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Sans-papiers : Amère victoire


samedi 7 mai 2005

Ce matin, conférence de presse avenue Turbigo : on célèbre la régularisation des 12 sans-papiers grévistes de la faim ! Cette victoire, il faut bien sûr s’en réjouir. Mais je ne peux cacher aux journalistes mon indignation. Le gouvernement vient de fixer un nouveau tarif : pour avoir ses papiers, il (...)


En réponse à :

> TONI NEGRI :"OUI, POUR FAIRE DISPARAITRE CETTE MERDE D’ETAT-NATION"

vendredi 20 mai 2005

** Parcours de la réflexion d’un cyber-citoyen... live !

Bonjour,

tout d’abord, je souhaiterais exprimer mon admiration pour les efforts d’objectivité et d’argumentation rationnelles dont fait preuve M. Lipietz dans ce fameux débat sur le TCE. C’est trop rare et trop précieux pour ne pas être remarqué et salué, surtout lorsqu’on voit à quel point une bonne partie des tenants d’un bord ou de l’autre argumentent dans leurs interventions (télévisuelles notamment) avec de quantités écoeurantes de pathos...

Je ne fais partie et ne suis l’avis d’aucun mouvement, parti, association... peut-être parce que tout comme une fameuse loi de la réalité humaine explique que tout pouvoir sans garde-fou finit par devenir une tyrannie, je continue de penser que tout groupe finit par devenir... une église. Sans être anarchiste, sans doute suis-je allergique à tout ce qui prémâche un peu trop ce que l’on doit penser ou bien ce qui empêche d’aller se faire une idée ailleurs... Et je prends donc la responsabilité qui va avec cette liberté, à savoir celle de réfléchir, de m’informer, de chercher, de rechercher, de discuter avec les autres quelles que soient leurs opinions. Et, bien sûr, de venir consulter ce site. Vive la cyber-citoyenneté.

Je ne connais pas ce M. Negri, mais ce qui est remarquable c’est qu’il soit capable d’autant de ... pragmatisme, ou de réalisme si vous préférez, malgré ses positions politiques arrêtées. Voilà deux mots qui généralement ne semblent pas faire partie de notre quotidien politique, sans doute par manque de ce qui, au fond, plaît aux français : le panache. Au pays des cartésiens (comme nous nous en enorgueillons un peu trop souvent), l’idéologie et la rhétorique au service d’elles seules ne seraient-elles pas, hélàs, le mode de pensée le plus répandu ?

Quoiqu’il en soit, j’ai l’impression dans la vie courante d’être entouré majoritairement de "partisans" du non que du oui, et, étant pour ma part favorable au oui (pour l’instant en tout cas), il s’ensuit donc de fructueuses discussions et réflexions. Il m’arrive même parfois de me demander pourquoi si peu de gens sont pour le oui autour de moi. Mais entre gens raisonnables, la mauvaise foi est interdite dans les discussions, et tout se passe donc bien.

Je voudrais donc exposer ici la démarche qui, finalement, me fait rejoindre l’avis de M. Negri et M. Lipietz sur cette question de la TCE.

Je dois dire qu’il m’est difficile de nier catégoriquement tous les points qui incitent à voter "non", et que par-delà les réfutations des approximations de certains partisans du non, s’impose peut-être un nouveau niveau de débat qui justement est en général absent des discussions, la distinction entre la réponse "théorique" (ce traité me satisfait-il vraiment, est-il vraiment souhaitable en l’état, etc.) et "pragmatique" (que va-t-il se passer ensuite vraiment, si on vote oui ou non).

On ne parle pas suffisamment de l’après, c’est-à-dire, du travail qui viendra lorsque l’on aura vu la victoire du oui ou du non. Et c’est pourtant cela qui compte vraiment. Et pour comprendre ça, il faut essayer de voir les choses de façon "réaliste".

De plus, le débat est souvent limité à la France, et à son nombril. Or, étant par moi-même pour une vraie Europe fédérale (lorsqu’elle sera mûre pour cela, peut-être pas avant 100 ans - il ne faut pas rêver, Rome ne s’est pas faite en 1 jour), je me rends compte que de nombreux partisans du non francais n’ont pas conscience qu’ils ne pourront pas décider à eux seuls de la conduite de l’Europe ni de la révision du TCE.

