jeudi 27 juillet 2017

















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votre référence : [1998g] " L’homme politique, loup pour la femme ", intervention au Colloque La Parité, enjeux et mise en oeuvre, Toulouse, 6-7 Février, publié sous la direction de Jacqueline Martin, P.U. du Mirail, Toulouse, 1998. (art. 344).

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par Alain Lipietz | 6 février 1998

Université de Toulouse Le Mirail-6-7 février 1998
L’homme politique, loup pour la femme
La parité. Enjeux et mise en oeuvre
[1998g] " L’homme politique, loup pour la femme ", intervention au Colloque La Parité, enjeux et mise en oeuvre, Toulouse, 6-7 Février, publié sous la direction de Jacqueline Martin, P.U. du Mirail, Toulouse, 1998.

Quoique ayant, en tant qu’économiste, un peu contribué à la compréhension du sort réservé aux femmes dans le nouveau modèle économique, " libéral-productiviste " , qui se met en place depuis un vingtaine d’années (Lipietz, 1996 a), j’ai conscience de ce que l’honneur d’être invité à ce colloque ne relève pas de ma compétence académique.

En réalité, c’est plutôt au titre d’homme politique que je suis ici, en quelque sorte " témoin " dans le débat qui vous occupe. J’ai en effet participé, avec certaines responsabilités, aux premiers regroupements politiques ayant pratiqué la parité. Ce fut d’abord le mouvement Arc en Ciel (où se retrouvaient notamment les féministes du CINEL et du collectif Ruptures), puis Les Verts qui, à partir des élections européennes de 1989, pratiquèrent systématiquement la parité des candidatures et l’inscrivirent dans leurs statuts.
Les raisons de souhaiter la parité comme résultat sont nombreuses. Je les ai analysées, ainsi que leurs critiques, dans divers articles (Lipietz, 1994). On peut d’abord souhaiter l’égalité malgré la différence des sexes, au nom de l’égalité, parce que l’inégalité hommes-femmes dans les postes de représentation ou de direction politique est injustifiable, qu’elle est la trace d’une oppression plus générale qu’il faut traquer. On peut aussi vouloir la parité à cause de la différence, parce que les femmes, du fait de leur culture engendrée par leur situation sociale, ont des choses à dire, des orientations à faire valoir à partir d’un point de vue différent de celui des hommes, voire plus complet et plus riche.
Cette position est incluse dans la précédente, elle ne s’y oppose pas. Le " féminisme de la différence " est un sous-ensemble du " féminisme de l’égalité ". Je sais bien à quels excès de polémiques conduit cependant l’opposition entre " universalisme " et " différentialisme " (Lipietz, 1996 b). Qu’il me soit permis ici d’exposer combien ces débats sont politiquement secondaires en face de cet obstacle fondamental à la parité : le type masculin de politicien. Un type auquel je participe, même si j’essaie de faire attention. Cette résistance masculine est beaucoup plus importante que l’intériorisation, par les femmes, d’une "inaptitude au politique". Mais attention ! Le discours masculin de l’inaptitude différentielle des femmes, encore récemment manifestée par Alain Juppé qui proposait aux femmes un rattrapage de 10 ans dans les conseils municipaux, n’est pas la seule variante du discours phallocrate, on va le voir.

 Le type masculin de politicien

J’appelle type masculin de politicien l’homme qui fait de la politique son métier et sa passion, non pour son contenu mais pour le plaisir de conquérir, occuper, conserver une fonction élective (interne à l’appareil d’un parti, ou externe, c’est-à-dire dans les élections civiques). Ce type est assez commun aux humains de sexe masculin, car il systématise caricaturalement le " rôle d’homme ". D’abord : n’avoir qu’une chose à faire dans la vie, et laisser aux autres (ses compagnes) l’intendance. Ensuite, privilégier la compétition, c’est-à-dire la rationalité instrumentale ordonnée à une fin purement symbolique, qui ne vise qu’à ratifier l’excellence dans la maîtrise de l’instrument. Enfin, dans la compétition, ne viser que le pouvoir pour lui-même, même s’il n’est justement que symbolique.
On peut trouver à ce type des codéterminants historiques, sociaux, culturels : on le rencontre par excellence dans la France du Midi, et encore plus en Corse. Mais il est si mondialement répandu qu’il renvoie sans doute aux racines les plus psychanalytiques de la masculinité. Si, comme le pense le socio-analyste Gérard Mendel, la psychanalyse des êtres humains en société est structurée par une pulsion d’acte-pouvoir, c’est-à-dire un désir d’exprimer son autonomie en transformant le monde et les autres autour de soi (Mendel, 1993), il est probable que la tonalité de l’acte-pouvoir est elle-même sexuée. On peut s’inspirer par exemple des intuitions de Luce Irigaray (Irigaray, 1987) : l’homme aura plutôt tendance à exprimer sa pulsion d’acte-pouvoir comme une projection vers l’extérieur, instrumentalisée à un but de résonance phallique. Mais cette interprétation analytique est largement surdéterminée par l’organisation sociale, et, dans nos contrées, par la distinction entre le " privé " (le " domestique " ), et le " social " (hors de la maison). Le même politicien du Gers ne concevra pas qu’une femme lui dispute un poste de Conseiller Général, mais n’hésitera pas, chez lui, à appeler son épouse " la patronne ". Non qu’elle y soit vraiment la maîtresse, mais simplement qu’il lui a tellement délégué qu’il ne saurait y survivre sans son aide et direction.
Or, ce type masculin de politicien sait admirablement jouer tant du différentialisme que de l’universalisme pour justifier son monopole social.

