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Vacances, II : Ulysse et les kri-kri


mercredi 24 août 2005

Seconde partie de mes vacances : dans une petite île des Cyclades, Schinoussa, puis en Crète. Nous n’y étions pas revenus depuis un quart de siècle. Entre temps, j’ai écrit mon livre sur Phèdre, tellement marqué par mon premier voyage. Je découvre ou redécouvre avec émotion ce que le mythe doit à (...)


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Ulysse et les sirènes

dimanche 28 août 2005

La "vieille" traduction d’ Auguste Morel n’a-t-elle pas été revue par Valery Larbaud Stuart Gilbert et ... Joyce lui-même.

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Quant à la « compréhension approfondie » et éclairée du texte, l’essentiel, ici comme ailleurs, est de ne pas comprendre : passivité posthume.

« Je n’ai créé mon œuvre que par élimination » nous dit Mallarmé.
L’ « écriture du désastre » « nie l’existence de ce que je dis mais aussi l’existence de celui qui le dit » (Blanchot).

L’ « absente de tout bouquet » donne ainsi place à l’ « incessant » « ressassement éternel ». Nouvel essai, nouvelle parole qui s’ajoute à l’ancienne pour lui conférer une vie élargie, mêlée multipliée par une interprétation de plus : juste un léger fond d’insectes bruissants dans la campagne comme un chant de kri-kri mutants.

Certains écrivent pour ne pas mourir, d’autres parce qu’ils sont morts déjà, d’autres encore écrivent n’écrivant pas : à chaque pas vers l’absence, l’inanité sonore de leur voix acquiert un peu de l’or cendré du rêve vespéral, récupéré au creux d’une amphore cinéraire, que ne récupérera nul Phénix.

"Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx" : se taire, c’est aussi proférer à voix haute , dans la chambre évidemment vide, les syllabes tristes du poème. Peut-être près du miroir d’une défunte nue, ou à mourir. Mais cela importe guère car dans l’or de la bouche, l’au-delà de la signification du signifiant indique alors ce seul objet dont le Néant s’honore, dans l’oubli fermé par le cadre.

Inutile aussi - inutile donc, dis-je - de se défendre de l’œuvre innommable nommée Maurice Blanchot comme d’une objection qui n’a jamais été proférée. Dans le froid de sa tombe, l’impossible des mots ressasse interminablement ce qui s’est dit : et « ce que le poète a voulu dire, il l’a dit ! ».

En remontant l’alphabet dans le « sonnet en -yx », nous avons fait un rêve, un rêve de licornes et d’un clan de sirènes, juste un rêve, que ne ressuscitera nul Ptyx, et aucun savoir fût-il polytechnique. Nulle part, jamais, englouti dans le Temps qui n’est plus le Temps.
Quoi, l’éternité ?
Face à la mer, la mer qui « ne veut pas mourir ».

Et ce rêve n’est pas d’ici.
L’écologie politique, aucune politique, n’a rien prévu. La littérature se situe en dehors du pouvoir, dans la place d’exclusion du non-pouvoir.
Et peut-être est-ce mieux ainsi ?
Il y aurait même une sorte de cruauté factice à récupérer la parole étrangère et libre du poète au sein de la cité, cette même cruauté qu’il y avait au Moyen Age à mutiler un ménestrel.

Nous revendiquons notre droit au Silence, et à la Parole qui l’obscurcit.

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