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Crise de croissance d’Europe-Écologie


dimanche 1er novembre 2009

La vague évoquée dans mon dernier billet est en train de tourner au tsunami politique (ce qui ne veut pas dire que le tsunami électoral sera au rendez-vous ! ). Un tsunami que les verts et les non-verts d’Europe-Écologie (EE) ont quelque peine à gérer.
Comme prévu il y a 8 jours, la question Modem (...)


En réponse à :

EE, le centre et la gauche. Réponse à T. Giry

dimanche 8 novembre 2009

Cher Thomas,

Avant de reprendre dans le détail les deux thèmes de ton message (ouverture d’EE au centre, ouverture d’EE à la gauche), il me faut d’abord dire mon accord avec ta « géométrie » d’ensemble (je n’oublie pas le sujet de ta thèse de math…)
.
La première tâche de l’écologie politique est en effet de faire pivoter la définition de l’axe droite-gauche, d’une définition purement sociale et redistributrice, style XXè siècle, à une définition « productivisme/ développement soutenable », c’est à dire à la fois responsable vis à vis de l’environnement et solidaire entre les humains. L’axe droite-gauche traditionnel n’en demeure pas moins, mais on se situe sur un plan et non plus sur un seul axe.

Par ailleurs, et c’est un deuxième « curseur », on peut être pour des transformations plus ou moins « d’accompagnement » ou « radicales », plus ou moins modérés, plus ou moins loin du centre.

Tu reconnaîtras un raisonnement en termes de coordonnées polaires (angle de pivotement, et distance au centre) ! C’est un modèle que j’avais moi-même présenté dans Vert-espérance. Nous sommes d’accord.

Je suis d’accord enfin que la construction d’Europe Ecologie signifie « prioriser le pivotement écologiste de l’axe droite/gauche par rapport au degré de radicalité ». C’est ce qu’implique sa définition comme « rassemblement des écologistes ».

Mais je voudrais dire aussi que la logique du pivotement vers l’écologie tend à radicaliser l’opposition au capitalisme, du moins sous sa forme actuelle, libérale (la mémoire des grandes catastrophes du dirigisme d’Etat, Tchernobyl et mer d’Aral, tend hélas à s’affaiblir). C’est d’ailleurs l’une des raisons de mon évolution du rouge au vert dans les années 80 : une façon d’accompagner des femmes et hommes de bonne volonté, même au départ centristes sur l’ancien axe, vers des positions plus anticapitalistes, au nom du « bien commun de l’humanité » et non plus au nom d’ « intérêts de classe » qu’ils ne perçoivent pas ou plus. L’évolution du discours de N. Hulot est significative, même si l’évolution inverse existe ( Duchene, Waechter, Lalonde, etc). Cf mon analyse de nos succès des Yvelines.

Ton émouvant témoignage sur Eva Joly montre que sur ce point aussi sans doute nous sommes d’accord.

Cela ne suffit pas, cependant, pour se représenter la géographie de ce que serait une « scène politique écologisée ». Depuis plus d’un quart de siècle j’hésite entre deux schémas. Soit un couple de partis, l’un modéré et dominant (un PS verdi) et l’autre plus radical (les Verts). Soit une montée du parti écologiste à l’hégémonie en remplacement du PS. Dans le premier cas, le couple PS-Verts remplace le couple PS-PCF de 1981. Dans le second cas , l’écologie occupe un spectre beaucoup plus large (du centre-gauche à l’extrême gauche), le PS déclinant progressivement (comme le Parti radical-socialiste après 1918) devant un parti écologiste de plus en plus puissant, qui finit par le dépasser. C’est ce qu’indiquent plutôt les tendances actuelles. En tout cas nous devons nous y préparer.

Le second schéma est préférable du point de vue de la transformation des politiques publiques dans un sens écologiste, il ne gêne pas le développement de mouvements sociaux radicaux, il est donc plus intéressant et souhaitable. Mais il a pour contrepartie une situation qui peut être gênante pour certains Verts : la coexistence dans un même parti écologiste de positions de « modérées » à « révolutionnaires ». D’où la tentation de scissionner pour reconstituer un parti « sans vert pâle » , un Die Linke vert.

