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Crise de croissance d’Europe-Écologie


dimanche 1er novembre 2009

La vague évoquée dans mon dernier billet est en train de tourner au tsunami politique (ce qui ne veut pas dire que le tsunami électoral sera au rendez-vous ! ). Un tsunami que les verts et les non-verts d’Europe-Écologie (EE) ont quelque peine à gérer.
Comme prévu il y a 8 jours, la question Modem (...)


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Crise de croissance d’Europe-Écologie

lundi 2 novembre 2009

Alain cite dans ce billet la réponse au courrier de Dany Cohn-Bendit et à ses commentaires qu’il a postée à l’adresse suivante. Voici mon analyse de ce billet, postée sur diverses listes et finalement mise en ligne ici pour simplifier les échanges.


Nous retrouvons dans le texte d’Alain ses grandes qualités d’analyse des dynamiques de groupe et du fonctionnement des organisations. Sur ces analyses, je suis globalement d’accord. Ce qui n’efface pas pour autant des divergences en termes de contenus politiques sur les contours souhaitables pour le rassemblement Europe Ecologie.

Je suis prêt à excuser les anglicismes "insiders" / "outsiders" ;-) , car sur le fond c’est bien vu, y compris quant au fait que cela ne touche ni tous les Verts, ni que les Verts. De même, je partage l’idée que les compétences apportées par des militant-e-s qui ne s’étaient pas encore engagé-e-s en politique, du moins dans le champ partisan, comptent énormément, avec des apports très locaux aussi pour avoir partout une dynamique qui ne peut être limitée aux effets médiatiques, mais qui doit s’inscrire dans une construction militante de moyen-long terme. Et du coup, je suis d’accord sur le danger de structurer artificiellement autour de l’axe Verts/non Verts, alors que les questions politiques de fond sont complètement transverses. J’ajouterais simplement à la conclusion d’Alain, comme préconisation en termes d’organisation, de tenir compte des éclairages émanant des militant-e-s, en gardant conscience du phénomène "insider", sans pour autant s’en servir de prétexte pour balayer toutes les objections et tout débat politique de fond.

Enfin, je partage l’idée que notre jeune génération militante, aussi brillante soit-elle par ailleurs, a une perception un peu courte de l’histoire récente de l’écologie politique, et que cela biaise les analyses. Mais les plus anciens peuvent aussi, à l’occasion, réécrire l’histoire de manière un approximative, quand le sujet ne les concerne que de loin, et quand il importe de mettre cette histoire au service de leurs thèses du moment. Le simple réflexe d’ouvrir le dialogue avec les acteurs de tel ou tel point de l’histoire en question ne semble guère répandu...

Alors, quelles sont mes divergences avec Alain ?

D’abord, sur la relation au Modem et à ses sous-ensembles, et sur le projet de Cohn-Bendit.
Si l’on pense que nous sommes à un tournant historique, sans tomber dans une lecture naïve qui nous ferait croire à un dénouement inéluctable qui serait l’exacte répétition des schémas passés (passage de la République comme enjeu majeure de l’identité de gauche à la question sociale), nous pouvons nous attendre à affronter dans les 10-20 ans à venir à deux problèmes :
- la structuration de l’axe gauche-droite autour de "écologie ou productivisme",
- la clarification politique entre écologie de transformation et écologie d’accompagnement.
D’une certaine manière, le pari d’Europe Ecologie est pour l’heure de prioriser d’imposer l’axe "écologie ou productivisme", quitte à remettre le reste à plus tard, considérant que nous sommes dans une période de recomposition majeure, et qu’il faut laisser le temps à chacun-e d’évoluer et d’aller au bout de son parcours personnel.

