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17/12: L’enlisement

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L’enlisement


lundi 17 décembre 2012

Passés 65 ans, mes semaines deviennent de plus en plus chargées. Comme je le craignais, pour un militant, la retraite n’est rien d’autre que le passage du salariat au servage : y a plus de limite, de week-end, de vacances.
D’abord, il y a tout le service après-vente de mes multiples vies. Les (...)


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Sur le rôle de Blum dans la Guerre d’Espagne : "social-libéral" ?

samedi 29 décembre 2012

Blum et la guerre d’Espagne

Le rapport entre politique internationale et politique intérieure d’un gouvernement est complexe et certes pas univoque. Je vous invite donc à la prudence, d’autant plus que vous choisissez le terme "social -libéral" pour désigner la non intervention en Espagne (réservant sans doute le terme "social-démocrate" à un gouvernement qui serait intervenu en Espagne).

Traditionnellement, ces deux termes sont plutôt employés pour désigner une politique sociale intérieure. Il me semble que Léon Blum, comme Roosevelt et les gouvernements scandinaves de l’époque, sont "social-démocrates " en ce qu’ils mettent en œuvre une variante assez typique de la réponse ni fasciste, ni stalinienne, à la crise des années 30. Une réponse disons : keynésienne, avec développement des lois sociales repartageant la valeur ajoutée en faveur des salariés (la semaine de 40 h, les congés payés) et le développement d’appareils économiques d’État (recherche scientifique etc). Avec cette particularité que le gouvernement Blum est soutenu par le Parti Communiste dans le cadre d’un Front populaire antifasciste. Au contraire Mitterrand et aujourd’hui Hollande finissent avec des politiques "libéral-productivistes" de destruction du modèle ... social-démocrate ou "fordiste", tout en cherchant , à la différence de la droite, à offrir aux plus démunis quelques compensations. D’où le terme de "social-libéral".

Quant au reproche de non-intervention en Espagne, je le partage. Mais il est exagéré d’assimiler Blum à "celui qui refusa de s’attaquer à la mainmise de l’idéologie fasciste sur l’ensemble de l’Europe". D’abord, en Espagne il n’y qu’un gouvernement qui appuya officiellement les Brigades, celui de Staline, qui, quelque mois à peine après la chute de la République, signait le Pacte germano-soviétique pour se partager l’Europe de l’Est et s’échanger leurs résistants, y compris les héros des Brigades qui seront tous éliminés par Staline à une étape ou à la suivante (seuls étant relativement épargnés par Staline les communistes espagnols). Le rôle des staliniens en Espagne a d’ailleurs été largement critiqué par le reste de la gauche espagnole, socialistes, CNT, trotskistes ou libertaires (cf Orwell, Ken Loach, etc)

Du coup Blum n’est pas « celui qui » : ni Roosevelt ni les Scandinaves n’armeront la République ni les Brigades. L’attitude de Blum, de toute façon dépendante de celle d’Edouard Herriot et des radicaux, fut largement commandée par le souci d’éviter la rupture avec la Grande Bretagne, qui imposera une politique suicidaire d’équilibre entre Hitler et Staline, jusqu’à Dantzig. Cette subordination à la politique anglaise impliqua aussi le chef du gouvernement républicain, Negrin. Cela n’empêchera pas le gouvernement Blum, via Pierre Cot, d’armer discrètement et la République et les Brigades, notamment en aviation. Comme l’a écrit Juan Negrin à Blum, en février 48 : « Personne n’est mieux placé que moi pour savoir quels étaient vos soucis pendant la guerre et ce que les républicains espagnols vous doivent. Je n’ai jamais cessé en privé de rétablir les faits quand la malice ou l’ignorance tâchaient de défigurer la vérité ; je me demande si un jour je ne devrai pas le faire en public, de mon vivant, puisqu’un jour mes Mémoires se publieront après un voyage ultime. »

Quant au fait que je fasse référence à Laval, Blum et Dalladier, cela résulte des analogies établies dans mon livre « Green Deal » entre la crise des années 30 et la crise actuelle.

Enfin j’ignorais que Léon Blum (qui a été renversé en Juin 37 et est revenu 3 semaines au pouvoir en mars 38) ait restitué « l’or de la Banque d’Espagne réfugié en France » aux franquistes. Je rappelle que la victoire de Franco est reconnue par la France le 25 février 39 avec les accords Bérard-Jordana qui restituent à l’Espagne l’or déposé en France en gage d’un prêt concédé à la république espagnole par le Front populaire français. Ces accords stipulent la neutralité de l’Espagne dans le conflit jugé déjà inévitable des Anglo-Français contre l’Allemagne, neutralité qui sera respectée jusqu’en 1945.

Quant aux réserves d’or de la Banque d’Espagne, elles sont « mise en sécurité » en URSS où elles resteront après la fin de la guerre et ne seront jamais rendues.

Au total ceux des antifascistes qui ont toujours gardé pour boussole l’alliance anglaise auront vu leur dangereuse tactique justifiée a posteriori, l’URSS ayant payé le plus lourd tribut pour sa trahison de 39-41. Ce qui ne m’empêche pas de penser (comme Blum et… Churchill) qu’on aurait mieux fait d’être fermes dès le début, quitte à se passer des Anglais (car je n’imagine pas la GB faisant la 2e guerre mondiale du coté allemand).


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