Je suis de ceux (et c’est peut-être un vieux désaccord entre nous deux) qui pensent que vis-à-vis de la sociale-démocratie, seul compte le rapport de force, donc il faut grandir pour peser, mais qu’il faut surtout grandir AFIN de peser, c’est à dire gouverner avec la vieille gauche mais de plus en plus en position d’imposer les politiques urgentes pour sauver la planète, ce qui n’était malheureusement pas le cas en 2007 (je sais que tu admets maintenant qu’il fallait quand même y aller). Être une force « purement radicale » mais marginalisée, c’est pas bon. Mieux vaut gérer « en interne » les rapports radicaux/modérés.

Je reviens alors sur tes deux appréciations.

A. « D’abord, sur la relation au Modem et à ses sous-ensembles, et sur le projet de Cohn-Bendit »

Je ne peux répondre au nom de Dany Cohn-Bendit mais je crois ne pas être désaccord avec lui sur la stratégie qu’il a plusieurs fois formulée : absorption des écologistes modérés dans EE dès le premier tour, et alliance avec le reste du centre (non écologiste) au second tour. Je ne pense pas qu’arithmétiquement la droite puisse être battue autrement. Cela découle de la perte actuelle de conscience de soi de la classe ouvrière, et de l’absorption du « gaucho-lepenisme » (type Hénin-Baumont) par Sarkozy. On peut s’en désespérer, mais il faut avoir en mémoire que, si EE est la première force progressiste chez les ouvriers (au coude à coude avec le PS et loin devant le FdG et le NPA), c’est loin derrière le FN et l’UMP. Il faut travailler sur le long terme à recomposer la conscience de soi des travailleurs salariés, et ce n’est certes pas en focalisant sur le capital financier, comme le fait actuellement la gauche de la gauche, mais sur la question du travail (son organisation, ses buts, sa fierté).

La tactique de Dany (que donc je partage) passe par un démembrement du Modem… dans la mesure où CAP 21 avait rejoint le Modem. Mais ce n’est pas la totalité du vote écologiste du centre : l’AEI (Waechter-Lalanne) nous a piqué aussi des voix et nous a empêchés de passer devant le PS. Les études d’opinions ont relevé que l’AEI a fait ses meilleurs scores dans les quartiers ouvriers, souvent par erreur de bulletin, mais aussi par un discours plus « anti-système » (cf Lalanne en cliquant ici, onglet « Démocratie »]

Bref : autant j’étais contre faire entrer CAP 21 et l’AEI dans EE en novembre 2008, autant je pense que, les pendules ayant été mises à l’heure et le rapport de force fixé le 7 juin, cela peut se faire avec d’autant moins de risque que EE s’élargit aussi sur sa gauche. J’y reviens dans un instant.

Pour le reste de ce point (le centre et ce que tu dis des projets de Dany à l’échelle européenne), le mieux est de débattre avec lui. À mon avis, tu surestimes l’importance de Dany quand tu le couronnes en « mauvais génie du PVE », et en même temps tu mésestimes sa volonté de faire grandir le PVE (et son groupe parlementaire) par rapport autres partis (libéraux-démocrates compris). Les conseils qu’il a donnés aux Verts italiens (incapables d’affirmer leur autonomie, jusqu’à couler avec la gauche de la gauche) se sont révélés pertinents.

B. « Les "résistances" seraient aujourd’hui majoritairement contre les "outsiders de gauche" »

Ben oui. Il faut le reconnaître : maintenant que l’écologie centriste se rallie sans trop de tangage à EE, les critiques se déchaînent contre l’arrivée des Marie Bové, des Robert Lion, des Daniel Breuiller. Et ces critiques viennent assez souvent de la gauche des Verts, qui semble s’ingénier à entraver le développement de EE sur « l’ancienne gauche » (socialiste ou communiste) . Comment expliquer ce paradoxe ?

Il y a bien sur des aspects conjoncturels : une partie de la gauche des Verts (interne ou externe) n’a pas suivi la campagne européenne, et misait en fait sur un échec de celle-ci, un éclatement, puis un regroupement par exemple avec le PdG, oubliant pour un moment que l’arrivée de quelques écologistes dans un regroupement aussi profondément « vieille SFIO de gauche » voire lambertiste que le parti de Mélenchon n’avait aucune chance d’y faire des petits.

