la visite de la forêt primaire de Bébour-Bélouve. Ce sont les cadres de l’ONF qui la gèrent et qui nous accompagnent. La « révolution écologiste » a touché l’ONF, mais n’a manifestement pas changé son esprit systématique. La forêt est encore bordée de plantations de sapins, importés du Japon dans les années 50, dont on constate bien des années après qu’ils ne fournissent pas du tout le même bois étant donné les tonnes d’eau qui les arrosent ici (8 à 15 m par an).

Le pin japonais, remords de l’ONF

Converti de l’exploitation forestière à la conservation de la biodiversité, l’ONF fait désormais une chasse acharnée aux espèces exotiques quand elles risquent de devenir invasives. C’est parfaitement justifié quand il s’agit de cette horreur qu’est la vigne marron (une espèce de ronce à grosses feuilles qui peut tout recouvrir si on n’y prend garde). Mais à travers la forêt, on nous montre avec dégoût les traces d’hortensias éradiqués, on montre du doigt les fuschias, bégonias et goyaviers, espèces « non indigènes ».

Comme toutes les plantes sont venues depuis les continents voisins sur cette île volcanique née du fond de l’océan il y a « seulement » 2,5 millions d’années, je me hasarde à demander ce qui permet de dire qu’une plante est « indigène ».

La végétation très primitive du volcan

En fait, est indigène ce qui était là avant la colonisation, au 17e siècle ! Comme il n’y avait pas de peuple indigène, la situation est très différente des îles méditerranéennes comme la Crête, où les animaux sont arrivés avec les hommes bien avant l’âge de Bronze... et ont évolué par marronage vers des espèces sauvages, comme le kri-kri crétois.

Démocratie

L’après-midi, j’anime avec ma collègue Madeleine Jouye de Grandmaison, eurodéputée GUE de la Martinique, un débat sur l’implication de la société civile. Je souligne d’entrée qu’il faut bien distinguer la société civile inorganisée (les gens), la société civile organisée de type traditionnel (les peuples indigènes, avec leurs cabildes, caciques etc), et la société civile organisée moderne (les ONG).

Débat sur l’ESS

Dans la salle, il y a surtout des militants des ces ONG de protection de la nature, c’est-à-dire du 3e type. Très significatif est l’exposé d’un représentant de la Guyane française qui explique que la société civile traditionnelle n’a pas du tout su s’impliquer dans la création du Parc naturel... Les Verts de Guyane savent bien qu’elle s’y est même plutôt opposée au départ ! mais en réalité, elle a fini par apprendre à critiquer les insuffisances de protection du Parc contre les orpailleurs… donc à jouer le jeu du Parc.

À propos des Verts…

En 2003, je n’avais pas été très convaincu par les Verts réunionnais, qui, faute de représentativité, s’alliaient avec le Parti socialiste contre le PCR. Je leur avais dit comprendre qu’on s’allie avec plus grand que soi quand on ne peut pas être autonome, mais alors autant s’allier avec celui qui peut gagner, pour mener des politiques publiques ! Eh bien, cette tactique semble aujourd’hui mise en pratique (sauf à Saint-Denis).

Les Verts ont une conseillère régionale dans un rapport constructif avec le PCR dominant. Surtout, une alliance PCR-Verts a conquis Saint-Paul, troisième ville de l’île, détenue par la droite depuis 50 ans. Nous y tenons une réunion le soir. Je suis impressionné par le dynamisme de ses militants, notamment par Raliba Dubois, hyper dynamique, et qui cumule à la ville comme à l’agglomération des délégations extrêmement importantes (écoles, transports, etc), tandis que ses amis tiennent l’environnement et l’écotourisme.

Autre débat très suivi et sympathique à Saint-Denis avec le groupe « Là-bas si j’y suis », sur l’économie sociale et solidaire.

Le pin japonais, remords de l’ONF

Tout cela est très prometteur pour les prochaines élections européennes et régionales…

Adresse de cette page : http://lipietz.net/?breve310

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Forum du blog

Il y a 10 contributions à ce blog.
  • Réformes constitutionnnelles lillégitimes

    Il y a quelques temps, j’avais critiqué ici le principe de la ratification parlementaire du traité constitutionnel européen, en expliquant que les élus ne devaient pas modifier unilatéralement le contrat qu’ils ont reçu du peuple.

    Seul le peuple doit pouvoir modifier le mandat qu’il donne à ses élus.