 Les discours politiques du masculin

Sans prétendre être exhaustif, on peut essayer d’ordonner brièvement les postures idéologiques justifiant l’exclusion des femmes de la scène politique. Nous nous limiterons ici au cas français, depuis la consolidation de la République au XIXè siècle. Les variations de postures s’y enchaînent historiquement en réponse aux progrès des aspirations démocratiques féminines. Chacune survit jusqu’à nos jours sous une forme presque originelle, mais elles s’engendrent aussi l’une l’autre par une sorte de transcodage, un processus adaptatif qui préserve un noyau phallocratique à travers la diffusion des idées d’égalité.

 Le différentialisme mystique

à la racine de notre histoire politique phallocratique, il y a bien sûr l’idéologie de l’église Catholique, qui a pu maintenir jusqu’à aujourd’hui (douteux privilège) l’exclusion formelle, statutaire, des femmes de sa structure hiérarchique (de la prêtrise à la papauté). La justification de cette exclusion est théologique, elle s’appuie sur un "ordre de la création". Le clerc s’occupe des affaires de Dieu, il doit être disponible pour son église (assemblée, communauté). Or la femme est non seulement un " être de chair " en négatif (une personne du sexe, donc du péché), mais elle est aussi un " être de chair " en positif, c’est-à-dire une mère. N’ayant pas l’outrecuidance de prétendre que le genre masculin échapperait à la concupiscence, la hiérarchie catholique assoit le monopole des hommes sur le versant positif de la féminité (à ses yeux !) : la capacité de dévouement exclusif des femmes à des êtres particuliers, leurs enfants. La différence des femmes, c’est un manque d’universalisme. Certes, les prêtres, ayant surtout affaire à des femmes, ont dû leur concéder � après moult querelles byzantines, d’ailleurs intimement liées à la question de l’abstraction , comme le montrent les offensives des " iconoclastes " � qu’une femme fut " Mère de Dieu ". Mais pour les cantonner dans ce rôle sublime : " sois mère et tais-toi ".
Cette position ne survit évidemment que dans la droite de la démocratie chrétienne, et sans une forme paganisée en culte du chef (et de ses filles), au Front National (Lesselier et Venner, 1997). Mais elle a fourni aussi le modèle du phallocratisme politique à ses adversaires : les républicains anticléricaux.

 Le différentialisme laïque

Cette seconde posture s’est en effet développée contre le monarchisme clérical, elle a engendré directement le discours du type masculin de politicien de la IIIè République, que l’on retrouve encore si présent dans le " radicalisme de Sud-Ouest ". à la Mère mystique pleine de grâce, il substitue le couple " épouse-maîtresse de maison (la " patronne " déjà citée)/maîtresse tout court ". Au " sois mère et tais-toi " il ajoute " sois belle et tais-toi ".
Dans ce modèle de la IIIè République, la femme est exclue même du droit de vote, à la fois en réaction à la Réaction (" si elles votaient, elles voteraient comme leurs curés "), mais aussi dans la continuité de la Réaction (Fraisse, 1995 ; Viennot, 1996). La femme est vue une fois encore soit comme un être de chair frivole (la maîtresse), soit comme un animal domestique promis à l’apprentissage du rôle de mère et de maîtresse de maison, mais dans les deux cas cantonnée par ses dons au " domestique " , incapable de s’intéresser au social (l’inter-domestique en quelque sorte), si ce n’est à travers la littérature. Au fond, la femme est un être " sauvage ", enfant trop naïve ou femme trop perverse, ou, au mieux (après dressage) femelle trop attachée à ses petits et à son " intérieur " , pour s’occuper à la " chose publique " , la République (Maugue, 1987). Là encore, la différence de la femme est un manque d’universalité, alors que la différence de l’homme est sa capacité à s’intéresser à l’Universel, et aux affaires du monde. La racine théologique de cette représentation est si évidente qu’elle sera presque naïvement reprise comme telle jusque chez Freud.

