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Pacte civique et Sénatoriales


mercredi 2 février 2011

La politique électorale envahit progressivement la scène écologique et nationale, alors même que le débat sur le fond (celui de la transformation sociale et de la conversion verte) semble s’épuiser sans avoir commencé. Est-ce une caractéristique de la "démocratie creuse" d’aujourd’hui ? Méfiance...
La (...)


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Pacte civique et Sénatoriales

mardi 5 avril 2011

Pourquoi Europe-Ecologie les Verts doit se réjouir du choix d’Esther Benbassa comme sénatrice

Ici ou là surgissent des clameurs étranges depuis qu’Europe Ecologie les Verts a rendu public la nouvelle : Esther Benbassa se lance en politique et brigue, sous l’étiquette écologiste, un mandat de sénatrice dans le Val de Marne. Les Parisiens ne savent pas ce qu’ils ratent. Les Verts de la capitale en consultation publique n’ont pas cru bon de prendre au sérieux sa candidature, la plaçant au dernier rang de leurs choix. Tant mieux pour le Val de Marne qui a besoin d’une femme de sa trempe, fine connaisseuse des problématiques banlieusardes.

Je veux ici défendre la légitimité d’Esther Benbassa vilement attaquée par quelques fâcheux-ses dont je me targue de snober les cris d’orfraie qui s’escriment à dénigrer l’intellectuelle publique en la décrivant sous les oripeaux d’une arriviste sinistre doublée d’une opportuniste sans vergogne. Esther Benbassa est bien plus que ça.
Son choix des Verts est un choix de cœur. Le choix d’abord de la parité à laquelle les Verts ont juré une fidélité absolue. Car, comme elle le dit si souvent à qui veut l’entendre, il est important que les femmes aient de la place.

Certains, plus raisonnables, s’offusquent simplement de voir Mme Benbassa,
jeune militante écologique, comme elle se décrit elle-même, briguer aussi vite une mandature dont le prestige ne se dément pas. « Il nous faut une candidature plus expérimentée », s’exclament les sceptiques. De mon côté, je dis place à la fougue de la jeunesse ! Car, oui, Esther est une jeune écologiste et non contente de bénéficier de toute la verdeur nécessaire, elle dispose de la force de la convertie. Car, ne nous le cachons pas, la France et les Français sont encore loin d’être des écologistes militants. Des gestes quotidiens aux impératifs politiques à plus haute échelle, l’écologie a encore de grandes conquêtes à faire. Quoi de mieux, dès lors, que de valoriser à Paris, l’exemple d’une femme qui a su tourné le dos à ses idéaux passés pour venir à l’avant-garde de l’écologie, guide du XXIe siècle.

Je m’enorgueillis en effet, d’être de ces jeunes, proches d’Esther Benbassa – quoi qu’un peu éloigné depuis quelques temps – qui l’ont connu à une époque d’avant le chemin du Sénat, où, pour Esther, Kyoto rimait seulement avec Chine impériale, et qui l’ont sensibilisé à l’écologie, un des rares domaines échappant à sa profonde érudition. Pour vous permettre de mesurer le chemin parcouru, laissez-moi vous compter quelques anecdotes.
Esther Benbassa, enseignante scrupuleuse s’il en est, a toujours exigé de ses étudiants une rigueur digne de celle à laquelle elle s’est toujours astreinte. Exigeant donc des rapports réguliers, là-voilà qui un jour me renvoie à mes chers études, jugeant mes précédents travaux indignes des standards universitaires :
« Yaël, votre rapport, c’est du garbage intellectuel, je refuse désormais de vous lire tant que vous produirez des travaux aussi décousus ! Je suis une femme occupée et n’ai pas de temps à me consacrer à la médiocrité ! »
Et me voilà penaud, récupérant d’entre ses mains dédaigneuses mon pensum et retournant à ma place noyer dans des océans de tristesse ma déconvenue et surtout tâcher de cacher ma grande tristesse d’avoir autant déplu à mon modèle. Feuilletant amèrement mon travail honni, voilà que je constate l’absence d’annotations sur le verso des pages. J’ose alors émettre timidement cette observation interrompant ainsi le cours de l’éminent séminaire. Le fidèle Jean-Christophe Attias se saisit de ma requête, feuillette également le rapport et le pousse timidement à sa compagne à sa gauche.
« Esther il semblerait que tu n’aies peut-être pas lu entièrement les versos »
Mais bien sûr que si !, lui rétorque aussitôt sa compagne qui lui arrache le maudit feuillet des mains, se mettant à le feuilleter frénétiquement.
Puis là voilà qui le jette violemment.
Yaël, pourquoi imprimez-vous vos rapports recto-verso, m’interpelle-t-elle.
Je, euh, je… par soucis d’économiser du papier, éviter le gaspillage…
Quelle idée, me coupe-t-elle ! Mais quelle idée stupide ! Dorénavant j’interdis à tous mes étudiants d’imprimer recto-verso, le centre Benveniste est riche et ce type de pratique n’est pas professionnel, conclut-elle.
Et là voilà, maintenant adepte du développement durable, défenseur d’une consommation responsable. N’est-ce pas là la preuve d’une conversion des plus admirables ?