    La récente tartufferie de la révision constitutionnelle française illustre mes propos à point nommé.

    - D’abord la date, choisie avant le renouvellement d’un tieurs des sénateur, qui aurait pu mettre en question la majorité des 3/5.
    - Ensuite la méthode : tous les moyens ont étés bons pour arracher les quelques votes "oui" manquants. Tu votes "oui" et je maintiens ta garnison. Tu votes "non" : je redécoupe ta circonscription etc... etc....

    Tout comme le traité de Lisbonne, la réforme constitutionnelle ne peut-être légitime qu’après ratification directe par les citoyens. Les faits nous en apportent la triste confirmation.


    Jeudi 31 juillet 2008 à 18h10mn08s, par JP (jeanpierre.branchard%neuf.fr)
    lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2549
    • Réformes constitutionnnelles lillégitimes

      En matière européenne, les Verts sont pour un referendum européen.


      Samedi 16 août 2008 à 13h06mn42s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2552
  • Marie-Hélène Aubert démissionne ?

    Merci pour tout ça. Un article dans le monde également qui, tant qu’il ne s’agit pas de la vie politique des verts, est assez bon dans l’info écolo maintenant. A ce propos, je lis incidemment que Marie-Hélène Aubert démissione des verts. Après Benhamias, ça fait plus grand monde au parlement européen officiellement chez les Verts... Pourquoi cette démission ? Comment ça marche, concrètement, votre travail, sans eux ? La note de Sinople est éliptique. C’est quoi ces grandes manoeuvres pour l’Assemblée Générale ? "on" veut pas la reconduire aux prochaines élections européennes ? Bon, je suis naïf et vous ne répondrez pas là-dessus. Mais le parti est si petit, on aimerait qu’il y ait des carrières cohérentes, et moins de chasse aux sorcières dignes des plus riches heures du PC (examiner l’historique des articles consacrés aux personnalités vertes sur Wikipédia est assez édifiant : que des luttes intra-vertes sanguinolantes... misère). Plus les structures de pouvoir sont étroites, plus les luttes y sont féroces. Et vous, comment vivez-vous cela ? etes-vous un peu "protégé" par la nature de votre mandat ?


    Mercredi 16 juillet 2008 à 04h37mn40s
    lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2535
    • Marie-Hélène Aubert démissionne ?

      Le départ de MH Aubert est une seconde défection sur nos 6 eurodéputés. Il était imprévisible (à moins de considérer que son appel avec JL Bennahmias et Marie Anne Isler Béguin en faveur d’une candidature Hulot, alors que les Verts avaient choisi Domnique Voynet, en ait été le prodrome).

      Je le vis douloureusement mais ne suis pas retourné au Parlement depuis cette défection. Les problèmes que cela pose pour le financement des Verts et de Sinople sont graves. JLB et MH A restent membres du groupe Vert . Il y a une différence entre eux : JLB, important cumulard, ne fait pas grand chose pour les Verts au PE alors qu’il est le représentant français dans la Commission sociale. MH A est très active en agriculture et pêche.

      Son départ peut en effet être interprété comme la tentative de former une nouvelle orga écologiste qui négocierait une union pour les prochaines élections européennes où elle retrouverait sa place, mais je vous en laisse la responsabilité ;-)


      Mercredi 16 juillet 2008 à 09h59mn14s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2536
  • Écologie dans les confettis des empires.

    La question est : peut-on faire confiance aux hauts fonctionnaires pour appliquer notre vision du développement de demain ? Ne sont-ils pas en train de reprendre le discours borlo-présidentiel parce qu’il est de rigueur désormais ?

    J’ai les plus grands doutes envers l’approche technocratique non qu’elle se plante toujours mais
    1) c’est elle au fond qui permet les trahisons des principes, au nom d’une cause supérieure (type Jouyet, Kouchner - qui servent aussi d’abord leur propre carrière, sans pouvoir l’admettre bien entendu), qui minent la démocratie
    2) faute d’association de la base elle apporte souvent incompréhensions et déceptions. La panne de la construction européenne (pour ne pas dire le néant qu’on ressent à la base, désormais, sur ce sujet) y est largement liée.

    Voir aussi la gestion municipale du PS parisien désormais (privatisation d’une partie des services, dont Vélib’, construction de tours et de nouveaux bureaux au détriment d’une autre politique de la ville mais "HQE" (sic), etc.)