 L’universalisme abstrait

Avec la montée des femmes dans l’instruction publique qui les portera jusqu’aux ministères du Front Populaire avant même de leur ouvrir les portes de la Chambre des Députés, puis avec l’accès (en 1945) au droit de vote et à l’éligibilité, le différentialisme laïque va devenir intenable. L’heure a sonné de l’universalisme abstrait. " Nous sommes tous et toutes égaux, nous avons tous les mêmes droits. Les femmes ont le droit de " candidater " si ça les intéresse, et elles ont le droit de voter pour des candidates si elles les préfèrent. Si elles ne le font pas, ça les regarde ".
Moyennant quoi, se succèdent jusqu’aux années 1970 des Assemblées sinistrement saturées d’hommes, des gouvernements presque exclusivement masculins.
S’il en est ainsi, c’est que les structures sociales que reflétait le différentialisme laïque sont pour l’essentiel intactes. Les années 1950-1960 marquent le maximum de l’exclusion des femmes de la vie sociale, l’âge d’or de la figure de " maîtresse de maison " , dans les campagnes, les petites villes, même dans les grandes. Les " aides familiales " des travailleurs indépendants sont encore cantonnées dans l’exploitation domestique, les salariées, de plus en plus nombreuses, sont encore très minoritaires et cantonnées tout en bas de la hiérarchie. Les choses ne changeront qu’à la fin des années 1960, quand les femmes commenceront à maîtriser leurs grossesses et acquerront plus d’indépendance économique.
Mais le " type masculin de politicien " structure entièrement les appareils qui déterminent l’offre électorale : les partis politiques. Pour l’emporter dans un parti dans la course à la candidature, il faut n’avoir " que ça à faire " (et les femmes ont mille autres choses à faire), il faut " aimer çà " (et les femmes n’aiment pas forcément cette forme-là d’acte-pouvoir) il faut aimer le pouvoir pour lui-même, et les femmes aimeraient pouvoir faire quelque chose de nouveau.
C’est justement avec la montée du féminisme que, les questions du privé devenant politiques, les femmes entrent en tant que telles, c’est-à-dire avec leur sexe et pas en tant que citoyens de sexe par hasard féminin, dans l’espace des représentations politiques, c’est-à-dire l’espace où les questions de la transformation sociale deviennent visibles. Elles y viennent soit pour y exprimer des demandes propres (droits reproductifs, égalité professionnelle), soit pour y revendiquer la concrétisation d’une égalité abstraitement reconnue, elles y viennent au nom du différentialisme ou de l’universalisme. Mais, même quand elles y viennent au nom de l’universalisme et de l’égalitarisme, elles y viennent en tant que femmes, c’est-à-dire en tant que sous-ensemble particulier à qui l’universel et l’égalité sont en fait déniés.
Elles ont toujours cette différence de ne pas être égales, et la solution politique à ces problèmes est la parité, au moins comme résultat. Le type masculin de politicien est à nouveau contraint à une mutation, " post-moderne " en quelque sorte.

 L’universalisme pseudo-concret ou paritarisme " fun "