Mais je sens qu’il en faut plus pour convertir les benbasso-réticents ! Laissez-moi alors vous abreuver d’anecdotes.
2006, pleine préparation du Pari(s) du Vivre ensemble, première édition. Mme Benbassa me donne une de mes premières leçons de fundraising
« Vous savez Yaël, ce n’est pas rigolo de faire du fundraising !
Non, Mme Benbassa
Vous ne vous imaginez pas toutes les heures qu’il faut passer à sa taper des emmerdants qui vous raconte leur vie !
Oh la la Mme Benbassa
Oui, et le pire c’est qu’il croit que leur vie est intéressante.
C’est terrible Mme Benbassa
Mais le pire, ce sont les écolos !
Ah bon Mme Benbassa
Oui !
Pourquoi Mme Benbassa ?
Déjà ils vous bassinent avec l’écologie
Incroyable Mme Benbassa !
Et en plus…
Et en plus ?
Mais Yaël, ils puent !
Ils puent Mme Benbassa ?
Bien sûr qu’ils puent ! Ils ne se lavent jamais ces écolos ! et en plus ils sont sales et mal habillés avec leurs frusques mitées, vraiment c’est une sinécure de fréquenter ces gens là, mais il le faut bien sinon pas de mairie du XIe pour faire le vivre ensemble et pas de mairie de Paris. Que voulez-vous Yaël ! »
Sidérant n’est-ce pas ! Et voilà aujourd’hui Mme Benbassa qui enchaîne sans arrière pensée les réunions politiques avec les Verts, convertie qu’elle est à la douche unique par jour, aux fringues en coton bio équitable et même aux achats de seconde main. Une conversion admirable vous dis-je !

Je sens que vous commencez à prendre la mesure de l’exceptionnalité d’avoir Esther Benbassa dans notre camp !
2006 toujours, Mme Benbassa qui aime avoir des relations intimes avec ses collaborateurs m’interroge sur ma maison et mon mode de vie.
« Alors Yaël, comme ça vous vivez en banlieue.
Oui, Madame.
Dans un petit pavillon
Oui, Madame.
Un pavillon en Seine Saint-Denis, je pensais qu’il n’y avait que des tours et des loulous là-bas.

Pas trop dur de vivre en banlieue avec tous ces… jeunes là ?
Non, Madame.
Et votre maison, vous m’aviez dit que vous aviez peint les murs à la chaux ?
Oui, Madame.
Et pourquoi s’il vous plaît ?
Parce que c’est un peu plus écologique madame ?
Ecologique quelle drôle d’idée ! ça veut dire que vous ne vous chauffez pas, que vous ne vous lavez pas ?
Je me lave une fois par jour madame, en essayant juste de limiter mon temps sous la douche, pour le chauffage on essaie juste de régler le thermostat à 18 et de mettre un pull si on a trop froid.
18 ! Quelle idée, tu entends ça Jean-Christophe ! Chez nous on règle à 22-23 !
23 ?
Bah oui pour les invités pour que les femmes ne se sentent pas le besoin de se couvrir, c’est important dans les soirées que les femmes restent un peu dénudées, non. Qu’en pensez-vous Yaël ?
Oui, c’est surement, Mme Benbassa
Alors, dites-moi qu’avez-vous donc d’autre d’original chez vous que je me renseigne quand même si vous m’invitez je sais déjà que je prendrai un pull ou deux !
Et bien j’ai un lombricomposteur et je viens de fabriquer des toilettes sèches…
Des quoi ? c’est quoi tout ça ?
Un lombricomposteur, c’est un composteur rempli de lombrics qui mangent les déchets verts pour limiter le volume de nos poubelles. Il en sort du terreau que j’utilise dans mon jardin.
Vous… vous avez des vers chez vous…
Oui, Madame, enfin ils sont dehors la plupart du temps sauf en hiver où je les rentre…
Des vers chez vous, mais c’est dégoutant… Jean-Christophe, je ne sais pas si on va aller chez Yaël c’est dégoutant. Et les toilettes sèches qu’est-ce encore ?
et bien ce sont comme des toilettes sauf qu’au lieu de mettre de l’eau au dessus, on met de la sciure. Cela permet d’économiser quelques milliers de chasse d’eau par an.
Bon sang, quel horreur, mais vous n’avez plus de toilettes normales ?
Si bien sûr pour les invités
Ah j’aime mieux ça, enfin je ne sais pas si j’ai trop envie encore de venir chez vous. Ca me semble un peu sale pour moi… »
Et voilà comment ma modeste pratique écologique m’a interdit de recevoir Mme Benbassa à mon domicile. Mais amis écolos, aujourd’hui ce temps est révolu. Mme Benbassa convertie à l’écologie accepte toutes ces nouveautés avec la meilleure des grâces. Economies d’eau, de chauffage, développement durable n’ont plus de secret pour elle !
Je sens que certains doutent encore, alors laissez-moi vous raconter comment Esther Benbassa s’est convertie au transport en commun. Dieu sait qu’elle y était rétive.

