Villejuif : Un mois de tempêtes
par Alain Lipietz

jeudi 24 avril 2014

Ouf ! c’est fait, et on a gagné. Si vous n’avez pas suivi nos aventures sur les sites de L’Avenir à Villejuif et de EELV à Villejuif, il faut que je résume, là. Avec les liens, de petits compléments et un peu d’approfondissement, onglets que vous pouvez sauter pour passer à une petite réflexion générale.

D’abords le premier tour : pas folichon pour nous, mais, avec les 3 autres listes d’opposition démocratique (hors-FN), on a 20% d’avance sur la liste de Mme Cordillot, maire sortante PCF, 32 %. On fusionne à la proportionnelle, et commence le second tour, atroce. La direction d’EELV s’engage avec le PCF et nous vire. On gagne quand même. Au 3e tour, le chef historique de la droite villejuifoise nous lâche (ouf) et c’est la consécration : élection du maire, Natalie Gandais 1ere adjointe. Les chausse-trapes s’ouvrent immédiatement. Moi j’attends ma nomination à l’agglo Val de Bièvre… mais c’est pour le prochain billet.

1er tour

Après une campagne enthousiasmante et riche en découvertes, les résultats du premier tour sont pour nous une douche froide.

Certes, la liste PCF+PS+PG+MRC+Gauche Citoyenne ( ?) +… subit une lourde défaite (32 %), mais nous nous y attendions.

Nous pensions que cette fausse gauche, héritière dégénérée de 89 ans de communisme municipal, et qui est longtemps passée dès le premier tour, ferait quand même 36 %. Nous avions sous-estimé la révolte de la population et les terribles déchirements entre PS et PCF, et surtout au sein du PCF. Les « poids lourds » de l’équipe sortante, ceux avec nous pouvions discuter rationnellement (les Lebris, Arrouche, Jedrzejewski… à qui nous envisagions de confier des présidences de commission) se retrouvent en fond de liste, et ne seront finalement pas élus. Ni les uns ni les autres n’avaient vraiment fait campagne.

La palpable percée du FN, qui, comme à Marseille, fait ses meilleurs scores dans les cités ravagées par la misère, le clientélisme PCF et l’économie de la drogue, voire pire, est contenue à 11% . Mais nous arrivons derniers des 4 listes de l’opposition « républicaine ».

Bon, le succès des deux listes de centre-droit (15,82 et 17,15 %) était prévisible, à bien écouter les Villejuifois, qui révoltés contre l’équipe Cordillot, nous affirmaient « J’ai toujours voté à gauche, mais cette fois je voterais même UMP pour nous débarrasser de ces gens-là ». Quitte à virer « la gauche », voter à droite était le plus expéditif. Mais il faut reconnaître que la liste le Bohellec (« Nouvelle dynamique », investiture UMP et MEI) a fait un remarquable travail, avec une composition reflétant autant que la notre la réalité de Villejuif.

Mais nous avions rêvé d’un succès « à la Grenoble », avec notre liste associative à noyau écolo. Sauf que Villejuif n’est pas Grenoble. La vie associative, c’est la coquille desséchée contrôlée par le PCF. Les luttes urbaines qui ont causé sa perte, même celle de la Zac Aragon, que nous avons animée avec une énorme masse de travail, n’ont pas encore structuré l’opinion publique et nous ne l’avons pas « capitalisée » électoralement.

Trop confiants dans notre implantation traditionnelle, nous avons porté l’effort sur les quartiers populaires anciennement structurés par le PCF. Mais ceux qui nos ont rejoints n’avaient pas de réseau au-delà de leurs amis (sauf les Maliens), et en fait ils nous ont rejoint trop tard. Et le milieu artistique ou intello qui s’est « condensé » autour de nous dans la dernière ligne droite ne fonctionnait pas non plus en réseau local. Ce sont des amis pour « maintenant ».

