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Né en 1983 aux E.A.U, je me suis installé en Tunisie suite à la guerre du Golfe, puis en Jordanie à 11 ans pour être plus proche de mon père rentré en Palestine. En 1996, j’ai pu, enfin, revenir à ma terre. Je vivais à Ramallah et étudiais à Jérusalem-Ouest, au Lycée Français de Jérusalem. Ce lycée avait une caractéristique exceptionnelle, la majorité des professeurs étaient Israéliens et la majorité des élèves étaient Palestiniens.

(art. 1269).


par Majed Bamya | 31 mars 2004

Témoignage
Palestinien membre de l’Union Générale des Etudiants de Palestine
Né en 1983 aux E.A.U, je me suis installé en Tunisie suite à la guerre du Golfe, puis en Jordanie à 11 ans pour être plus proche de mon père rentré en Palestine. En 1996, j’ai pu, enfin, revenir à ma terre. Je vivais à Ramallah et étudiais à Jérusalem-Ouest, au Lycée Français de Jérusalem. Ce lycée avait une caractéristique exceptionnelle, la majorité des professeurs étaient Israéliens et la majorité des élèves étaient Palestiniens.

Cette expérience m’a formé, confiant qu’une paix est à le fois possible et vitale et que la coexistence est porteuse d’avenir et de vie. En 2001, un an après le début de la deuxième Intifada, ayant obtenu mon bac, je suis venu en France pour effectuer mes études universitaires. Aujourd’hui je prépare une licence en Droit et je suis secrétaire général de l’Union Générale des Etudiants de Palestine (GUPS), unité Paris.

Nous ne sommes pas venus vous offrir une illusion ou un rêve inaccessible mais bel et bien une réalité alternative. Nous sommes venus vous dire que nous ne sommes pas condamnés à la guerre, que la paix est possible.

Il y a un sujet qui me préoccupe, c’est la montée du communautarisme. J’ai entendu cette phrase incroyable : « il est normal que les juifs soutiennent Israël et que les musulmans soutiennent la Palestine. » Il ne s’agit pas d’un conflit religieux mais d’un conflit national, pour mettre fin à l’occupation. Aujourd’hui vous avez la preuve que ce combat fédère des personnes de toutes les religions, de toutes les nationalités, mais surtout il rassemble des Israéliens et des Palestiniens qui rêvent de paix. Chacun a donc un choix, il ne s’agit pas d’un combat entre deux camps mais entre deux visions. Nous sommes des êtres humains dotés de raison, nous ne pouvons laisser notre religion, notre nationalité ou notre race nous dicter nos choix, c’est le rôle de notre conscience et il faut la laisser s’exprimer.
Ces dernières années nous avons souvent entendu parler de ce rêve d’un nouveau Moyen-Orient. Le nouveau Moyen-Orient commence par la libération de la Palestine et non pas par l’occupation de l’Irak.

Certains nous demandent de choisir entre la paix et le justice. Oublier la justice pour sauver la paix, ou faire la guerre pour sauver la justice. Nous ne ferons ni l’un, ni l’autre, car accepter une paix à n’importe quel prix serait trahir les morts et faire la guerre encore une fois serait trahir les vivants, les condamner à une nouvelle mort, plus absurde, plus destructrice.

La déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 énonce 4 droits naturels et imprescriptibles : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. Nous avons été privé de notre liberté, l’occupant a démoli nos maisons et envahit notre intimité, notre sécurité est constamment menacée et on voudrait nous faire renoncer à notre droit de résister. Non, nous allons continuer à résister, et aujourd’hui cette réunion nous permet de faire entendre une autre voix ,elle est une nouvelle façon de résister. Vous savez Israël veut le sécurité et nous voulons la liberté, ce n’est pas inconciliable, au contraire c’est complémentaire. La sécurité ne peut être un préalable à la paix, elle ne peut que résulter de la paix. Nous sommes réunis ici non pas parce que nous connaissons la paix mais parce que nous connaissons la guerre et nous n’en voulons plus. Nous avons puisé dans nos souffrances non pas pour faire ressurgir plus de haine mais pour vous faire comprendre l’urgence de mettre fin à ce conflit. Cette solution ne peut être que l’application du droit international.

Dans tout ce qui a été dit, il y a un mot d’une particulière importance, ce n’est pas espoir ou avenir ou même paix, c’est le mot « nous » qui transcende les camps, qui unit tous ceux qui luttent pour mettre fin à cette occupation et nous permettre de vivre en paix. Ce nous qui veut dire que nous avons un intérêt commun et un avenir commun. Ce nous qui veut dire que la paix est non seulement possible, mais nécessaire.



À noter :

Voir le contexte.

Sur le Web : Union Générale des Etudiants de Palestine

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