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16/10: Ses purs ongles très haut…
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Ses purs ongles très haut…


dimanche 16 octobre 2005

Mon « devoir de vacances », résultat de nombreuses années de réflexion sur ce poème de Mallarmé, est maintenant assez avancé pour que j’en livre à la critique une première version.
Vous pouvez la télécharger (pdf, 350 ko), et je serai heureux de connaître vos réactions, soit en privé soit directement (...)


En réponse à :

Mallarmé, Lipietz, Shoah, pastiche

jeudi 4 octobre 2007

Eh bien ! ça devient très intéressant ! Au colloque de Tournon sur Mallarmé (1998), plusieurs intervenants ont montré qu’il était fructueux d’aborder l’auteur par la face « pastiche ». Voici un cas concret. Et nous venons de discuter de votre sonnet avec mon beau frère, ex prof de lettres à l’université de Nanterre et poète, François Lescun : il partage mon avis , votre pastiche est très bon (ce qui montre d’ailleurs que vous êtes poète vous même , car, votre « défense » le démontre, vous avez fait un peu plus qu’un pastiche, mais de vrais choix poétiques).

Tout d’abord, 100% d’accord avec vous : un poème a une multitude de sens, et comme vient de dire Eco dans Presque la même chose, l’auteur ne doit pas céder à la tentation narcissique de penser que son interprétation a plus de valeur que celle des autres lecteurs. Votre exemple du Cygne est fort juste, et même certains interprétants vont encore au delà du thème de l’exil : savez vous que pour la géographie culturelle anglo-saxonne, ce poème était devenu, un moment, le signe de ralliement de la « nostalgie urbaine » (« Le visage d’une ville change plus vite hélas… ») ? Cf mon commentaire, en particulier les notes 11 et 12.

Mais mon essai sur « Ses purs ongles » a aussi une intention polémique : j’en ai marre de la vulgate du Mallarmé poète pur, « absence du référent », etc. Ses purs ongles très haut… , quoique « plein de rêve et de vide », veut dire quelque chose (sur la mort, et en particulier sur la nouvelle situation créée par la mort de Dieu, sur la fonction de la poésie dans ce contexte, etc). Donc j’en ai marre de ceux qui devant Mallarmé l’Obscur se contentent de commentaires formels en disant « pas la peine de chercher à comprendre, ça ne veut rien dire. » Et comme votre sonnet est un bon pastiche de Mallarmé, je le traite comme du Mallarmé, je me demande « Qu’est ce que ça veut dire ? » (et pas exactement « qu’est ce que l’auteur a voulu dire ? », même si..)

Ensuite je vous prie d’excuser mes bévues de lecture ou plutôt de citation de votre sonnet. J’avais bien vu que, dans votre texte, AL « s’augurait », mais je pensais simplement que vous aviez remarqué que je suis né en 47 et pas en 44, donc pas pendant la Shoah. Votre personnage AL ne pouvait que « s’augurer » dans la pensée de son père, et non s’inaugurer . J’ai pu observer avec amusement ou compassion la différence entre mes camarades (Pierre Goldman, Dany Cohn-Bendit) et moi (sans compter Jean-Jacques Goldman !!) selon qu’ils sont nés pendant la Shoah ou après. Donc j’écrivais « il s’inaugure » simplement pour faire court : la référence à la mésaventure de mon père que malgré moi j’ai dû assumer récemment dans la presse.

A ce propos : j’ai observé, sur la fameuse photo de Bolloré-père avec Léon Blum, qui a servi à couvrir le mensonge de Sarkozy sur « Léon Blum hébergé par Bolloré à la sortie de Buchenwald », la mention « septembre 1947 », le mois de ma naissance ! Certes mon père a été libéré à Drancy (c’est plus près), mais il a eu le temps de finir ses études, se marier, trouver un job, déménager, puis ma mère a encore trouvé 9 mois pour me faire… ça change tout ! En supposant même que Léon Blum soit rentré à pied de Buchenwald en faisant du tourisme, « Septembre 47 », c’est un peu fort comme « sortie de Buchenwald ».

Mai revenons à Mallarmé et à votre sonnet (car c’en est un, ce qui ne se voit pas sur mon forum mais sur votre site : problème des à-la-ligne sous spip). Ma faute de lecture, « fatal » au lieu de « final », est bien une bévue, sans doute provoquée par la longue fréquentation du Toast funèbre en l’honneur de Théophile Gautier, où Mallarmé alterne « final » et « fatal » à peu près dans le même sens. Mais là, « final » c’est mieux, à tous points de vue , pour les raisons que vous dites ( dans le Toast funèbre aussi le choix n’ai jamais au hasard).

Venons-en au « fors » et à ma critique initiale d’archaïsme forcé. Je voulais insister sur le fait que Mallarmé ne cultive pas l’archaïsme pour lui-même, mais plutôt quand il pense que le vieux mot est plus proche du signifié (selon son idée que la langue se dégrade avec le temps, par rapport à une origine où le signifiant était une onomatopée du signifié). Donc votre vers faisait inutilement « XVIe siècle » (surtout en commençant la phrase par « Que »). Vous me répondez que là, vous, en tant que Ferraille, avez voulu faire une allusion à la lettre de François Ier et bien plus encore… C’est bien sûr votre droit (et j’en suis flattté ;-)) mais ce n’est plus tout à fait du pastiche ! C’est vous en tant que poète original.

Et j’apprécie tout à fait ce que vous dites. Mallarmé est le premier poète français de la mort de Dieu (tout en mobilisant à fond les symboles du catholicisme), mais c’est vrai que la Shoah marque une rupture encore plus forte (un nouveau-nouveau testament, comme vous dites). Il eut été passionnant de lire un Mallarmé de l’après-Shoah, car avec la Shoah même « ce monde-ci » a changé de sens, et comme vous le remarquez très justement, la flamme de la fulgurante console est bien plus sinistre encore qu’à la fin du XIXè siècle.

Sur le « médiatique » enfin, je ne considérais bien sûr pas que vous me réduisiez à mon être médiatique (sinon cet échange n’aurait pas eu lieu), simplement que la connaissance l’être médiatique du sujet (AL) aidait à comprendre le sens du poème, en remontant de la 3e à la 1e phrase.

Bon , c’est pas tout ça, je dois retourner à mon labeur d’eurodéputé écologiste. Je vous renverrai en perso l’état (presque) actualisé de mon essai, lecture de Booz comprise (j’ai des bouts, non intégrés, sur Eluard et Aragon pour la 2e partie, et je vous enverrai une discussion sur le Toast, son « final » et son « fatal », qu’il me faudra aussi intégrer.) C’est long, il me faut donc votre adresse : il suffit de me la communiquer par alain@lipietz.net.

Bien cordialement.

PS Je suis dévoré de curiosité sur votre Phèdre… Tout à fait d’accord que le pastiche n’est pas fait que pour le ridicule, et j’ai été frappé d’emblée que ce n’était pas le cas de votre texte (contrairement à ce que vous sembliez annoncer à l’origine ;-))


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