Nous sommes tombés dans le piège du miroir de notre succès d’estime, ayant passé beaucoup plus de temps à réunir des compétences et à peaufiner un programme excellent (dans le fond et dans la forme, merci François Camé et Claire Grover) qu’à faire vraiment campagne avec des tracts simples, du porte à porte et des affiches, pour une ville dépolitisée par 89 ans de communisme devenu clientélisme. Cette grosse avance programmatique va nous servir plus tard, mais pas au bon moment…

La liste concurrente à gauche, celle de Ph. Vidal, nous a battu d’une trentaine de voix, alors qu’elle était absente des quartiers populaires qui l’ont perçue comme aussi hostile que la liste « centriste », celle de M. Harel. Elle a bénéfice de la scission initiale de notre groupe sur la question « laïque » , entrainant plusieurs militant-e-s bien implanté-e-s dans leurs quartiers. Surtout, elle a su se présenter comme « la liste des électeurs socialistes qui ne supportaient plus la subordination au PCF ». Nous, nous avions échoué dans toutes les tentatives de regroupement : nous n’avons pas obtenu de dissidence socialiste, ni le ralliement du Modem (qui s’est dispersé) ni celui des bouts de la jeunesse des quartiers un peu organisés (l’ACV, qui finalement s’est dissoute sans se présenter ni nous rallier au premier tour).

2e tour

Le dimanche du premier tour, dans la nuit, réunion un peu déprimée dans notre local.

Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut rester loyaux envers les électeurs.

On a promis, à tous ceux (nombreux) qui nous ont posé la question, qu’on ferait l’union au second tour pour chasser les sortants. Il faut tenir parole, quoi qu’il nous en coute. Personne ne parle de fusion avec la pseudo-gauche, mais certains refusent de figurer sur la liste fusionnée « avec Harel ». M. Harel a l’investiture UDI, mais toute la France « de gauche » nous reprochera les jours suivants de fusionner avec la liste investie par l’UMP, qui, elle, ne nous pose aucun problème, tant nous avons appris à apprécier son leader et ses militant-e-s ! Et nous sortons les premiers de notre local, en même temps que ceux de Nouvelle Dynamique (toutes les listes ont loué un local en centre ville) : notre décision, murie et affichée depuis le 19 décembre, a été la plus facile à prendre.

Nous enregistrons plus tard le refus de cette stratégie de la part de trois copains villejuifois qui ne participaient plus depuis deux ans à nos débats, dont un qui nous avait fait l’amitié de figurer sur la liste. Ce sera une règle générale : les critiques seront d’autant plus vives qu’ignorantes. Nous les recevrons avec philosophie : cette stratégie d’union, Natalie l’avait évoquée dès son investiture en septembre, en décembre les militants réguliers étaient à moitiés convaincus, et là, on demande à ceux qui n’y avaient jamais réfléchi de se prononcer en quelques jours ! Seuls quelques medias (Politis, RMC) organiseront le débat. Nous composons une « FAQ de l’Union citoyenne » et une « Lettre aux amis qui ne comprennent pas »

Mais pour la majorité de la population de Villejuif, le choix est fait depuis longtemps : ceux qui ont bien voulu nous faire crédit au premier tour du vote pour une gauche différente, écologiste, participative, ne sous auraient pas suivi si nos nous étions maintenus, au risque de faire gagner la liste PCF sortante. Nous avons suivi nos électeurs autant que que nous ne les avons entrainés.

Le lundi 24 mars, les négociations de fusion sont closes rapidement : une « Union citoyenne pour Villejuif », sans référence de parti, Franck le Bohellec écartant celles et ceux de sa liste qui ont une image marquée UMP. La rédaction du programme prend à peine l’après-midi, la photo de groupe est en boite à 17h30, la construction de la liste est quasi automatique, « à la règle d’Hondt », Gila nous fabrique le matériel de campagne « R-39 » dans la nuit…

Le meeting du jeudi sera une réussite spectaculaire. Ça baigne en surface et en profondeur, sauf dans la mince couche des égos des chefs. La population, stupéfaite que nous ayons eu « le courage et l’abnégation de faire ça pour Villejuif » nous baise les mains à chacune de nos sorties.

