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Europe-Écologie sur les chapeaux de roue


dimanche 5 avril 2009

Dès mon retour de vacances, je reprends sur les chapeaux de roues mon soutien à la campagne d’Europe Écologie : réunion-débat lundi soir à Torcy (Seine et Marne) avec Eva Joly, mardi soir à Arcueil (Val de Marne) avec Daniel Cohn-Bendit, vendredi soir à Vannes (Morbihan) avec Yannick Jadot... Mais mon (...)


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Contre la "prohibition du 3è ventre".

mercredi 22 avril 2009

Je ne connais pas exactement ni la teneur exacte, ni le ton (ironique ou premier degré) des propos de Yves Cochet aux quels vous faites allusion. Il s’agit sans doute de ses déclarations en faveur d’un malus d’allocations familiales pour le troisième enfant.

Quitte à faire perdre un électeur potentiel à mes chers candidats, je dois dire que je serais totalement hostile à cette proposition si elle devait être prise à la lettre, ce qui me semblerait procéder d’une double erreur scientifique étonnante chez un homme comme Yves Cochet.

L’empreinte écologique d’une population donnée (sa pression sur l’écosystème planétaire) est le produit de l’empreinte de l’individu moyen par le nombre d’individus. Le taux de croissance de l’empreinte est la somme des deux taux de croissance. Il faut donc choisir une combinaison raisonnable de ces deux méthodes (diminuer l’emprunte individuelle, diminuer la croissance de la population), pondérée par la différence énorme de cout qu’il y a, en termes d’autonomie, entre demander à une femme de ne plus avoir d’enfant et lui demander de mettre un pull plutôt que pousser le chauffage. Or quelles sont les enjeux pour chacun des deux taux ?

Le taux de croissance de la population devient progressivement négatif quand les femmes font en moyenne moins de 2,1 enfants sur l’ensemble de leur vie (le 0,1 vient de la différence garçons-filles à la naissance). Ce 2,1 par femme, c’est ce qu’on appelle la descendance finale correspondant au taux de renouvellement des générations. Actuellement, sauf les USA où l’on immigre encore massivement, ce taux n’est plus atteint par aucun pays "développé". Tous les pays développés ont donc ou vont bientôt commencer à voir décroitre leur population. La France est proche du "taux de renouvellement" (2,01) mais reste en dessous. Dans le scenario central de l’ONU (à tendance inchangé), la population mondiale continuera à croitre (donc : uniquement dans le tiers monde) jusqu’en 2050, où elle se stabilisera à 9 milliards de personnes. A ce moment, il y aura 2,02 enfants par femme : donc le monde entier aura amorcé son déclin démographique. De toute façon l’explosion démographique est terminée, elle fera encore sentir ses effets pendant quelques décennies, car les filles qui seront mère d’ici 2050 sont largement déjà là. Mais le fait qu’elles aient 1 ou 3 enfants dans leur vie ne peut plus changer grand chose pour les 10 années qui viennent, ultime "fenêtre de tir" pour limiter le changement climatique à + 2° C, selon le rapport du GIEC.

En revanche, le taux de croissance de l’empreinte écologique peut et doit, selon Von Weiszacker et son équipe, décroître dans le monde "développé" d’un facteur 4 d’ici 2050, en utilisant les techniques déjà connues ! On se bat au Parlement européen pour faire décroitre la seule production de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2020. On n’est pas dans le même tempo que Yves Cochet.

La seconde erreur d’Yves est de confondre résultante statistique et norme a priori. Supposons même que nous fassions de la stabilité de la population un objectif écologiste. Cette stabilité implique 2,1 enfants par femme EN MOYENNE. Cela veut dire que les femmes qui en ont plus de 2 compensent celles qui n’ont que 0 ou 1. Si nous limitons autoritairement les naissances à 2 enfants par femme, comme Yves semble le proposer, le taux de "descendance finale" tombera nettement en dessous de 2,1, par exemple 1,1 voire 0,9 (comme en Italie, où les femmes ayant plus de deux enfants sont une espèce en disparition). Dès lors, la population ne se stabilise pas : elle vieillit, puis se réduit, puis disparait.

Le taux français actuel de 2,01 conduisant à terme à une quasi stabilité puis à une légère décroissance de la France est donc le résultat de dizaines de millions de choix de vie qui aboutissent à faire 0, 1, 2, 3, 4 enfants, résultat que viendrait perturber une mesure autoritaire comme celle que semble proposer Yves. A moins que son vrai choix ne soit celui d’une population diminuant et vieillissante, mais alors qu’il le dise.

Evidemment, il est tentant de dire " s’il y avait moins de monde, il y en aurait plus pour chacun". Cette idée de limiter ses efforts individuels, en comptant sur la démographie des autres, je l’appelle, depuis le Sommet de la terre à Rio 1992 (où déjà le tiers monde a dû repousser les accusations de faire trop d’enfants) le "syndrome du Capitaine Haddock". (Haddock, en route pour la lune, voulait débarquer les Dupondt sur une étoile déserte pour pouvoir continuer à fumer sa pipe). Plus concrètement, c’est la motivation des couples qui en Occident se limitent désormais à 1 ou 2 enfants : ils cherchent à préserver leur niveau de vie, car le troisième enfant coute beaucoup plus cher. Mais on peut dire à l’inverse que, tant que chaque Américain aura une empreinte cinquante fois plus grande que celle des Nigériens, les Nigériennes auront le droit de faire 50 fois plus d’enfants...

Pour la part je considère que la stabilisation progressive de toutes les populations du monde est raisonnable. Elle conduit à un monde de 9 milliards d’habitants, où la question principale ne sera pas tant la diminution de l’empreinte écologique du tiers monde que le repartage de notre empreinte (c’est à dire de la part des richesses naturelles que nous nous adjugeons) en direction du tiers monde. C’est la voie exigeante mais... savoureuse que nous propose Natalie Gandais-Riolllet. Elle a raison.


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