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24 janvier 2000

Banque européenne d’investissement
Rapport des Amis de la Terre
Préface au rapport sur la Banque européenne d’investissement des Amis de la Terre.

C’est à la fois une joie et un honneur d’être invité à préfacer cette publication de trois Organisations non gouvernementales européennes sur la Banque européenne d’investissement. Une joie, parce qu’il était pour le moins paradoxal d’assister à la montée d’un mouvement citoyen mondial de surveillance et de critique du FMI et de la Banque mondiale, quand notre Banque mondiale à nous, siégeant à Luxembourg, semblait pouvoir vaquer à ses occupations dans une opacité d’un autre âge, sans que les citoyens d’Europe songent à lui demander des comptes ! Un honneur, parce que, élu européen, je me vois ainsi offrir l’occasion d’exercer la fonction la plus noble du politique : relayer la vigilance de citoyennes et de citoyens avertis.

Militant écologiste, élu député vert en 1999, membre de la Commission économique et monétaire du Parlement européen, j’ai en effet été chargé par cette dernière de rédiger un rapport sur la Banque européenne d’investissement (BEI), examiné et mis aux voix dans le courrant du premier trimestre 2001. Et, naturellement, je n’ai pas manqué de m’appuyer pour mon enquête sur les travaux et les réunions organisées par le réseau CEE Watchbank.

Fondée en 1958, la BEI est le bras financier de l’Union européenne, elle est l’outil majeur d’investissement de fonds publics européens. Ainsi, pour 1999, le montant total des prêts accordés par la BEI s’élève à 31,8 milliards de francs ventilés entre 120 pays. En Europe, elle intervient dans 4 % des investissements engagés, orientant ainsi de manière décisive le mode de développement de notre continent.

Les missions de la BEI et l’immense masse monétaire nécessaire à la réalisation de ces objectifs font de la BEI un établissement bancaire unique, ne pouvant fonctionner comme un établissement commercial ordinaire.

Le rapport que je présente au Parlement européen constitue une première. Car, signe que les temps changent, sous le poids notamment de la mobilisation sans précédent de la société civile, cette année le Parlement, organe législatif de l’Union, a décidé d’évaluer pour la première fois le rapport annuel de la BEI. Lors de mon travail, j’ai pu constater que si nous, parlementaires, en étions à notre coup d’essai, les organisations non gouvernementales réunies dans le "CEE Bankwatch Network", s’étaient, quant à elles, investies de longue date dans un travail de surveillance. Réalisé dans des conditions souvent difficiles, leur travail dénonce, argumentation à l’appui, manque de transparence et dysfonctionnements. Et, j’ai pu le constater auprès de la BEI elle-même, cette dénonciation recoupe largement le constat des organes d’audit interne et la " mauvaise conscience " de l’institution.

La démarche des ONG doit d’être saluée. Elle souligne que, loin d’être un simple instrument technique ou financier, la BEI est en réalité un outil au service d’orientations politiques. En effet, la BEI est le miroir des arbitrages financiers opérés par nos gouvernements. Engager un travail de surveillance sur les activités de la BEI revient en fait à exercer un contrôle citoyen sur les politiques de l’Union : les ONG ne s’y sont pas trompées, et notamment les associations de protection de l’environnement.

Bien entendu mon travail parlementaire est avant tout constructif. Il ne s’agit pas pour moi de critiquer sans proposer, mais au contraire de contribuer à faire de la BEI un outil au service du développement durable, la volonté politique devant être au rendez-vous. Gageons que, si les citoyens d’Europe s’en mêlent (ceux des pays de l’Union comme ceux des pays candidats), nous pourrons collectivement relever cet immense défi. Oui, un autre monde , une autre Europe sont possibles, dès lors que nous osons nous emparer des outils existant, les réorienter vers un développement solidaire et respectueux de l’environnement.


Voir la présentation de la situation.




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