Mais dès le mardi, les journaux nous avertissent : nous allons être virés ou plutôt suspendus de EELV. Hors de Villejuif, sur un fond d’incompréhension légitime, une pseudo gauche se déchaine contre nous, y compris dans notre parti. La direction de EELV nous trahit et donne le logo au PCF, sans aucune négociation programmatique, sans une demi-seconde d’enquête auprès de nous sur quelle liste défend l’écologie politique, la démocratie et la solidarité à Villejuif. S’en foutent, préparent déjà leurs places aux prochaines élections. Mme Cosse et M. Placé viennent ainsi parader avec Mme Cordillot sur le marché de Villejuif, accompagnés de militants EELV d’Arcueil ou d’Ivry, ceux qu’on avait accueillis à bras ouverts dans le regroupement Génération Écologie ou dans le regroupement Europe Écologie, protégés par les staliniens et hués par la population (« Paie tes amendes ! » etc).

Nos militants, venus distribuer un tract de soutien de EELV – Villejuif à l’Union citoyenne, sont écœurés, déchirent leurs cartes devant les caméras. Ce sera dur à rattraper pour EELV à Villejuif.

Le PCF, dont les divisions internes ont dû aggraver la défaite au premier tour, se jette alors dans une sorte de « chant du cygne noir », sous l’hégémonie de son aile la plus stalinienne. Pas au sens métaphorique. Il ne se contentera pas de reprendre les tics les plus terribles de sa période stalinienne, mais aussi les références au stalinisme (pacte germano-soviétique compris, voir ici l’Annexe et le débat historique qui s’ensuit), transformant Villejuif en une sorte de Crimée déchainée contre les « ligues factieuses du 6 février 34 » que nous sommes.

Des tracts et même l’affiche officielle du PCF proclament l’apostasie de certains membres de notre liste du premier tour, [dans un cas arrachée- >http://www.laveniravillejuif.fr/spi...] par des méthodes dignes de La vie des autres avec le soutien des maires voisins PS ou ex-PCF dont un EELV (si, si) et d’autres purement et simplement inventées. Un tract hideux est sorti et abondamment distribué avec le logo EELV maquillé en rouge, noir et gris, signé par un des rares adhérents « dormant » depuis des années et à ce titre non suspendu.

Terrorisant la population et la totalité de leur clientèle, habitants des HLM, Auxiliaires de vie scolaire et autres employés communaux, usagers des services municipaux, mobilisant les dirigeants de « leur » association musulmane, inondant Villejuif de tracts, contrôlant que leurs clients viennent bien voter en leur intimant de ne prendre qu’un bulletin et le bon en allant dans l’isoloir, introduisant des techniques de fraude inhabituelles (comme le bulletin pré-annulé), les communistes regagneront 2000 voix, essentiellement des abstentionnistes du premier tour (mais il en restera 45 % à leur opposer une résistance passive).

3e tour.

Et ils seront battus quand même.

J’ai donné ici une tentative d’analyse du scrutin.

Nous avons fait reculer le Front national en offrant aux désespérés une alternative, nous avons laissé en route quelques dizaines d’électeurs de gauche désorientés par notre union hétérodoxe, et quand même remobilisé une partie de ceux qui n’y croyaient plus. Le « camembert » du conseil municipal élu laisse paraitre une majorité de un siège « PC-PS-etc + liste écologiste, + liste DVG ». Mais nous restons loyaux à notre alliance, l’Union citoyenne. De toute la droite historique villejuifoise, il n’y a plus qu’un seul élu : la tête de file UDI, M. Harel. Elle va s’éliminer toute seule.

Car il faut maintenant préparer le 3e tour, l’élection du maire et de ses adjoints. Et très vite les querelles d’égo se déchainent : M. Harel, arrivé en seconde position, veut prendre la place du maire (et s’exclut très vite du jeu), M. Vidal, arrivé de peu devant Natalie Gandais, ne supporte pas qu’elle passe devant lui au bénéfice de la parité. Une fois tranché ce combat naval dans un verre d’eau, je raconte ici la bataille.