** Pour les raisons du non :

Je note qu’après moulte discussions, nombre de partisans du non semblent réagir souvent par frustration et par envie de sanctionner cette "France" et cette "Europe" du "haut", qui dans leurs cuisines nous confectionnent un plat sur lequel nous ne semblons avoir eu aucun mot à dire (en l’occurrence, même si la constitution a été rédigée par des groupes de travail d’élus... la majorité des gens semble avoir l’impression de se réveiller devant le fait accompli). Une des raisons de cette frustration semble être le déficit abyssal de communication de l’Europe avec la population durant toutes ces années... et le sentiment que le penchant libéral du TCE semble comme une deuxième couche de libéralisme sur ce qui est déjà dans la société actuelle - et donc une victoire libérale -, plus qu’un changement pour le mieux par rapport à Nice.

Les arguments concernant le fait que la constitution ne soit pas réellement révisable portent : jusqu’ici, et malgré les explications données sur ce site et dans des analyses (comme celui de Bastien Francois), je trouve que les preuves que la constitution sera révisable, qu’il y a des recours, ne sont pas vraiment convaincantes en l’état.

Quand je relis les paragraphes de la Constitution au sujet de sa révision, et les nombreux renvois qu’il faut suivre pour en comprendre le mécanisme, j’ai du mal à croire que cela pourra être exercé en pratique. C’est tellement tortueux qu’on a l’impression que les explications comme quoi cela est possible, sont justes théoriques et alambiquées mais pas réalisables en pratique. Il faudrait que quelqu’un fasse un mode d’emploi reprenant tous les points sur lesquels les partisans du non butent, en décrivant très précisément et de façon pragmatique comment ça marche. Par exemple : "Comment réviser la constitution : mode d’emploi ; etc.", plutôt que de contredire point par point leurs arguments mais sans expliquer systématiquement le fonctionnement en pratique. Ces argumentations deviennent donc toujours un discours de spécialiste. Faites donc des dessins !

Enfin, je voudrais tout de même que quelqu’un m’explique pourquoi nous devrions nous réjouir que la BCE soit tout à fait indépendante. Rien que cette mesure-là (à laquelle Bastien Francois ne semble pas avoir répondu dans son argumentaire contradictoire contre Etienne Chouard), semble mériter un non sans même avoir à lire le reste étant donné le pouvoir sur notre vie quotidienne que pourrait avoir la BCE dans l’avenir... (ne se veut-elle pas la Fed’ de l’Europe ?). Je veux bien être optimiste, et croire la constitution révisable, mais ce sont là des arguments importants pour le non "théorique".

Je dois avouer enfin d’avoir besoin de déployer des efforts surhumains chaque fois que je vois une grand-messe hollywoodienne de la majorité favorable au oui à la télévision, et la simple pensée que la victoire du oui sera récupérée pour leur agenda personnel, me donne envie de me venger bêtement en votant non, quitte à faire couler le navire avec (caractère bien français n’est-il pas :) ).

** Une réflexion conduisant au oui ?

Ma première réaction en face du "non", il y a des mois de cela déjà, a été de réagir aux arguments de "peur" qui s’en dégageaient presque systématiquement, et qui, en face notamment de l’optimisme et du dynamisme des US et de l’Asie, m’a poussé à écrire (extrait de mail écrit rapidement à des amis, pardonnez le style) :

je n’ai jamais entendu jusqu’ici d’argument en faveur du non qui soit « positif » ou « constructif ». J’ai l’impression que ça ressemble plus généralement à des lamentations qu’autre chose. De plus certains mélangent cela allègrement avec la Turquie ou Bolkestein alors qu’il n’y a aucun lien, donc pas mal de démagogie est liée à cette prise de parti, ce qui ne la rend pas lisible.

Bref "ce" non, même si au final il se trouvait que ce soit la meilleure réponse théorique, est présenté en tout cas davantage comme une expression des craintes et de l’incompréhension d’une partie la population devant le monde tel qu’il se présente, et exprime aussi des craintes liées au futur, et cela, s’il révèle effectivement un déficit de communication (et de démocratie) des instances européennes avec les populations et met en évidence les difficultés et l’insatisfaction actuelles franco françaises, n’est pas une analyse rationnelle de ce pour quoi on va voter et le futur que l’on peut se donner avec et dans l’Europe avec la constitution.

Le reste du monde n’attendra pas d’ailleurs, déjà les US sont en train d’étudier la question de leur avenir face à l’Asie, pendant que nous pensons pouvoir nous permettre encore longtemps d’ergoter sur tel ou tel détail, quand l’on sait que rien ne pourra garantir mieux notre avenir qu’une Europe qui se construit solidement et sans traîner, mais en préservant son modèle de société évidemment, ce que la constitution encore une fois, ne semble pas remettre en cause.
Il n’y a pas grand-chose à craindre de l’Europe bien au contraire, si ce n’est de réaliser enfin que la France n’est pas le centre du monde et qu’elle a besoin d’un cadre plus grand et plus intégré qu’aujourd’hui, tout en préservant (ou même en exportant) ce qui marche effectivement mieux ici qu’ailleurs.

