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6/10: Le plan B-B-B à fond la caisse
5/10: Une semaine ordinaire à Bruxelles

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Le plan B-B-B à fond la caisse


jeudi 6 octobre 2005

Debriefing de la réunion d’hier et avant-hier de la Commission des affaires constitutionnelles (à laquelle je ne participe pas). Les rapporteurs, le Vert Voggenhuber et le libéral Duff ont présenté leur projet de participation du Parlement européen à la relance du processus constitutionnel. Leurs idées (...)


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Mise au point finale.

dimanche 30 octobre 2005

Que rajouter à l’impeccable réponse d’Henri Balmain à Jean-Michel.Peyraud ? Il a dit avec la clarté d’un juriste ce que j’avais tenté d’expliquer pendant toute la campagne, ce que nous constatons empiriquement depuis la victoire du Non. Quelle que soit la pureté, la générosité, la sainteté des intentions des quelques 30% de femmes et d’hommes de gauche qui se sont joints aux 25% de droite pour obtenir la victoire du Non, la seule conséquence juridique est : « On en reste à Maastricht-Nice » Et cela pour un certain temps. Et politiquement, c’est-à-dire du point de vue des conditions de la lutte sociale et de la lutte écologiste, pour celles et ceux qui, comme moi, ont entendu, pendant six mois de débats de terrain, la longue plainte de notre peuple contre l’Europe ACTUELLE, celle de Maastricht-Nice, c’est aujourd’hui la seule chose qui compte.

En ce qui me concerne, j’ai dès le soir même salué l’INTENTION anti-Maastrichtienne du Non : « les intentions sont plutôt positives : beaucoup de gens ont cru sincèrement voter contre Maastricht-Nice en votant Non »).

J’ai très vite fait le deuil du Oui : dans Le Monde du 23 juin, « L’Europe du Non a commencé », je disais que « si les responsables qui nous ont promis une renégociation victorieuse du traité constitutionnel parviennent à en trouver les voies, je serai de ceux qui appuieront ces efforts, de toutes mes forces. Le Oui de Gauche ne doit pas céder à la tentation de la bouderie.... Il faut maintenant retrousser à nouveau nos manches, sur des lignes beaucoup plus éloignées de l’horizon de nos espoirs.. »

Au début du mois d’aout, j’ai développé cette idée d’une discordance entre les mobiles et le résultat. Lors de la plénière des Journées d’été de Grenoble, je l’ai comparée à ce qui définit la tragédie grecque, et j’ai formulé deux propositions pour en sortir . J’ai en même temps formulé le pronostic que plus rien ne bougerait avant les élections européennes de 2009, ce qui nous mènerait au mieux à l’entrée en vigueur d’un nouveau traité post-Nice en 2013 ou 2014.

J’ai suivi avec la plus grande sympathie la tentative de Duff et Voggenhuber de monter un scénario plus rapide, débouchant sur un référendum européen en 2009, ce qui notons-le ne réglait pas la question de : « Que faire avec les pays qui n’auraient pas voté majoritairement Oui ? », et qui entraînait de toutes façons un processus de ratification ne permettent pas d’envisager de sortir de Maastricht-Nice avant 2010 ou 2011.

L’objet de mon blog du 6 octobre « Le planB-B-B à fond la caisse » était de raconter comment cette tentative a, pour le moment du moins, avorté, comment l’Europe du Non s’installe pour le moment sans obstacle.

Maintenant, on travaille dans l’Europe de Maastricht - Nice jusqu’à la fin de la décennie au moins et il faut que chacun s’y habitue, l’intègre dans ses calculs, sa stratégie de (sur)vie, sa stratégie militante, que chacun en mesure avec précision les conséquences, apprenne à se battre sur CE terrain, sans se raconter d’histoire. J’essaie de le faire le plus précisément possible à partir de mon observatoire, celui où les électeurs m’ont envoyé ; ne compte pas sur moi, Jean-Michel, pour leur bourrer le mou.

En revanche, Jean-Michel, je dirai et continuerai à leur dire comme je l’ai fait « des dizaines de fois » à Guéret et depuis, sous le huées des anars et de ultra-gauches qui souhaitent la division et la défaite de la gauche française en 2007 : « NE NOUS DIVISONS PAS » face à l’adversaire , ne cédons pas à la tentation de penser que l’autre (celui qui vote Oui ou Non) est un traître qui porte le pain de la discorde. Nous sommes « discordants », c’est un fait massif et, au vu des résultats actuels, j’ai beaucoup plus lieu de penser que « vous » avez donné la France à Sarkozy, l’Europe à Blair et le monde à Bush. Mais la différence entre toi et moi c’est que je sais que tu l’as fait « de bonne volonté » et c’est pour ça que je continue et continuerai à dire, non que tu es vendu au libéralisme, comme des misérables me le criaient à Guéret, mais qu’il ne faut pas nous laisser diviser.

Et cela ne m’empêchera jamais , Jean-Michel, de défendre aussi la position des Verts, même si elle n’est pas majoritaire (en 20 ans de militantisme écologiste, elle ne l’a presque jamais été, même à gauche). Face aux huées dans une salle, on ne passe pas d’un porte-parole du Oui à une porte-parole du Non (et l’inverse dans une salle Ouitiste ? pour qui prends-tu les Verts ?). On explique, on se bat. Mais dans le débat il faut toujours garder l’idée d’une unité à maintenir. Sans rien concéder sur le fond, car demain tous ensemble nous devrons proposer une autre Europe, et le débat, désormais purement intellectuel, sur le TCE doit au moins nous permettre de repérer, article par article, quelles évolutions nous voulons.