Bilan : ascension rapide de notre influence, Natalie se retrouve première adjointe, et pas seulement parce qu’étant la seule femme, mais aussi la plus expérimentée, la mieux perçue comme dévouée à la ville au risque de sacrifier son appartenance partisane, la plus « unitaire » et la plus diplomate, la mieux armée programmatiquement… Elle hérite d’un immense domaine, urbanisme, logement, espaces verts, travaux, avec deux délégués (Patrick, EELV suspendu et notre CGT métallo, aux espaces verts, et Maryse, de chez Harel, au logement : une Antillaise qui sait ce que sont les drames des expulsions). Deux autres de l’Avenir à Villejuif sont maires-adjointes, Monique (EELV suspendue) à l’emploi et à l’ESS, Sylvie (associative) à la démocratie et à la politique de la Ville. Petit schelem !

Le jour de gloire arrive devant une foule immense : l’élection du maire et de ses adjoints. L’aile la plus stal du PCF tente de saboter et révèle d’autres aspects de son idéologie rouge-brune, limite Dieudonné. C’est raconté là.

Réflexions finales

Une nouvelle aventure commence, mais concluons provisoirement par un peu de théorisation.

Je l’ai dit : nous avons mis six mois à nous accoutumer à ce que nous allions faire, une union citoyenne par dessus le clavage droite/gauche, tant sont prégnantes, chez les politiques que nous sommes, les habitudes hérités de la bipolarisation propre à la Ve République.

J’ai donné plus haut les liens vers les raisons strictement villejuifoises de notre choix. En fait, la population voulait ce changement, et il n’est pas sûr que nos propres électeurs nous auraient suivi si nous nous étions maintenus (au risque de faire gagner la liste Cordillot). Mais notre stratégie a-t-elle une portée au delà de Villejuif ?

Je serais d’abord tenté de répondre Non, tant la liste « investie UMP » que nous avions en face de nous me paraît exceptionnelle. Je le détaille, en réponse aux arguments qui ont été avancé sur les listes internes de EELV pour justifier notre suspension : « l’UMP est ultra-libérale, or le libéralisme est incompatible avec l’écologie. » J’y reviens plus loin, mais, comme je l’explique ici, si, à Villejuif, nous avons pu passer contrat avec une liste estampillée UMP, c’est qu’elle ne présente guère les aspects de loup-garou incarnés par les Sarkozy-Copé. D’abord, elle ne présente pas explicitement ce caractère « ultra-libéral » ni même spécifiquement plus libéral que la liste Cordillot, bras politique des promoteurs à travers son aménageur attitré, la Sadev.

Mais, Nonna Meyer le souligne  : le clivage droite/gauche qui s’approfondit en France (comme aux USA) n’oppose pas le caractère plus ou moins libéral ou dirigiste ni même social selon les partis de gouvernement, mais le clivage entre ethnocentristes (racistes) et universalistes. Or - c’est frappant sur les photos – la « couleur » est apportée dans ce conseil municipal par notre Union citoyenne, à commencer par la liste arrivée en tête (avec investiture UMP), et les élus de la liste Cordillot, blancs comme des cachets d’aspirine, ont sérieusement besoin de se ressourcer aux Antilles. Universalistes, certes, mais alors bien assimilés…

Pourquoi alors ces miliant-e-s hors-normes qu’on aurait été bien contents d’accueillir à EELV sont-ils sur une liste estampillée UMP ? Sans soute la famille, la religion, ou l’intelligence et la généreuse bonhommie de la tête de liste Franck le Bohellec, sorte de gaulliste social à l’ancienne ? Ou tout simplement que le gaullisme populaire continue à exister et Sarkozy nous l’avait fait oublier ?

C’est ouvrir la réflexion au delà de Villejuif. Nous avons fait cette alliance avec pour unique boussole les valeurs fondamentales de EELV : démocratie, solidarité, responsabilité écologique, et elle nous a indiqué des points qui ne devraient pas s’y trouver, selon la carte traditionnelle orientée « droite-gauche ». La liste « de gauche » occupait le pole anti-démocratique, solidarité réduite au clientélisme, opposition résolue à l’écologie environnementale. Sans même évoquer les questions d’éthique, si nous nous étions alliés avec ceux qui avaient reçu des Cosse-Placé le logo EELV, comment aurions-nous pu sans rougir participer par exemple aux réunions sur le climat de la conférence de Paris ?