Or, Cohn-Bendit porte un projet politique et se bat dès aujourd’hui pour ce projet politique. Son projet ne peut se lire qu’à l’échelle qui l’intéresse : la dimension européenne et son souhait que le Parti Vert européen s’uniformise sur une ligne environnementaliste-centriste, un peu plus centre gauche mais pas trop, et en capacité à passer des alliances tous azimuts, à l’allemande. En soi, il n’y a rien de scandaleux à ce qu’il défende son projet. Mais d’une part, nul n’est obligé d’y adhérer, et d’autre part, cette tentative constante de ramener EE à cette construction là heurte le projet même d’ouverture et de priorité affichée au rassemblement. D’où le souci d’Alain de garder une sorte d’"équilibre" politique. Position qui découle de la situation objective d’Alain, au centre du dispositif. Pour celles et ceux comme moi, qui de manière constante défendent un ancrage de l’écologie parmi les gauches et la priorité à accueillir les écologistes sincères issu-e-s de la décomposition des gauches, l’approche est forcément différente. Et la conclusion de l’offensive Cohn-Bendit, c’est qu’elle nous oblige à l’initiative pour défendre nous aussi notre projet, sans quoi nous serons balayés.
Comme quoi tout simplisme historique est à repousser : reconstruction des gauches autour de l’écologie et confrontation transformation/accompagnement ne relèvent pas de deux temps différents, mais sont simultanées et en tension.

Brève digression sur Eva Joly : j’étais comme beaucoup surpris de son arrivée à EE, très respectueux de ses engagements professionnels, mais méfiant compte-tenu de ses relations récentes avec le MoDem. J’ai lu son dernier bouquin, dans lequel elle raconte sa vie et notamment comment son travail sur les pays du Sud l’a fait basculer vers une prise de conscience écologiste. J’ai alors compris ce qu’elle faisait là, et j’ai fini par voter EE grâce à elle et malgré Dany. Deux remarques liées : Hulot a sans doute encore bien du chemin à faire, mais son évolution est intéressante. D’un environnementalisme plutôt esthétique et incohérent avec sa pratique à un environnementalisme plus responsable et nécessairement critique du libéralisme, puis le passage par une défense des droits des peuples du Sud avec une critique plus radicale de libéralisme... Le fait que ce chemin amène des gens divers à passer par "la case Dumont" n’est pas anodin. Ensuite, par rapport aux évolutions individuelles, je demande maintenant à voir : je constate suffisamment de ruptures fortes avec des passés politiques divers pour ne pas être dans le rejet a priori.

Maintenant, deuxième divergence avec Alain. Il dit que les "résistances" seraient aujourd’hui majoritairement contre les "outsiders de gauche". Il oublie une dimension essentielle par rapport aux exemples qu’il donne. C’est la différence entre une sorte "d’apprivoisement mutuel", dans la durée, qui permet de valider les hypothèses quant à la compatibilité des projets, et des annonces médiatiques doublée de décisions "au sommet" et imposées aux militant-e-s. Ce n’est pas d’aujourd’hui que les Verts connaissent un tel phénomène : une partie de l’appareil décrète "nous savons ce qui est bon pour vous" et dans la foulée passe en force, à coup d’engueulades ciblées contre les "résistants". Evidemment, cette méthode ne marche pas et porte en elle les risques de la division.

Nous revenons là au problème de la conception de ce que doit être EE. Logique de casting et d’annonces médiatiques sans rien de concret derrière, ou construction militante autour d’un projet ? La première solution est probablement la plus confortable pour les "insiders" décrits par Alain. Et la plus illusoire dans la durée. Ce qui est symptomatique dans l’exemple de l’ex-banlieue rouge, c’est que nous n’avons pas vu de "résistances" à la démarche de Gattignon, au contraire. Et c’est bien parce que c’est l’aboutissement d’un chemin engagé ensemble depuis un moment, avec des contenus politiques solides, et une vraie rupture avec les appareils des vieilles gauches (jusqu’à mettre en cause "l’aile financière" de l’appareil dans une lettre ouverte à Buffet !). A contrario, si l’arrivée de Breuiller ne passe pas, c’est bien parce que tous les signes politiques émis jusqu’à quelques jours avant l’annonce miraculeuse vont en sens inverse, et parce que quiconque connaît les réalités locales ne peut croire à la rupture, ni avec le PS, ni avec l’appareil communiste. L’impératif de ne pas dériver au centre ne peut s’accompagner d’une "ouverture" non sélective à gauche, sauf à risquer de discréditer l’idée même de cette ouverture.

Alors oui à l’ouverture, mais une ouverture politique, donc critique, aussi bien envers les environnementalistes encore trop libéraux qu’envers les notables "de gauche" qui sont encore englués dans les anciennes pratiques.

Amitiés,
Thomas


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