La réponse masculine post-moderne est particulièrement illustrée dans les partis ayant déjà accepté formellement l’objectif de parité, en tout premier lieu Les Verts, et plus récemment le MDC, le PS et le PCF. " Bien sûr qu’il faut des femmes, et des jeunes, et des Beurs, et des musiciens ! Bien sûr que ce sera très bien, la parité, comme dans la vie. Mais pas chez moi, ce n’est pas possible. Pas dans ma circonscription. Pas dans mon canton. Pas dans mon courant. Mais à côté, pourquoi pas ? ".
Le philosophe Karel Kosik définit le pseudo-concret comme la prise en compte de la diversité du réel en tant que simple juxtaposition, sans hiérarchisation des rapports organiques qui engendrent cette diversité (Kosik, 1968). Le paritarisme fun, variante du post-modernisme, " colle " en un paysage les différences à prendre en compte, les hiérarchise à sa guise, par exemple en ne les hiérarchisant pas, ou en privilégiant tactiquement une autre différence que celle de l’opprimé(e) qu’il a en face de lui.
Or, des différences légitimes, il y en a bien d’autres en politique que la différence des sexes. Il y a évidemment les différences d’options politiques, qui inspirent les scrutins à la proportionnelle. Une femme est-elle candidate à la candidature ? On inventera une différence politique, dont le leader sera un homme. Il y a aussi bien sûr les différences territoriales. Quand il n’y a qu’un élu par circonscription, ou même quatre, il est bien rare qu’on ne trouve pas quatre courants politiques à représenter, chacun par un homme. Et puis, il faut bien faire de la place à un associatif, à un représentant d’un parti allié, à un Beur ou à un ouvrier�
Selon le célèbre apologue de J.L. Borgès, la carte qui représenterait tout le territoire serait homologue au territoire lui-même. Choisir une représentation, donc un mode de scrutin, c’est choisir les différences à conserver. Même le scrutin de liste départemental (comme aux élections régionales) ne laisse guère de place aux femmes, si chaque liste a un ou trois élus, et si chaque liste intègre elle-même un dosage de sous-courants (la plupart conduits par un leader).
Là encore, le " manque de goût " des femmes pour les jeux politiques les place en position défavorable face aux hommes. Elles seront les premières à intérioriser l’idée : " Untel défend mieux ma propre position que moi-même. Et le sud du département doit être représenté, et Telautre y est le seul candidat valable. Je me présenterai la prochaine fois ". Certes, il y aura toujours des femmes pour instrumentaliser à fond le principe de parité jusqu’à ce qu’elles soient elles-mêmes servies. Ce n’est pas plus grave parce que ce sont des femmes. Certes, il y aura toujours des femmes pour remarquer à propos d’une liste conduite par des femmes " c’est le harem d’Untel, qui les téléguide dans l’ombre ". Ce ne sera pas forcément faux� et alors ?
Face au " paritarisme fun " , les féministes ne devraient pas se contenter du pseudo-concret. Si elles pensent vraiment que, dans la conjoncture actuelle du rapport entre les sexes, les intérêts des femmes et le point de vue des femmes sur le monde doivent être représentés à égalité avec les hommes, alors elles ne peuvent se contenter de la parité comme résultat laissé au hasard de la conviction des hommes. Elles doivent se battre pour que la parité des sexes soit inscrite dans la loi et dans le mode de scrutin, au même titre que la juste représentation territoriale et l’équitable représentation des courants politiques. Le scrutin de liste alternée hommes-femmes n’est pas forcément une garantie, on l’a vu. L’élection d’un homme et d’une femme par circonscription, s’il déséquilibre la représentation de la diversité politique, garantit absolument la parité dans le mode du scrutin lui-même. Tout est affaire de dosage.
Quant aux hommes, il ne reste qu’à leur souhaiter de goûter au plaisir des assemblées mixtes � s’ils sont élus, et � s’ils ne le sont pas � d’inventer d’autres champs d’application à leur envie de transformer le monde. Je n’ai aucune crainte à leur sujet.
Bibliographie

Lipietz Alain, 1996 a, La Société en Sablier, Ed. La Découverte, Paris.
Lipietz Alain, 1994, " Parité au masculin ", Nouvelles questions féministes vol.15 n°4, Paris.
Lipietz Alain, 1996 b, " Ce n’est pas plus grave parce que c’est une femme... ", Après-demain n°380-381, janv.-fév., Paris
Mendel Gérard, 1993, La Société n’est pas une famille, La Découverte, Paris.
Irigaray Luce, 1987, " Le geste en psychanalyse ", Sexe et parenté, Minuit,Paris.
Lesselier Claudie et Venner Fiammetta, 1997, L’extrême droite et les femmes, Ed. Golias, Villeurbanne.
Fraisse Geneviève, 1989, Muse de la raison, Alinea 1989 -Gallimard, 1995, Paris.
Viennot Eliane (dir.), 1996, La démocratie "à la française" ou les femmes indésirables, Cahiers du CEDREF.
Maugue Anne-Lise, 1987, L’identité masculine en crise au tournant du siècle, Rivages, Paris.
Kosik Karel, 1968, La dialectique du concret, Maspéro, Paris.




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