Le fond de la question est que les Cosse –Placé conçoivent les alliances politiques selon le paradigme traditionnel du progrès, défini par le modèle « fordiste » de 1945, où l’on est plus à gauche quand on est plus dirigiste et moins libéral, que l’on crée plus d’emplois en produisant plus, que l’on est plus social en entassant du Hlm en barre dans ces « terrains libres » que sont les espaces verts et agricoles, sauf qu’on est plus écologiste en repeignant en vert ce modèle caduque qui conduit l’humanité et la planète à la catastrophe. Sur leur carte, il y a de droite à gauche le FN, l’UMP, l’UDI-Modem, le PRG et le MRC, le PS, le FdG, le NPA, et quelque part entre PS et FdG, la case EELV.

Et bien non. Cette carte, les gens n’y croient plus et sont littéralement « déboussolés ». Déjà parce que les points qu’ils ont sous le yeux ne correspondent pas à la carte : la « vielle gauche » qui devait être au moins démocratique (depuis le XVIIIe siècle) et, de plus, sociale (depuis le XIXe siècle) n’est plus ni l’une ni l’autre, ni à Villejuif, ni à l’échelle nationale. Et parce que les gens ont conscience qu’il manque une dimension à la carte, celui de la qualité de la vie en accord avec les contraintes écologiques, qu’ils appellent « bien-être », « responsabilité » et « tranquillité ».

Alors, quand on vient leur dire « votez quand même pour cette gauche, parce que c’est écrit dessus qu’elle est de gauche », quelque chose se casse. Il revient aux écologistes sincères la dure mission de reconstruire, au delà des ruines, un nouveau paradigme de « bien-vivre » fondé sur la démocratie participative, l’autonomie, la solidarité, et la responsabilité écologique.

Bon ça, c’est la stratégie. Mais sur le terrain, les écologistes, qui ne sont pas majoritaires, doivent faire des choix tactiques. Je suis de ceux qui dès 1992 avons insisté que « en général » les alliances seront plutôt avec la vieille gauche. Et cela pour des raisons liées en effet à la contradiction entre marché et écologie. Mais cela ne veut pas dire que le dirigisme soit spontanément écologiste, au contraire : les plus grande catastrophe écologiques du XXe siècle sont venues de folies planistes : Tchernobyl, Mer d’Aral…

Quand le planisme est au service du productivisme (et c’était le cas à Villejuif), il devient le pire ennemi de l’écologie. Notre Mer d’Aral, notre Plateau de Saclay, s’appellent : démantèlement du parc des Hautes Bruyères, urbanisation du Terrain des Maraichers (notre dernière terre agricole), du terrain Mollicone (dernier espace vert en centre ville)…

C’est pourquoi on ne peut faire d’alliance ni à droite, ni à gauche , sans un accord programmatique défini par notre boussole, et non par une carte périmée. Ce que nous appelions autrefois « autonomie contractuelle ».

D’ailleurs, pour ceux qui préfèrent la tactique à la stratégie , il y a encore une raison bien simple. A partir du moment où tous les partis de gouvernement ont la même politique économique (Fillon, Ayrault , Valls), pour négocier le meilleur accord, il faut faire jouer la concurrence. Si on dit à l’avance que, même sans aucune négociation, on soutiendra la liste où il y a le PS, que peut-on espérer obtenir de ce parti ? La seule façon d’être un jour en mesure de peser sur les orientation des socialistes (ou du PCF là où il domine encore), c’est de leur montrer que, s’ils n’ont rien à nous offrir, on ira chercher ailleurs…

Dans ce cas, l’initiative de EELV-Villejuif a d’un coup rehaussé les standards de toute négociation ultérieure… même avec le PS.



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