mardi 12 décembre 2017

















Accueil  > Vie publique > Articles et débats > L’avenir du PCF et de la gauche alternative (http://lipietz.net/?article962)

par Alain Lipietz | février 2003

Revue Mensuelle des Libertés Publiques n°3
L’avenir du PCF et de la gauche alternative
Aux Européennes de 1999 comme à la présidentielle de 2002, la somme des voix PCF+ Verts+LCR+LO fut en gros équivalente à celle du PS. Pourtant, ces courants globalement de gauche et appelant à une alternative au social libéralisme du PS n’ont guère d’impact sur le monde de gestion des gouvernements locaux, régionaux ou nationaux, et leur insuccès aux législatives est flagrant. Par delà leur division qu’accentue l’injustice des modes électoraux, comment expliquer cette impuissance ?

Deux questions semble devoir être réglées avant d’envisager une percée politique de l’alternative.

La question des institutions

Tous ces partis politiques sont présents dans les mouvements sociaux, qu’ils contribuent à animer, mais pas plus que des dizaines de millions "d’inorganisés".

A quoi bon alors "agir en parti", si on n’offre pas de débouché politique à ces mouvements sociaux, une alternative de gouvernement ?

Or une partie substantielle de la gauche alternative refuse purement et simplement d’assumer la responsabilité par crainte "d’améliorer le capitalisme", avec tous les compromis que cela implique. Pour cette raison, les trotskistes français ont bloqué l’adoption de la taxe de Tobin par le Parlement Européen, alors qu’au moins la LCR le défend au sein d’ATTAC.

La question du contenu de l’alternative

Le PCF a depuis longtemps (1945) accepté, quand c’était possible, le jeu des institutions. Comme les Verts, il se proclame parti de lutte et de gouvernement, son poids dans le mouvement syndical étant censé faire levier sur le partenaire socialiste. Pourtant, rien, ni les ruptures d’alliance (en 1977, 1985) ni les retour dans l’alliance (en 1997) n’a pu enrayer son effrayant déclin. Le PCF a un autre problème : l’alternative qu’il a longtemps défendue (le modèle soviétique) ne séduit plus personne, et il n’en a jamais présenté d’autres, se transformant ainsi en un super-syndicat maximaliste en parole et réaliste dans les institutions.

Les Verts, au contraire, ont progressé tout au long des années 1994-2001 en offrant à la fois une alternative digne du XXIème siècle et une combinaison tactique lutte/gouvernement. Ils n’ont pourtant pas échappé au désastre de 2002. La politique est un art difficile...



À noter :

Ce texte est également disponible sur le site de la Revue mensuelle des libertés publiques.

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