Mais il y a là quelque chose de plus général, qui a à voir avec le problème de « l’autre curseur », le « plus ou moins de radicalité » sur un axe droite-gauche (que cet axe soit libéralisme/socialisme, ou productivisme/ écologie). Cela vient de ce que la distribution des positions des citoyens sur un axe droite-gauche est en forme de cloche (une distribution de Poisson, puisque je réponds à un mathématicien ;-)). Il y a beaucoup de monde aux abords du centre, entre la gauche du centre et le centre-gauche, nettement moins de monde à gauche et de moins en moins de monde vers la gauche de la gauche . Et surtout, les distances entre chaque nuance de la gauche de la gauche, qui chacune regroupe 2 ou 3 % des électeurs, sont beaucoup plus grandes qu’entre la gauche et le cente-gauche et entre celui-ci et le centre. Il faut donc regrouper des positions très éloignées, à la gauche de la gauche , pour arriver à rassembler une masse critique.

D’où la tendance perpétuelle à la division aux extrêmes. Cette division n’est pas un pur phénomène de guerre des chef(fe)s, on l’a vu avec effarement dans l’incapacité des nonistes de gauche à passer du « Non ! » à un projet positif. J’ai pu le vérifier dans la campagne de Poissy, mais aussi celle d’Aix. Dans les deux cas, la gauche de la gauche, qui se présentait unie (PCF-PdG-NPA) a fait beaucoup moins de voix au total qu’en se présentant divisée quelques semaines auparavant. Les militants de la gauche de la gauche ne se supportent pas plus les uns les autres que leurs dirigeants.

On arrive ainsi au paradoxe que les « candidats à l’entrée », quand il viennent de la gauche socialiste (Lion) et encore plus de la gauche altermondialiste et citoyenne (Marie Bové, Daniel Breuiller) y arrivent tout chargés d’années de querelles dans un vert d’eau et se font plus violemment retoquer que de paisibles centristes. Y compris et surtout de la part de gens qui les connaissent très bien (un beau-frère, d’anciens membres de la même majorité municipale, etc) et sont en fait plus proches d’eux que les autres verts.

« Militants politiques, acteurs du mouvement social et culturel, nous pouvons dès à présent agir de façon coordonnée. Sans préalable sur les engagements des uns et des autres, construisons un cadre permanent qui nous permette, ensemble, nationalement et localement, de réfléchir aux moyens d’une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef et d’aborder les grands rendez-vous qui s’annoncent. » : Des militants, qui ont ensemble signé cet Appel de Politis, se découvrent brusquement infréquentables les uns vis-à-vis des autres quand ce cadre se révèle opérationnel, et transformant réellement le rapport de force à gauche : Europe Écologie !

Là dessus se greffent le problème « insiders/outsiders ». Nous n’aimons pas tel ou tel dirigeant des Verts ? nous ne supportons pas sa gestion municipale, régionale, ou gouvernementale, ses compromis que nous traitons de compromissions ? Certes, mais il est déjà là, il faut bien le/la supporter, ou alors s’en aller. Mais des nouveaux, qui arrivent après nous ? Non !

J’ai lu récemment deux appels d’alter mondialistes et d’écologistes d’Arcueil contre l’entrée de Daniel Breuiller, figure de la Gauche citoyenne val-de-marnaise, dans Europe Écologie.Combien avaient soutenu les candidats Verts à la présidentielle et à la législative sur cette ville en 2007 ? Quatre.

Soyons clairs : l’ouverture aux écologistes centristes n’a de sens que si l’on ne fait pas barrage à ceux venus de tel ou tel secteur de la gauche de la gauche. Quelles que soient les divergences surgies dans un passé récent avec des militants du PS ou de la Gauche citoyenne, s’opposer à leur arrivée dans le rassemblement Europe Ecologie n’a pour effet que de déporter ce rassemblement vers le centre. Est–ce le but recherché ? Alors, si la réponse est non, faisons preuve d’ouverture.

Sommes nous, nous-même, vieux Verts des neiges d’antan ou Europe Ecologie de la dernière averse, irréprochables ?


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