    Bref, je crois que notre société est malade de ses élites même si je connais d’excellents polytechniciens ;-)


    Mardi 15 juillet 2008 à 10h27mn22s, par kawouede
    lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2534
    • Écologie dans les confettis des empires.

      Curieux cette épidémie de « la France malade de ses élites ». Pourriez-vous me dire à quel moment on n’est plus « élite » ? Bac -2 ? Syndiqué non délégué ? militant de base ? A partir de quel niveau de « non-élitude » a-t-on un jugement plus sûr sur l’Europe (pour Maastricht et contre le TCE), se défie-t-on des Vélib-Decaux, et des plans d’Edf pour l’autonomie énergétique de la Réunion ? Vite, vite, que je désapprenne ce que j’ai appris et que je devienne enfin un député qui ne rend pas la France malade !

      Ah mais non.. Peut-être que devenir député fait de vous une élite ? Mézalor comment faire ? abolir les élections ? nommer un peintre en bâtiment « conducteur du Peuple » ?

      Il y a des problèmes avec les ingénieurs d’Etat, les « grands commis ». Je les connais, j’en suis. Ils sont les derniers représentants de l’idée de service public fondé sur la Révolution Scientifique et Technique (l’idéologie PCF des années 50, même s’ils l’ont vécue comme gaullistes, mendésistes ou socialistes). Ils ont une forte déviation technocratique que je combats en tant que vert.

      S’il faut « moderniser », ils modernisent en rasant (ou en bétonnant). S’il faut « conserver » ils conservent en éradiquant les goyaviers, hortensias et fushias d’une foret « primitive ». Ils n’ont pas compris ce que dit Gilles Clément des plantes nomades (même à la Réunion, où tous les végétaux sont venus « en avion », sur les pattes des oiseaux).

      Donc l’action des anciens élèves devenus écolos, comme prof et conférencier dans les écoles qui forment les jeunes générations d’ingénieurs, urbanistes ou architectes, est décisive et très délicate : il faut s’appuyer sur leurs idéologie de service public et faire évoluer leur conception du « bien commun ».

      Si je suis devenu écolo, c’est qu’un prof d’Agro nommé René Dumont est venu nous faire une conférence à l’X.

      J’ai toujours pensé (et écrit) que les écolos étaient les authentiques héritiers des reconstructeurs mendésistes, simplement, le service qu’ils voulaient rendre au public n’était plus le même. Et pas de la même façon. Avez vous réfléchi pourquoi un des onglets de ce billet de blog s’appelle « Démocratie » ? Avez-vous lu ce que j’y dit ?


      Mercredi 16 juillet 2008 à 10h13mn02s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
      lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2537
      • Écologie dans les confettis des empires.

        "Si je suis devenu écolo, c’est qu’un prof d’Agro nommé René Dumont est venu nous faire une conférence à l’X."

        tiens, à ce propos, quelle est votre position et celles des Verts français (voire européens) sur un des thèmes chers à Dumont, à savoir le controle demographique. De ce que j’ai lu sur Dumont, il se rendait compte que la population d’un pays ne peut pas constamment croitre, à superficie constante, sans créer de grave problèmes écologiques : reduction de l’espace diponible par habitant et pour les autres espèces animales et végétales, pression grandissante sur la production agricole essentiellement productiviste, artificialisation du territoire ... etc ... Or la population française ne cesse d’augmenter. Et ce dont il parlait c’est exactement ce qui se passe actuellement.

        quel est pour vous et pour les Verts sur ce sujet ? Pensez vous qu’il faille fixer des objectifs de densité de population (hab/km2) en fonction des ressources disponibles (mais pas infinies !) ? ou faut il "laisser faire" car "plus on est de fous plus on rit" ? Je n’ai pas souvenir que le programmes des Verts traite de ce sujet pourtant essentiel si l’on souhaite batir une société écologique et soutenable.


        Vendredi 18 juillet 2008 à 03h20mn57s, par Michel
        lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2538
        • Transition démographique

          Les Verts Français se sont toujours battus pour le droit des femmes à la contraception et l’avortement. Au PE, cela a obligé à des négociations compliquées quand nous devions faire alliance avec le seul PPE contre le clonage humain (depuis cette mandature , c’est moins compliqué, la Gue étant venue sur notre position).

          Dumont annonçait (sur l’exemple du Kerala comparé aux autres Etats de l’Inde) que la transition démographique (vers « peu d’enfants vivant longtemps ») dépendait d’abord du niveau d’éducation des filles. Ce qui s’est confirmé.

