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26/10: Retraites : le débat stratégique est ouvert
5/10: Retraites et immigrés : deux batailles décisives

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Retraites : le débat stratégique est ouvert


mardi 26 octobre 2010

C’est un peu la pause dans la bataille des retraites. On attend la manif de jeudi en comptant les station-services ouvertes. Occasion de réfléchir sur les problèmes stratégiques de la lutte. Deux axes : comment gagner ? que faire après le rejet du projet ?
Comment gagner : c’est une question de plus (...)


En réponse à :

D’abord, c’est quoi une retraite par répartition ?

jeudi 11 novembre 2010

Cher Monsieur Oui ce n’est pas malin de tout miser sur la répartition quand une majorité de droite peut venir vous la confisquer ! :-D

J’ai pas voté Sarkozy mais, quoique immigré de second génération, j’avais prévu de rester quand même en France en cas de vistoire de ce monsieur et j’avais quelques filets de sécurité. J’ai appris ça quand je faisais du parachutisme : avoir un toujours un petit parachute de secours.

J’ai fait toute les manifs et quantité de meetins contre la loi Srakozy-Fillon-Woerth de contre-réforme des retraites (voyez ici) , mais je dois aussi tenir compte de la possibilité de perdre.

Sur le fond, je vous cite :

« Quant à la phrase de la résolution : "considère en outre que les retraites devront être réformées à l’échelle européenne pour contribuer à financer la solidarité intergénérationnelle" j’avoue ne pas comprendre ce qu’elle signifie. Votre interprétation "Le même § 77 demande que la pondération entre « les 3 piliers » évolue dans le sens de la « solidarité intergénérationnelle », c’est-à-dire les systèmes à la répartition, qui ne peuvent être que les systèmes publics. " ne me semble pas évidente. » dites-vous.

C’est assez simple à expliquer, plus compliqué si vous n’êtes pas familier des techniques de financement des retraites…

Le problème d’une retraite est la transmission du droit sur une valeur dans le temps : je cotise aujourd’hui pour avoir un droit à pension dans 40 ans ! Comment est-ce possible ?

La solution la plus simple est le « système par répartition », elle est fondée sur la solidarité intergénérationnelle, mais elle est donc exposée à des changements de majorité législative (et d’idéologie dominante). L’autre système est fondé sur la « capitalisation », c’est en fait une variante de l’épargne, elle a l’avantage de reposer sur le droit civil (contrat entre le cotisant et une institution d’assurance), plus stable que les majorités politiques. Problème : elle est exposée au risque boursier d’effondrement de la valeur (relative) des titres possédés, même l’or.

"Répartition" signifie : les cotisants actifs paient pour les retraité contemporains, cela s’appelle la "solidarité intergénérationnelle". Le problème est alors démographique : si la solidarité est par branche, il ne faut pas qu’une branche (par exemple l’agriculture) fonde au profit d’une autre (les enfants d’agriculteurs devenant employés du commerce) . IL FAUT DONC UNE SOLIDARITÉ "DÉMOGRAPHIQUE" ENTRE LES BRANCHES.

Pour l’instant nous ne risquons rien ni vous ni moi, la fonction publique est en croissance constante, le nombre des retraités fonctionnaires croit moins vite que le nombre des retraités cotisants. Mais pensez un peu aux autres. On nous accuse assez d’être des "nantis".

Il faut également une solidarité démographique entre les régions, car en 40 ans la pondération interrégionale change. On peut même envisager un jour une solidarité interrégions européenne, mais ne rêvons pas.

Surtout , et c’est l’essentiel, il faut que les cotisants potentiels cotisent effectivement. L’ADHESION AU SYSTEME DOIT ETRE OBLIGATOIRE DE PAR LA LOI, c’est ce qu’on appelle un système public.

Regardons maintenant les systèmes par individu.

On ne peut rendre obligatoire un système individuel sans qu’il devienne ipso facto public. Quand on parle d’assurance chomage individuelle, on sous-entend « faculative » (sinon ce n’est rien d’autre que le régime général d’assurance vieillesse). C’est donc obligatoirement un système uniquement garanti par les cotisations DEJA versées, sinon rien ne garantit que dans 40 ans la solidarité fonctionnera de la part des générations futures au profit des retraités !! Si les jeunes n’ont plus envie de payer pour les vieux, ils n’ont qu’à ne pas cotiser !

Un système facultatif est donc obligatoirement en capitalisation, et non sur la solidarité intergénérationnelle, c’est à dire que les cotisations d’un individu sont « stockées", ou plus exactemet placées, l’intérêt et le capital servant à payer, des décennies plus tard, la retraite du cotisant, SANS solidarité intergénérationnelle.

TOUT SYSTEME INDIVIDUEL NON OBLIGAOIRE EST DONC (presque) NECESSAIREMENT EN CAPITALISATION.

Des contre-exemples existent, en général ils ont fait faillite quand le nombre de retraités est devenu excessif par rapport au nombre de cotisants « volontaires ». Il n’est donc pas évident, je vous l’accorde, que tout système « à solidarité intergénérationnelle » soit par nature « public » (c’est à dire organisé par une loi spécifique et obligatoire). Mais du moins , il n’y a pas de différence de définition entre « système de retraite par répartition « et « système fondé sur la solidarité intergénérationnelle », d’où l’absurdité de l’accusation très politicienne de J. Hénin.

Ce qui n’empêche d’ailleurs pas de faire évoluer un système non obligatoire dans un sens plus « social »… Exactement comme la complémentaire santé non obligatoire mutualiste.

Autre remarque : la réciproque du théorème n’est pas vraie. Un système obligatoire peut fort bien être en capitalisation, c’est souvent le cas dans les social-démocraties d’Europe du Nord, et la résolution du PE, en appelant à la « solidarité intergénérationnelle », les invite aussi à évoluer . Leçon de la crise boursière de 2008, comme le rappellent les premiers mots du pargraphe 77.

Le cas intermédiaire de la composante « branche » est plus ambiguë. Dans les social-démocratie d’Europe du Nord régulées par conventions collectives, il y a souvent des cotisations de branche obligatoires. Elles restent néanmoins soumises au risque démographique de la branche, et donc aussi exposées à la faillite, qu’elles soient en répartition ou en capitalisation. C’est pourquoi on trouve les deux cas de figure.

En espérant avoir été clair

Bien cordialement


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