Or ceci ne se fait pas à coup de simples protestations mais avec une perspective et une vision d’avenir, et un véritable projet national et européen, et une vraie force politique. Or ce n’est franchement pas là où en est ni le gouvernement ni la population en France. En clair, pouvoir exister et se défendre, ça se mérite, c’est quelque chose que l’on n’aura non pas juste en votant, mais en comprenant bien que l’on a intérêt à faire des efforts pour se changer soi-même : la France n’est pas malade de l’Europe mais d’elle-même : bureaucratie, immobilisme au sens large, pas de projet national, destruction des initiatives individuelles, abandon de la recherche etc. Donc il ne faut pas rejeter sur l’Europe les problèmes qui tiennent plus à nos faiblesses bien françaises qu’à l’Europe ou au monde tels qu’ils sont.

Dans un deuxième temps, récemment, après avoir lu le texte de Etienne Chouard (qui est convaincant si l’on s’y arrête), et avant de lire la réponse de Bastien Francois (autre extrait de mail) :


En gros : le non (de gauche seulement) parie sur la possibilité de revenir sur le texte et de renégocier les caractéristiques trop libérales. Mais qui va expliquer quel est le non « juste » lors des renégociations ?
Bref, l’envie est de voter non. Mais ça ne suffit pas, il faut savoir expliquer pourquoi pour que l’on puisse réécrire une meilleure constitution, et pendant tout ce temps, continuer avec le traité de Nice, qui lui est ultra-libéral (l’état de l’Europe actuelle en découle notamment, mais n’enlevons pas à l’indigence de nos propres gouvernements)...

Quel est le mieux : « non » et bien prendre conscience que nous les français (et encore plus, les partisans du non « progressiste ») ne sommes qu’un élément dans l’Europe et que l’on risque de tout perdre, ou « oui » et dans ce cas parier sur l’inverse, c’est-à-dire d’utiliser ce que l’on aura obtenu (mieux que Nice, mais pas idéal et potentiellement dangereux à long terme), et le faire évoluer par la suite... les deux choix amènent des risques mais dans un cas on risque un retour en arrière, une annulation ou un blocage causé par les autres pays d’Europe qui seront trop contents que nous ayons voté non (les Anglais n’attendent que ça), et dans l’autre le risque d’un « oui » qui demandera à ce que les français (et européens du même avis) travaillent encore dur pour abroger ce qui pose problème...

Quitte à jouer le jeu de la politique à la française et des affrontements entre le peuple et les pouvoirs, le « non » serait le choix à faire, mais il faut bien comprendre que la lutte sera encore plus féroce ensuite pour que la constitution soit révisée dans un sens « progressiste », et non pas dans le sens ultra-libéral de la Grande Bretagne, et des autres pays ayant voté oui (notamment ceux qui n’ont même pas pris la peine d’un référendum). Il serait donc avant-gardiste de voter « non », mais il faut être alors vraiment révolutionnaire, c’est-à-dire prêt à souffrir ou à tout perdre pour cela.

Ou bien jouer tactiquement un « oui » tout en continuant la bataille de façon plus subtile par la suite... C’est donc plus une question d’attitude et de stratégie qu’autre chose, puisqu’au final une majorité de personnes, que ce soit oui ou non, semblent vouloir atteindre le même but à peu de choses près... Toutefois, renvoyer un « non » à la figure des pouvoirs en place, est bien tentant, plutôt que d’avoir à subir le spectacle qu’ils nous offriront en se croyant légitimés par le peuple qui aura voté dans leur sens mais pas nécessairement pour les mêmes raisons ou objectifs... question d’amour propre à la française !

Finalement, après avoir lu l’argumentaire de Bastien Francois contre celui de Etienne Chouard, avoir pesé le poids du non "théorique" contre le poids du oui "pragmatique", restent ces points qui sont les seuls qui vraiment me gênent :

1- je souhaiterais avoir le mode d’emploi pratique de la révision de la constitution (scénarios, probabilités, etc.)
2- je souhaiterais savoir en quoi il n’est pas si dangereux que ca d’avoir une BCE indépendante, et jusqu’où cela pourrait-il aller avant que l’on doive intervenir pour limiter son action ?

En attendant, mon espace démocratique intérieur vote à 60% pour le oui, c’est donc bien un oui pragmatique. Mais j’aimerais avoir les éléments qui me manquent pour éventuellement remonter le score un peu... ou, qui sait, changer d’avis !

Meilleures salutations, et surtout continuez,

David M.


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