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24/07: Le complexe du petit frère

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Le complexe du petit frère


vendredi 24 juillet 2009

Au bout de cette année éprouvante, mais qui s’est est achevée par ce mois de juin enthousiasmant, je retrouve enfin les randonnées autour de Serre-Chevalier. La première quinzaine de juillet, j’ai pu mesurer les difficultés que vont devoir affronter les Verts et les écologistes après le succès du 7 (...)


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Le complexe du petit frère

mardi 28 juillet 2009

Cher Alain
Tu évoques ici une question centrale. J’ai construit toute ma vie de militante là-dessus. Et toi-même tu as écrit tout un livre sur le tiers-secteur sur ce sujet. Le distingo fondamental entre "Au nom de quoi" on fait les choses et non pas "Qu’est-ce qu’on fait"".

Au nom de quoi on arrive dans un parti, on s’engage. Au nom de quoi on n’a pas le droit de partir comme ça, à la cloche de bois, après 10 ans, 20 ans de mariage... Et moi je me pose la même question, mais à l’autre bout, avec la même exigence. Pas à la porte de sortie, mais à la porte d’entrée. Au nom de quoi on vient, on se sent chez soi, "avec" celles-ci ou ceux-là, on y va ...

C’est cette question du "Au nom de quoi" qu’on se pose pour militer chez les Verts ou pas. Pour s’engager vraiment et à fond ou pas. Et c’est parce qu’on ne m’a jamais répondu vraiment sur cette question-là, que je suis là par séquences, quand ça chauffe, quand c’est évident, quand c’est "mes" sujets qu’on évoque, etc.... mais en même temps je suis "à côté", en visite, la fesse posée à moitié sur le bord de la chaise, sans jamais s’installer parce l’assise est un peu bancale.

Je fais de la politique depuis 1968 et je ne suis jamais entrée dans un parti et pourtant j’ai eu l’impression que mon parcours est complètement tout droit : à gauche toute ! Jamais aucun parti n’a été pour moi comme une personne , un véritable objet de désir.. dommage !

Les socialistes avec leurs compromis permanents, les méthodes "au forceps" de Martine Aubry m’ont fait fuir le PS, même si j’ai travaillé avec eux et non pas "pour eux".
Parce que toujours j’ai travaillé pour l’emploi et le travail des "gens", les fameux "petits" et "sans grade" dont parle Flambeau, le grognard de Napoléon dans l’Aiglon de Rostand.
Je n’ai jamais réussi à adhérer aux Verts et pourtant Dieu sais si j’en ai fréquenté, et notamment si je me suis démenée comme un diable dans un bénitier pour monter ce fameux programme "emplois/jeunes/environnement" dans un Ministère où il n’y avait pas "une seule" personne dans les services chargée de s’occuper des 450 000 emplois dans l’environnement... Alors que pour les 100 000 emplois de la Jeunesse et des Sports, il y avait 50 personnes dans les services pour analyser le champ. Cherchez l’erreur. Tout était à faire. J’étais à la fois le cabinet et les services à moi toute seule. Je n’ai pas eu peur : n’y connaissant rien et ne sachant pas la différence entre une tonne de DIB et de DMA.... je n’ai fait que mettre en oeuvre la phrase de Mark Twain : ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait... Il s’agissait tout simplement de multiplier par 300 % le taux de création d’emplois dans l’environnement, l’objectif a été atteint et peu de personnes se sont rendues compte de la difficulté que ça représentait. Et même une évaluation du CEE (Centre d’Etudes pour l’Emploi) a montré que sur les 7 programmes, c’était celui qui avait eu le meilleur taux d’insertion dans l’emploi durable (65%). Depuis, dans ma vie personnelle, dans ma lutte pour la vie, j’ai fait des choses tellement plus difficiles.
Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il y a à nouveau un espace, une fenêtre de liberté. J’ai envie d’entrer là. Y a du boulot. Le chantier de "reconversion" me passionne, la gageure est trop belle. L’occasion est trop forte de se retrousser les manches, d’y aller. J’ai l’impression de vivre ce que nos parents ont vécu en 1945 : tout est à repenser, à rebâtir. J’ai l’impression qu’ENFIN on va pas chercher des réponses : il n’en existe aucune de toute faite. ENFIN on va pouvoir interpeller les questions. Au nom de quoi on fait les choses au lieu de Qu’est-ce qu’on fait. C’est le moment "juste", tracé dans le temps, tiré au cordeau comme un laser. Et RIEN ne distingue au départ les deux pousses qui émergent à peine, si ce n’est l’intention qu’on y met. Quel instant extraordinaire à vivre !!!
On n’a rien, sauf la volonté d’y croire. Alors effectivement, je ne comprends pas qu’on quitte le bateau à ce moment là, au moment où au lieu de tourner en rond, on part enfin pour le grand large.
Mais en même temps, j’ai une hésitation. Il y a une exigence de qualité. J’ai attendu vainement qu’à côté des "super-techniciens" verts, les Bacs + 25 qui réfléchissent aux solutions les plus écolos pour un plan mobilité, ils poussent dans le jardin des Verts des "sociétaux", ceux qui ont la fibre sociale, le sens de quotidien, de la vie, quoi. Et qui se demandent tout simplement pourquoi il vaudrait pas mieux mettre les services et les emplois près de chez soi pour y aller à pied. Le meilleur plan mobilité, c’est encore d’être chez soi.
Pas des gens qui calculent l’empreinte écologique ou qui évaluent le coût économisé par la mise en place des ampoules basse conso dans les quartiers de grands ensembles. Mais des globaux qui pensent le contraire de la vie en miettes, qui refassent un seul lot impossible à dissocier par appartement. Changer tout ! Du sol au plafond !

Je suis stupéfaite de voir déjà des gens qui se positionnent, qui se "présentent" ou qui se "représentent", qui "prennent place", alors qu’on n’a pas encore édifié le projet... Je suis saisie d’un vertige de prendre mes jambes à mon cou et d’aller cultiver mon jardin, de me relier à "mon" écureuil qui se balance sur les branches de "mon" mélèze... Et de contempler les eaux changeantes de mon lac, aux reflets tantôt verts et tantôt bleus... Plutôt que de me fatiguer sur une fiche sur un éco-quartier de la plaine de France...

J’ai l’impression que les Verts ont un rendez-vous avec la société. On vous attend. Alors la moindre des choses, pour un rendez-vous, c’est de se faire beau... Et puis d’attendre que l’Autre soit là et de l’écouter... pour décider...

Jacqueline Lorthiois


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