Voilà qu’un jour à un rendez-vous de travail à République, Mme Benbassa se présente légèrement courroucée avec plus d’une demi-heure de retard.
« Enfin, vous voilà Yaël, ce n’est trop tôt !
En effet !
Comment ça en effet, vous ne vous rendez pas compte Yaël la circulation à Paris, les pistes cyclables. Impossible d’avancer ou de trouver une place de parking ! un vrai binz.
Mais Madame Benbassa, vous habitez bien à côté de la place Voltaire.
Enfin Yaël, vous savez bien où j’habite
C’est direct en métro de chez vous.
Yaël, en métro, mais vous délirez !
Je délire ?
Oui vous délirez ! Le métro ça n’est pas pour moi ! le métro ça pue et puis c’est dangereux pour les gens comme moi. Quand j’étais petite à Istanbul, je me faisais pincer les fesses dans les transports en commun. Depuis je n’en prends plus. Et puis le métro ça n’est pas sérieux, on est tout le temps en retard et puis de toute façon, je suis claustrophobe alors. »

Voilà qui concluait autrefois les discours de Mme Benbassa. Mais maintenant, là voilà à battre campagne en RER dans le Val de Marne – contestant les méprisants qui prétendent qu’elle est loin du terrain –, à défendre la politique de désengagement des voitures, les pistes cyclables. Je vois que maintenant plus personne ne trouve rien à redire à la conversion sincère de Mme Benbassa. Oui qu’il est loin le temps où elle exprimait son mépris pour l’écologie jusque dans des textes où elle expliquait brillamment sa vocation d’historienne. « Je lisais mes feuilletons sur du papier de mauvaise qualité – qu’on appelle aujourd’hui recyclé – et qu’on utilise désormais aux diktats de l’écologie, notre nouvelle religion »

Oui plus personne ne doute de la sincérité de l’engagement écologique de Mme Benbassa. Il est indéniable et incommensurable est le chemin parcouru !
Voilà que surgissent des murmures contradictoires. Ces murmures me disent mais les Verts ça n’est pas que l’écologie, c’est aussi la société, l’économie, l’école. Mais Mesdames et Messieurs les fâcheux. Plus que quiconque Mme Benbassa est bien placée sur ses sujets. Elle écrit des livres là-dessus ! Le racisme, c’est la spécialiste, les quartiers difficiles, les jeunes des cités. Ouvrez ces ouvrages, vous verrez tout ce qu’il y a à en apprendre. Elle est proche des immigrés qu’elle fréquent assidument, regardez ses amis Yazid Sabbegh, Bariza Chiari et tant d’autres autres. Mme Benbassa, c’est la diversité ! De surcroît, elle défend sans cesse les sans papiers, elle leur donne même du travail à refaire les plafonds de son appartement ou à poser la moquette ou monter les meubles de son bureau. L’école, comme elle le dit, elle la connait très bien. Elle a enseigné le français dans les années 1980. Et depuis ! Tous ces étudiants passés depuis plus de 10 ans sous ses auspices, les deux thèses qu’elle a fait soutenir ! Et sa réputation internationale. Parlez en à ses collègues de l’EPHE jaloux de son succès, pantois devant la qualité de ses apports à la science du judaïsme et au Je pourrais multiplier les exemples épiloguer des heures encore sur les qualités innombrables de Mme Benbassa. Vraiment il n’y a que les esprits chagrins pour contester l’honnêteté, le sérieux, la probité de la candidature de Mme Benbassa. A tous les amis écologistes qui doutent encore, je n’ai plus qu’un mot à dire. Votez Esther Benbassa !


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