Si les partisans du Oui de gauche ont assez vite fait leur deuil du Oui, j’ai un peu l’impression, Jean -Michel, que certains partisans du Non de gauche européens et fédéralistes n’ont pas encore, eux, fait leur propre deuil de leurs espérances dans le Non. Je rappelle l’excellente synthèse du CE des Verts (adoptée unanimement à l’AG de Reims), qui disait en substance « Tous les Verts sont d’accord pour considérer que le TCE présente une avancée réelle mais limitée par rapport à Nice. Ils divergent sur l’appréciation de la dynamique à laquelle conduirait une victoire du Oui ou du Non. »

Non seulement j’ai le plus grand respect pour ceux des Verts qui ont voté Non par haine d’une Europe qui resterait trop libérale, même avec le TCE, mais j’ai également compris leurs intentions : donner un coup de pied dans la fourmilière, provoquer un débat social européen débouchant, à terme assez rapide, sur une meilleure constitution que le TCE. Le débat comique mais qui finit par m’agacer sur la date à laquelle je devrais manger mon chapeau (1er novembre 2006 ou 2008) ne porte que sur la précision du mot « rapide ».

A l’heure actuelle, force est de constater que plus personne parmi les leaders du Non ne parle de renégociation. Tous sont maintenant obnubilés par la présidentielle de 2007. Se sont-ils donc tous résignés à en rester durablement à Maastricht-Nice ? Pour ceux qui préférait effectivement et même explicitement Nice au TCE (Le Pen , Villiers, Dupont-Aignan, Chevènement, Fabius, Buffet), c’est normal et c’est pourquoi je les critique. C’est plus étonnant de la part des « Non écologistes et fédéralistes ». Ce qui ne remet absolument pas en cause mon appréciation sur la légitimité du pari (malheureusement perdu) par ceux des militants ou dirigeants Verts qui ont appelé au Non en promettant une renégociation rapide, et encore moins ne conteste la sincérité du cri de colère qui a amené une bonne partie du peuple de gauche (y compris des écologistes) à voter Non avec leurs tripes, avec leur cœur... en croyant voter ainsi CONTRE Maastricht -Nice, alors que juridiquement ils faisaient le contraire. Car qui les en avait averti ? On a même entendu, comble de la manipulation, des nonistes leur expliquer : « La troisième partie c’est Maastricht-Nice (ce qui est inexact), donc en votant Non vous abolissez Maastricht-Nice » !!

Je reçois des confidences, par mail, par les gens qui m’accostent dans la rue, par les propos que l’on me rapporte, d’anciens abstentionnistes qui disent « j’aurais dû voter Oui », ou d’ancien électeurs du Non qui disent « j’aurais dû m’abstenir », je n’ai encore entendu personne ayant voté Oui dire « j’aurais du voter Non ». Ce deuil de ceux qui avaient espéré « autre chose » de la victoire du Non prendra un certain temps. Souhaitons qu’il soit le plus court possible pour que, tous ensemble, nous nous mettions au travail pour rechercher non seulement les contenus (ça fait 20 ans qu’on y réfléchit), mais surtout les cheminements tactiques REELS pour parvenir à une autre Europe.

Le problème, c’est que l’histoire ne repasse pas les plats. Comme disait l’autre, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Si nous arrivons un jour à une meilleure Constitution, elle devra s’appliquer dans des conditions bien plus dégradées qu’aujourd’hui, les effets du libéralisme se déployant jusqu’à cette date sans aucun obstacle politique à leur mesure. Pour filer la métaphore de Yann Forestier, nous ne battrons plus ni sur le Rhin ni sur la Marne, ni même aux Ponts de Cée, mais depuis Alger...

C’est pourquoi le groupe Vert au PE ne baisse pas les bras : chaque année gagnée sur la date du début de la renégociation de Maastricht-Nice sera bonne à prendre. C’est un des thème des journées parlementaires des députés européens Verts, à Marseille. Et nous n’en discutons pas seulement entre nous : la réunion du 1er décembre est coorganisée par des Verts, des communistes, des socialistes et des libéraux-democrates.

En ce qui concerne les échéances de 2007 - qui restent importantes pour limiter « localement » les effets de l’Europe ultra-libérale de Maastricht-Nice - je soutiens que les Verts ne tiendront leur place, qui peut être hégémonique à gauche, que s’ils savent incarner la synthèse entre cette « bonne volonté du Non », et le sens tactique et politique de ceux qui, au nom des mêmes valeurs, ont fait le choix de voter Oui, et s’ils savent proposer des solutions crédibles dans les marges de manœuvres beaucoup plus limitées que 10 ans auparavant. Je ne vois aucun des candidats verts déclarés qui en soit là, et je n’en suis pas là.

En octobre 2005, il est clair que la réalité présente, c’est l’Europe du Non, c’est-à-dire l’Europe de ceux des dirigeants européens dont aucun analyste sérieux n’a jamais douté que leur souhait était la victoire du Non : Blair, Barroso, Bolkestein. C’était eux le plan B, ils ont gagné une bataille, mais ils n’ont pas gagné la guerre. Ce sont eux qui ont la main, et nous devons organiser la résistance, face à eux, à leurs directives, à leur volonté de supprimer 70% des moyens de la politique agricole, etc

Je le fais au poste qui m’a été assigné par les Verts et par les électeurs. Comme tu peux le constater sur mon blog, Jean-Michel, même si notre programme de travail pour la transformation sociale s’est drastiquement réduit par rapport à ce qu’il aurait été en cas de Oui, cela me laisse un boulot écrasant qui suffit largement à mon bonheur.


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