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Début du détricotage


jeudi 2 juin 2005

Raz de marée « Non » en Hollande. Le mal qui, depuis des années, taraudait ce pays autrefois le plus tolérant du monde, éclate au grand jour. La discussion n’a pas du tout porté sur le plombier polonais ou l’absence de l’avortement dans la constitution. Comme dans l’écrasante majorité du Non français, la (...)


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> Début du détricotage

samedi 4 juin 2005

LE SENATEUR SOCIALISTE JEAN LUC MELENCHON, EN FLAGRANT DELIT DE JACOBINISME AVERE

Publié sur le site : http://www.brest-ouvert.net/index.php

mercredi 4 mai 2005

Le sénateur « socialiste » Mélenchon, grand animateur du camp du « non » au référendum du 29 mai sur le traité constitutionnel européen, attaque les initiatives de la majorité de gauche du Conseil régional de Bretagne en faveur de la reconnaissance et de la promotion du pluralisme linguistique et culturel :francais

Dans une question écrite n° 16318 du 3 mars 2005, il attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales sur la délibération adoptée le 17 décembre 2004 par le conseil régional de Bretagne, dans laquelle celui-ci affirme « reconnaître officiellement, aux côtés de la langue française, l’existence du breton et du gallo comme langues de la Bretagne ». Il souhaiterait savoir quelle peut être la portée juridique d’une telle reconnaissance officielle et s’interroge sur sa conformité avec les dispositions constitutionnelles qui disposent que « la langue de la République est le français ».

Il s’interroge également sur la volonté exprimée dans cette délibération de développer la pratique de la langue bretonne dans la rédaction de documents officiels, le fonctionnement des services publics et le recrutement et la formation des personnels de ces services. Il souhaiterait connaître les mesures qu’il entend prendre avec les représentants de l’Etat dans la région Bretagne pour empêcher que ces projets ne compromettent l’égalité des citoyens dans l’accès aux services publics et aux emplois publics.(sic)


REPONSE de M. Philippe Martel :

LETTRE DE PHILIPPE MARTEL À JEAN-LUC MÉLENCHON

Philippe Martel, Chercheur CNRS, Montpellier. Spécialiste d’histoire culturelle de l’espace occitan.

Monsieur le Sénateur,

C’est avec une surprise teintée de tristesse et d’une certaine irritation que j’ai pris connaissance de l’étrange question écrite que vous avez jugé utile de déposer le 3 mars 2005 concernant l’éventualité d’une officialisation de la langue bretonne en Bretagne, couverte à vous en croire par le Conseil Régional de cette région.

Ma surprise ne vient pas du contenu de votre question : je sais depuis longtemps que les langues régionales vous déplaisent souverainement, (ou souverainistement ?), et que vous affectez volontiers d’y voir un effroyable péril communautariste menaçant la république dans ses fondements mêmes.

Ce point de vue ne vous est d’ailleurs pas propre : vous le partagez avec votre ex-camarade le néo-socialiste Chevènement.

Mais on aurait tort de le croire réservé aux derniers représentants du social-chauvinisme ou du national- molletisme, comme vous voudrez, qui ont si longtemps sévi à gauche : on le retrouve chez quelques gaullistes patentés -comme Monsieur Fillon, d’ailleurs, qui veille, à son poste de Ministre de l’Education Nationale à réduire du mieux qu’il peut l’espace laissé dans l’enseignement public aux langues régionales -et il a les moyens présentement d’être bien plus efficace que vous dans ce domaine : vous devriez l’en féliciter.

Vous savez sans doute que le Front National et le parti du vicomte de Villiers sont sur des positions assez voisines -si vous en doutez je peux vous le prouver. Et je m’en voudrais d’oublier les positions similaires des gauchistes niais du Parti dit des Travailleurs, dont l’existence même doit vous rappeler de vieux souvenirs.

Tous ces gens font mine d’avoir peur des langues régionales, comme vous. La peur étant par définition irrationnelle, je suppose qu’il est vain de vous expliquer que l’on peut parfaitement travailler au développement d’une langue et d’une culture régionales -pour moi, c’est l’occitan- tout en rejettant avec la même vigueur que vous toute tentation communautariste.

Et il serait tout aussi vain de vous expliquer que compte tenu de la réalité sociolinguistique bretonne, le risque d’y voir la connaissance du français disparaître au profit du monolinguisme breton est à peu près aussi réel que celui de voir le parti Socialiste mener avec succès une révolution prolétarienne. Ou encore que c’est une bien curieuse conception de l’égalité que de croire que restaurer en dignité une langue méprisée depuis des siècles par les bien-parlants et bien-pensants équivaut à concéder à ses locuteurs on ne sait quel privilège exorbitant au détriment de ces pauvres bien-parlants et bien-pensants.

Et du coup, il ne servirait à rien de vous signaler que le mépris des patois fait partie de ces réflexes de classe qui se sont transmis harmonieusement de feu l’aristocratie d’Ancien Régime à la très actuelle bourgeoisie et, malheureusement, à une bonne partie du mouvement ouvrier. Quant à mener avec vous une réflexion de fond sur l’incapacité chronique dudit mouvement ouvrier à penser de façon un tant soit peu dialectique la question de la culture, et de la pluralité culturelle en France, je suppose qu’il vaut mieux n’y même pas songer. Mais, je le répète, ce n’est pas cela qui me surprend.

Non. Ce qui motive ma surprise, c’est que vous ayez jugé bon de déposer cette question écrite au Sénat, et qui plus est dans la période que nous vivons. Etes-vous vraiment sûr que ne se posent pas à l’heure actuelle des problèmes autrement plus importants ? Le désir immodéré de céder à ce qui semble être une obsession pour vous n’a-t-il pas été plus puissant que l’appréciation objective de la réalité des choses ?

Plus grave : il ne vous a sans doute pas échappé qu’un des arguments des partisans du oui à la Constitution européenne, c’est précisément qu’au fond la position des tenants du non est dictée par le seul souverainisme, et par un vieux fond de nationalisme français obsidional. Il me semble que l’on ne peut imaginer meilleure confirmation de cet argument que l’existence de prises de positions comme la vôtre, si elle venait à être connue -et vous pouvez être sûr que des Bretons partisans du oui s’emploieront à ce qu’elle le soit -ils ont d’ailleurs déjà commencé. Mais après tout, peut-être bien que votre Non est effectivement dicté par le souverainisme et le nationalisme. Si c’est le cas, (et je ne crois pas que vous puissiez prouver le contraire) je le regretterai, et j’en concluerai qu’avec des amis comme vous, le non de gauche n’a malheureusement pas besoin d’ennemis.

Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, l’expression de mes meilleurs sentiments républicains.

Philippe Martel.

 Source : http://www.agencebretagnepresse.com/


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