          En 1992 on estimait que la transition démographique planétaire se stabiliserait à 10 milliards de terriens. Aujourd’hui on parle plutôt de 9 milliards (transition plus rapide plus SIDA qui fait baisser la population africaine) ce qui en effet laisse « plus de place » à chacun !

          Mais les Verts se battent plutôt pour réduire l’empreinte écologique de chacun que pour diminuer la population.

          La population française augmente :

          1. « naturellement » : il semble que nous soyons entre 2 et 2,1 enfants par femme (descendance finale la plus haute d’Europe), soit juste en dessous du renouvellement des générations, mais le nombre de femmes en age de procréer continue à augmenter. Le taux de croissance est dérisoire par rapport même aux objectifs post-Kyoto. Respecter le code de la route suffirait à effacer cette augmentation !

          2. Par migration. Aucun effet sur la crise écologique mondiale (simple déplacement du lieu où l’on respire)… sauf si l’intégration est réussie (un enfant nigérien au Niger a une emprunte écologique 50 fois moindre qu’un enfant des USA, donc environ 25 fois plus faible que s’il vient vivre à la française. Mais il a plus de 20 fois plus de chance de mourir avant l’age de 5 ans et donc sa mère aura tendance a en avoir plus).


          Samedi 19 juillet 2008 à 05h00mn09s, par Alain Lipietz (alain@lipietz.net)
          lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2539
          • Démographie

            le point de vue d’ Albert Jacquard sur la question de la surpopulation mondiale rejoint les idées de René Dumont et des Ecolos ; voir la vidéo :
            http://archives.radio-canada.ca/sciences_technologies/sciences_naturelles/clips/12972/


            Samedi 19 juillet 2008 à 06h00mn25s, par Ivan
            lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2540
          • Transition démographique

            Merci de votre réponse.

            La transition demographique (TD) traite essentiellement de la vitesse d’acroissement (dans le cas de ressources disponibles, ce qui ne sera bientôt plus le cas), elle ne met pas en perspective la population totale avec les ressources. Si d’ici 2050, on est 9 milliards (hypothèse TD, ça fera une augmentation de 50% environ. Si on arrive (revons un peu) a réduire l’emprunte écologique de chaque personne de 50%, ça fait qu’en 2050 on en sera au meme point qu’aujourd’hui ! Vous pensez sérieusement que c’est une solution viable ? Cette question s’applique au monde, comme plus localement à la France.

            Niger : le niger a une population qui augmente de 3% par an environ (!), ce qui fait elle aura doublé d’ici 2025, alors que le pays subit déjà aujourd’hui un deboisement massif (et l’avancée correspondante du désert) rien que pour mettre du bois sous la casserole. Vous pensez que la simple education des filles (necessaire, certes mais pas suffisante) suffira à stopper cette dramatique tendance à si court terme ? C’est triste à dire, mais le Niger se suicide...

            France (Europe) : vous expliquez les causes de l’augmentation, ma question se portait sur les objectifs, donc sur une vision politique. La france a environ 110 hab/km2. Sans contrainte legislative, cette population va augmenter alors que les ressources diminuent. Pensez vous que les femmes, les hommes et les enfants (ceux qui sont en bas age au moment où j’ecris ce message, vos petits enfants, par exemple) de ce pays vivront plus heureux car ils seront plus nombreux ? Pensez vous qu’ils auront tout simplement de quoi manger si on retrouve en penurie de petrole (sur lequel l’agriculture est entièrement basée) ? Pensez vous, dans l’incertitude totale quant à notre avenir dans laquelle nous nous trouvons, qu’il vaut mieux laisser la population augmenter pour, inévitablement, se trouver plus nombreux dans le petrin ?

            Le choix de l’avortement, la contraception, le planing familial, l’education à la sexualité sont de bonnes choses. Dans un monde (une société humaine) qui arrive à ses limites physiques* c’est plus qu’insuffisant. Sans controle démographique, on arrivera certes à une stabilisation, voire à une diminuation probable de l’humanité mais ce sera par manque de ressources. ça c’est le scénario catastrophe et on y va tout droit, le Niger avec une avance sur nous...

            Et tout ça sans même parler de l’evolution climatique...!

            * Cochet en pole position pour la candidature des Verts français à la présidentielle ?


            Dimanche 20 juillet 2008 à 06h24mn39s, par Michel
            lien direct : http://lipietz.net/?breve310#forum2542
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