jeudi 16 septembre 2021

















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par Alain Lipietz | 5 septembre 2021

Pourquoi je soutiens Yannick Jadot

Chères amies, chers amis,

Je vous invite à participer à la primaire des écologistes (EELV, Génération.s, Génération-écologie, ...)

Personnellement, je soutiens Yannick Jadot à cette primaire.

J’ai signé ce texte qui résume son parcours, ses engagements, je vous invite à le lire pour faire justice des calomnies de celles et ceux qui le dénigrent, et n’ont pas fait le dixième de ce qu’il a déjà accompli . Mais permettez-moi quelques mots plus personnels.

J’ai la plus grande estime pour Éric Piolle et Sandrine Rousseau. Je me sens très proche des déclarations d’Éric sur la nécessaire spiritualité agnostique de l’écologie. J’admire ses réalisations dans sa ville, Grenoble. Sandrine, j’étais son directeur de thèse en économie écologiste. Et elle m’a offert toute son amitié en soutien quand, candidat présidentiel élu par les Verts, j’ai été victime d’un lynchage médiatique et lâché par tant d’autres dirigeants. Mais l’amitié et le respect doivent passer après la possibilité de « gagner » l’élection, face à la toute-urgence écologique.

Or, ayant été moi-même élu candidat vert à la Présidence de la République dans une primaire, il y a 20 ans, je sais la différence entre « meilleur candidat aux yeux des écologistes » et "meilleur candidat écologiste pour les électeurs". Yannick Jadot est le seul qui sera perçu comme un "candidat pour gagner", et pas seulement pour "expliquer". Parce que son image d’écolo autonome et associatif transcende les vieux clivages. Et cette fois il faut gagner. Les apocalypses de cet été, le 6e rapport du GIEC ont montré que nous passons de « l’urgence écologique » à la « toute-urgence écologique ». C’est MAINTENANT. Et lui seul peut rallier celles st ceux qui, déçu du PS puis de Macron, veulent revenir au camp progressiste, mais par l’écologie. Celles et ceux qui ne croient plus aux belles envolées de JL Mélenchon. Celles et ceux, aujourd’hui majoritaires, qui pensent que l’ancien clivage droite-gauche est dépassé.

Yannick, je l’ai rencontré quand j’étais rapporteur de la directive sur la responsabilité civile des entreprises en matières environnementales au Parlement européen. Il représentait alors, en tant que Greenpeace, le « G8 environnement », la coordination de toutes les organisations européennes de défense de l’environnement. C’est un homme de dossiers hyper-compétent, de dimension européenne, négociant depuis plus de dix ans, en tant qu’eurodéputé, avec toutes les forces politiques d’Europe, à commencer par les Grünen et le SPD allemands, qui accéderont probablement au pouvoir cet automne. Or représenter la France devant ses partenaires est bien le métier de base d’un Président de la République.

Mais l’expérience internationale de Yannick fut d’abord celle d’un homme de terrain, auprès des déshérités de la Planète : développement rural au Burkina, au Bangladesh, dans la foulée de René Dumont, à l’âge où tant de diplômés du même âge font directement carrière sous les lambris dorés de la République ou dans le staff des multinationales. Puis ce fut Solagral (Solidarité agro-alimentaire). Yannick Jadot est un écologiste qui se souvient que la faim dans le monde est aussi grave que le dérèglement climatique. (Un enfant de moins de 15 ans meurt de faim toutes les 5 secondes).

Puis ce fut Greenpeace. Organisateur des campagnes de cette ONG, il a montré sa résolution et son sang-froid. Son « radicalisme écologiste » ne se paie pas de mots. Il a par exemple tenté de débarquer à l’Ile-Longue (la base des sous-marins nucléaire) à bord d’un Zodiac pour dénoncer les dangers du nucléaire civil et militaire français. Venu nous soutenir contre la décharge sauvage des Haute-Bruyères, à Villejuif, il en a compris en quelque instants les enjeux, impressionnant les militants des autres partis. Et quand tant d’autres, qui furent dans leur jeunesse de très bons, très "radicaux" militants écologistes, ont eux aussi rallié les lambris dorés, lui a "tenu bon", fidèle à son idéal et mûri dans son sens pratique.

Certains m’objectent « Non, on ne peut pas gagner, donc votons pour celle ou celui qui présente le plus radicalement les thèses des Verts (ou : le plus à gauche possible) ». Je pense que même si l’attitude actuelle des partenaires potentiels (PCF, LFI, PS) n’a rien d’encourageant et semble promettre une nouvelle élimination au premier tour, il existe à la fois une légitimité et un « trou de souris » vers le second tour pour un candidat écologiste représentant toutes les gauches. Souvenons-nous des sondages des européennes : partie de 4,5% dans la moyenne des sondages, largement dominée par ceux du PS et de LFI, la « wonder liste » de Y. Jadot a terminé à 13,5 %, deux fois plus que celles-ci.

Et, avec l’aggravation de la crise, le vent tourne en faveur des écologistes. Cette fois Yannick démarre à 11% (sondage Ipsos fin aout). Des listes conduites par des écologistes ont emporté les plus grandes métropoles, Lyon, Marseille, Strasbourg, Bordeaux (et presque Lille), des villes moyennes (Besançon, Poitiers, Annecy...), quantité de bourgs et de villages. Face aux présidents de régions sortant de droite, les listes écologistes sont partout arrivées en tête au premier tour : l’écologie rassemble.

Une dynamique rassembleuse peut s’enclencher autour d’un bon candidat. Et de toutes façons, le score écologiste pèsera sur les politiques publiques, et marquera un point d’appui pour toutes les élections suivantes, à commencer par le législatives.

Alors n’hésitez pas : participez à la Primaire de l’écologie pour désigner le candidat commun de EELV, de Génération.s, de Génération-écologie, du MDO, de l’AEI. Il vous en coutera une participation aux frais de... 2 euros.

Inscrivez-vous avant le 12 septembre, 17 h : c’est là

Vous recevrez un code secret, le 1er tour du vote commencera le 16 septembre, exclusivement par internet.

Plus de détails (projet, candidats, organisations participantes...) : ici.

Toutes mes amitiés !
Alain Lipietz




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